‹ La raison philosophique et la raison catholiqueChapitre 7 sur 98 · XVJ AVERTISSEMENT DES EDITE LUS · texte numérisé non relu

XVJ AVERTISSEMENT DES EDITE LUS

pour le même motif, disant qu'il serait heureux de laisser à la France ce petit souvenir de son passage. Le volume des Conférences a été imprimé sous ses yeux ; il les a modifiées sensiblement dans les premières parties surtout; il a développé certains passages, élagué certains autres , et ajouté au texte une quantité considérable de notes et d'éclaircissements.

En effet, comme l'a dit M. l'abbé Barbier, la Providence nous traite avec une faveur admirable. Pour une époque de renaissance sociale et religieuse, elle nous donna le doux et méthodique talent de M. Frayssinous. Plus tard, quand les esprits, généralement dégagés des brillants sophismes du dix-huitième siècle , mais travaillés aussi d'un vague malaise et dune impatience douloureuse , aspiraient à une religion quelconque qu'ils ne pouvaient se définir à eux-mêmes , le P. Lacordaire vint avec l'étonnante soudaineté de ses moyens et ses impérieuses conclusions. Depuis quelques années, la disposition des esprits s'était transformée ; on avait pris une autre règle pour aller à la vérité que celle d'un entraînement chaleureux; aux dangers de l'imagination succédait l'attrait des controverses métaphysiques ; c'est dans les entrailles de la science qu'on voulait découvrir cette vérité suprême, inutilement demandée à l'enthousiasme seul; il fallait que la pure philosophie devînt l'introductrice des hommes auprès de la pure religion; Dieu nous a suscité le P. Ventura. Ses Conférences forment en quelque sorte un tout historique avec celles de ses deux glorieux devanciers. En leur donnant un plus grand jour de publicité, nous avons la conscience de servir efficacement, pour notre part, la cause de la science comme celle de la religion.

Page 1