‹ La raison philosophique et la raison catholiqueChapitre 97 sur 98 · HUITIÈME CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

HUITIÈME CONFÉRENCE

§ 1. Exorde. La femme mystérieuse et sans nom se réjouissant de la naissance de Xhomme mystérieux et sans nom lui aussi, figure de l'humanité se réjouissant de la naissance de Jésus-Christ, le v-RAr homme, l'homme parfait, parce qu'il est en même temps Dieu. Par cette similitude donc de la femme qui enfante, Jésus-Chriat a fait allusion au mystère de l'Incarnation. Sujet de cette conférence.. . . lb.

§ 2. Première partie. Le mystîre de l'Incarnation considéré dans l'image qot LE représente. L'homme est le seul être de la création que Dieu ait formé avec un soin tout particulier. Raison de cette partialité en faveur de l'homme, parce que Dieu, en créant l'homme, avait en vue le grand original, Jésus-Christ 484

§ 3. Par la création de l'homme, Dieu ayant accouplé ensemble Yespritet la matière, dont l'union aurait pu 'paraître impossible, il a préludé à un prodige encore plus grand, et qui aurait pu paraître plus impossible encore, à l'union de la divinité et de l'humanité en Jésus-Christ j s ;

§ 4. Insistance des Pères à expliquer le mystère de l'union de la divinité et de l'humanité en Jésus-Christ, par le mystère de V union de l'âme avec le corps dans l'homme. Cette comparaison n'est pas en tout et partout parfaite, autrement l'homme serait un autre Jésus-Christ. Il n'y a entre l'homme et Jésus-Christ que les rapports qui se trouvent entre le portrait et Y original. On énumère six magnifiques traits de ressemblance entre l'homme et Jésus- Christ 489

§ 5. Deux autres traits de ressemblance entre Jésus-Christ et l'homme. Dam l'homme, l'esprit est un véritable esprit, et le corps un véritable corps ; comme , en Jésus-Christ, la divinité est aussi réelle que l'humanité. Cependant, le corps de l'homme n'a pas un être à lui, l'être ne lui venant que de lame ; comme en Jésus-Chmt

5HS i \hi.\ w \i.v riQi e.

rhummîté n'a pas une personnalité purement humaine propre à elle,

sa personnalité ne lui venant (pie de la personne du Verbe 494

§ 6. Comment les Pères ont expliqué le mystère de l'humanité parfaite de Jésus-Christ manquant de la personnalité humaine: C'est parce que cette humanité n'ayant existé un seul instant sans le Verbe, et ayant toujours subsisté dans le Verbe, la personne du Verbe est devenue sa personne. La profondeur de ce mystère preuve de sa vérité 4çj(i

§ 7. Comme le corps de l'homme, manquant d'un être propre à lui, mais partageant Y être de l'âme, est le plus parfait des corps; de même l'homme en Jésus-Christ, manquant de la personnalité purement humaine, et partageant la personnalité divine du Verbe, est le plus parfait des hommes. L'homme, la preuve toujours subsistante de l'Incarnation. Sa grandeur et sa gloire sont d'être à lui seul Yimage, le temple vivant des deux plus grands mystères de Dieu : du mystère de la Trinité, en tant qu'il est un èlre rationnel, et du mystère de l'Incarnation, en tant qu'il est un esprit uni à un corps 499

§ 8. Seconde partie. L'économie du mystère de l'Incarnation qui le rend PLUS croyable. Insolence des modernes rationalistes à nier le mystère de l'Incarnation. Énormes absurdités qui découlent de leur doctrine , que Jésus-Christ n'est qu'un être de raison. Il est plus sage d'admettre ce mystère que d'avaler de si grossières extravagances Soi

§9. La doctrine des rationalistes modernes est le renouvellement de la doctrine des anciens ariens. Naïveté de leur répugnance à admettre que le Verbe se soit concentré dans 1'liumauité et se soit trouvé, en même temps, dans le sein de Dieu et dans le sein de sa mère, puisque le Verbe est Dieu tout-puissant et immense, et puisque la raison du fait, en matière de mystères, est la toute-puissance de Celui qui les opère. Le verbe de l'homme, d'après saint Augustin, est d'un admirable secours pour nous expliquer le mystère du Verbe de Dieu. Deux observations à établir d'avance pour l'intelligence de cette doctrine : i° que l'homme pense sa parole avant de parler sa ! pensée; i° que la parole n'est pas le signe de la pensée , mais cest la pensée même devenue sensible par la voix , 5o ',

§ 10. Trois étonnants prodiges qu'opère le verbe de l'homme, qu'à plus forte raison il faut admettre lorsqu'il s'agit du Verbe de Dieu 507

§ 11. Le rationalisme , l'abjuration de la raison. Impossibilité d'expliquer les prodiges du verbe de l'homme, que cependant on ne peut pas nier. Inconséquence et impiété de se refuser à admettre

1AR1.I ANALYTIQUE. j8g

Pages, le mystère du Verbe de Dieu , parce qu'on ne le comprend pas;

tandis qu'on admet le mystère du verbe de l'homme sans le comprendre non plus 5io

§ 12. Troisième partie. Sewtimbîïts ouf. doit inspirer le mystère de l'Incarnation. Deux espèces d'enfantement dont parlent les Livres saints : l'enfantement du mal et celui du bien. L'ivresse de celui-là est suivie par la douleur et le remords; la peine de celui-ci se change en paix et en joie 5I2

§ i3. Ce qui arrive particulièrement par rapport au mystère de l'Incarnation. La raison parait souffrir à admettre les étonnantes iucompréhensibilités qu'il renferme. Mais aussitôt qu'avec le secours de la grâce l'homme, se dominant lui-même, dit : Je crois, il éprouve une paix , un bonheur inexplicables. Grand besoin qu'a l'homme du mystère de l'HoMMK Dieu. Si ce mystère n'était pas vrai, il faudrait l'inventer. Mais personne n'aurait pu l'inventer s'il n'était pas vrai. C'est Dieu qui l'a révélé. Hommage de foi à ce mystère, et résolution de vouloir le garder dans le cœur et y conformer la conduite de la vie 5X3

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