ACTE PREMIER
tellement troublé moi-même que je ne remarquais pas ce qui se passait en vous. Je me souviens de cette soirée, je voulais être spirituel pour vous plaire, j'avais appris un tas d'anecdotes drôles, et puis, quand j'ai voulu vous les dire, je ne me les rappelais plus. Alors, j'étais désolé, je me trouvais idiot, je me faisais intérieurement une multitude de reproches, et il me semblait aussi, à moi, que moQ état intérieur devait se voir sur ma figure, et que mon désarroi moral était lisible comme un livre ouvert. Gomme on est bête dans ces moments-là I je difif cela pour moi. Mais il y a longtemps de cela. Pourquoi ne m'avez-vous rien dit?
HENRIETTE
Mftis il y a les convenances, et l'on n'ose pas.
JEAN
Q'0st un tort, il faut oser, (il lui prend les mains, raUire vers lui, l'embrasse et elle se laisse faire ) Je VOUS aini0, entendez-vous, Henriette, je vous aime. Je V0U6 aitne beaucoup !
HENRIETTE
Moi aussi, mon ami. (Us restent un instant confondus cnsemblei 1*^ lê:e dlknrie'te sur Tépaule de Jean. Puis elle se dégage brusqueTnent, se lève et lui dit.) Allez-vous-en !
ûhî pourquoi? c'était si gentil d'être comme ça.
HENRIETTE
Kon, partez, mon ami, cela vaudra mieux, je vous n pri
en prie, je suis toute troublée, j'ai besoin d'être
JEAN
Je veux bien, à -une condition.
Laquelle?