‹ La rançon: comédie en trois actesChapitre 2 sur 63 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

HENRIETTE, M^e GODOT.

Henriette, en toilette de bal, s'ajuste devant la glace, entre M»»Godot.

Mine GODOT.

Il faut ôter votre robe, Henriette, votre père est fatigué, nous nlrons pas à ce bal.

HENRIETTE

Gomment nous n'irons pas au bal !

M^e GODOT,

Non.

HENRIETTE, rageusè, allant s'asseoif .

En voilà une scie! Une chose arrangée depuis si longtemps! C'était bien la peine de me faire tant de joie à Tavance! Qu'est-ce qu'il a donc papa?...

Mrae GODOT.

Il a beaucoup travaillé aujourd'hui, il est fatigué, il a mal à la tête.

HENRIETTE

Il n*avait rien au dîner.

Mme GODOT.

Il croyait, en effet, tout à Theure encore, pouvoir nous accompagner, mais il vient de me déclarer . que c'était impossible et je n'ai pas insisté.

HENRIETTE

Vous n'avez pas insisté, pourquoi n'avez-vous pas insisté? ^

Mme GODOT.

Parce qu'il m'eût semblé inhumain de le faire dans l'état où je le voyais. Il faut considérer qu'il a beaucoup de mal, que c'est lui qiii fait vivre la maison et que cela mérite des. égards.

Oh! des égards! Que fait-il donc tant? On dirait, à vous entendre, que nous vivons dans le luxe, qu'il gagne des sommes folles^ et qu'il nous rend très heureuses. On va au bal tous les six mois, et il trouve le moyen d'être malade une fois sur deux-

M«»e GODOT.

Ce n'est pas de sa faute.

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