‹ La rançon: comédie en trois actesChapitre 48 sur 63 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

VALBNTINE.

Comment tu as eu une scène avec ton mari, je le croyais si bon ?

HENRIETTE

Il subit une mauvaise influence.

VALENTINE

Laquelle ?

HENRIETTE

Celle de mon père.

VALENTINE

Ah ! oui, vous êtes mal ensemble, je crois...

Très mal.

VALENTINE

Voyons, conte-moi ça.

HENRIETTE

Ah I. c'est un triste retour de la campagne! Avoir été si heureuse pendant un mois, en ta compagnie I puis retomber dans les ennuis, les chagrins, les scènes, les déboires de toute sorte, c'est loin d'être drôle. Si j'avais su, je n'aurais pas été à Trouville ; au moins je ne pourrais apprécier la différence de cette vie et de ma vie et je n'aurais pas le regret d'avoir quitté l'une pour l'autre.

VALENTINE

Voilà bien de l'amertume.

HENRIETTE

Ohl c'est que tu ne sais pas, toi, tu ne peux pas savoir...

' VALENTINE

Alors, ton mari a été terrible?

Il a été pis que celai, ma chère, pour qui comprend bien le sens des mots, il a été ferme.

VALENTINE

Explique-toi.

HENRIETTE

Voilà, c'est fort simple. J'ai fait quinze cents francs 4^ dettes en dehors de tout ce que je lui avais dit et, aujourd'hui, je lui ai fait un premier aveu de cinq cents francs»

VALENTINE

Qu'il se refuse h payer,

HENRIETTE

Non,

VALENTINE

EU ! bien, alors ?

HENRIETTE

Qu'il ira payer lui-môme, tu v^^is la nuance...

VALENTINE

Ah f parfaitement.

HENRIETTE

Il se méfierait de moi qu'il n'agirait pas autrement.

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