‹ La raucourt & ses amiesChapitre 2 sur 52 · Rue Blanche · texte numérisé non relu

Rue Blanche

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La J^aucourfr et Ses $n)ieS

Le saphisme. — Sapho. — Les Lesbiennes. — Brantôme et la « friquarelle » Les belettes

Dans ce Paris du xvme siècle dont on dira plus tard que ceux qui n'y ont pas vécu n'ont point connu la joie de vivre, les vices les plais bizarres, les plus étranges fantaisies de la luxure humaine, s'appareillent et fraternisent.

Un débordement de passion fait agir les hommes et les femmes ; les aberrations folles des instincts éclatent au grand jour, s'étalent complaisamment, et, chose étrange, sans trop scandaliser. Les vicieux se font gloire de leurs tares et certains, avec une parfaite impudeur, ne réclament même pas le mystère pour cacher cette perversité. Plusieurs cas relèvent de la clinique ou du cabanon. De répugnantes individualités ont mérité certainement la sévérité des lois ; mais pourquoi l'historien serait-il moins tolérant aujourd'hui qu'autrefois (1), lorsque ces fantaisistes, victimes de

(1) Le Médecin Astruc, au xvine siècle, dans son Traité sur les maladies féminines , dissertait gravement sur certains cas pathologi-

l'imagination ou du tempérament, ont paré leurs passions des grâces esthétiques et du charme de la beauté ?

Si la répulsion est unanime pour quelquesuns ; il ne faut pas trop blâmer les perverses qui surent, malgré la liberté des mœurs, garder jusqu'à la fin de leur vie, un joli cynisme sans goujaterie et se faire pardonner cette amoralité, en enveloppant leur existence licencieuse d'une gaze de charme et d'esprit.

Il y a de telles mœurs à telles autres, la différencie que fait l'amateur entre certaines images grossièrement obscènes et de belles estampes voluptueuses que le talent, d'un artiste a sauvé de l'oubli. L'art qui spiritualise les réalités brutales sauvera du bûcher ces productions voluptueuses et, par contre, jamais, on ne pourra trop détruire les révoltantes infamies de cerveaux en délire.

Dans le [livre que les Goncourt consacrèrent à la

ques. — Réflexions importantes qui regardent la fureur utérine : « Doit-on permettre ou conseiller des pollutions au défaut de l'acte vénérien, qui n'est pas permis ou du moins qui n'est pas possible ? Là-dessus, il n'est pas possible d'hésiter ; tous les casuistes diront que c'est un péché et un médecin honnête homme ne donnera jamais dans le travers, mais nous ne sommes pas admis à consulter sur ce point : les femmes qui sont auprès de ces malades leur fournissent tout ce qu'il faut pour tomber en pollution. Si celle-ci était capable de guérir la fureur utérine, elle le serait bientôt. J'ay vu des femmes soulagées par la pollution, j'en a y vu d'autres à qui elle augmentait le mal, aussy il est douteux si elle est utile ; aussi elle doit être toujours défendue, je dis plus, il faut deffendre à la malade de se toucher des mains qu'elles ont toujours dans la vulve, ces attouchements, ces frottements, excitent l'ardeur des parties de la génération, il faut aussy empêcher de les réprimer, souvent on se divertit à jaser avec elles, par là, on les rend maniaques, de mélancholiques qu'elles étaient, il ne faut pas le souffrir. » ( Traité d'Âstruc : Manuscrit d'une collection médicale privée, p. 234.)

femme du xvme, il y a cette jolie page qui peut servir de préface à celui-ci : « Chose singulière, toutes les femmes de cette époque s'élèvent avec leurs aventures. De la prostitution elles dégagent la grande galanterie du siècle. Elles apportent une élégance à la débauche, parent le vice d'une sorte de grandeur et retrouvent dans le scandale comme une gloire et comme une grâce de la courtisane antique. Venues de la rue, ces créatures tout à coup radieuses, adorées, semblent couronner le libertinage et l'immoralité du temps, En haut du siècle, elles représentent la fortune du plaisir. Elles ont la fascination de tous les dons, de toutes les prodigalités, de toutes les joies. — Elles vivent dans l'atmosphère de l'Opéra du jour, de la pièce nouvelle, du livre de la semaine. Elles touchent aux lettres, elles s'entourent d'artistes. Des écrivains leur doivent leur premier amour, des poètes leur apportent leur dernier soupir. A leurs soupers, aux soupers de Dervieux, de Sophie Arnould, de Julie Talma, de Guimard, les philosophes se pressent apportant le rêve de leurs idées, buvant à l'avenir devant la volupté (1 ). »

De telles femmes anormales se dégagent du troupeau vil des dévergondées sans esprit. Elles ont l'excuse de leurs sens et de leur imagination surexcités (2). Un médecin écrivait récemment :

(1) A. el E. de Concourt. La femme au xvmc siècle. Paris, Charpentier, 1880, p. 295.

(2) « Les affections vaporeuses ont été assez souvent épidémiques et contagieuses ! Peut-on voir un plus grand effet de la force de l'imagination ! Elle est en état de multiplier ses erreurs, de les rendre communes et de porter sur plusieurs corps les impressions qu'elle fait d'abord sur un seul.

Un nombre de femmes Argiennes devinrent furieuses par conta-

« C'est en effet par la perversion du fonctionnement de chacun de leurs organes, par l'exagération même de ces fonctions en mal et en bien que toutes ces femmes ont laissé dans l'histoire de l'humanité des noms plus ou moins célèbres (1). »

Le saphisme, c'est ainsi que l'on nomme une aberration sensuelle que les Italiens désignent très clairement par les mots :

Donna con donna

fut ainsi appelé du nom de l'illustre poétesse Sapho à qui l'on attribue l'introduction en Grèce de cette coutume étrange. Il paraît qu'elle n'a aucun droit à cet honneur car cette pratique remonte aux temps les plus reculés de l'antiquité, elle était assez répandue quand la belle prêtresse de Lesbos fit connaître son talent poétique.

Comme la pédérastie, la tribaderie s'exerçait même à l'époque de Selon, en Egypte, en Asie-Mineure et dans l'Inde.

Combien ne rencontre-t-on pas de par le monde, de prêtresses de Sapho, qui, n'en ayant ni la

gion, les filles du roi étaient du nombre ; les femmes se croyaient des femelles bêtes, et les filles du roi se croyaient des vaches. Plutarque nous apprend qu'il régnait une semblable épidémie parmi les femmes Milésiennes. Primerose rapporte l'histoire des femmes de Lyon qui avaient la fureur de se noyer. La contagion des affections nerveuses rendra célèbre dans tous les temps l'histoire des Nonnains d'Allemagne affligées d'affections si violentes qu'elles se mordaient entre elles.» (Dr J. Raulin. Traité des affections vaporeuses du Sexe, Paris. 1758, p. 116.)

(1 Dr P.vur, de RÉr.i.A. La perversité de la femme, 1904, Asnières, Préface.

beauté ni les grâces, ni le talent poétique en ont conservé les pratiques erotiques et les perversités sexuelles en oubliant que Sapho créée à l'amour par l'homme termina sa carrière dans l'idolâtrie d'un autre homme ?

Entraînée par l'ardeur de son imagination, dégoûtée des hommes dont elle avait eu à souffrir lors d'un premier mariage, elle en arriva à se persuader que l'amour entre femmes était supérieur à l'amour physiologique.

La lecture des poèmes erotiques du temps où toutes les folies des sens étaient exaltées et présentées comme des hymnes au principe créateur contribua certainement à la direction de son esprit poétique (1).

Tous les discours qu'elle adressait à ses amies étaient d'une telle éloquence et souvent d'une telle élévation de pensée que l'on comprend l'espèce d'admiration et la grande influence qu'elle exerça sur ses contemporains. On cite parmi ses prosé- Ivtes : Athys, Cydno, Andromède, Anagore, Phryné, Amyctène et cent autres, disait-elle, crue j'ai aimées, non sans péché. (1) Lebrun a dit d'elle :

»< Sapho couchait avec les muses Elle fut presque le-r amant. »

Ce qui est certain, c'est qu'il est peu de poésies qui pussent atteindre à la passion qui existe dans les fragments que nous possédons de ses œuvres. (2) On prétendit que Sapho était pour les

(1) Cf Dr Paut-iie Régla, ouv. cit.

(2) Dans la bibliothèque de La Rauoourt on voyait les œuvres d'Anaeréon et celles de (( Sapho » Cf. Bibl. delà Chaussée-d'Antin.

femmes ce que Socrate était pour les hommes, mais ainsi que l'a écrit Chaussard « L'image des transports de Sapho est moins hideuse que celle des égarements de Socrate. »

Tout ce que cette femme chante est de feu, dit Plutarcrue, et le feu qui purifie tout permet jusqu'à un certain point, de rendre justice au poète féminin.

Les aberrées sexuelles furent nombreuses dans l'antiquité : Lucien, Martial, Juvénal ont chanté ou flétri leurs ébats licencieux ; il faut arriver jusqu'au xvr siècle pour voir revivre les mœurs scandaleuses de Rome païenne. Parmi les historiens qui rapportent la renaissance d'une aussi étrange coutume, on doit au premier rang citer le bon Brantôme. Dans son style naïf et plein de verdeur, il raconte « tout à trac » les amours de femmes à femmes qui ressemblent à ceux des belettes:

« On dit que les belettes sont touchées de cet amour, et se plaisent de femelles à femelles à s'entreconj oindre et habiter ensemble ; si par lettres hiéroglyfiques les femmes s' entr'aimante s de cet amour estoient jadis représentées par des belettes. J'ay ouy parler d'une dame qui en nourrissoit tousjours et qui se mesloit de cet amour et prenoit plaisir de voir ses petites bestioles s'entrehabiter.

Voici un autre poinct, c'est que ces amours féminines se traitent en deux façons les unes par friquareMé, et par, comme dit ce poète geminos committere cunnos.

Cette façon n'apporte point de dommages, ce disent aucuns, comme quand on» s'aide d'instruments façonnés de ... mais qu'on a voulu appeler des g... (1).

1) Par corruption pour qaufle mihi.

J'ay ouy conter qu'un grand prince, se doutant de deux dames de sa cour qui s'en aydoient, leur fit faire le guet si bien qu'il les surprit »

Les lesbiennes fameuses sont légion, mais c'est surtout au xvme siècle qu'elles étalèrent au grand jour le scandale de leur dépravation.

Brantôme, Vie des Dames Galantes, édit. Dentu, Sect. I., p. 95.

Les Tribades. — La Loge de Lesbos. — Culte de la Bonne Déesse. — Sophie. — Sourques et Raucourt. — Rosalie, Virginie. — La Gourdan et l'article pour dames. — passion cou- TEUSE. — Dernière image.

Les Mémoires Secrets et les chroniqueurs en quête de scandale qui ne gazent point leurs mots impriment tout crûment, à la date de juillet 1774 : « Le vice des Tribades devient fort à la mode parmi nos demoiselles d'Opéra. Elles n'en font point mystère et traitent de gentillesse cette peccadille. La demoiselle Arnould, quoiqu'ayant fait ses preuves dans un autre genre puisqu'elle a plusieurs enfants, sur le retour, donne dans ce plaisir. Elle avait une fillette nommée Virginie dont elle se servait à cet usage. Celle-ci a change de condition, et est passée à Mlle Raucourt de la Comédie Française, qui raffole de son sexe. »

Tout le monde à Paris est au courant des faits et gestes de ces dames et cela fait la joie des coulisses et des boulevards. Le vice de Raucourt sert à désigner la chose et tout le monde sait de quoi

il s'agit. D'autant que ces belles personnes n'y mettent aucun mystère .

Les lesbiennes, écrit Grimm à Meister (1) ont des réunions secrètes : « Il existe, dit-on, une société connue sous le nom de la Loge de Lesbos (2) mais leurs assemblées sont plus mystérieuses que ne l'ont jamais été celles des Francs-Maçons. Là on s'initie dans tous les secrets dont Junéval fait une description si franche et si naïve dans la xvie Satire.

Nota bonœ sécréta Deœ, etc.

Notre superbe Galathée est, dit-on, une des premières prêtresses du Temple ; il faudrait être Ju~ vénal pour oser décrire le reste. »

La société des femmes seules n'est pas aussi fermée que veut bien le dire Grimm. Il est vrai qu'il y a un schisme entre les ferventes du culte, et que si les unes, comme la Raucourt, admettent des voyeurs, les autres, comme Arnould, refusent de faire partager aux hommes les plaisirs secrets et de célébrer le rite en compagnie masculine.

Il faut remarquer pourtant que l'homme accepté par Raucourt a aussi une très fâcheuse réputation. Le marquis de Ville tte est lui-

(1) C or r. de Grimm, Diderot. Édit. M. Tourneux, Paris, Garnier fr., t. xi, p. lo9.

(2) « C'était la Phrygie, c'était la Sicile, c'était Lesbos, c'était la Grèce entière qui avaient pollué la vieille austérité romaine. Lesbos apprit aux Romains toutes les turpitudes de l'amour lesbien. Martial cite les luttes féminines inventées par Léda et mises en honneur par la licencieuse Lacédémone (libidinosoe Lacédémonis palœslras). » (P. L. Jacob, bibliophile, Les maladies de Vénus, Bruxelles, Brancart, 1883, p. 53.)

même un antiphysique et c'est peut-être à ce titre qu'il doit l'honneur d'être admis.

Certaines sont des fantaisistes', de simples curieuses qui veulent tout connaître et goûter à tout. Une seule demeure fidèle à son vice, elle n'abdiquera jamais et conservera ses goûts jusqu'à la fin de sa vie. Après la fameuse Sourques, et que l'on trouve toujours dans son sillage, ce sera Mile Simonnet, pour laquelle elle fera encore des folies dans l'âge mûr.

Autour de la Raucourt se grouperont les curieuses de sensations défendues ; elle demeurera la grande prêtresse et c'est par centaines que succomberont les vertus fragiles. Les grandes dames mêmes viendront incognito partager la couche d'Agrippine ; mais c'est elle qui jouera le mâle, car elle a l'autorité de la prestance, de la voix et du geste. Quelque chose de viril se dégage de la tragédienne ; elle se complaît à se travestir en homme ; c'est un besoin nécessaire qui l'oblige à dominer toujours.

Les contemporains s'en donnent à cœur joie dans les nouvelles à la main : La Morlière, Thévenot de Morande, Métra, Imbert, Mayeur de Saint- Paul, tous les gazetiers, tous les nouvellistes sont à l'affût des moindres gestes des lesbiennes.

Leur verve se traduit en chansons, en petits vers, on lira dans le Gazetier Cuirassé :

« Mademoiselle Durancy dépitée de voir son laboratoire peu fréquenté par les hommes s'est fait présenter à Madame la duchesse de Villeroy qui a été fort contente de cette nouvelle débutante. »

La Clairon, très éclectique, a donné aussi dans ce travers ; elle fréquentait assidûment chez la duchesse dont les soupers furent fameux et qui recrutait volontiers les beautés peu farouches.

Du haut en bas de l'échelle on trouve des noms célèbres, on osa même accuser la reine de cette turpitude, sa passion innocente pour la belle Diane de Polignac et la douce princesse de Lamballe fut incriminée, l'innocente liaison de ces dames et leur amitié eurent le don d:exciter la verve grossière des faiseurs de pamphlets. Devant le tribunal de l'opinion publique, sans scrupule et qui juge sur la surface, peu de belles trouvent grâce : la princesse d'Hénin reçoit les étrivières ; on la chansonne :

Avec grande noblesse Une femme arriva, Elle fendit la presse Et chacun se rangea ; Cette dame, Messieurs {sic) En valait bien la peine :

C'était la princesse d'Hénin Comme elle est tribade et putain, On la prit pour la reine (1).

Après la cour, la ville n'est pas épargnée. L'espion du boulevard du Temple dans sa revue des cafés de la région s'exprime en ces termes : « Le café d'Alexandre est encore plus mal composé : dans les autres on rencontre des crocs, des recruteurs, des filous ; ici on ne rencontre que des raccrocheuses et des bardaches. Il se passe

(1) Maurice Tourneux, Journal intime de l'abbé Mulot, 1777-1782, Paris, 1901. p. 111.

dans ce café des infamies, des horreurs qu'il est inutile de nommer. Les titres de ceux qui l'habitent* les font assez deviner. La police y veille cependant ; mais on sait tromper son œil vigilant ; le plus sage et le plus sûr serait de fermer ce réceptacle de tribades et de sodomistes (1).

Les actrices des petits spectacles imitent les mœurs de leurs grandes rivales ; Mme Nicolet dit encore Mayeur : « ne joue plus ; elle vient de se retirer depuis peu pour avoir plus de temps à contempler en liberté l'amie qu'elle s'est choisie et qu'elle chérit autant que la Raucourt chérit Sourques. Mme Nicolet, cette créature haute, hère et sublime, oubliant qu'elle a raccommodé dans un tonneau, comme la belle Margot, ne vous rend jamais le salut que vous êtes assez sot de lui donner ; feint par ton d'avoir l'oreille dure, a l'impudence de se mettre dans une loge de son spectacle et d'y lorgner le public assoiffé de sa figure et se croyant accomplie. »

Les comparses maintenant, le fretin comme la Verneuille et son amie la Prieure, dont Mayeur dit connaître une correspondance amoureuse plus chaude et plus brûlante que celle de Julie à Saint- Preux. Les Rosalie, les Virginie dont les hauts faits défrayent la chronique galante sans compter les spécialistes appareilleuses qui tiennent l'article pour dames. Dans le fameux portefeuille de la Gourdan il y a cette lettre censément adressée à la proxénète par Raucourt.

(1) Mayeur de Saint-Paul, Le Chroniqueur désœuvré ou L'Espion du Boulevard du Temple, Londres, 1782. p. 47. (Arsenal. 16.431 bis.)

Ce 8 juillet 1780.

Hier, madame, il y avait avec vous aux Italiens une jolie personne. Si vous voulez me l'envoyer pour passer la nuit avec moi, je vous donnerai six louis.

Je suis toute à vous.

Raucourt.

L'éditeur ajou&e cette note édifiante : « Cette actrice des Français fut une des plus fameuses tribades qui aient jamais existé. Elle ne se cache point de son goût et dit : Je vis maintenant avec Mademoiselle une telle ou bien je l'ai quittée comme si c'était un homme parlant de sa maîtresse (1). »

C'est le ton audacieux de la Sapho moderne, avec le même cynisme elle étale au grand jour ce que d'autres prudes cachent soigneusement, regrettant seulement que cela coûte si cher. Je comprends, disait-elle, que les hommes se ruinassent pour les femmes car, de tous les goûts du monde c'est le plus onéreux (2). Elle tenait cela de sa propre expérience.

On ne prête qu'aux riches ; on a attribué à l'actrice bien des aventures et de légendaires exploits ; il serait difficile de dégager le vrai du faux ; cependant, le goût singulier de cette femme de talent pour son sexe n'est un secret pour personne. Elle a pris soin de son vivant d'éclairer le public sur ses relations spéciales et les actes mêmes de son existence privée renseignent suffisamment la postérité sur cette aberration étrange et unique.

(1) Octave Uzanne. Le Portefeuille de la Gourdan. Bruxelles, kistemaeckers .

(2) Corr. de Grimm., ouv. cit., T. xv, p. 114.

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