LA FILLE DU DENTISTE
paragraphe du « Mémoire » où il est question de tribaderie, comme contraire aux bonnes mœurs et à la morale publique. »
Mme de Villiers pour obtenir séparation dut exhiber ses « bleus » et ses « noirs » et nous espérons que le brutal mousquetaire fut admonesté par son beau-père^ pour n'avoir pas su convaincre sa femme de la supériorité de l'amour masculin.
Après la séparation, la demoiselle Bourde t put donner libre cours à ses instincts et grossir d'une unité la troupe formidable des amazones. Dans ses Contemporaines, Restif de la Bretonne n'a pas manqué de créer le type « anandryne » on le trouve dans la Duchesse ou la fausse sylphide : « Le souvenir des caresses de la fausse Mêlante fit alors sur la duchesse une si vive impression qu'il lui donna un égal mépris pour celles du duc, et pour celles de ses nymphes : mais dans la résolution qu'elle forma de satisfaire un goût dont elle s'aperçut, elle dissimula, et parut plus éprise que jamais des jeunes beautés qui l'environnaient ; elle affecta de leur faire partager son lit successivement ; de leur prodiguer les caresses, de jouer avec elles à des jeux fort libres ; de manière à être vue. Ele acheva par là de ternir sa réputation. » Il est vrai que Maelovie, l'héroïne de Restif, malgré ses six nymphes, fut convertie comme Salpho la grecque et tomba dans des excès différents sous le couvert d'une mauvaise renommée.
Des grands tréteaux à ceux des boulevards, de la ville à la cour, partout le vice lesbien sévissait et les prêtresses du culte gardaient jalousement le secret de leurs débauches clandestines.
Les indiscrétions, parfois, apprennent un nom connu, on clabaude quelques jours, puis c'est fini, tout rentre dans l'ombre ; car peu de réputations surent se soutenir à la face du soleil comme celle de mademoiselle Raucourt (1).
(1) Nous n'avons pas pu retrouver le factum Bouidet-de-Villiers. Il doit être bien suggestif ! C'est à Prévôt de Saint- Lucien, avocat, que le peintre-doreur Walin s'adressa pour écrire son livre de l'Art du peintre-doreur-vernisseur. Voir l'édition de 1784.