‹ La raucourt & ses amiesChapitre 27 sur 52 · LOUISE CONTAT · texte numérisé non relu

LOUISE CONTAT

Mlle Desmahis. — MUe Contât. — Tentatives

INFRUCTUEUSES. — LE COMTE DE LAUDRON. — GÉNÉREUSE INTERVENTION. — L.E TROISIÈME LARRON. — EN PRISON.

Lefeuve raconte que le prince de Montbarrey qui entretenait une dame de Gourville fut un jour sur le point de la quitter pour une certaine demoiselle Desmahis, dont il s'était énamouré dans un souper. La fille, d'abord rebelle aux galantes entreprises commençait à s'humaniser, lorsqu'elle eut l'imprudence de se laisser surprendre en galant tête-à-tête avec Mlle Raucourt. Adieu cadeaux ! riches présents ! Montbarrey dégoûté de l'aventure retourne vite à ses moutons, c'est-àdire à leur bergère : Mme de Courville (1).

Parmi ses victimes féminines, il paraît que Raucourt aurait bien voulu compter Louise Contât (2), mais le vice lesbien ne disait rien à la jeune

(1) Rue des Marais-Saint-Martin. Lefeuve, ouv cit t V p 144

(2) Contât Louise-Françoise, née le 16 juin 1760,' débuta à là Comed.e-Française, le 3 février 1776, fut reçue en 1777, épousa le 26 janvier 1809, Paul-Marie- Claude de Forge Parny, frère du poète de ce nom Elle mourut le 9 mars 1813. Cf. Campardon. Les Comédiens de la troupe française, ouv. cit., pp. 48-50.

actrice et sa compagne en fut pour ses frais. L'aventure est contée tout entière par Grimm, elle a même le don d'exciter sa verve railleuse aux dépens de Melpomène-Sapho.

Un certain comte de Laudron, épris de Mlle Contât lui faisait une cour assidue, lui parlant sans cesse de la vivacité de ses sentiments sans toutefois, dit le chroniqueur, « s'expliquer sur le prix qu'il mettrait à ses bontés ». La jeune actrice, déjà très pratique et momentanément gênée,, amena ce galant seigneur au pied du mur, et, suivant la tradition usuelle, exhiba ses factures impayées, ses dettes criardes ; elle indiqua au jeune amoureux le geste généreux qu'il fallait faire pour obtenir les ultimes faveurs. Tout cela était notoire et public, les amies connaissaient l'aventure dans ses moindres détails ; Raucourt ne voyait pas sans dépit les progrès du comte dans le cœur de la jeune actrice.

Laudron vivait sur le prestige d'une existence fastueuse, — en vérité, ruiné à Paris et ne songeant guère qu'à s'éclipser prudemment, car il était perdu de dettes ; toutefois, confiant dans son étoile, il espérait encore réussir dans ce dernier exploit.

La chose était difficile ; on lui demandait de payer soixante-dix mille francs dont il n'avait pas île premier sou. Il fit le superbe et promit tout ; facilement, il obtint les délais demandés et un jour Contât radieuse apprenait que tout était payé. Qui fut surpris dans cette aventure ? — Le comte de Laudron croyait rêver ; accueilli chaleureusement, il reçoit de si vives marques de reconnais- ,< sance qu'il est bien forcé de s'apercevoir que laj

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