‹ La raucourt & ses amiesChapitre 33 sur 52 · RUE ROYALE · texte numérisé non relu

RUE ROYALE

Ce sont do prétendues chansons chantées par ces dames dans leurs réunions intimes ; la réponse des tribades ne se fait pas attendre, puis la réplique du tac au tac ; avec un remarquable ensemble on tombe constamment sur la reine des lesbiennes :

« Que la tribade Raucourt Trouvant un homme trop lourd »

préfère l'intervention digitale féminine ; le grossier chansonnier critique Raucourt et lui montre l'appétit d'Adeline pour le sexe masculin en ayant bien soin de trouver au nom de cette dernière une rime riche (1).

La Révolution trouva Raucourt dans sa maison de la rue Royale (2). Royaliste dans l'âme, elle ne voyait pas, sans répugnance, les idées nouvelles gagner du terrain. Fidèle à ses principes, intransigeante même, l'actrice ne se donnait pas la peine de déguiser son état d'esprit.

Tout la désignait pour être victime de ses opinions nettement aristocratiques, elle dut au hasard de ne pas finir ses jours comme le prince d'Hénin.

(1) Mém. Sec, T. xiv, p. 374.

(2) Le nom de rue Royale fut supprimé par un arrêté du département de la Seine (18 nivôse an VIII), on devait d'abord lui donner la dénomination de rue du Champ-de-Repos; mais cet arrêté ne fut point exécuté et après avoir failli porter le nom de l'an VIII, on lui donna enfin celui du fameux sculpteur Pigalle. — La maison Raucourt de l'aveu des gens du Domaine portant le N° 6, de la rue Royale, était au commencement du siècle devenue l'immeuble numéroté 5, dans la rue Pigalle.

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