‹ La raucourt & ses amiesChapitre 38 sur 52 · LE THEATRE LOUVOIS · texte numérisé non relu

LE THEATRE LOUVOIS

et de l'autel, grands amis des arts et partout protecteurs de Messieurs les comédiens du roi. Le privilège que semblait avoir reçu, de Blackenburg, Mlle Raucourt d'exciter de tous ses moyens dramatiques, tant en dedans qu'en dehors des coulisses, la haine de la Révolution et les vengeances publiques et particulières (1) ; enfin l'épouvantable degré de corruption morale et politique dont son théâtre était le foyer, faisaient plus qu'excuser aux yeux, je ne dis pas du républicain, mais même de l'homme impartial, cette mesure rendue de jour en jour plus nécessaire, d'obtenir le moindre correctif dans le système et la conduite de Messieurs les comédiens du roi, et quand la directrice Raucourt passe en pluviôse an VI aui théâtre de l'Odéon, le nouvelliste poursuit de ses haines l'ancienne reine et annonce ainsi son succès : « Sa Majesté Impériale et Royale Raucourt vient de rouvrir son théâtre à la salle de l'Odéon. Quelques républicains avaient d'abord pensé que comme directrice d'un vieux club royal, partisan de la royauté, elle devait prendre la route de Madagascar ? » (2)

(1) « 30 pluviôse, an V. — « Nous marchons sur un volcan, il est temps que le Directoire prennent des mesures. Le ministre de l'Intérieur dénonce M"* Raucourt, directrice du Théâtre Louvois où quelque temps on a vu distribuer des billets et des contremarques à effigie royale. Cette dame veut, dit-il, faire jouer des pièces royalistes. Il est très important de faire surveiller son théâtre qui est le rendez- vous des amis de la royauté. » Le ministre ajoute que ces pièces sont fort courues par les gens à voiture, grands amateurs de pièces contraires à la République. » G. Duruy, Mém. de Barras, doc. cit., t. ii, p. 314.

(2) M lisons de Rassemblement, rue Honoré, 90. = Près la place Vendôme. La femme Laurine tient maison garnie où l'on joue, les députés qui vont dans cette maison pourront être appelés à bon droit : « La queue de Clichy ». Il n'y en a pas un qui ne votât pour que les Directeurs actuels fussent envo>és à Cayenne. Nous pourrions encore cirer la comédienne Raucourt en ce moment en voyage. Rapport politique sur les maisons de jeu. Mém. de Barras, doc. cit., t. m, p. 97.

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