‹ La raucourt & ses amiesChapitre 45 sur 52 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

D'autres viendront qui dégageront le caractère de la tragédienne au point de vue purement théâtral ; elle eût une grande influence sur son époque et malgré son défaut de sensibilité, ce fut une grande artiste servie par des moyens merveilleux. Il ne nous convenait pas de nous étendre sur sa carrière tragique et nous ne l'avons fait que dans la mesure où c'était nécessaire pour l'intelligence des événements rapportés.

Le soin particulier de cette femme, pour affecter les dehors masculins ; sa prédilection à s'entourer des personnes de son sexe, constituent une étrange anomalie qui a vivement frappé ses contemporains. Elle doit encore étonner ceux qui ont pris soin de rapprocher des faits, en apparence étrangers, mais qui se juxtaposent étrangement. La société du XVIIIe siècle, féconde en personnages curieux, s'enrichira d'une galerie féminine de jolies damnées qui ont voulu vivre en marge des coutumes.

La robuste santé de nos ancêtres s'accommodait de ces écarts, elle y trouvait même certain ragoût excitant. On persiflait les lesbiennes, on se moquait de leurs mœurs, mais personne n'invoquait la rigueur des lois pour les flétrir. Société bien près de finir, qui ne trouve pas un Juvénal pour vaticiner contre les « anandrynes ». Le ton est indifférent ; il se maintiendra toujours sur le diapason railleur et les plus sévères philosophes ne semblent pas choqués par l'impudeur de la reine des inverties.

Heureuse époque qui fut vraiment celle de la tolérance !

Pièces Annexes

Documents inédits provenant de l'inventaire et des scellés apposés chez Mlle T{aucourt par le Commissaire au Châtelet en 1776.

Arch. JSal, Minutes de Boullanger, Cre Y, 12J04.

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