CONCLUSION
En esquissant, au milieu de ces singulières femmes, la figure plus singulière encore de cette reine de théâtre se détachant sur ses compagnes, nous avons voulu, non pas écrire une biographie de la Raucourt, mais tracer de rapides tableaux de mœurs.
Il était impossible de parler des lesbiennes sans évoquer à tout moment la figure de leur déesse. D'autres plus compétents, retraceront cette grande personnalité théâtrale ; nous nous sommes efforcés au contraire de la montrer le moins possible au théâtre ; et de chercher dans le fatras des pamphlétaires, ce qui était de nature à éveiller la curiosité des amateurs de documents peu connus ou dissociés. (1)
En comparant ces éléments si divers, en rapprochant les événements de cette vie si agitée, on déduira des exagérations mêmes que les accusations
(1) Il y a toute une bibliographie erotique relative aux mœurs de la Raucourt. On connaît : Amandria ou Confession de M"" Sapho, élève de la Gourdan, sur sa réception dans la -secte anandrync. En Grèce, 1789, petit in-8° de 140 p., figures, léimprimé sous le titre La Nouvelle Sapho ou Histoire de la secte anandryne. Paris, an 11. — Même titre, avec 6 figures : Paris 1791, 93, 94,
portées par les nouvellistes contre cette femme bizarre ont une origine véritable.
Ces chercheuses de sensations rares qui se sont connues, protégées, soutenues, appartenaient à une grande confrérie ayant pour le sexe féminin un culte véritable et fanatique.
Raucourt n'a pas créé un vice nouveau, il est au contraire vieux comme le monde, il a survécu à cette grande passionnée et survivra autant que l'espèce humaine ; mais il nous a semblé curieux de grouper autour de l'étoile, les comparses plus humbles ou moins connues.
in-18° de 162 p. (BibJ. des ouvrages relatifs à l'Amour, 2e édit., 1864, col. 648) — Note signée P. L. (Pau' Lacroix dans le Bulletin duBibliophilc, XVIe série, p. 311 : « Nous n'avons pas découvert qu'elle est cette Mme de Furiel qui joue un rôle si actif dans ce récit et nous ignorons qnel fut le dernier éditeur de ce livret, qu'on osait pré- enter comme publié par la citoyenne Raucourt (Nous avions pensé au comédien Mayeur de Saint- f-*aul) qui a seulement ajouté huit pages de sa façon, il ne s'est pas fait faute de compromettre M"psArnould, Raucourt et Contât.» Alexandre Dumas en a donné des fragments à la fin de son Louis XV. — Il y a aussi des extraits dans une réimpression allemande : La Nouvelle Sapfio, ou Histoire, etc., publié par le C. N. ; Paris, 1791, in-12, dans laquelle il est donné des détails sur l'initiation de M"e Sapho comme tribade, ainsi qu'une apologie de la secte anandrr/ ne ou exhortation à une janc tribade, par MUt Raucourt, prononcée le 28 mars 1778 (p. 44 à 78). — Dans plusieurs de nos chapitres nous avons reproduit intégralement cette littérature spéciale, le seul point intéressant consistait à identifier deux femmes dont les mœurs décriées prêtaient le flanc aux calomnies.
Nous croyons avoir levé le voile mystérieux qui cachait les personnalités suggestives de Madame de Furiel et de la jolie Marquise de Teehul, jusqu'à ce jour inconnues des érudits et des chercheurs.