‹ La réaction d'agglutination (réaction de Paul-Bunnell-Davidsohn) au cours de la mononucléose infectieuse: Son intérêt diagnostique et nosologiqueChapitre 13 sur 51 · La formule hématologique au cours de la M. I · texte numérisé non relu

La formule hématologique au cours de la M. I

Les aspects cliniques sous lesquels la M. T. peut se présenter sont done multiples. L'unité entre ces différentes variétés cliniques était fournie jusqu'à une date récente par la formule hémalologique.

À l'examen d'une lame de sang provenant d’un sujet atteint de M. I. l'attention est attirée tout d'abord par Vexistence d’une hyper-leucocytose modérée. Si parfois l’on observe des hyperleucocytoses à peine ébauchées à 8.000-10.000, les chiffres de 15.000, 20.000 G. B. sont habituels : des hyperleucocytoses à 30.000 G. B. et davan-

tage sont trés rares.

D'autre part — et c'est là le caractère hématologique le plus important — il y à une augmentation des Icuco-

cytes mononucléaires. Cette mononueléose est non seulement le signe hématologique constamment retrouvé, mais encore d’une façon plus générale le symptôme le plus constant de l'affection que nous étudions. Nous en décrirons les principaux caractères.

Il en est un qui attire immédiatement l'attention lors-

qqu'on examine un frottis de sang de sujets atteints de

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M. I. : c'est la présence l’éléments mononucléés atypiques. En effet non seulement le pourcentage des mononucléaires est plus élevé que normalement et atteint globalement le plus souvent un taux supérieur à 60 %, mais cette mononucléose n’est pas entièrement constituée par les éléments normalement rencontrés dans le sang : c’est-à-dire les lymphocytes, les moyens mononucléaires, les monocytes. A côté des leucocytes correspondant à la description classique il existe un nombre variable de cellules dont la morphologie en diffère nettement. Les descriptions qu’en ont donné différents auteurs ne sont pas toujours semblables, et la difficulté que l’on peut rencontrer à rapprocher ces cellules d’un type de mononucléaire normal a conduit à des hypothèses diverses quant à leur origine.

M. CHEevaLLier en tenant compte des faits publiés et de ses observations personnelles en a donné une description très complète dont nous ne rappellerons que les données essentielles. Il a décrit trois types d'éléments mononucléés qu'il qualifie d’« anomaux ». Les premiers du type «1Iymphocytoïde » se présentent tantôt comme des lymphocytes mais avec un protoplasme vacuolisé, tantôt comme un moyen mononucléaire plus volumineux que normalement avec un noyau ovale un peu échancré dont la chromatine se présente en bandes irrégulières foncées. Tantôt enfin l'aspect du leucocyte se rapproche dé celui de la plasmazelle ou de la cellule de type Türk avec un noyau excenirique à chromatine à masses denses et un cytoplasme plus foncé à la périphérie. Le deuxième type est dit « monocytoide » car il s’agit de cellules volumineuses de 20

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à 25 y à noyau lobé, à chromatine peu dense avec un cytoplasme basophile plus coloré à la périphérie, contenant des grains azurophiles et perforé de vacuoles. Certaines d'entre elles rappellent pour M. CHEvVALLIER les cellules de type Rieder. Enfin M. CHEvALLIER décrit une troisième variété de cellules anomales du type « myéloblastique » ; il n’en donne qu'une description très succinete et reconnaît d’ailleurs avee LoNGCoPE qu'on pourrait les appeler «lymphoblastiques » en raison de l’absence de grains oxydasiques. Toutes ces cellules « anomales » sont pour M. CHEvALLIER des éléments jeunes, au début de la maladie du moins ; mais par la suite on peut rencontrer des formes sénescentes ou du moins considérées comme telles en raison de la présence de vacuoles et aussi de la constatation à côté d'elles sur les frottis de nombreuses cellules déformées ou dont il ne reste que le noyau. En ce qui concerne leur origine, M. CHEVALLIER estime que les cellules mononucléées anomales provien- - nent du tissu lympho-mésenchymateux. Dans les formes dites «lymphocytoïdes » la plupart des cellules dérivent des lymphocytes, mais il se peut que dans d’autres formes les éléments anomaux proviennent du tissu réticulo-endothélial. La description qu'en donne M. CHEVALLIER se rapproche de celle signalée dans de nombreuses observations.

MM. Sagrazes et Saric indiquent les caractères hématologiques suivants qu'ils considèrent comme caractéristiques des angines lymphomonocytaires : hyperleucocytose entre 10.000 et 36.000, neutropénie habituellement relative mais rarement absolue, augmentation des lympho-

eyles et des monocyles. La Iymphocytose peut atteindre 40 à 80%, elle comprend des lymphocytes, des macrolymphocytes et même des lymphoblastes. La monocytose peut atteindre des taux élevés : 30 à 40 %, représentés par des formes monocytaires normales et anormales par inmaturilé ou sénescence. 1! y a toujours à la fois lymphocytose et monocytose : dans la majorité des cas la lymphocytose prime Ja monocytose, Le terme d’« Angine à monocytes » est donc défectueux. La série rouge ne montre rien d’anormal. Notons en passant, car nous aurons l'occasion d'y revenir, que MM. SaBrAzEs et SARIG considerent les angines Iymphomonoeytaires comme faisant partie d’un syndrome à étiologies multipes, ce qui au moins dans certains cas nous parait discutable. |

Toutefois M. Waïrz en 1939 à cru devoir insister sur les caractères spéciaux des éléments mononueléés rencontrés dans la M. EF IT à insisté sur le polymorphisme considérable des éléments mononueléés et surtout sur la tendance plasmocytaire des différentes cellules. Pour M. Warrz les modifications cellulaires caractérisant la tendance plasmocytaire sont : la tendance du noyau à se placer à un pôle d’une cellule dont les contours deviennent plus réguliers ; [a tendance de la chromatine à se condenser sous forme de masses chromatiniennes ; la tendance du protoplasme vers une basophilie intense avee structure grenue et petites zones claires ; la tendance à la disparition des grains azurophiles dont les derniers sont souvent localisés en certaines régions du protoplasme. Le

nombre des cellules à tendance plasmocvytaire serait en.

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général important, il serait supérieur au pourcentage des cellules analogues que l’on peut noter dans les leucémies.

Pour M. Souier, qui à étudié parallèlement à la R. A. les frottis de sang fait en série pour chaque malade, les caractères hématologiques essentiels de la M.I. peuvent se résumer ainsi :

— Augmentation des cellules mononueléées à des taux toujours égaux ou supérieurs à 66 %.

— Présence à côté des leucocytes mononuceléaires normaux, et surtout pendant la période évolutive cliniquement apparente, d'assez nombreux éléments «atypiques » dont la plupart paraissent réaliser un élément intermédiaire entre le leucoblaste et le moyen mononucléaire. En effet si certains diffèrent assez notablement des moyens mononueléaires normaux par leur taille qui est plus importante, leur noyau à la morphologie générale d’un noyau mononucléaire : il est ovalaire, légèrement encoché ou réniforme ; surtout on trouve tous les types intermédiaires entre les leucocytes moyens moronuecléaires normaux, les cellules atypiques, et les leucoblastes. Leur caractère atypique tient à la structure du noyau dont la chromatine plus foncée que normalement est disposée en mottes ou filaments irrégulièrement placés, et aussi à celle du protoplasme qui-est de teinte anormale et prend par la coloration de Giemsa une teinte «bleu outremer » surtout marquée à la périphérie alors que la zone périnucléaire est irès claire. Enfin le protoplasme contient de nombreuses vacuoles, et il arrive que l’on rencontre — rarement d’ail-

leurs — un gros bâtonnet ou des grains azurophiles. T1

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