‹ La réaction d'agglutination (réaction de Paul-Bunnell-Davidsohn) au cours de la mononucléose infectieuse: Son intérêt diagnostique et nosologiqueChapitre 17 sur 51 · Les difficultés du diagnostic de la M. I · texte numérisé non relu

Les difficultés du diagnostic de la M. I

Intérêt d’un critère sérologique

Ainsi, pour si variées que soient les formes que cette affection peut revêtir, il est deux éléments constamment retrouvés quelle que soit la forme clinique, ce sont le syndrome infectieux et la mononueléose sanguine. Le troisième élément dont on fait une des caractéristiques de la maladie, c’est-à-dire les signes cliniques d'atteinte du tissu lymphoïde peuvent où bien apparaitre tardivement ou bien rester discrets, et même manquer. Lorsqu'ils existent d'ailleurs ils n'ont pas souvent de caractère les distinguant de ceux dùs à des agents pathogènes autres que celui de la M. I. Quant au critère hématologique il n'est pas pathognomonique : l'hyperleucocytose peut être

SM

discrète, la mononueléose tardive ; celle-ci enfin n’est pas caractéristique de cette affection.

Des trois éléments caractérisant l'entité morbide «qu'est la M.T. aucun n’est pathognomonique pris isolément, ou même associé à l’un des deux autres, voire même aux deux. On comprend alors aisément qu'il soit difficile d’établir un diagnostic certain de M.I. en se basant sur les signes cliniques et hématologiques surtout lorsqu'ils ne: sont pas simultanément constatés.

Ce sont surtout les angines aiguës avec adénopathies jui, en l'absence d'examen bactériologique, ont pu être considérées comme dues à des agents pathogènes connus alors qu'il s'agissait de M.I. Le diagnostic de diphtérie a souvent été porté à tort en raison de l’aspect pseudomembraneux que prend parfois l’angine dans la M.T, des signes généraux et des adénopathies. Lorsque la constatation d’une angine avec signes généraux graves, adénopathies, se double de celle d'anomalies sanguines on eomprend que l’on puisse être conduit à confondre la M. TI. avec l’angine agranulocytaire de Werner-Schultz surtout si lon ne remarque pas que cette neutropénie n'est en général que relative. Toutefois il est des cas où du fait de la leucopénie on a bien affaire à une granulopénie absolue, MM. CHEVALLIER, R. SOHIER en ont signalé des cas. De même le diagnostic de leucémie aiguë à pu être fait pour des sujets atteints de M. I. en raison de Ta constatation d'une angine ulcéreuse, d'adénopathie, de signes généraux graves et de la présence dans les frottis de sang de nombreux éléments monénuecléés anormaux voire

même de leucoblastes où d’une cellule souche. FT est vrai

que l'absence de modifications de la série rouge devrait permettre d'écarter ce diagnostie mais souvent on ny prête pas attention et l’on se contente de frottis de sang. L'erreur à été commise plusieurs fois, et rappelons lobservation de Türk qui a constituée une erreur utile en ce qu'elle à permis la découverte de la M.T. Remarquons aussi que la constatation d’un état infectieux grave avec mononucléose sanguine et atteinte du tissu ganglionnaire ou splénique peut se voir dans certaines maladies telles que la rubéole, la fièvre typhoïde ; ces affections ont pu, ainsi dans certains cas être diagnostiquées alors qu'il s'agissait de M.I. Le fait d'observer une fièvre persistante parfois ondulante et une augmentation des mononucléaires du sang a pu faire croire pour un temps à une brucellose. Enfin il n’est pas jusqu'à l'infection tuberculeuse, ou le syndrome décrit sous le terme de «typhobacillose » qui ait pu être évoqué chez des sujets atteints de M.I., en raison de la fièvre, de l'existence d’une splénomégalie et d’une mononucléose sanguine, tous signes qui ont été signalés au cours de l'infection bacillaire.

L'on conçoit ainsi les difficultés du diagnostic sinon dans les formes typiques du moins dans les nombreuses formes atypiques de l'affection. Aussi, pour reprendre les termes de M. SoutER, «un progrès certain fut donc réalisé le jour où l’on put ajouter aux données cliniques et hématologiques à l’aide desquelles le diagnostie était établi —"non sans difficultés pous les formes atypiques — un critère sérologique : le test d'agglutination étudié par PAUL-BUNNEL, STUART, BAïILLEY et RAFFEL DAviIDsonN. et

décrit actuellement sous le terme de réaction de Paul-

CAE Te ;

Bunnel, Davidsohn » auquel il est préférable de donner avee M. Sonrer le nom de réaction d'agglutination (R. A. adopté d'ailleurs par M. Demancxe, désignant ainsi la nature de la réaction qui est l’agglutination à un taux élevé et dans des conditions déterminées des globules rouges de mouton en présence de sérum de sujets atteints de M. TI. » La pratique qui consiste à la désigner sous le nom de réaction de Paul-Bunnel n'indique que les auteurs qui ont découvert une partie des éléments qui ont permis son application pratique (agglutinabilité des hématies de mouton) et passe sous silence les expérimentateurs qui ont précisé la qualité des agglutinines anti-mouton qui, à nos yeux, constitue le facteur le plus important.

Page 1