HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DE LA REACTION D’AGGLUTINATION (R. A
Jusqu'aux travaux de Forssmax il semblait établi que l'injection à un organisme d'un antigène déterminé faisait apparaître des anticorps spécifiques susceptibles d'agir sur l’antigène qui avait provoqué leur apparition et seulement sur lui. La réaction antigène-anticorps que l’on met en évidence au laboratoire par divers procédés : agglutination, précipitation, floculation, fixation du complément, lvse, était donc considérée comme étroitement spécifique. Or en 1911 Forssmax poursuivant des recherches sur la formation des hémolysines anti-mouton et anti-chèvre, observa un phénomène curieux : l'injection au lapin de certains tissus, certains organes, certaines humeurs provenant de différentes espèces animales, détermine lapparition chez le lapin d'hémolysines pour les globules rouges du mouton et de la chèvre.
Ainsi Forssman attirait l'attention sur ce fait remarquable que des substances possédant une fonction antigénique définie — telle que les globules rouges de mouton
— peuvent réagir non seulement avec leurs anticorps
homologues (hémolysines anti-mouton produites par l’'injection à un animal de globules rouges de mouton) mais aussi avec d’autres anticorps (anticorps hétérologues) dont l'élaboration a été provoquée par l'injection d’une substance (extrait de cobaye) sans rapport apparent avec l'antigène considéré (globules rouges de mouton).
Les substances qui sont douées de telles fonctions antigéniques — c’est-à-dire capables de réagir non seulement avec leurs propres anticorps, mais aussi avec des anticorps élaborés en dehors de leur intervention — sont appelés héléro-antigènes de Forssman (ou antigène Forssman) et on appelle « hétérophiles » ou anticorps Forssman les. anticorps auxquels elles donnent naissance : les termes d'homologues ou d'isophiles étant TÉSETVÉS aux anticorps dont l’action se limite aux substances employées pour leur production.
Les expériences de Forssuanx avaient été réalisées avec des émulsions d'organes de cobaye. Par la suite on constata que les émulsions d'organes d’autres animaux : cobaye, cheval, chien, chat, possédaient l’antigène F. tandis que l'émulsion d'organes de lapin, rat, bœuf, en étaient dépourvus.
Il fut possible dès lors de distinguer deux groupes parmi les animaux, suivant qu'ils possèdent ou non l’antigène F.:
Le groupe cobaye : possédant l’antigène K.
Le groupe lapin : ne le possédant pas.
Quant à l’homme Scie et ADELBERGER, Scuir et FRiep- BERGER, DUJARRIC DE LA RIVIERE et KOSsSOVITCH ont montré
que Îles globules rouges des groupes À et AB, où plus