INTRODUCTION
1. Historique de la découverte de la Mononucléose infectieuse
Malgré les efforts des eliniciens poursuivis depuis une cinquantaine d'années pour isoler du groupe très vaste des adéno-lymphoïdites une variété spéciale, décrite sous des noms divers : Fièvre glandulaire, Mononueléose infectieuse, Angine à monocytes, Adénolymphoïdite aiguë bénigne, il n’était pas possible, jusqu'à une date récente, d'affirmer lautonomie et la spécificité de cette affection. C’est l'impression du moins que nous avons à la lecture des
travaux très nombreux consacrés à ce sujet.
Bien que FiLaTow, en 1885, ait attiré l'attention sur cette affection, celle-ci ne fut individualisée nettement qu'en 1889 par Prerrrer qui, sous le terme de «Fièvre glandulaire », décrivit une affection fébrile aiguë, atteignant de préférence mais non exclusivement les enfants. Le début
en est brutal, la température plus ou moins élevée, l’en-
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fant est abattu ; la gorge est rouge ; les ganglions cervi caux sont volumineux ; le foie et la rate sont parfois augmentés. Des rechutes peuvent s'observer au cours de la convalescence.
Ces travaux attirant l'attention des pédiatres, les observations de Fièvre glandulaire se multiplient. Toutefois les idées de PrEIFFER restent discutées, et dans la plupart des pays on nie la spécificité de cette affection, qui est considérée comme un syndrome relevant le plus souvent d’une angine ou d’adénoïdes infectées, quelquefois en rapport avec la tuberculose.
Pendant que la Fièvre glandulaire n'était étudiée que sous son aspect clinique, et qu'en l'absence d'agent étiologique les discussions restaient vives quant à sa spécificité, des études qui allaient se révéler fructueuses étaient entreprises, sans rapport avec les précédentes, sur les caractères du sang au cours de certains états infectieux fébriles.
Turck avait remarqué qu'un petit nombre de maladies infectieuses s’accompagnent d’une diminution des éléments granuleux du sang, la formule sanguine dans ces conditions pouvant en imposer parfois pour une leucémie aiguë, ou un début de leucémie lymphoïde.
En 1907 une femme de 20 ans entrait dans son service ‘avec le diagnostic de «fièvre typhoïde » ; Turcx, sur la constatation d’une température élevée, d'une angine, d’adénopathies, d’une splénomégalie, porte le diagnostic d’« angine ». Mais l'examen du sang ayant montré 16.700 G. B. et une lymphocytose à 85 %, Turcx rectifiant son diagnostie pose celui de leucémie lymphoïde aiguë. Quel-