‹ La réaction d'agglutination (réaction de Paul-Bunnell-Davidsohn) au cours de la mononucléose infectieuse: Son intérêt diagnostique et nosologiqueChapitre 7 sur 51 · Symptomatologie et formes cliniques · texte numérisé non relu

Symptomatologie et formes cliniques

de la Mononucléose infectieuse (M. I.)

A. SYMPTOMATOLOGIE

La mononuceléose infectieuse (M. EL) est une maladie générale, infectieuse, dont le virus est inconnu. Bien qu'elle frappe en général des individus isolés, certains faits montrent cependant sa contagiosité (GUTHRIE et PEssEL, 1923). Elle se rencontre chez les enfants. les adolescents, les adultes jeunes, de préférence l'hiver et au printemps. Le sexe, non plus que la question de race, ne semblent avoir d'influence sur son apparition. Dans la majorité des cas le pharynx semble avoir été le point de pénétration du virus, cependant certaines variétés cliniques de l'affection permettent de penser que la muqueuse génitale, l'intestin, la peau, pourraient être autant de portes d'entrée pour le virus.

Le début est brusque le ne souvent, survenant après une période d’ineubation d’une huitaine de jours, au cours de laquelle le sujet à pu présenter une fatigue anormale, de l'inappétence. Il est manqué par un malaise général, des frissons, des céphalées, des courbatures, une poussée thermique aux environs de 3%, La dysphagie, les adénopathies cervicales apparaissent en général les premiers jours. Un début insidieux, une température qui s'élève peu à peu, une angine et des adénopathies d'apparition plus tardive, sont beaucoup plus rares.

Les signes cliniques caractéristiques de la forme habituelle de la M. I. sont : l’angine, les adénopathies, la

splénomégalie, la température, A ceux-ei il convient

mA De

d'ajouter une formule hémo-leucocytaire (F-H°.L) d'un type particulier.

a) L'angine.

Elle n'a rien de caractéristique : angine érythémateuse, érythémato-pultacée, œdémateuse, eryptique, pseudomembraneuse, ulcéro-nécrotique. Son apparition, en général précoce, peut être différée de quelques jours.

b) Les adénopathies.

La région sous-angulo-maxillaire est le siège le plus constant d'adénopathies volumineuses, souvent appréciables à la vue, et se prolongeant jusque dans les creux sus-claviculaires par une série de ganglions cervicaux de volume variable ; les ganglions de consistance ferme, élastique, sont distinets les uns des autres, ils sont tantôt douloureux, tantôt indolores. Les adénopathies ne se limitent pas en général aux régions sous-angulo-maxillaire et cervicale. Les régions pétragiennes, rétro-auriculaires, l’aisselle, laine, la région sus-épitrochléenne sont souvent le siège d’adénopathies plus ow moins marquées. La diffusion de l'atteinte ganglionnaire, ainsi que le rappelle M. le Prof. LEMIERRE, variable suivant les cas, est un des symptômes les plus caractéristiques de la maladie. Enfin fait important à signaler : ces adénopathies ne suppurent

jamais.

c) La splénomégalie.

Appréciable le plus souvent à la palpation, la splénomégalie est à peu près constante. La rate est parfois dou-

loureuse à la pression.

UE d) La lempéralure.

La température, ui accompagne toujours la M. T., peut d'emblée atteindre ou dépasser 40° ; parfois elle n’arrivé à son acmé qu'en quelques jours. Retombant plus ou moins rapidement à la normale en 5 ou 6 jours, la température peut dans certains cas se maintenir en plateau pendant une douzaine de jours pour déeroître en [ysis, tandis que l’angine tarde à guérir. La persistance de la température, inhabituelle dans les amygdalites aiguës banales, doit toujours faire penser à une M. T. Plus rarement la température procède par grands accès quotidiens précédés de frissons, à caractère pyohémique. Dans d’autres cas, après une phase d’apyrexie temporaire, il se produit une rechute plus ou moins longue, marquée par une élévation thermique accompagnée ou non d'une poussée ganglionnaire. Nous avons observé un €as où la courbe de température montrant de larges ondulations. pouvait faire penser à une mélitococcie. Dans une observation de M. Sonier l'allure de la courbe thermique en imposait pour une fièvre typhoïde.

e) La formule hémoleucocylaire.

L'examen hématologique, sur lequel nous reviendrons plus en détail, montre une hyperleucocytose modérée avec mononueléose sanguine et présence de leucocytes mononucléés atypiques. La physionomie de ces derniers est assez caractéristique pour attirer l'attention d'un médecin quelque peu averti de l’hématologie vers le diagnostic de

M. L. en dehors de toute indication clinique ou sérologique.

LR 27 ES

En résumé, dans sa forme typique l'affection est caractérisée par une poussée infectieuse fébrile persistante, accompagnée ou suivie d’angine, par une adénopathie généralisée n’aboutissant jamais à la suppuration, par une splénomégalie et par une hyperleucocytose modérée avec mononueléose. Il n'y à pas d’anémie.

B. FORMES GLINIQUES Mais il s’en faut que le tableau clinique ait toujours cette netteté. À côté de formes sans angine, il y à des formes avec adénopathie localisée aux régions cervicale, axillaire, inguinale, thoracique, abdominale même.

1. Forme cervicale. Nous ne reviendrons pas sur la forme cervicale, la plus

communément observée et qui correspond à la description que nous venons de donner de la maladie.

2, Forme inguinaie.

Une forme inguinale de la M. T. fut décrite en 1927 par M. CnevazLier. Trois ans auparavant MM. Ravaur, Bou- LIN @t RABEAU avaient rapporté une observation que l’on pourrait considérer comme une forme inguinale de Ia M.T.

I s'agissait d’une jeune femme présentant avec des signes fonctionnels et généraux modestes, une adénopathie inguinale surtout marquée à droite. L’examen général montra une ulcération superficielle de la fourchette vulvaire qui fut peutêtre le point de pénétration du virus de la M. TI. F.H°L : 6.500 G. B. avec une mononucléose à 50%. La réaction de B. W. fut deux fois légèrement positive, deux autres fois franchement négative.

2e HET

L'observation de M. CHEVALLIER paraît plus démonstrative :

Un homme de 25 ans présente des céphalées, un peu de température, une sensation de malaise général ; la constatation d’une grosseur dans l’aine gauclre l’amène à consulter.

‘L'examen ne révèle aucune autre adénopathie que ‘celle constatée par le malade. La rate est un peu augmentée. Aucune ulcération génitale, On pense à une maladie de Nicolas- Favre.

L'examen du sang montrant une mononucléose à 93 % va

rectifier le diagnostic et faire ranger ce cas dans le cadre de la M.I.

3, Forme axillaire.

En Amérique CABoT et HABERFELD ont rapporté des cas dans lesquels la tuméfaction des ganglions axillaires avait précédé de quelques jours celle des ganglions cervicaux et l'apparition de l’angine. Dans ces cas la F.H°L avait montré une mononueléose variant entre 60 et 70 %.

Plus récemment un <as de forme axillaire pure de M... a été observé par M. le Professeur LEMIERRE.

Il note l'apparition d'une volumineuse adénopathie dans le creux de l’aisselle droite, d’une adénopathie plus discrète dans le creux axillaire gauche, d’une splénomégalie et d’un état fébrile à type pyohémique, sous forme de grands accès hyperthermiques irréguliers, précédés de frissons, de crises intenses de rachialgie, et terminés par des transpirations profuses, le tout ayant duré pendant près de deux mois et ayant pu faire penser un moment à ia possibilité d’une maladie de Hodgkin. Le point de départ a peut-être été une minime ulcération siégeant à l'extrémité du pouce droit. L'existence d’une hyperleucocytose discrète avec forte mononucléose, et surtout le résultat négatif de plusieurs hémocultures, ont permis d'écarter le diagnostic de septicémie à microbes pyogènes.

AE 4. Forme thoracique.

Des exemples ont été signalés d’une forme thoracique avec tuméfaction des ganglions médiastinaux, accompagnée de signes broncho-pulmonaires.

Déjà «en 1890 Vox STark avait noté dans la fièvre glaändulaire une toux coqueluchoïde et l'avait attribuée à une adénopathie trachéo-bronchique. En 1893 Moussous signale la fugacité des tuméfactions cervicales et insiste sur la toux coqueluchoïde et l’adénopathie médiastine. Une autopsie de KoRsakoFF avait montré la tuméfaction des ganglions péribronchiques et mésentériques, mais les ganglions cervicaux ayant suppuré au cours de la maladie, le diagnostic de fièvre ganglionnaire porté chez le

L'existence d’une adénopathie trachéobronchique au malade est des plus douteux.

cours de la M. I fut done longtemps discutée. La radioscopie semble être venue la démontrer, en même temps que sa rareté. Il n'existe que peu d'observations de forme médiastinale où l’adénopathie hilaire domine ou occupe seule le tableau clinique. Tiny et DANIEL en ont publié un

cas en 1923:

Il s'agissait d’une petite fille de 9 ans pour laquelle le diagnostice de pneumonie avait tout d'abord été porté. Mais l’apparition chez le frère de cette petite malade, une semaine après le début de l'affection de celle-ci, d’adénopathie cervicale droite, suggère le diagnostic de fièvre glandulaire mais aucun examen histologique n'ayant été pratiqué, le diagnostic reste douteux.

Page 1