‹ La Réaction de Bordet-Wassermann Dans l'Angine de VincentChapitre 12 sur 25 · TE UES · texte numérisé non relu

TE UES

Niclot et Marotte ont publié à ce sujet, en 1017, (Revue de Médecine, p. 317) une observation pleine d'intérêt.

J s’agit d'un jeune soldat chez lequel, vers la fin d’une angine de Vincent typique, on vit apparaître des lésions tertiaires de la bouche et du pharynx.

Les chances de voir évoluer simultanément des lésions spécifiques et des lésions à fuso-spirilles sont d'ailleurs accrues de ce fait que le traitement mercuriel institué pour combattre la syphilis favorise grandement la pullulation de l'association de Vincent (Favre).

D'autre part, un traitement mercuriel appliqué sur un sujet dont la cicatrice angineuse en imposait pour une lésion tréponémique, donne de fàcheux résultats. Cette erreur signalée par Le Blaye a eu des conséquences déplorables : aggravation de l’angine, apparition d’une stomatite tenace ; elle aurait même provoqué une issue fatale s’il faut en croire Magnus Müller (Derm. Zeitschr., 1911).

Séparer les lésions fuso-spirillaires des lésions spécifiques est donc souvent chose peu commode et pourtant fort importante.

Dans ces conditions ne peut-on avoir recours à la réaction de Bordet-Wassermann ? N'y aurait-il pas intérêt à rechercher si l’angine ulcéro-membraneuse ne peut modifier, à elle seule, le sens de cette réaction ? |

C'est précisément pour tenter de répondre à ces deux questions que nous avons entrepris les recherches dont on lira les résultats dans les pages suivantes,.

res

L'intérêt de ces investigations nous à paru augmenter du fait de certaines notions d'ordre biologique ou cliniques que l’on peut répartir ainsi.

Justification de nos recherches

TI. — Raisons d'ordre biologique. — Le Spirochæta Vincenti semble bien, nous l’avons déjà vu, imprimer à l'association dont il fait partie, ses caractères pathognomoniques. C’est, d’autre part, un Protozoaire très voisin du Treponema pallidum comme le montre le tableau ci-dessous :

Spirocheta de la fièvre jaune.

{ Spirochetinae Æ — récurrente.

Famille Gr ictéro-hemmoragiae.

dé — Vincenti.

Spirochètes Treponema pallidum.

Treponeminae — pallidulum.

— dentium.

Le Spirocheta Vincenti est très mobile comme le Treponema pallidum, et cette mobilité ïl la doit, non à des cils comme les bactéries, mais à l’élasticité mèême de son protoplasma et il rappelle, par sa façon de progresser, l’agent infectieux de la syphilis : mouvements de vrille, de détente brusque, de fléau par oscillations autour de cassures prises comme charnières.

Le Spirocheta ictero hemorragiae, très voisin du Treponema pallidum et du Spirocheta Vincenti, donne très fréquemment des réactions de Bordet- Wassermann positives : Costa et Troisier ont signalé cette réaction positive 4 fois dans 6 cas de spiroche-

tose cetero hémorragique. L'agent infectieux du Sodo ku qui est également un spirochète, mais dont la classification manque encore de précision, donnerait également une réaction positive dans 1/3 des cas environ.

Dès lors le Spirocheta Vincenti ne peut-il être capable de modifier la réaction de Bordet-Wassermann dans le même sens que ses proches parents ?

If. — Raisons d'ordre clinique. — Dans ce groupe se placent les données de la clinique qui militent en faveur de la recherche du Bordet-Wassermann dans les cas douteux, où le Tréponème et l'association fuso-spirillaire peuvent également être accusés.

Nous les résumerons ainsi :

a) Réveil d’une syphilis ancienne sous l'influence d'une angine ulcéro-membraneuse ;

b) Analogie du traitement : le spirille est très sensible à l’arsenic organique ;

c) Analogie des symptômes : aspect chancriforme, tendance nécrosante ;

d) Evolution simultanée d'une angine et d’une syphilis ignorée ;

e) Intérêt du diagnostic différentiel (principalement au point de vue de l'application d'un traitement mercuriel).

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