‹ La Réaction de Bordet-Wassermann Dans l'Angine de VincentChapitre 20 sur 25 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

Madame S..., Françoise, 24 ans.

Entre le 12 décembre à l'hôpital de la Charité pour stomatite. |

Rien d'intéressant à signaler dans les antécédents héréditaires ou personnels.

L’affection actuelle a débuté il y a quatre jours par des vomissements de la céphalée, de la courbature et de la sécheresse de la bouche.

Actuellement la malade présente de la dysphagie et du trismus. Son haleine est fétide, son facies pâle et

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bouffi, ses ganglions sous maxillaires sont augmentés de volume et douloureux. La température oscille entre 38° et 385.

À l'examen les dents apparaissent recouvertes de tartre ; les gencives, la joue gauche, la voûte palatine du côté gauche et l’amygdale gauche sont envahies par un exsudat blanchâtre. Le même enduit recouvre le bord gauche de la langue et l’examen direct y démontre la présence de l’association fuso-spirillaire.

Ni sucre ni albumine.

Le 16 décembre la température redevient normale, mais le trismus et les symptômes de stomatite restent aussi marqués. À partir du 13 la malade est traitée au moyen de badigeonnages de novarsénobenzol, à raison de un par jour ; le 19 décembre elle recoit 40 cmc. d’électrargol en injection intra musculaire. Le 21, on commence à observer une diminution d’étendue de la couche de stomatite. L'état général s’améliore et le 31 décembre il persiste seulement un peu d’adénite cervicale, le trismus a disparu.

Le 5 janvier 1920 la malade présente de nouveaux symptômes de stomatite du côté droit de la bouche. Le côté droit de la langue, comme la muqueuse jugale, est recouvert d'un enduit blanchâtre où prolifère l’association fuso-spirillaire. Même traitement que précédemment. La malade sort guérie le 10 janvier.

Une prise de sang a été faite le 30 décembre.

Réaction de Bordet-Wassermann négative.

OBsERvVATION XVII

D..., Léon, 28° R. I., 22 ans.

Entre à l'hôpital Desgenettes le 15 octobre 1919 pour

Se

stomatite de nature fuso-spirillaire. Cette affection se montre rebelle à divers traitements : badigeonnages à l'acide chromique, au bleu de méthylène, gargarismes à l’eau oxygénée. L'état général est atteint. Le malade n'a pas d’appétit et présente un peu de trismus. Sa température oscille entre 38° et 39° pendant plus d’un mois.

Le 17 novembre les amygdales se recouvrent de néomembranes.

On se décide alors à instituer un traitement arsenical intensif.

Le 17 décembre le malade reçoit 0 gr. 35 de novarsenobenzol par injection intra-veineuse. A une semaine d'intervalle on fait une deuxième injection de 0 gr. 35 et huit jours plus tard une troisième de 0 gr. 45. Dès la deuxième injection l’amélioration est sensible. Les plaques de stomatites se résorbent, l'appétit revient, la température retombe à la normale, l’angine disparaît. Le 12 décembre le malade paraît guéri est part en convalescence.

Mais il revient le 23 décembre, car la stomatite a réapparu. L’angine réapparaît également le 26 décembre.

On prescrit des badigeonnages au néosalvarsun, des gargarismes à l’eau oxygénée. La stomatite disparaît au bout d’une quinzaine de jours. Mais les amygdales restent rouges et tuméfiées. L'une et l’autre présentent une place ulcéreuse à fond bourgeonnant, avec çà et là quelques points grisâtres.

On ne perçoit pas de ganglions sous-maxillaires ou cervicaux. L'état général est toutefois satisfaisant. Il persiste un peu de disphagie. Mais l'infection fuso-spirillaire, qui paraît en ce moment passer par une phase de latence, se maintient dans la cavité bucco-pharyngée en

op

dépit de tous les traitements. Le 5 février on fait une prise de sang. La réaction de Bordet-Wassermann est négative.

On tente une deuxième fois le traitement arsenical, en faisant une série de 6 piqûres de novarsénobenzo! de O0 gr. 15, à raison de un tous les 2 jours.

L’angine disparaît cette fois totalement. Mais le 95 février il persiste encore un peu de gingivite.

OBsERVATION X VIII

(Cette observation et les trois suivantes nous ont également été communiquées par M. le Docteur Lop, que nous remercions de son obligeance).

Mile M..., 11 ans.

Angine de Vincent à forme récidivente, datant de plus d’un an, lors de sa première visite chez moi. Réaction de Bordet-Wassermann négative ; traitement local au 944 pendant environ deux mois. Guérison, rechute au bout de six mois, nouveau traitement. Guérison qui s’est

maintenue depuis deux ans.

OBsEeRvaTION XIX

Mile X..., 26 ans.

D’après ce qu’elle rapporte, cette angine aurait débuté il y a environ 15 mois ; au moment de sa visite, présence du fuso-spirillaire en abondance. Réaction de Bordet-Wassermann négative ; échec du traitement local par le 914. Guérison définitive et qui s’est maintenue depuis plus d’un an après 10 injections intra-vemmeuses.

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