AVANT-PROPOS
A l'heure actuelle aucun médecin n'ignécre que la valeur diagnostique de la réaction de Bordet-Wassermann reste toujours l’objet de discussions passionnées. La méthode du séro diagnostic de la syphilis par la déviation du complément est maintenant vieille d'une quinzaine d'années. Au début on croyait qu'elle était spécifique ; on sait aujourd'hui qu’elle ne l’est pas. S’ensuit-il que cette réaction n'a plus d'intérêt au point de vue du diagnostic ? De notre part il serait présomptueux de vouloir répondre à pareille question.
Etant sur le point d'achever des études universitaires fréquemment interrompues et hâtivement terminées, bien malgré nous d’ailleurs, nous sommes les premiers à reconnaître et à déplorer l'insuffisance de notre expérience clinique. Aussi ne tenteronsnous pas de porter un jugement d'ensemble sur la réaction de Bordet-Wassermann mais, suivant les conseils de notre maître le Professeur Mouriquand, nous limiterons nos efforts à un point particulier de cette question si complexe, et marquant ainsi des
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bornes à nos recherches, nous espérons accroître la valeur pratique de nos conclusions.
Chez un sujet porteur d’une angine de Vincent la réaction de Bordet-Wassermann peut-elle devenir positive par le seul effet de l'infection fuso-spirillaire ?
Tel est le problème à la résolution duquel nous allons nous efforcer de contribuer.
Nous ne songeons pas à présenter comme définitive la solution à laquelle nous nous sommes arrêtés ; car, en biologie, et surtout en médecine, qui peut se vanter de parvenir à des résultats d’une rigueur absolue ?
Nous nous sommes simplement efforcés de réunir le plus grand nombre de documents et de faire à l’expérimentation personnelle la part la plus large possible. C’est là l’idée directrice qui nous a guidés au cours de ce travail et si nous y sommes restés fidèles, nous en sommes redevables à plusieurs des Maîtres de cette Faculté, qui ne nous ont ménagé ni leurs conseils, ni leurs encouragements et principalement à Messieurs les Professeurs Guiart et Policard, à Monsieur le Professeur agrégé Garin, à Monsieur le Docteur Favre, Médecin des Hôpitaux.
D'autre part, Monsieur le Médecin Inspecteur gé-
néral Vincent, a bien voulu nous communiquer les résultats de sa haute expérience sur le sujet qui nous intéresse, et l'on trouvera au Chapitre IV l'exposé de cette opinion qui a, on le conçoit aisément. une valeur toute particulière. Nous prions Monsieur le Médecin Inspecteur général Vincent d'agréer l'ex-