CHAPITRE Il
Dans une série de communications parues dans les Annales de l’Institut Pasteur, Bordet, dès 1895, posait le principe de la méthode qui porte son nom : la recherche des anticorps dans le sérum par la déviation du complément.
Dès 1905, Wassermann, en collaboration avec Neisser et Brück, applique ce procédé à la recherche des anticorps dans la syphilis, c’est-à-dire en somme au séro-diagnostic de cette maladie. Le savant allemand exposait sa façon d'opérer dans la Deutsch. Med. Woch., du 8 août 1906.
Depuis lors, bien des chercheurs, tels que Noguchi, Hecht, Levaditi, Desmoulières, pour n’en citer que quatre parmi les principaux, ont modifié la technique primitive, mais il n'entre pas dans le cadre de notre travail d'indiquer par quelles voies on est parvenu à la technique actuelle que nous avons suivie et que nous allons brièvement résumer.
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Pratique et théorie de la réaction
Dans une petite quantité d’eau physiologique à 9 pour 1.000 on met en présence le sérum du sujet pour lequel on pratique la réaction, l’antigène qui est livré tout préparé (dans notre cas particulier, c'est de l’antigène Poulenc) et le complément, ce dernier est du sérum frais de cobaye retiré par ponction du cœur. On porte le mélange une heure à l’étuve à 37°. Si le sérum du sujet en observation contient un anticorps spécifique, le complément sera fixé par lui, et lorsqu'on ajoutera à ce mélange un système hémolytique, l’hémolyse ne se produira pas, faute de complément, celui-ci ayant été déiré par le sérum syphilitique. Si le sujet est sain, le complé- “ment restant libre, l’hémolyse se produira.
Le couple hémolytique est constitué par des globules rouges de mouton, dilués à 1 p. 4o et additionnés de sérum hémolytique anti-mouton préparé par les usines Poulenc.
Quelle proportion utilise-t-on de sérum hémolytique ? C’est le dosage de l’unité hémolytique qui nous l’apprendra. L'unité hémolytique est la dose minima de sérum hémolytique anti-mouton dilué en eau physiologique nécessaire pour obtenir, en présence de o cm. 1 d’alexine de cobaye dilué à 50 %, l’hémolyse totale de 1 cm. de globules rouges de mouton dilué, en eau physiologique à 1 p. 40, après une heure à l’étuve à 35°.
Pour déterminer le taux de cette unité, on prépare
plusieurs dilutions de sérum hémolytique respectivement titrées à :
on dispose d’un certain nombre de tubes dans lesquels on dépose des quantités égales, 1/10 de cm3, de dilution à titre décroissant de 1/10 jusqu’à 1/300. Puis on ajoute 1/10 de cm3 de complément dilué à bo % et r cm3 de globules de mouton dans chacun de ces tubes. Le tableau ci-dessous résume l'opération :
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Les lettres H°, H?, H!, H°, désignent le degré de l'hémolyse dont on juge par la transparence de la solution et par la présence ou l'absence de culot au fond du tube après séjour de + heure à l’étuve à 37° et centrifugation, on convient que :
H° correspond à hémolyse totale ;
H° —— hémolyse incomplète ; H' = hémolyse presque nulle ; H° = hémolyse nulle.
Dans le tableau ci-dessus on a supposé que la dilution la plus faible de sérum hémolytique nécessaire pour produire l’hémolyse totale est la dilution à 1/50. L'unité hémolytique sera donc dans l'exemple choisi 1/10 de eme. de la solution à 1 p. 5o.
Ajoutons qu'on peut considérer cette unité hémolytique comme constante pour un sérum hémolytique donné, autant naturellement que ce sérum n'aura pas subi d’abaissement de son pouvoir hémolysant. La conséquence pratique qui découle de cette considération consiste dans la nécessité de déterminer de temps à autre le taux de cette unité hémolytique.
Connaissant l'unité homolytique, il reste, à chaque séance, à déterminer l’unité complémentaire telle que nous la concevons, c’est-à-dire la quantité minima de complément dilué à 5o % nécessaire pour hémolyser totalement 1 eme. de globules rouges de mouton à 1 pour 4o en présence d'une part de l'unité hémolytique et d'autre part : 1° de la quan- Hté d'un sérum normal non syphilitique employée
Vu
en, 4 à
dans chaque réaction soit o cmc. 2 (en pratique on se sert d'un mélange de sérums normaux) ; »° de la quantité moyenne d’antigène utilisée soit o cmc. ? (on utilise dans les réactions les 3 doses d’antigène : DCS ES 0 CHIC: 0 CC: 8:
Pratiquement, on opère ce dosage de la façon suivante : on met en présence des doses croissantes d’alexine, allant par exemple de 5/100 à 50/100 de cemc. et des doses fixes de sérum normal non spécifique. |
L'addition de l’antigène est faite à dessein pour déceler le cas échéant son pouvoir empêchant, c'està-dire la propriété qu'il possède parfois de dévier à lui seul le complément.
Au sortir de l’étuve, on ajoute le couple hémolytique constitué par 1 cmc. de globules rouges de mouton additionné de l’unité hémolytique. Nous résumons les manipulations de ce dosage dans le tableau ci dessous :
1 tube | 1 tube
Eau physiologique. 1 eme |1 eme
0 eme 2/0 eme 2 [0 cmc 2 |0 cme 2 |0 eme 2 [0 cme 2
Antigène.
Sérum négatif.0 eme 2 |0 eme 2 |[0 cmc 2 [0 cme 2 |0 cmc 2 |0 cmc 2
Alexine. 0 cmc 510 cmc 08/0 cme 1010 cmce 15/0 eme 18/0 cme 2
1 heure d'étuve à 370
Système hémolytique. iscmcaieitemce
1 heure d’étuve à 370
1CMmCL IST cmMC
Résultat. H0 | Hi | H2 | H3