‹ La Réaction de Bordet-Wassermann Dans l'Angine de VincentChapitre 8 sur 25 · RE N · texte numérisé non relu

RE N

La dose de o cmc. 15 qui est la dose la plus faible à laquelle l’hémolyse totale se produit, est l'unité complémentaire pour la série de réactions considérées.

Les unités complémentaire et hémolytique étant connues oh peut procéder à la réaction définitive pour ce faire on utilise quatre tubes : dans les 3 premiers on met des doses croissantes d’antigène, des doses égales de sérum à examiner et de complément. Dans le quatrième on dépose les mêmes quantités de sérum et d’alexine mais pas d'antigène. C’est le tube témoin, destiné à déceler le pouvoir empêchant du sérum, s’il existe par hasard ; on porte le tout une heure à l’étuve à 37°, on ajoute le couple hémolytique à raison de r cmc. par tube. On reporte le tout une heure à 37° et on peut alors apprécier les résultats. Si dans les trois premiers tubes on constate que l’hémolyse est nulle on traduit cette constatation par la formule 3 H° : la réaction est franchement positive. Si au contraire l’hémolyse est totale dans les trois tubes on lit : 3 H°, la réaction est franchement négative. Entre ces deux extrêmes, on imagine facilement tous les intermédiaires pos- Sibles-21Sl, ir | 15 He ete

Telle est la technique utilisée par nous dans les cas d’angine de Vincent qu'il nous a été donné d’observer. Au début de ce chapitre, nous avons schématiquement exposé le théorie qui sert de base à ces manipulations. Cette explication telle qu'on la trouve résumée, dès 1908, par Civatte dans ses « Lettres de Berlin » est simple et séduisante

Re re

Tout antigène dans un sérum provoque dans ce sérum la formation d’un anticorps destiné à le neutraliser ; mais pour que cette neutralisation se produise la présence d’un complément est indispensable. Si donc on tente de produire deux fois cette neutralisation en présence du même complément, elle échouera la deuxième fois puisque le complément aura été absorbé, dévié lors de la première. Si donc nous avons la preuve que cette deuxième expérience à échoué nous serons sûr que la première a réussi et inversement.

Pour rendre en quelque sorte évidents les résultats prenons comme objet de la deuxième opération, une hémolyse ; nous verrons dès lors, à l’œil nu, si le complément a été ou non dévié.

Cette théorie s’est effondrée : Levaditi, dès 1907, prouvait que l’antigène n'avait nullement besoin d’être un extrait de cultures de spirochètes (foie hérédo-syphilitique). La réaction s’obtenait aussi bien avec des antigènes non spécifiques : foie sain, cœur de cobaye, etc... Et depuis, bien des auteurs ont proposé comme antigène les substances les plus disparates : extraits de tumeur maligne, émulsion de mastic en présence de gomme laque, glycocholate de soude... Desmoulières a préparé avec de l'extrait de foie et de la cholestérine, un antigène si sensible que la réaction donne des résultats positifs dans des affections très diverses et souvent chez des individus sains.

Devant cette notion de la non spécificité de l’antigène Levaditi a admis l’hypothèse suivante : sous

Mere

l'influence de l'infection syphilitique le sérum sanguin subit quelques changements de constitution qui le rendent facilement précipitable par certaines substances colloïdales nécessitant pour agir la présence d'un complément : ces substances sont les hémolysines. On peut supposer que le virus spécifique en agissant sur les organes hématopoïétiques, les leucocytes, augmente la quantité de certains lipoïdes et ces lipoïdes par leur accumulation provoqueraient, lorsqu'ils sont en présence des hémolysines, la précipitation de celles-ci.

Leredde et Rubinstein (Presse Médicale, n° 0, 1918), d’une part, Ravault, d'autre part (Journal Médical Français, déc. 1918) proposent des explications analogues ; ils invoquent une modification de l’équilibre colloïdal du sérum sous l'influence de la syphilis, une plus grande labilité de ses globulines. Mais ce sont là des hypothèses à peine ébauchées, ne pouvant servir de base à des déductions solidement établies, et tout récemment Vernes a émis la théorie suivante

Tout d’abord cet auteur pense que tout complexe albuminoïde peut, dans la réaction de Bordet-Wassermann, servir d'antigène à condition qu'il remplisse, en solution, certaines conditions d'équilibre colloïdal. |

Ce complexe albuminoïde, Vernes pense l'avoir trouvé dans le péréthynol et voici l'origine et les propriétés de ce corps : le péréthynol est une solu- Lion alcoolique à 15 % de poudre de cœur de cheval obtenue en traitant le muscle cardiaque par le per-

chlorure d’éthylène et en le desséchant dans le vide. L'avantage du péréthynol est de donner des solutions colloïdales stables dont on peut régler à volonté la finesse du grain. Nous rappelons qu'une solution colloïdale est constituée par un certain nombre de grains ou micelles, en suspension dans un liquide. Les variations de finesse des grains se traduisent par des variations de l’opalescence de la solution, variations que l’on peut mesurer au moyen d’une échelle diaphanométrique étalon.

D'autre part, le sérum de porc est doué comme tous les sérums d’un pouvoir hémolysant vis-à-vis des globules d'espèces animales étrangères ; mais il possède outre ce pouvoir hémolysant un autre pouvoir que Vernes qualifie de disperseur ou antifloculant et qu'il faut comprendre ainsi : le pouvoir disperseur se traduit par une opposition au rapprochement des grains de la solution colloïdale ce qui équivaut à augmenter la stabilité de cette solution. Par contre celte stabilité peut être diminuée par des substances qui rapprochent les particules pour provoquer leur agmination en grains plus gros, et leur précipitation ultérieure sous forme de dépôts. Les substances douées de ce pouvoir sont dites floculantes, ex. : le sérum humain. Mais ce pouvoir floculant peut exister à des degrés divers. C’est ainsi que certains sérums ont un pouvoir floculant très élevé, c’est-à-dire que, mis en présence de solutions colloïdales à granules très fins, elles provoquent lagmination de ces granules puis leur précipitation, alors que d’autres sérums, doués d’un pou-

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