‹ La Réaction de Type Méningitique du Benjoin Colloidal dans Certaines Maladies Mentales et Plus Spécialement dans les Psychoses Hallucinatoires ChroniquesChapitre 11 sur 35 · AFFECTIONS NERVEUSES NON SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS NERVEUSES NON SYPHILITIQUES

Dans les maladies du système nerveux non syphilitiques, Guillain, Laroche et Léchelle ont constaté que la réaction du benjoin colloïdal était toujours négative. Ces auteurs ont fait un très grand nombre d'examens chez des malades porteurs d’affections variées du système nerveux. Jamais ils n’ont observé de précipitation dans la zone syphilitique.

Dans l’encéphalite épidémique, la réaction s'est montrée constamment négative et s’avère donc, dans ce cas, supérieure à la réaction de Bordet-Wassermann qui est parfois positive.

La réaction du benjoin colloïdal est donc d’une spécificité remarquable. Elle ne s’est trouvée en défaut que dans la sclérose en plaques. Dans cette maladie, la réaction du benjoin colloïdal est fréquemment posilive, alors que la réaction de Bordet- Wassermann est négative.

Nous insisterons tout particulièrement sur les résultats fournis par la réaction du benjoin colloïdal

dans les affections méningées, le type spécial que

revêt Ia formule dans ces cas étant justement celui que nous avons observé avec une grande fréquence dans les psychoses hallucinatoires chroniques.

Tout d’abord signalons que la réaction est inutilisable avec les liquides céphalo-rachidiens troubles ou louches des méningites purulentes. Avec le liquide céphalo-rachidien des méningites à liquide clair, et spécialement de la méningite tuberculeuse, on observe habituellement une précipitation particulière qui apparaît dans certains des tubes de la zone médiane et de la zone droite, à partir des tubes 6, 7 ou 8 et qui s'étend plus ou moins à 5, 6, et même jusqu’à 9 tubes. La formule est donc du type 00000 — 22222 — 21000 — 0, par exemple. Un phénomène analogue à cette précipitation particulière dans les méningites à liquide céphalo-rachidien clair a été décrit dans la réaction de Lange à l’or colloïdal. Guillain, Laroche et Léchelle ont observé aussi parfois dans les méningites tuberculeuses deux phases de précipitation séparées par un intervalle où la suspension reste normale. Parfois aussi ils ont observé une précipitation dans les tubes de la zone syphilitique avec une précipitation simultanée dans les tubes de l’extrémité droite.

Les tubes des zones médiane et droite, où se produit généralement la précipitation dans les méningites tuberculeuses, constituent la zone méningitique de la réaction du benjoin colloïdal.

Des réactions revêtant ce type méningitique ont

été décrites au cours de diverses affections méningées

MO es

à liquide clair qui ne sont pas d’origine tuberculeuse, par exemple dans les réactions méningées des maladies infectieuses, dans le zona (1).

Chez certains épileptiques non syphilitiques, Guillain, Laroche et Léchelle (2) ont constaté que la zone de précipitation normale était parfois un peu élargie, comprenant de 4 à 6 tubes. Maïs dans ces cas, ils n’ont jamais observé de précipitation dans la zone syphilitique.

Dans les tumeurs cérébrales, Guïllain, Laroche et Léchelle ont signalé (3) sur 28 cas de diagnostic clinique certain, 17 réactions de type méningitique, 5 réactions de type normal et 6 réactions particulières avec zones de précipitation aux extrémités séparées par un espace intercalaire. La réaction du benjoin colloïdal affecte donc le plus souvent le type méningitique dans les tumeurs cérébrales.

Chez les sujets atteints de paralysie diphtérique, Guillain et Laroche ont constaté également (4) un élargissement de la zone normale de précipitation, c'est-à-dire une formule de type méningitique, mais jamais de précipitation dans la zone syphilitique.

La précipitation de type méningitique semble donc

1. Guillain, Laroche et Léchelle: La réaction du benjoin colloïdal, Masson, 1922, p. 94.

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