OMAN ON EUR AR AT LME RS NN
1. R. Targowla : Sur la réaction de précipitation du benjoin colloïdal avec le liquide céphalo-rachidien des paralytiques généraux, Paul. Soc. Clin. Méd. Ment,, n° 8, mars 1931.
2. Blouquier de Claret et A. Brugairolles : Réaction de Wassermann et réactions colloïdales, Gaz. Hôp., 28 janv. 1922.
Ainsi sur ces 24 cas, la réaction du benjoin colloïdal n’a été positive qu’une fois, dans un délire hypocondriaque.
Des recherches de ces auteurs, il résulte donc qu’en dehors de la paralysie générale et de quelques cas de troubles mentaux d’origine syphilitique, la réaction du benjoin colloïdal est négative dans les diverses maladies mentales. D’autre part ces auteurs ne mentionnent pas dans leurs examens l’existence de réactions de type méningitique.
Guillain, Laroche et Léchelle (1) ont cependant constaté, dans certaines épilepsies, un élargissement de la zone de précipitation médiane donnant à la courbe l'allure méningitique. Il s'agissait de sujets chez lesquels on n’avait trouvé aucun élément pouvant faire penser à une étiologie syphilitique.
Dide (2) rapporte que dans presque tous les cas de confusion mentale toxi-infectieuse (confusion men-— tale post-épileptique, puerpérale, infectieuse) il a trouvé une réaction du benjoin colloïdal donnant une précipitation dans les tubes de 6 à 12, les 5 premiers étant respectés. C’est donc une réaction de type méningitique qu'il a observée dans ces cas. Souvent d’ailleurs, d’après l’auteur, cette formule méningitique coïncide avec une réaction de Bordet-Wasser-
mann partiellement positive. Elle ne s'accompagne
1. Guillain, Laroche et Léchelle : La réaction du benjoin colloïdal, Masson, 1922, p. 104.
2. Dide : La réaction du benjoin colloïdal dans la confusion mentale toxi-infectieuse, Revue neurologique, janvier 1922,
—2hn—
pas d’hyperalbuminose, ni de lymphocytose. La réaction s’atténue au bout de quelque temps et disparaît avant même les troubles mentaux.
A. Courtois semble s’être intéressé particulièrement à cette question de la précipitation du benjoin colloïdal dans la zone méningitique au cours des maladies mentales. « 11 n’est pas rare, dit-il avec M. Altman (1), d'observer en pathologie mentale au cours de syndromes divers, une précipitation du benjoin colloïdal plus ou moins étendue dans la zone dite méningitique. Ces faits ne semblent pas avoir jusqu'ici grandement retenu l'attention des auteurs et nous nous réservons d'y revenir ultérieurement d’une façon systématique. » Cet auteur, avec divers collaborateurs, rapporte de nombreuses observations de maladies mentales dans lesquelles il a observé ce type de réaction. Ces communications étant d’un grand intérêt pour notre sujet, nous en citerons certains passages.
A. Courtois (2) a mis en évidence certaines modifications des liquides céphalo-rachidiens dans la confusion mentale, la démence précoce et la dépression mélancolique. Si l’on parcourt ses observations on s'aperçoit que dans de très nombreux cas la précipitation du benjoin est étendue dans la zone méningi-
1. A. Courtois et M. Altman : Réaction du benjoin de type méningitique sans signes méningés cliniques chez un débile évoluant vers la démence précoce, Soc. Méd. Psych., séance du 8 juin 1933.
2. À. Courtois : Sur certaines modifications du liquide céphalorachidien dans la confusion mentale, la démence précoce, la dépression mélancolique, Soc. Méd. Psych., séance du 25 avril 1929.
O6 ee
tique, surtout dans la dépression mélancolique : 2 fois sur 4 dans la confusion mentale, 8 fois sur 17 dans la démence précoce, 12 fois sur 15 dans la dépression mélancolique. Il est à noter que dans la plupart des cas, en même temps que cette réaction de type méningitique, on observe une hyperalbuminose plus ou moins importante... « En moins d’un mois, dit l'auteur, les altérations appréciables du liquide avaient disparu. Et à ce propos nous disons que ce qui caractérise également toutes ces modifications des liquides (hyperalbuminose comme hyperleucocytose) c’est la fréquence de leur régression rapide, parfois en une ou deux semaines, comme nous avons pu le vérifier. Cette fugacité des modifications liquidiennes, explique à notre point de vue, pour une grosse part leur rareté apparente. » Et l’auteur ajoute plus loin « ... Si dans la psychose hallucinatoire par exemple les modifications du liquide sont si peu fréquentes — pourtant nous en avons rencontré quelques cas — c'est surtout sans doute, parce que l'affection ne provoque pas comme dans la mélancolie anxieuse de réactions violentes (suicide) qui rendent immédiatement impossible le séjour du malade dans le milieu familial.
Si, comme nous le pensons, ces modifications du liquide sont les manifestations, le témoin d’une atteinte méningo-encéphalique, c’est au début de l'affection qu’elles doivent être les plus intenses. Plus tard, le processus reste sans doute exclusivement
encéphalique.…. >
Ainsi, un point très intéressant mis en valeur par l’auteur est la brièveté des modifications du liquide céphalo-rachidien dans les syndromes qu’il a étudiés.
Un autre point, qui nous paraît contestable, est la rareté signalée par l’auteur de modifications analogues dans les psychoses hallucinatoires chroniques. Nous reviendrons ultérieurement sur ces deux points. Disons dès maintenant que l'existence d’une précipitation élargie dans les psychoses hallucinatoires, loin d’être une rareté, est à notre avis très fréquente. Nous l’avons même rencontrée en proportion plus grande dans les psychoses hallucinatoires que dans la démence précoce par exemple. Mais contrairement aux modifications décrites par l’auteur au début de la démence précoce, de la mélancolie et de la confusion mentale, la précipitation de type méningitique nous semble apparaître tardivement au cours de la psychose ballucinatoire chronique, et nous semble beaucoup plus tenace et persistante. Nous discuterons ces faits par la suite et nous proposerons une explication à la contradiction apparente entre les résultats de A. Courtois et les nôtres, concernant les psychoses hallucinatoires.
Toulouse et Courtois (1) rapportent l'observation d’un syndrome de démence précoce d’origine infectieuse, dans laquelle le liquide céphalo-rachidien
présentait des modifications, indices d’une réaction
1.E Toulouse et A. Courtois : Syndrome de démence précoce d'origine infectieuse, Soc. Clin de Méd. Ment, séance du 18 février 1929,
méningée importante. En particulier les auteurs ont observé chez leur malade une hyperalbuminose, l’exagération des globulines et un benjoin de type méningitique. Le malade à présenté des convulsions dans les premiers mois de sa vie. Les auteurs émettent l'hypothèse que c’est le même virus qui a touché le cerveau dans le premier âge, et qui s’est réveillé à l’âge adulte pour déterminer les troubles mentaux et les modifications du liquide céphalo-rachidien qu'ils ont constatées.
« Et ce serait, disent-ils, un processus général des infections qui touchent le système nerveux, la longue durée de virulence de l’agent infectieux installé au niveau du névraxe avec possibilité de poussées successives, comme dans la sclérose en plaques, ou d’un réveil bruyant alors que depuis des années l’atteinte primitive paraissait éteinte »..
A. Courtois (1) rapporte un cas analogue de démence précoce chez un jeune sujet dont le névraxe a été touché pendant l’enfance par une maladie infectieuse ; en l’espèce il s'agissait d’une poliomyélite. La ponction lombaire montrait un allongement du benjoin dans la zone méningitique : 00000, 22922, 22000.
IL pense que, comme dans le cas précédent, l’infection de la première enfance a conservé une viru-
lence qui s’est exaltée à l’âge adulte, pour donner
1. À. Courtois : Démence précoce. Atteinte poliomyélitique de l'enfance. Soc. Clin. de Méd. Ment., séance du 15 avril 1929.
oo
lieu à la psychose actuelle et à la réaction rachidienne.
Plus récemment, Courtois et Altman (1) ont publié encore un nouveau cas analogue chez un débile évoluant vers la démence précoce. Leur observation est remarquable par l'importance de la précipitation du benjoin dans la zone méningitique, comparable à celle d’une méningite aiguë, alors qu’il n'existait aucun signe méningé clinique ; à noter seulement dans les antécédents du malade qu'il fut atteint
l’âge de 8 ans de « grippe espagnole ».
Voici la réaction observée : 00000, 22222, 22211.
Un examen de contrôle a été fait, qui a fourni les mêmes résultats. Les auteurs « pensent que la précipitation pathologique du benjoin est le symptôme résiduel d’une atteinte inflammatoire cérébro-méningée antérieure et ont tendance, en l’absence d’autres facteurs (syphilis, tuberculose), à la rapporter à l’infection « grippale » dont le délire exprimait la complication nerveuse »... « En l'absence, disent-ils, d’autres altérations liquidiennes importantes, l'extension de la précipitation du benjoin dans la zone méningitique apporte la preuve de la persistance d’un processùüs encore actif, au moins méningé, et vraisemblablement cortico-méningé. >»
Enfin, nous pensons qu'il est intéressant de rappro-
cher des observations précédentes deux cas, rappor-
1. À. Courtois et M. Altman : Réaction du benjoin de type méningitique sans signes méningés cliniques chez un débile évoluant vers la D. P., Soc. Méd. Psych., séance du 8 juin 1933.
NN
tés par Schilf et Courtois (1), de mélancolie, que les auteurs ont pu suivre pendant trois ans; il s'agissait de mélancolies atypiques, et non d'épisodes dépressifs, au cours d’une psychose maniaque-dépressive. Chez ces malades, les auteurs ont constaté une hyperalbu— minose et une leucocytose discrètes, et une réaction du benjoin de type méningitique, paraissant indiquer un processus inflammatoire discret des méninges.
Ils émettent l'hypothèse que (comme dans les cas de démence précoce cités précédemment) « une inflammation ancienne du cerveau, objectivée par les réactions rachidiennes, est la cause de l’état mélancolique présenté par ces malades. Cette hypothèse n'est pas contredite par le fait que la maladie a progressé malgré les régressions des modifications liquidiennes, les poussées subaiguës d’encéphalite psychosique pouvant laisser en s’apaisant des lésions cellulaires persistantes ».
Tous ces faits tendent à démontrer que, dans de nombreux cas de maladies mentales, l'examen du liquide céphalo-rachidien peut déceler des modifications importantes, et en particulier un élargissement de la précipitation du benjoin dans la zone méningitique, en rapport avec un processus méningé plus ou moins intense. Les auteurs, dans les cas où de telles modifications sont observées, ont tendance à admettre que
les troubles mentaux survenus à l’âge adulte doivent
1. Schiff et Courtois : Mélancolies chroniques atypiques avec réaction rachidienne, Soc. Clin. de Méd. Ment., séance du 17 mars
être attribués au réveil d’une atteinte infectieuse du névraxe, même très lointaine.
Chez les alcooliques, l'examen du liquide céphalorachidien a donné lieu à des constatations non moins intéressantes. A. Courtois et IH. Pichard (1) ont étudié le liquide céphalo-rachidien de 100 alcooliques atteints de troubles mentaux. Dans 87 cas, il s'agissait de troubles mentaux simples sans crises épileptiques ni polynévrites. Les auteurs signalent dans une forte proportion un élargissement de la réaction du benjoin dans la zone méningitique, à l’exclusion d’autres modifications importantes d'ordre biologique, chimique ou cytologique.
« Plus intéressante, disent-ils, est à notre avis la réaction du benjoin. Dans aucun cas, nous n’avons observé la moindre précipitation dans la zone dite syphilitique. Par contre les cas de précipitation totale dans les 5 tubes de la série du milieu sont fréquents, et dans 25 % des cas (22 fois) la précipitation se prolonge, partielle ou complète, dans la zone méningitique, 17 fois elle ne dépasse pas le r re tube, 4 fois elle atteint le 12° et une fois le 13e.
L'extension de la courbe de précipitation est d’habitude isolée, elle ne s’est accompagnée d’augmentation de l’albumine que dans deux cas (0,35 et 0,40).
Elle nous a paru plus fréquente chez les alcoolisés de longue date. Une fois la réaction de l’élixir parégorique a été aussi partiellement positive (3° tube),
1. Courtois et Pichard : Le liquide céphalo-rachidien dansl’alcoolisme subaigu (100 examens), S. Méd. Psych., séance 24 juin 1929.
Pois RU
accompagnant une précipitation du benjoin dans le 2€ tube.
Dans tous les cas, les réactions de Bordet-Wassermann et Meinicke ont été négatives ».
Quant aux cas compliqués de polynévrite ou d'épilepsie, ils donnent une proportion plus grande encore de réactions élargies : celles-ci s’observent environ dans la moitié des cas.
Les auteurs concluent que « la fréquence de l’exten-. sion de précipitation du benjoin dans la zone méningitique est importante à signaler. Elle a été trouvée dans 25 % des cas, surtout chez les alcooliques anciens. Ce fait est sans doute à rapprocher des lésions de méningite chronique si fréquentes dans le cerveau des vieux buveurs. Elle paraît encore plus fréquente (la moitié des cas) dans les formes accompagnées d’épilepsie et de polynévrite ».
Nous citerons, enfin, le travail de L. Marchand, J. Picard et A. Courtois sur le liquide céphalo-rachidien des épileptiques (1). Sur les cent malades examinés par les auteurs, 25 présentaient des crises que l’on pouvait considérer comme symptomatiques d'une intoxication ou d’une affection cérébrale. Chez les 75 autres le diagnostic d’épilepsie « dite essentielle » a été posé.
Chez les 75 sujets atteints d’épilepsie essentielle,
les auteurs n’ont jamais trouvé de précipitation dans
1. L. Marchand, J. Picard et A. Courtois : Examen de cent liquides céphalo-rachidiens d’épileptiques, Soc. Méd. psych., séance du 25 avril 1929,
la zone syphilitique du benjoin ; daus la zone méningitique 4 fois seulement une précipitation plus ou moins étendue. C’est dire que la réaction de type méningitique est rare dans l’épilepsie « essentielle ».
Dans les 25 autres cas (épilepsie symptomatique), les modifications du liquide céphalo-rachidien étaient beaucoup plus importantes et fréquentes. Chez ceuxci l'extension de la précipitation du benjoin dans la zone méningitique a été observée dans 1/3 des cas environ. En somme, d’après les auteurs, les modifications du liquide céphalo-rachidien et en particulier de la formule du benjoin sont peu accusées dans Pépilepsie idiopathique. Par contre le liquide donne souvent des indications particulières dans l’épilepsie symptomatique.
De l’examen de ces travaux, il se dégage un fait frappant : c’est la fréquence de la réaction du benjoin de type méningitique dans des troubles mentaux de diagnostic varié, mais dans lesquels on retrouve cependant presque toujours un caractère commun : l’existence dans l’étiologie d’un élément toxique ou infectieux.
Nous verrons que dans les psychoses hallucinatoires chroniques nous avons pu parfois découvrir dans les antécédents une cause susceptible d’expliquer également les troubles humoraux et peut-être l'apparition des troubles mentaux.
J. Royer 3
Réaction du benjoin colloïdal dans les psychoses hallucinatoires chroniques.
Nous avons rapporté toutes ces observations car elles nous ont semblé intéressantes pour notre sujet : elles se rapprochent en effet de celles que nous allons exposer par la suite concernant les psychoses hallucinatoires chroniques.
Nous ferons remarquer, au préalable, que dans les diverses citations que nous venons de faire sur la réaction du benjoin colloïdal dans les maladies mentales, les psychoses hallucinatoires chroniques sont à peu près passées sous silence. Seul A. Courtois dans son travail « Sur certaines modifications du liquide céphalo-rachidien dans la confusion mentale, la démence précoce, la dépression mélancolique », fait allusion, comme nous l’avons d’ailleurs mentionné, à la rareté des modifications liquidiennes dans la psychose hallucinatoire.
Il nous à donc paru intéressant d'étudier d’une façon systématique la réaction de Guillain, Laroche et Léchelle dans cette catégorie de malades qui semble avoir été trop laissée de côté.
Voulant éviter de nous engager dans des discussions terminologiques quant au diagnostic de l’affection mentale des malades que nous étudions, dans chaque observation nous reproduirons sans commentaire les certificats médicaux rédigés par les médecins
traitants.
AE
Disons tout d’abord que nous n'avons jamais observé, dans les cas dont nous nous occupons, de précipitation dans les cinq premiers tubes (zone syphilitique). Mais dans un peu plus d’un tiers des cas de psychose hallucinatoire chronique, nous avons constaté un élargissement notable de la zone de précipitation normale. Cette précipitation médiane élargie intéresse généralement les tubes 7, 8, 9, ro etrr. Parfois la précipitation s’étend au tube 12 et même au tube 13.
Dans presque tous les autres cas (plus de la moitié de la totalité des examens), nous avons obtenu une précipitation totale dans les tubes 7, 8, 9 et 10 ; nous n'avons pas retenu les observations dans lesquelles nous avons rencontré de telles réactions. En réalité il nous paraît que ces réactions sont déjà un peu élargies, la précipitation des liquides normaux se produisant le plus souvent dans trois tubes au maximum et ne dépassant généralement pas le 9€ tube. Mais nous les avons jugées insuffisamment nettes et importantes pour en tenir compte, ayant décidé de nous arrêter exclusivement aux formules comportant une zone de précipitation de 5 tubes au minimum, comprenant au moins le 11° tube.
Tous nos examens de liquide céphalo-rachidien (dosage d’albumine, réactions biologiques, et en particulier réaction du benjoin, examen cytologique) ont été faits au laboratoire de sérologie de l'Hôpital Henri-Rousselle.
Signalons que nous avons cependant contrôlé