‹ La Réaction de Type Méningitique du Benjoin Colloidal dans Certaines Maladies Mentales et Plus Spécialement dans les Psychoses Hallucinatoires ChroniquesChapitre 20 sur 35 · PAM EE · texte numérisé non relu

PAM EE

a noté « un état mental caractérisé par quelques idées débiles de persécution peu nettes d’ailleurs » (juillet 1924). Depuis 1924, l’évolution a été progressive, interrompue cependant par une période de rémission, à la faveur de laquelle il a pu obtenir sa sortie de l'asile de Leyme (en 1926). IL s’est marié en 1929. Dès ce moment les troubles ont reparu. D'après les renseignements fournis par sa femme, il n’a jamais été normal depuis qu’elle le connaît : il a toujours manifesté une jalousie morbide et des soupçons injustifiés à son égard. Quinze jours après son mariage, à l’occasion d’une visite de ses cousins, il lui aurait dit : « Je t'ai vue, tu es allée dans les cabinets avec le cousin. » Depuis quelque temps il est devenu bizarre, Il croyait toujours qu'on disait du mal de lui. Des hallucinations auditives nombreuses sont apparues. Il entendait les voisins. Des voix parlaient de lui, lui donnaient des conseils, des ordres. Il se sentait menacé. En même temps recrudescence des idées de jalousie. Il avait peur pour sa femme, l'enfermait chez lui lorsqu'il s’absentait. «Ma petite femme, disait il, je t'aime trop pour te laisser seule, c’est pour toi que je fais ça. » Il trouvait aux aliments des goûts bizarres. Les derniers jours avant son internement, il était devenu très inquiet, ne dormait plus du tout, s’agitait, répondait aux voix, frappait les portes. Un jour il est descendu à la cave avec un couteau « pour ceux qui étaient là, pour se défendre ». A la suite de ces réactions anti-sociales, les voisins se sont plaints. C'est dans ces circonstances qu’il a été amené à l'infirmerie spéciale, puis à Sainte-Anne et de Jà à Villejuif, où on a noté à son sujet : « Psychose hallucinaioire chronique évoluant depuis de nombreuses années et ayant déjà motivé deux internements antérieurs. Idées actives de persécution et de jalousie. »

Depuis son entrée, son délire ne s’est pas sensiblement

CPE a

modifié. Les idées de jalousie et de persécution basées sur les troubles hallucinatoires constituent le noyau essentiel du délire. Il se montre assez réticent, mais les nombreuses lettres qu’il adresse aux autorités sont édifiantes, témoin celle-ci adressée au maire de sa commune (22 octobre 1934) : ‘

« J'ai l'honneur de vous rendre compte qu’il se passe au n° 11 de la rue E., mon domicile, des orgies scandaleuses. Le 21 octobre, pendant la nuit, et jusqu’au 22 au matin, M.J. B... a couché dans ma maison je me demande pourquoi. Il n’y a nullement de la faute de ma femme... J'étais interné à l'asile de Leyme (Lot) lorsque un jour je fus « en liaison de sciences naturelles » avec M. Léon R... qui fit la réserve suivante : si M. V.. devient le mari de Célina M..., il faudra qu’il soit interné. » |

Et celte autre, datée du 13 janvier 1935 : « J'ai l'honneur de rendre compte aux Messieurs de la Direction de l’Asile de Villejuif que M. P..,, surveillant, a donné l’ordre la semaine dernière à M. G..., employé, de faire baiser ou de baiser ma femme. »

L’examen physique et en particulier neurologique ne révèle rien d’anormal.

Examen du liquide céphalo-rachidien (7 décembre 1934):

Albumine : 0,35.

É ( Pandy : 0

COS cichbradt e 0.

Leuco:: 1,2.

B.-W. et Meinicke : négatifs.

Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.

M. L.., 47 ans, infirmier, est entré à Villejuif le 31 octobre 1931 avec le certificat suivant de l’hôpital J. Royer &

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