UT TR
Henri-Rousselle (D: Courtois) : « Délire hallucinatoire survenu depuis un an. Ses collègues le poursuivent, se moquent de lui, l'insultent grossièrement. Ils ont un microphone installé dans une rue qu'il désigne, et le touchent partout où il est. Il reconnaît leur voix, il les a vu passer dans la rue pour se rendre du côté du poste émetteur. Ils font cela par jalousie, parce qu'il a obtenu son changement d’un hôpital de la périphérie. Ils lui cherchent des « noises en sous-main » ; plaintes à l’Administration de l’Assisiance Publique. Lettre écrite au Commissaire (interceptée par la famille). Protestations contre son hospitalisation, réclame sa réintégration dans les hôpitaux ; a pensé à se suicider ; tendances aux violences contre sa femme « qui le contredit ». Alcoolisme ancien. » A Villejuif, le 14 novembre 1931, on note (D° Guiraud) ; « Psychose hallucinatoire chronique, état dépressif actuel, atténuation des hallucinations, fond débile. » Actuellement, le malade n’a pas la même présentation qu’au début de son internement ; son état mental s'est sensiblement modifié ; les facultés intellectuelles sont considérablement diminuées ; les troubles hallucinatoires sont devenus épisodiques sans cependant disparaître complètement. Se plaint parfois qu'on le traite de « vache » et « fumier ». Croit qu’on veut l’empoisonner : «ils m'ont intoxiqué » ; à plusieurs reprises il a refusé la nourriture qu’on lui présentait « parce qu'on lui avait mis du poison : il l’a senti au goût ». Présentation alternativement euphorique. et déprimée. De temps en temps manifeste des accès d’excitation avec menaces de réactions violentes à l’égard du personnel et du chef de service.
L’examen physique ne signale rien de particulier. Examen du liquide céphalo-rachidien (6 décembre 1934) :
Ru ie TURN Albumine : 0,50.
Pandy : 0.
Weichbrodi : 0.
Leuco : 1,2.
Globulines
B.-W. et Meinicke : négatifs.
Benjoian colloïdal : 00000, 02222, 11000.
OBsERvATION 8
M. D. M..., 54 ans, est entré à l'asile de Villejuif le 28 octobre 1931, accompagné du certificat suivant rédigé à l'hôpital Henri-Rousselle (D' Courtois) : « Délire hallucinatoire avec idées de persécution et de suicide. Depuis plusieurs mois des voisins, des [Ilaliens de son village venus à Paris, lui en veulent. Ils l’insultent, le menacent, exigent de lui une signature ; ils lui envoient des courants électriques, des odeurs de soufre. On l'influence, on connaît et répète sa pensée. Il n’a plus de tranquillité. A téléphoné à la Police pour réclamer de l’aide mais personne n’est venu. Refus d'aliments et de médicaments. Idées de suicide. Menaces d'homicide : « J'en tuerai trois ». Alcoolisme ancien. Etat physique précaire. Affaiblissement intellectuel. »
Un an et demi après, le 22 avril 1933, on note « psychose hallucinatoire chronique, mauvais état physique, recrudescence des idées délirantes » (D' Guiraud).
Actuellement, le syndrome hallucinatoire, les idées de persécution sont toujours très actifs. Se croit menacé ; le groupe fasciste le poursuit et l'insulte, il reconnait les voix. Episodes anxieux déterminés par des hallucinations pénibles. d
B. W., Meinicke, Kahn : négatifs dans le sang (octobre 1931).
HO De
Examen du liquide céphalo-rachidien (octobre 1931) : Albumine : 0,32.
Pandy : 0.
Weichbrodt : 0.
Leuco : 0,8.
B. W. et Meinicke : négatifs.
Benjoin colloïdal : 00000, 22222, 22000.
Globulines
OBsERvATION 9
M. T.., 57ans, est envoyé en avril 1929 à l’Infirmerie spéciale où le D' Logre rédige le certificat suivant : « Idées délirantes de persécution, interprétations morbides, probabilité d’hallucinations ; sa femme le trompe, un amant vient la nuit, grimpe sur le lit, le mari le sent monter sur lui. On l’empoisonne depuis plusieurs années, on l’injurie continuellement, on lui met dans le lait « des gouttes de maladie ». Elément éthylique probable, crampes, parle de vin blanc. A porté un coup de tire-point dans le sein de sa femme pendant qu’elle dormait. »
Interné à Sainte-Anne, le malade y fait un séjour de près de 4 ans, puis est transféré à Villejuif où le D’ Guiraud fait le diagnostic de : «Psychose hallucinatoire chronique, probablement d’origine éthylique. Idées de jalousie, d’empoisonnement, de persécution; hallucinations auditives ; langage subjectif. » En novembre 1934 on note : « Psychose hallucinatoire chronique évoluant depuis de nombreuses années, sujet très délirant et halluciné fréquemment agité » (D' P. Abély).
Aucun changement n'est survenu depuis dans l’état mental de ce malade.
Examen du liquide céphalo-rachidien (6 décembre 1934):
Albumine : 0,40.
lobe Re
Pandy : 0.
Weichbrodt : 0.
Leuco : 0,8.
B. W., Meinicke: négatifs.
Elixir parégorique : 00-0.
Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.
Globulines
OgsErvarTion 10
Mme G..., 52 ans, entre à Maison-Blanche le 24 novembre 1934. Le début des troubles psychiques est très ancien. La malade a déjà subi un premier internement de deux mois au début de 1926 pour « alcoolisme chronique avec confusion, onirisme, anxiété, réactions dépressives, tendance au suicide ». Depuis sa sortie, elle n’aurait jamais, d’après son fils, recouvré complètement sa raison. C’est donc à son premier internement que semblent remonter les premières manifestations de Ja psychose actuelle. Mais c'est surtout depuis cinq ans que le délire ést devenu actif. Depuis cette époque, la malade est poursuivie par les « Aveyronnais ». Hallucinations multiples : ils l’injurient, la menacent, parlent d’elle en patois de l'Aveyron, veulent la prendre comme fille publique. On lui jette du vitriol pendant la nuit, on en met dans ses aliments, on luisfait respirer des odeurs fétides. Les interprétations morbides sont nombreuses : les autos la suivent, les gens font des signes sur son passage. S’exprime souvent par néologismes : une bande de femmes lui a fait « la physique », on lui fait des «chienneries », maïs elle s’en moque ; se plaint de ce qu’un médecin qui l’a déjà traitée lui faisait des « mœurs d'hôtel au plafond ». L’attitude de la malade est hypersthénique, revendicatrice ; chez elle, peu avant soninternement, elle était arrivée à un état d’exaltation qui l'a conduite à des réactions anti-sociales : cris, scandale,
DE
coups dans les portes pour répondre à ses persécuteurs. La propriétaire s’en est plainte d’où son arrestation. C'est dans ces circonstances que la malade a été envoyée à l'Infirmerie spéciale, puis à Sainte-Anne et de là à Maison- Blanche.
A son arrivée dans le service, le Dr Beaudouin a rédigé le certificat suivant : « Psychose hallucinatoire chronique. Troubles psycho-sensoriels multiples. Exposé peu cohérent, loquacité spontanée avec réponses dilatoires aux questions posées. Deuxième internement dans le service. Alcoolisme signalé antérieurement ».
Depuis son entrée, l’état mental de la malade n’a pas subi de modifications sensibles. Son délire est mal sytématisé, peu cohérent, touffu. Elle l’exprime avec animation et verbosité. Ne manifeste pas d'idées de grandeur, bien que d’après sa sœur elle ait toujours montré un « orgueil démesuré ».
Examen physique : tremblement des doigts, dysarthrie spontanée assez marquée, pupilles normales réagissant bien à la lumière, diminution du réflexe rotulien gauche.
Examen du liquide céphalo-rachidien (12 décembre
Albumine : 0,40.
Globulines RU 9 Weichbrodt : 0.
Leuco : 0,2.
Elixir parégorique : 00-0.
B.-W., Meinicke : négatifs.
Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.
OBsERvATION 11.
Mme P.., 53 ans, entre à l'Asile de Maison-Blanche, le 9 décembre 1933, accompagnée du certificat suivant de
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l'infirmerie spéciale : « Automatisme mental. Idées de persécution et d'influence. Voix, injures, menaces. On veut la forcer à s’accuser. Gaz, odeur de tabac, courants et fils électriques. Sensations génitales provoquées. On agit sur sa fille de la même façon ; introduction d’objets dans l’anus et le vagin. Néologismes, on la traite de «€ quipe » et d’ « espion », mots qu'elle cherche ensuite dans le dictionnaire. Réactions violentes, injures, crachats au visage des voisins. Plaintes de ceux-ci, d’où arrestation. Ménopause il y a trois ou quatre ans ». A son entrée à Maison-Blanche, on note : « Psychose hallucinatoire chronique. Evolution ancienne ; activité délirante ; troubles psycho-sensoriels multiples » (D' Beaudouin).
Actuellement, après plus d’un an d’internement, on continue à la persécuter ici-même. Syndrome hallucinatoire persistant ; elle entend des Messieurs en dessous qui changent leur voix ; ils expliquent et énumèrent les malpropretés qu'ils lui font subir. On lui envoie des gaz asphyxiauts ; cela sent le soufre, le gibbs, le verre fondu. Troubles cénesthésiques, on lui a ouvert le corps, le cerveau. le sternum et tout. On lui fait passer des courants électriques, on lui fait des attouchements aux organes génitaux, on iui envoie des saletés, des produits chimiques dans le vagin et dans l’anus. Interprétations ; on fait craquer son pantalon, on prend des photos en dessous pour les montrer dans son pays. Sentiment d’étrangeté : depuis quelques mois elle trouve que sa fille est changée. Prétend que ce n'est plus elle qui vient la voir : « Un jour c'était un homme qui s'était déguisé ». Altitude sthénique. Réclame sa sorlie avec énergie, cependant assez calme dans le service.
Examen physique : diabète sucré. Glycosurie : 45 gr. le 2 février 1935.
Strabisme convergent, apparu récemment par paralysie
De
du moteur oculaire externe droit (probablement névrite diabétique).
Pas d’Argyll. Réflexes rotuliens normaux.
Examen du liquide céphalo-rachidien (12 décembre
Albumine : 0,28.
k Panay : 0.