‹ La Réaction de Type Méningitique du Benjoin Colloidal dans Certaines Maladies Mentales et Plus Spécialement dans les Psychoses Hallucinatoires ChroniquesChapitre 25 sur 35 · M EE · texte numérisé non relu

M EE

Leuco : 1,2.

B.-W., Meinicke : négatifs.

Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.

Mme L..., 33 ans, aide-comptable, entre à l'asile de Maison-Blanche le 2 novembre 1932. Il est difficile de préciser le début de ses troubles psychiques. La malade a été renvoyée du bureau où elle était employée en août 1932. Mais déjà depuis des mois, elle présentait des troubles hallucinatoires : elle entendait des hommes et des femmes qui l’abrutissaient d'insultes, ils l’accusaient d’avortement, ils la menaçaient de la guillotine ; on lui travaillait la tète. Hallucinalions de contenu érotique : des voix d'hommes aimables et amoureuses prenaient parfois sa défense, parlaient de son mariage. Un jour elle entendit un agent de police qui habitait près de chez elle lui dire : « Quand est-ce qu'on fait l'amour ? » Idées de richesse et de grandeur ; elle devait faire un gros héritage (400.000 francs), prix d’un concours de « transmission à distance ». Les voix protectrices révélaient sa véritable identité : «fille d’un médecin ou d’un capitaine », désignaient ses persécuteurs : « une de ses proches parentes, par méchanceté ou par jalousie ». Peu avant son internement, s’est livrée à des réactions violentes, criait par la fenêtre pour répondre à ses voix; violences sur ses parents qui, à la suite de ces circonstances, l'ont amenée à Henri- Rousselle.

La malade a une lourde hérédité ; sa mère a été internée à Maison-Blanche puis transférée à Alençon où elle est décédée (Internée après non-lieu, elle avait, sous l'influence de jalousie pathologique, vitriolé une femme). Son père s’est suicidé; son frère et sa sœur, d’après la

CU

malade, seraient bizarres : «Il est un peu piqué », ditelle de son frère.

A son arrivée à Maison-Blanche, le D' Beaudouin rédige le certificat suivant : « Psychose hallucinatoire chronique mal systématisée. Réactions violentes par intervalles. Nudisme. Malpropreté. »

Actuellement, les troubles psycho-sensoriels sont atténués, la malade se dit « beaucoup plus tranquille ». Par contre, persistance de quelques idées de grandeur : « Son nom est avec le nom de Lévy un des plus conaus, il tient au moins cinq pages sur le Bottin. Peut-être faut-il voir là un héritage... » Elle est indifférente, malpropre, ne s’intéresse à aucun travail, ne demande pas sa sortie. Habituellement calme, accès d’excitation par intervalies.

Examen du liquide céphalo-rachidien (octobre 1932) :

Albumine : 0,20.

Elixir parégorique : 00-0.

B.-W. et Meinicke : négatifs.

Benjoin colloïdal : 00060, 12222, 10000.

OBSBRVATION 18.

Mme V..., 41 ans, entre à l'asile de Maison-Blanche le 15 décembre 1934, après passage à l’infirmerie spéciale et à Sainte-Anne. A son arrivée, le Dr Demay rédige le certüficat suivant (17 décembre) : « Psychose hallucinatoire chronique. Automatisme mental. Hallucinations sensorielles et psychiques continues ; un couple de voisins prononce constamment son nom en l’accompagnant de mots grossiers. Ils répètent ce qu'elle pense, ce qu’elle fait chez elle, Troubles cénesthésiques. A plusieurs reprises, sensations de froid et de chaud attribuées à un courant électrique. Ignore la raison de ces agissements. Persistance des hallucinations à l'hôpital et à l'asile. Présenta-

EE

tion souriante contrastant avec le contenu du délire. Calme depuis l'entrée. » :

Actuellement, même état mental, persistance des halluciuations auditives et psychiques, des troubles cénesthésiques; calme et euphorique.

Examen du liquide céphalo-rachidien (20 décembre

Albumine : 0,22.

Globulines nel ù Weichbrodt : 0.

Leuco : 0,6.

B.-W., Meinicke : négatifs .

Elixir parégorique : 00-0.

Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.

OgservarTion 19.

Mme P..., 54 ans, entre à l’asile de Maison-Blanche le 16 décembre 1931. Le certificat immédiat est ainsi libellé (D' Demay) : « Psychose hallucinatoire chronique qui évoluerait d’après les déclarations de la malade depuis deux ans. Hallucinations multiples, auditives, olfactives, gustatives, cénesthésiques, psycho-motrices, psychiques. Ses pensées sont mélangées avec celles d’autres personnes. Elle-même devine la pensée d’autrui; elle croit d’ailleurs que les pensées de tout le monde doivent être ainsi mélangées. Idées de persécution. Met en cause les commurpistes. Croit qu'on cherchait à détourner d'elle son mari. On lui a volé du linge, changé ses meubles. Elle avait aux pieds des photographies représentant des personnages de l’histoire de France. Possibililé d'idées mégalomaniaques, parle avec complaisance de son intelligence. Alffectivité conservée, pleure en parlant de son mari. Pupilles régulières ne réagissant que faiblement à la lumière. Tremble-

J, Royer 5

LARPOIES

ment lingual. Excitation intellectuelle. Erythème facial et cervical spontané ».

Actuellement persistance des troubles délirants et psycho-sensoriels. Peu d’hallucinations auditives, elle entend moins ses persécuteurs ; cependant parfois, elle a l'impression qu'ils sont là, qu’ils rôdent autour d'elle ou qu’ils parlent d'elle. Mauvaises odeurs, mauvais goûts ; les aliments sont empoisonnés, parfois « ils sentent la merde ». Trausmission de pensée. Elle peut communiquer avec n'importe qui par la pensée. Connait la pensée d'autrui. Troubles cénesthésiques multiples, on lui fait passer des courants électriques pendant la nuit, ça Ja fait trembler, « c’est comme un souffle dans le dos, ça lui travaille le fondement. On lui prend le sang et le cerveau par la transfusion... » Pas d’affaiblissement intellectuel notable.

Examen du liquide céphalo-rachidien (4 février 1932) après réactivation du 4 au 18 janvier 1932 :

Albumine : 0,60.

Pandy : 0.

GIE Weichbrodt : 0.

Leuco : 8,4.

B.-W. et Meinicke : négatifs.

Elixir parégorique : 00-0.

Benjoin colloïdal : 00000, 22222, 20000.

Mme B..., 58 ans, entre à l’Asile de Maison-Blanche le 12 décembre 1934, après passage à l'infirmerie spéciale.

Le début des troubles psychiques semble remonter d'après les dires de la malade à 1932. Idées de persécution très actives. Depuis plus de deux ans elle est poursuivie par une bande qui veut abuser d’elle, la souiller, la faire disparaître pour s'emparer de sa fortune. Le chef de

Page 1