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Ainsi sur ces 24 cas, la réaction du benjoin colloïdal n’a été positive qu’une fois, dans un délire hypocondriaque.
Des recherches de ces auteurs, il résulte donc qu’en dehors de la paralysie générale et de quelques cas de troubles mentaux d’origine syphilitique, la réaction du benjoin colloïdal est négative dans les diverses maladies mentales. D’autre part ces auteurs ne mentionnent pas dans leurs examens l'existence de réactions de type méningitique.
Guillain, Laroche et Léchelle (1) ont cependant constaté, dans certaines épilepsies, un élargissement de la zone de précipitation médiane donnant à la courbe l’allure méningitique. Il s'agissait de sujets chez lesquels on n’avait trouvé aucun élément pou vant faire penser à une étiologie syphilitique.
Dide (2) rapporte que dans presque tous les cas de confusion mentale toxi-infectieuse (confusion mentale post-épileptique, puerpérale, infectieuse) il a trouvé une réaction du benjoin colloïdal donnant une précipitation dans les tubes de 6 à 12, les 5 premiers étant respectés. C’est donc une réaction de type méningitique qu’il a observée dans ces cas. Souvent d’ailleurs, d’après l’auteur, cette formule méningitique coïncide avec une réaction de Bordet-Wasser-
mann partiellement positive. Elle ne s'accompagne
1. Guillaïin, Laroche et Léchelle : La réaction du benjoin colloïdal, Masson, 1922, p. 104.
2. Dide : La réaction du benjoin colloïdal dans la confusion mentale toxi-infectieuse, Revue neurologique, janvier 1922,
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pas d’hyperalbuminose, ni de lymphocytose. La réaction s’atténue au bout de quelque temps et disparaît avant même les troubles mentaux.
A. Courtois semble s’être intéressé particulièrement à cette question de la précipitation du benjoin colloïdal dans la zone méningitique au cours des maladies mentales. « IL n’est pas rare, dit-il avec M. Altman (1), d'observer en pathologie mentale au cours de syndromes divers, une précipitation du benjoin colloïdal plus ou moins étendue dans la zone dite méningitique. Ces faits ne semblent pas avoir jusqu'ici grandement retenu l’attention des auteurs et nous nous réservons d’y revenir ultérieurement d’une façon systématique. ». Cet auteur, avec divers collaborateurs, rapporte de nombreuses observations de maladies mentales dans lesquelles il a observé ce type de réaction. Ces communications étant d’un grand intérêt pour notre sujet, nous en citerons certains passages.
A. Courtois (2) a mis en évidence certaines modifications des liquides céphalo-rachidiens dans la confusion mentale, la démence précoce et la dépression mélancolique. Si l’on parcourt ses observations on s'aperçoit que dans de très nombreux cas la précipitation du benjoin est étendue dans la zone méningi-
1. A. Courtois et M. Altman ; Réaction du benjoin de type méningitique sans signes méningés cliniques chez un débile évoluant vers la démence précoce, Soc. Méd. Psych., séance du 8 juin 1933.
2. A. Courtois : Sur certaines modifications du liquide céphalorachidien dans la confusion mentale, la démence précoce, la dépression mélancolique, Soc. Méd. Psych., séance du 25 avril 1929.
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tique, surtout dans la dépression mélancolique : 2 fois sur 4 dans la confusion mentale, 8 fois sur 17 dans la démence précoce, 12 fois sur 15 dans la dépression mélancolique. Il est à noter que dans la plupart des cas, en même temps que cette réaction de type méningitique, on observe une hyperalbuminose plus ou moins importante... « En moins d’un mois, dit l’auteur, les altérations appréciables du liquide avaient disparu. Et à ce propos nous disons que ce qui caractérise également toutes ces modifications des liquides (hyperalbuminose comme hyperleucocytose) c’est la fréquence de leur régression rapide, parfois en une ou deux semaines, comme nous avons pu le vérifier. Cette fugacité des modifications liquidiennes, explique à notre point de vue, pour une grosse part leur rareté apparente. » Et l’auteur ajoute plus loin « .. Si dans la psychose hallucinatoire par exemple les modifications du liquide sont si peu fréquentes — pourtant nous en avons rencontré quelques cas — c’est surtout sans doute, parce que l'affection ne provoque pas comme dans la mélancolie anxieuse de réactions violentes (suicide) qui rendent immédiatement impossible le séjour du malade dans le milieu familial.
Si, comme nous le pensons, ces modifications du liquide sont les manifestations, le témoin d’une atteinte méningo-encéphalique, c’est au début de l'affection qu'elles doivent être les plus intenses. Plus tard, le processus reste sans doute exclusivement encéphalique... »
Ainsi, un point très intéressant mis en valeur par l’auteur est la brièveté des modifications du liquide céphalo-rachidien dans les syndromes qu’il a étudiés.
Un autre point, qui nous paraît contestable, est la rareté signalée par l’auteur de modifications analogues dans les psychoses hallucinatoires chroniques. Nous reviendrons ultérieurement sur ces deux points. Disons dès maintenant que l’existence d’une précipitation élargie dans les psychoses hallucinatoires, loin d’être une rareté, est à notre avis très fréquente. Nous l’avons même rencontrée en proportion plus grande dans les psychoses hallucinatoires que dans la démence précoce par exemple. Mais contrairement aux modifications décrites par l’auteur au début de la démence précoce, de la mélancolie et de la confusion mentale, la précipitation de type méningitique nous semble apparaître tardivement au cours de la psychose hallucinatoire chronique, et nous semble beaucoup plus tenace et persistante. Nous discuterons ces faits par la suite et nous proposerons une explication-à la contradiction apparente entre les résultats de A. Courtois et les nôtres, concernant les psychoses hallucinatoires.
Toulouse et Courtois (1) rapportent l'observation d’un syndrome de démence précoce d’origine infectieuse, dans laquelle le liquide céphalo-rachidien présentait des modifications, indices d’une réaction
1.E Toulouse et A. Courtois : Syndrome de démence précoce d'origine infectieuse, Soc. Clin de Méd. Ment, séance du 18 féyrier 1929.
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méningée importante. En particulier les auteurs ont observé chez leur malade une hyperalbuminose, l’exagération des globulines et un benjoin de type méningitique. Le malade a présenté des convulsions dans les premiers mois de sa vie. Les auteurs émettent l'hypothèse qué c’est le même virus qui a touché le cerveau dans le premier âge, et qui s’est réveillé à l’âge adulte pour déterminer les troubles mentaux et les modifications du liquide céphalo-rachidien qu’ils ont constatées.
« Et ce serait, disent-ils, un processus général des infections qui touchent le système nerveux, la longue durée de virulence de l’agent infectieux installé au niveau du névraxe avec possibilité de poussées successives, comme dans la sclérose en plaques, ou d’un réveil bruyant alors que depuis des années l'atteinte primitive paraissait éteinte ».…
A. Courtois (1) rapporte un cas analogue de démence précoce chez un jeune sujet dont le névraxe a été touché pendant l’enfance par une maladie infectieuse ; en l’espèce il s’agissait d’une poliomyélite. La ponction lombaire montrait un allongement du benjoin dans la zone méningitique : 00000, 22229, 22000.
Il pense que, comme dans le cas précédent, l’infection de la première enfance a conservé une virulence qui s’est exaltée à l’âge adulte, pour donner
1. A. Courtois : Démence précoce. Atteinte poliomyélitique de Penfance, Soc. Clin. de Méd. Ment., séance du 15 avril 1929,
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lieu à la psychose actuelle et à la réaction rachidienne.
Plus récemment, Courtois et Altman (1) ont publié encore un nouveau cas analogue chez un débile évoluant vers la démence précoce. Leur observation est remarquable par l'importance de la précipitation du benjoin dans la zone méningitique, comparable à celle d’une méningite aiguë, alors qu’il n'existait aucun signe méningé clinique ; à noter seulement dans les antécédents du malade qu’il fut atteint
‘l’âge de 8 ans de « grippe espagnole ».
Voici la réaction observée : 00000, 22222, 22211.
Un examen de contrôle a été fait, qui a fourni les mêmes résultats. Les auteurs « pensent que la précipitation pathologique du benjoin est le symptôme résiduel d’une atteinte inflammatoire cérébro-méningée antérieure et ont tendance, en l’absence d’autres facteurs (syphilis, tuberculose), à la rapporter à l’infection « grippale » dont le délire exprimait la complication nerveuse »... « En l'absence, disent-ils, d’autres altérations liquidiennes importantes, l'extension de la précipitation du benjoin dans la zone méningitique apporte la preuve de la persistance d’un processus encore actif, au moins méningé, et vraisemblablement cortico-méningé. » |
Enfin, nous pensons qu’il est intéressant de rapprocher des observations précédentes deux cas, rappor-
1. A. Courtois et M. Altman : Réaction du benjoin de type méuingitique sans signes méningés cliniques chez un débile évoluant vers la D. P., Soc. Méd. Psych., séance du 8 juin 1933.