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tés par Schiff et Courtois (1), de mélancolie, que les auteurs ont pu suivre pendant trois ans ; il s'agissait de mélancolies atypiques, et non d'épisodes dépressifs, au cours d’une psychose maniaque-dépressive. Chez ces malades, les auteurs ont constaté une hyperalbuminose et une leucocytose discrètes, et une réaction du benjoin de type méningitique, paraissant indiquer un processus inflammatoire discret des méninges.
Ils émettent l'hypothèse que (comme dans les cas de démence précoce cités précédemment) «une inflammation ancienne du cerveau, objectivée par les réactions rachidiennes, est la cause de l’état mélancolique présenté par ces malades. Cette hypothèse n’est pas contredite par le fait que la maladie a progressé malgré les régressions des modifications liquidiennes, les poussées subaiguës d’encéphalite psychosique pouvant laisser en s’apaisant des lésions cellulaires persistantes ».
Tous ces faits tendent à démontrer que, dans de nombreux cas de maladies mentales, l’examen du liquide céphalo-rachidien peut déceler des modifications imporlantes, et en particulier un élargissement de la précipitation du benjoin dans la zone méningitique, en rapport avec un processus méningé plus ou moins intense. Les auteurs, dans les cas où de telles modifications sont observées, ont tendance à admettre que
les troubles mentaux survenus à l’âge adulte doivent
1. Schiffet Courtois : Mélancolies chroniques atypiques avec réaction rachidienne, Soc. Clin. de Méd. Ment., séance du 17 mars
être attribués au réveil d'une atteinte infectieuse du névraxe, même très lointaine.
Chez les alcooliques, l’examen du liquide céphalorachidien a donné lieu à des constatations non moins intéressantes. A. Courtois et H. Pichard (r) ont étudié le liquide céphalo-rachidien de 100 alcooliques atteints de troubles mentaux. Dans 87 cas, il s'agissait
de troubles mentaux simples sans crises épileptiques
ni polynévrites. Les auteurs signalent dans une forte.
proportion un élargissement de la réaction du benjoin dans la zone méningitique, à l’exclusion d’autres modifications importantes d'ordre biologique, chimique ou cytologique.
« Plus intéressante, disent-ils, est à notre avis la réaction du benjoin. Dans aucun cas, nous n’avons observé la moindre précipitation dans la zone dite syphilitique. Par contre les cas de précipitation totale dans les 5 tubes de la série du milieu sont fréquents, et dans 25% des cas (22 fois) la précipitation se prolonge, partielle ou complète, dans la zone méningitique, 17 fois elle ne dépasse pas le 1 re tube, 4 fois elle atteint le 12° et une fois le 13.
L'extension de la courbe de précipitation est d'habitude isolée, elle ne s’est accompagnée d’augmentation de l’albumine que dans deux cas (0,35 et 0,40).
Elle nous a paru plus fréquente chez les alcoolisés de longue date. Une fois la réaction de l’élixir parégorique a été aussi partiellement positive (3€ tube),
1. Courtois et Pichard : Le liquide céphalo-rachidien dans l’alcoolisme subaigu (100 examens), S. Méd. Psych., séance 24 juin 1929.
RADNES
accompagnant une précipitation du benjoin dans le 2€ tube.
Dans tous les cas, les réactions de Bordet-Wassermann et Meinicke ont été négatives ».
Quant aux cas compliqués de polynévrite ou d'épilepsie, ils donnent une proportion plus grande encore de réactions élargies : celles-ci s’observent environ dans la moitié des cas.
Les auteurs concluent que « la fréquence de l’extension de précipitation du benjoin dans la zone méningitique est importante à signaler. Elle à été trouvée dans 25 % des cas, surtout chez les alcooliques anciens. Ce fait est. sans doute à rapprocher des lésions de méningite chronique si fréquentes dans le cerveau des vieux buveurs. Elle paraît encore plus fréquente (la moitié des cas) dans les formes accompagnées d’épilepsie et de polynévrite ».
Nous citerons, enfin, le travail de L. Marchand, J. Picard et A. Courtois sur le liquide céphalo-rachidien des épileptiques (1). Sur les cent malades examinés par les auteurs, 25 présentaient des crises que l’on pouvait considérer comme symptomatiques d’une intoxication ou d’une affection cérébrale. Chez les 75 autres le diagnostic d’épilepsie « dite essentielle » a été posé. |
Chez les 75 sujets atteints d’épilepsie essentielle,
les auteurs n’ont jamais trouvé de précipitation dans
1. L. Marchand, J. Picard et A. Courtois : Examen de cent liquides céphalo-rachidiens d’épileptiques, Soc. Méd. psych. séance du 25 avril 1929.
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la zone syphilitique du benjoin ; dans la zone méningitique À fois seulement une précipitation plus ou moins étendue. C’est dire que la réaction de type méningitique est rare dans l’épilepsie « essentielle ».
Dans les 25 autres cas (épilepsie symptomatique), les modifications du liquide céphalo-rachidien étaient beaucoup plus importantes et fréquentes. Chez ceuxci l'extension de la précipitation du benjoin dans la zone méningilique a été observée dans 1/3 des cas environ. En somme, d’après les auteurs, les modifications du liquide céphalo-rachidien et en particulier de la formule du benjoin sont peu accusées dans l’épilepsie idiopathique. Par contre le liquide donne souvent des indications particulières dans l’épilepsie symptomatique.
De l’examen de ces travaux, il se dégage un fait frappant : c’est la fréquence de la réaction du benjoin de type méningitique dans des troubles mentaux de diagnostic varié, mais dans lesquels on retrouve cependant presque toujours un caractère commun : l’existence dans l’étiologie d’un élément toxique ou infectieux.
Nous verrons que dans les psychoses hallucinatoires chroniques nous avons pu parfois découvrir dans les antécédents une cause susceptible d’expliquer également les troubles humoraux et peut-être l'apparition des troubles mentaux.
J. Royer 3
D À No ie
Féaction äu benjoin colloïdal dans les psychoses hallucinatoires chroniques.
Nous avons rapporté toutes ces observations car elles nous ont semblé intéressantes pour notre sujet : elles se rapprochent en effet de celles que nous allons exposer par la suite concernant les psychoses hallucinatoires chroniques.
Nous ferons remarquer, au préalable, que dans les diverses citations que nous venons de faire sur la réaction du benjoin colloïdal dans les maladies mentales, les psychoses hallucinatoires chroniques sont à peu près passées sous silence. Seul A. Courtois dans son travail « Sur certaines modifications du liquide céphalo-rachidien dans la confusion mentale, la démence précoce, la dépression mélancolique », fait allusion, comme nous l’avons d’ailleurs mentionné, à la rareté des modifications liquidiennes dans la psychose hallucinatoire.
Il nous à donc paru intéressant d'étudier d’une façon systématique la réaction de Guillain, Laroche et Léchelle dans cette catégorie de malades qui semble avoir été trop laissée de côté.
Voulant éviter de nous engager dans des discussions terminologiques quant au diagnostic de l’affection mentale des malades que nous étudions, dans chaque observation nous reproduirons sans commentaire les certificats médicaux rédigés par les médecins
traitants.
Disons tout d’abord que nous n’avons jamais observé, dans les cas dont nous nous occupons, de précipitation dans les cinq premiers tubes (zone syphilitique). Mais dans un peu plus d’un tiers des cas de psychose hallucinatoire chronique, nous avons constaté un élargissement notable de la zone de précipitation normale. Cette précipitation médiane élargie intéresse généralement les tubes 7, 8, 9, 10 etrr. Parfois la précipitation s’étend au tube 12 et même au tube 13.
Dans presque tous les autres cas (plus de la moitié de la totalité des examens), nous avons obtenu une précipitation totale dans les tubes 7, 8, 9 et 10 ; nous n'avons pas retenu les observations dans lesquelles nous avons rencontré de telles réactions. En réalité il nous paraît que ces réactions sont déjà un peu élargies, la précipitation des liquides normaux se produisant le plus souvent dans trois tubes au maximum et ne dépassant généralement pas le 9° tube. Mais nous les avons jugées insuffisamment nettes et importantes pour en tenir compte, ayant décidé de nous arrêter exclusivement aux formules comportant une zone de précipitation de 5 tubes au minimum, comprenant au moins le 11° tube.
Tous nos examens de liquide céphalo-rachidien (dosage d’albumine, réactions biologiques, et en particulier réaction du benjoin, examen cytologique) ont été faits au laboratoire de sérologie de l'Hôpital Henri-Rousselle.
Signalons que nous avons cependant contrôlé