‹ La Réaction de Type Méningitique du Benjon Colloïdal: Dans Certaines Maladies Mentales et Plus Spécialement Dans les Psychoses Hallucinatoires ChroniquesChapitre 23 sur 38 · DE :+7 4 URI · texte numérisé non relu

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coups dans les portes pour répondre à ses persécuteurs. La propriétaire s’en est plainte d’où son arrestation. C’est dans ces circonstances que la malade a été envoyée à l'Infirmerie spéciale, puis à Sainte-Anne et de là à Maison- Blanche.

À son arrivée dans le service, le Dr Beaudouin a rédigé le certificat suivant : « Psychose hallucinatoire chronique. Troubles psycho-sensoriels multiples. Exposé peu cohérent, loquacité spontanée avec réponses dilatoires aux questions posées. Deuxième internement dans le service. Alcoolisme signalé antérieurement ».

Depuis son entrée, l’état mental de ia malade n’a pas subi de modifications sensibles. Son délire est mal sytématisé, peu cohérent, touffu. Elle l’exprime avec animation et verbosité. Ne manifeste pas d'idées de grandeur, bien que d’après sa sœur elle ait toujours montré un « orgueil démesuré ».

Examen physique : tremblement des doigts, dysarthrie spontanée assez marquée, pupilles normales réagissant bien à la lumière, diminution du réflexe rotulien gauche.

Examen du liquide céphalo-rachidien (12 décembre 1934) :

Albumine : 0,40.

Pandy : 0.

Weichbrodt : 0.

Leuco : 0,2.

Elixir parégorique : 00-0.

B.-W., Meinicke : négatifs.

Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.

Globulines

OBSERvATION 11.

Mme P.., 53 aus, entre à l’Asile de Maison-Blanche, le 9 décembre 1933, accompagnée du certificat suivant de

A se LS

l'infirmerie spéciale : « Automatisme mental. Idées de persécution et d'influence. Voix, injures, menaces. On veut la forcer à s’accuser. Gaz, odeur de tabac, courants et fils électriques. Sensations génitales provoquées. On agit sur sa fille de la même façon ; introduction d’objets dans l’anus et le vagin. Néologismes, on la traite de « quive » et d’ «espion », mots qu'elle cherche ensuite dans le dictionnaire. Réactions violentes, injures, crachats au visage des voisins. Plaintes de ceux-ci, d’où arrestation. Ménopause il y a {rois ou quatre ans ». A son entrée à Maison-Blanche, on note : « Psychose hallucinatoire chronique. Evolution ancienne ; activité délirante ; troubles psycho-sensoriels multiples » (D' Beaudouin).

Actuellement, après plus d’un an d’internement, on continue à la persécuter ici-même. Syndrome hallucinatoire persistant ; elle entend des Messieurs en dessous qui changent leur voix ; ils expliquent et énumèrent les malpropretés qu’ils lui font subir. On lui envoie des gaz asphyxiants ; cela sent le soufre, le gibbs, le verre fondu. Troubles cénesthésiques, on lui a ouvert le corps, le cerveau, le sternum et tout. On lui fait passer des courants électriques, on lui fait des attouchements aux organes uénitaux, on iui envoie des saletés, des produits chimiques dans le vagin et dans l'anus. Interprétations ; on fait craquer son pantalon, on prend des photos en dessous pour les montrer dans son pays. Sentiment d’étrangeté : depuis quelques mois elle trouve que sa fille est changée. Prétend que ce n’est plus elle qui vient la voir : « Un jour c'était un homme qui s'était déguisé ». Altitude sthénique. Réclame sa sortie avec énergie, cependant assez calme dans le service.

Examen physique : diabète sucré. Glycosurie : 45 gr. le 2 février 1935.

Strabisme convergent, apparu récemment par paralysie

du moteur oculaire externe droit (probablement névrite diabétique).

Pas d’Argyll. Réflexes rotuliens normaux.

Examen du liquide céphalo-rachidien (12 décembre

Albumine : 0,28.

Pandy : O.

bulines SOLE Weichbrodt : 0.

Leuco : 0,8.

B.-W., Meinicke : négatifs.

Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.

Mme C..., concierge, entre à l’Asile de Maison-Blanche, le 19 août 1933, avec le certificat suivant rédigé à l’hôpital Henri-Rousselle : « Psychose haliucinatoire chronique remontant à plusieurs mois, délire de persécution et de grandeur. Tout le monde lui fait du mal. Elle va d'autre part gagner beaucoup d'argent en faisant un concours, où des papiers qu'elle griffonne, tiennent un rôle important. Idées d'influence ; elle est comme hypnotisée. Elle sent des rayons sur elle. Elle n’ose même plus faire sa toilette parce qu'on la regarde. Hallucinations auditives, on lui dit des horreurs, on lui donne des ordres. Hallucinations cénesthésiques à prédominance génitale. C’est comme de l'électricité qu'ils lui envoient. Réticences, agressivité, agitation nocturne. Appoint éthylique probable. »

À son entrée à Maison-Blanche, on note : « Débilité mentale avec psychose haillucinatoire chronique, éthylisme soupçonné » (Dr Beaudouin).

Actuellement, on constate chez cette malade un certain affaiblissement intellectuel. Elle est bien orientée, sait

bien la date, mais cependant elle a des troubles de la mémoire assez importants : dit être entrée en 1930 (au lieu de 1933). La malade se montre réticente au sujet des troubles psycho-sensoriels. Toutefois, les hallucinations auditives semblent s’être atténuées : n'entend plus les avertisseurs des voitures qui l’appelaient la nuit et lui criaient des injures et des ordres. Les troubles cénesthésiques semblent avoir disparu ; plus d'électricité, ni d’attouchements génitaux. Par contre, le délire s’est développé dans le sens mégalomariaque ; nombreuses idées de grandeur : « Je suis la fille de M. Bertrand d’Aramont, grand maître de la Préfecture de la Seine » ; son père a acheté le titre de C... Il s'appelle maintenant de Bertrand d'Aramont de Pol de Lancinot de GC... « Mon père est le Duc de Brabanceul, on me l’a enlevé (mort en réalité) à l'âge de 8 ans parce que je suis le dauphin de la royauté... » Excitation psychique, présentation euphorique, réclame sa sortie.

Examen physique : réflexes rotuliens normaux, pupilles normales et réagissant bien à la lumière.

Examen du liquide céphalo-rachidien (9 août 1933) :

Albumine : 0,45, l

ï Pandy : 0.

PE | Weichbrodt : 0.

Leuco : O.

B.-W., Meinicke : négatiis.

Benjoin colloïdal : 00000, 22222, 10000.

Mme P..., entre à Maison-Blanche le 23 octobre 1933, après un court séjour à l'hôpital Henri-Rousselle où elle a été l’objet du certificat suivant : « Délire hallucinatoire

Sorel

avec idées de persécution exprimées en termes le plus souvent incompréhensibles : « C'est les gens du 14°; ils faisaient 5 ans de secrète avant de prendre la tenue. » Elle est accusée de crimes « par prières faites à l'auge de fond de cour ». On s’est servi de son nom « à la place de raison de complicité ». Incurie ; plaintes répétées au commissariat qui l'adresse dans le service, après une tentative d’homicide sur sa mère âgée qu’elle accuse d’être de connivence avec ses persécuteurs et de ne vouloir « entendre raison ». Hérédité chargée, père alcoolique, frère interné. »

Dans le service, après quelques jours d'observation, le Dr Beaudouin note : « Psychose hallucinatoire chronique, thème perséculif de voisinage, éléments originels noyés dans des explications d’allure néologique ».

Depuis son entrée dans le service, l’état mental de la malade est resté invariable. Son délire, actuellement fixé, très peu cohérent, est très difficile à suivre par suite de l’abondance des expressions néologiques. Lorsqu'on l'interroge, elle reprend les mêmes thèmes persécutifs qu'elle exprimait au moment de son internement : « Je n'ai jamais été auge de fond de cour. On reprend l'auge de mes antipathies, ou bien ça me reprend dans la tête. J'ai voulu frapper ma mère pour reprendre l’avant-guerre. Eile le méritait bien. Il faut lui faire comprendre, lui faire peur... »

Dans le service se montre calme, n’a plus de réactions violentes. Ne s'intéresse à rien, inoccupée. Ne demande pas à sortir. Pas d'affaiblissement intellectuel notable. Bien orientée. |

Examen physique : hypertension artérielle, réflexes tendineux vifs, réflexes pupillaires normaux.

Examen du liquide céphalo-rachidien (9 janvier 1935):

Albumine : 0,28.

Globulines Pay : 0. j { Weichbrodt : 0.

‘Leuco : 0.

= B.-W., Meinicke : négatifs.

Elixir parégorique : 00-0.

Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000. DA

Mlle B..., 58 ans, entre à l’Asile de Maison-Blanche le 26 octobre 1921. Le certificat immédiat note les faits suivants (D' Capgras) : « Délire systématisé de persécution évoluant depuis une vingtaine d'années. Hallucinations auditives verbales prédominantes et très actives; quelques rares hallucinations visuelles. Troubles de la sensi- + bilité générale. Crainte d'être assassinée. Réactions anxieuses ; tentative de suicide ».

En 1930, le Dr Beaudouin rédige le certificat suivant : « Psychose haliucinaloire chrouique d'évolution ancienne avec troubles psycho-sensoriels de la sphère visuelle ; absence de systématisation délirante nette et cohérente ».

Actuellement, la malade, dont les troubles évoluent, d'après les certificats, depuis plus de trente ans, continue à délirer d’une façon très active. Les troubles hallucinatoires sont nombreux. Elle entend toujours des bruits et des voix au-dessous d'elle, dans la cave vu dans les souterrains. On lit dans son cerveau, « on extrait sa pensée » à l’aide de mécanismes, d'appareils de T.S. F. On lui vent du mal, on l’insulte ; se sent entourée d’espions qui regardent à travers les murs. Les infirmières sont complices, elles laissent entrer les misérables qui la poursuivent. Troubles cénesthésiques, courants électriques pendant la nuit. Se prétend couverte de poux. Réclame du pétrole pour se frictionner le corps et la tête. Quelques

idées mégalomaniaques peu cohérentes : « elle a 700 milliards de pension. Elle donne 2 milliards au cimetière pour la tombe de sa mère... »

Dans le service : calme, propre, travailleuse, s’occupe continuellement à des travaux de couture. Réclame toujours sa sortie mais sans grande conviction, semble-t-il.

Examen du liquide céphalo-rachidien (19 décembre

Albumine : 0,35.

; Pandy : 0.

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