MEET NUE
Globulines Pondy de Weichbrodt : 0.
Leuco : 0,8.
B. W., Meinicke: négatifs.
Mme G..., 52 ans, entre à Maison-Blanche le 24 novembre 1934. Le début des troubles psychiques est très ancien. La malade a déjà subi un premier internement de deux mois au début de 1926 pour « alcoolisme chronique avec confusion, onirisme, anxiété, réactions dépressives, tendance au suicide ». Depuis sa sortie, elle n'aurait jamais, d'après son fils, recouvré complètement sa raison. C'est donc à son premier internement que semblent remonter les premières manifestations de Ja psychose actuelle. Mais c'est surtout depuis cinq ans que le délire est devenu actif. Depuis cette époque, la malade est poursuivie par les « Aveyronnais ». Hallucinations multiples : ils l’injurient, la menacent, parlent d’elle en patois de l'Aveyron, veulent la prendre comme fille publique. On lui jette du vitriol pendant la nuit, on en met dans ses aliments, on lui fait respirer des odeurs fétides. Les interprétations morbides sont nombreuses : les autos la suivent, les gens font des signes sur son passage. S’exprime souvent par néologismes : une bande de femmes lui a fait « la physique », on lui fait des «chienneries », mais elle s’en moque ; se plaint de ce qu’un médecin qui l’a déjà traitée lui faisait des « mœurs d'hôtel au plafond ». L'attitude de la malade est hypersthénique, revendicatrice ; chez elle, peu avant soninternement, elle était arrivée à un état d'exaltation qui l’a conduite à des réactions anti-sociales : cris, scandale,