‹ La Réaction de Type Méningitique du Benjon Colloïdal: Dans Certaines Maladies Mentales et Plus Spécialement Dans les Psychoses Hallucinatoires ChroniquesChapitre 25 sur 38 · DE A · texte numérisé non relu

DE A

rent, constitué essentiellement par le développement de thèmes imaginatifs et mégalomaniaques absurdes, que la malade exprime avec maniérisme et emphase : « Je suis la baronne de Rothschild et je suis la Reine Marie-Antoinette, mais personne ne le saura jamais. J'ai été soignée par les plus grands médecins du monde. Je mets au monde depuis 67 mois des millions de petits enfants. Je suis la plus riche du monde et je fais le bien en silence. J'ai rénové le temps. J'ai mis au monde les cieux... »

Très lucide en dehors de son délire, pas d’affaiblissement intellectuel, bien orientée.

Examen du liquide céphalo-rachidien (9 janvier 1935) :

Albumine : 0,30.

.. (Pandy : 0.

RDS | Weichbrodt : 0.

Leuco : 0.

B.-W. et Meinicke : négatifs.

Elixir parégorique : 00-0.

Benjoin colloïdal : 00000, 01222, 10000.

Mme B..., 43 ans, concierge, entre à l’Asile de Maison- Blanche le 8 septembre 1933, avec le certificat suivant de lPinfirmerie spéciale : « Automatisme mental, hallucinations multiples, idées délirantes de persécution. A la suite d’une raîle faite il y a deux ans, dans le 9, elle est persécutée par des malandrins ; voix impérieuses et menaçantes, mauvaises odeurs qui lui donnent des maux de tête. Electricité dans les membres, mauvais goût des aliments. Viol, on la fait remuer dans son lit. Echo de la pensée et commentaire des actes. Réactions anti-sociales, tapage nocturne, elle se désintéresse de son service, ne peut plus travailler. Plaintes des locataires, d'où arresta-

A, qi tion. Serait persécutée depuis deux ans « jour et nuit ». Ovariectomie il y a quatre ans. »

À son entrée dans le service, on note : « Débilité mentale avec psychose hallucinatoire chronique évoluant depuis deux ans environ. Thèmes persécutifs de voisinage pauvres et mal systématisés » (Dr Beaudouin).

Actuellement, la malade se plaint qu’on la fait souffrir horriblement : « Ce sont des souffrances jour et nuit ; je ne peux plus manger, je souffre du tube digestif, du ventre, de la poitrine. J'ai de l’eau dans le corps. » Mais il est impossible de lui faire préciser l’origine de ces souffrances. « Je ne peux rien vous dire ; on ne me fait rien de vive voix (sic) ; d’ailleurs vous le savez mieux que moi. » Elle se montre très réticente, avoue cependant que la nuit elle entend des paroles menaçantes qui doivent se rapporter à elle ; mais ne donne aucune indication sur les troubles signalés dans le certificat d’internement, qui l'ont pouriant poussée à des réactions antisociales. Le délire de la malade comporte un point particulier ; c’est la négation du décès de son mari survenu en septembre 1934 alors qu’elle était à Sainte-Anne. Ses parents le lui ont annoncé en octobre 1934. Elle ne veut point y croire : « Ce n’est pas possible, dit-elle, il faut voir avant de croire, il se passe tellement de drôles de choses ».….

Le niveau mental de la malade semble au-dessous de la moyenne. Dans le service elle est calme, réclame sa sortie.

L'examen physique ne montre rien de particulier.

Examen du liquide céphalo-rachidien (12 décembre 1934) :

Globulines tn Weichbrodt : 0.

A + * FA à

No 4 Ca B.-W., Meinicke : Débats, Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.

Mme L..., 33 ans, aide-comptable, entre à l'asile de Maison-Blanche le 2 novembre 1932. fl est difficile de préciser le début de ses troubles psychiques. La malade a été renvoyée du buréau où elle était employée en : août 1932. Mais déjà depuis des mois, elle présentait des

troubles hallucinatoires : elle entendait des hommes et des

femmes qui l’abrutissaient d'insultes, ils l’accusaient d’avortement, ils la menaçaient de la guillotine ; on lui travaillait la tête. Hallucinations de contenu érotique : des voix d'hommes aimables et amoureuses prenaient parfois sa défense, parlaient de son mariage. Un jour elle entendit un agent de police qui habitait près de chez elle lui dire : « Quand est-ce qu'on fait l'amour ? » Idées de richesse et de grandeur ; elle devait faire un gros héritage (400.000 francs), prix d’un concours de « transmission à distance ». Les voix protectrices révélaient sa véritable identité : « fille d’un médecin ou d’un capitaine », désignaient ses perséculeurs : « une de ses proches parentes, par méchanceté ou par jalousie ». Peu avant son internement, s'est livrée à des réactions violentes, criait par la fenêtre pour répondre à ses voix ; violences sur ses parents qui, à la suite de ces circonstances, l'ont amenée à Henri- Rousselle.

La malade a unc lourde hérédité ; sa mère a été internée à Maison-Blanche puis transférée à Alençon où elle est décédée (Internée après non-lieu, elle avait, sous l’influence de jalousie pathologique, vitriolé une femme).

Son père s’est suicidé ; son frère et sa sœur, d’après la

PSI à pu

malade, seraient bizarres : « Il est un peu piqué », ditelle de son frère.

A son arrivée à Maison-Blanche, le D: Beaudouin rédige le certificat suivant : « Psychose hallucinatoire chronique mal systématisée. Réactions violentes par intervalles. Nudisme. Malpropreté. »

Actuellement, les troubles psycho-sensoriels sont atténués, la malade se dit « beaucoup plus tranquille ». Par contre, persistance de quelques idées de grandeur : « Son nom est avec le nom de Lévy un des plus conaus, il tient au moins cinq pages sur le Bottin. Peut-être faut-il voir là un héritage... » Elle est indifférente, malpropre, ne s’intéresse à aucun travail, ne demande pas sa sortie. Habituellement calme, accès d’excitation par intervalles.

Examen du liquide céphalo-rachidien (octobre 1932) :

Albumine : 0,20.

B.-W. et Meinicke : négatifs.

Benjoin colloïdal : 00060, 12222, 10000.

Mme V..…., 41 ans, entre à l’asile de Maison-Blanche le 15 décembre 1934, après passage à l’infirmerie spéciale et à Sainte-Anne. A son arrivée, le Dr Demay rédige le certificat suivant (17 décembre) : « Psychose hallucinatoire chronique. Automatisme mental. Hallucinations sensorielles et psychiques continues ; un couple de voisins prononce constamment son nom en l’accompagnant de mots grossiers. Ils répètent ce qu’elle pense, ce qu’elle fait chez elle. Troubles cénesthésiques. À plusieurs reprises, sensations de froid et de chaud attribuées à un courant électrique. Ignore la raison de ces agissements. Persistance’ des hallucinations à l'hôpital et à l'asile. Présenta-

tion souriante contrastant avec le contenu du délire. Calme depuis l'entrée. »

Actuellement, même état mental, persistance des hallucinations auditives et psychiques, des troubles cénesthésiques; calme et euphorique.

Examen du liquide céphalo-rachidien (20 décembre

Albumine : 0,22.

2 20; Globulines ce M Weichbrodt : 0.

Leuco : 0,6.

B.-W., Meinicke : négatifs.

Onservarion 19.

Mme P..., 54 ans, entre à l’asile de Maison-Blanche le 16 décembre 1931. Le certificat immédiat est ainsi libellé (D' Demay) : « Psychose hallucinatoire chronique qui évoluerait d'après les déclarations de la malade depuis deux ans. Hallucinations multiples, audilives, olfactives, gustatives, cénesthésiques, psycho-motrices, psychiques. Ses pensées sont mélangées avec celles d’autres personnes. Elle-même devine la pensée d’autrui; elle croit d’ailleurs que les pensées de tout le monde doivent être ainsi mélangées. Idées de persécution. Met en cause les communistes. Croit qu’on cherchait à détourner d’elle son mari. On lui a volé du linge, changé ses meubles. Elle avait aux pieds des photographies représeutant des personnages de l’histoire de France. Possibilité d'idées mégalomaniaques, parle avec complaisance de son intelligence. Affectivité conservée, pleure en parlant de son mari. Pupilles régulières ne réagissant que faiblement à la lumière. Tremble-

J, Royer 5

ment lingual. Excitation intellectuelle. Erythème facial et cervical spontané ».

Actuellement persistance des troubles délirants et psycho-sensoriels. Peu d’hallucinations auditives, elle entend moins ses persécuteurs ; cependant parfois, elle a l'impression qu'ils sont là, qu’ils rôdent autour d'elle ou qu'ils parlent d'elle. Mauvaises odeurs, mauvais goûls ; les aliments sont empoisonnés, parfois « ils sentent la merde ». Trausmission de pensée. Elle peut communiquer avec n'importe qui par la pensée. Connait la pensée d'autrui. Troubles cénesthésiques multiples, on lui fait passer des courants électriques pendant la nuit, ça Ja fait trembler, « c’est comme un souffle dans le dos, ça lui travaille le fondement. On lui prend le sang et le cerveau par la transfusion... » Pas d’affaiblissement intellectuel notable.

Examen du liquide céphalo-rachidien (4 février 1932) après réactivation du 4 au 18 janvier 1932 :

Albumine : 0,60.

l Pandy : O.

HOUR Weichbrodt : 0.

Leuco : 8,4.

B.-W. et Meinicke : négatifs.

Elixir parégorique : 00-0.

Benjoin colloïdal : 00000, 22222, 20000.

Mme B..., 58 ans, entre à l’Asile de Maison-Blanche le 12 décembre 1934, après passage à l'infirmerie spéciale.

Le début des troubles psychiques semble remonter d'après les dires de la malade à 1932. Idées de persécution très actives. Depuis plus de deux ans elle-est poursuivie par une bande qui veut abuser d’elle, la souiller, la faire disparaître pour s'emparer de sa fortune. Le chef de

EE re la bande est M. Philippe C..., ancien ministre de la Justice de Washington. Il a fait poignarder son mari « en plein hôpital de Bellevue à New-York » en 1924 (en réalité, d’après les renseignements, celui-ci est mort de paralysie générale). Délire rétrospectif : c’est depuis cette époque (1924) qu'elle est victime des persécutions de cette bande, mais elle ne s’en est rendue compte que depuis deux ans. Rentrée en France, la bande l'y a suivie. Ils ont fait tuer depuis son retour cinq autres membres de sa famille. Idées d'influence ; ses persécuteurs voient tout ce qu'elle écrit, savent et répètent tout ce qu’elle fait. Sa pensée même leur est connue. Ils ont fait l’acquisition d’une « glace radio-hypnotise » grâce à laquelle ils peuvent suivre ses moindres faits et gestes. Troubles psycho-sensoriels avec prédominance d'’hallucinations auditives. Lorsqu'ils l’observent dans la glace, la malade entend tout ce qu’ils disent. Philippe CG... se vante de l’avoir hypnotisée et endormie et de l'avoir violée pendant son sommeil. Il a même ajouté que « c'était épatant parce qu’elle a ça très étroit ». [Ils commentent ses actes, ils l’injurient, la traitent de « tapin », de « vieille peau ». Ils prétendent « qu'elle est la maîtresse d’un sidi ». Ils la menacent de mort lorsqu'elle fait mine de se défendre. Elle suit aussi les conversations qu’ils ont entre eux. Parfois, pour la tromper, ils lui parlent sur un ton amoureux. Elle les entend très nettement comme à travers un mur. « Ce ne sont pas des voix dans sa tête, elle n’est pas folle, ce sont des paroles réelles ». Idées de grandeur et de richesse. Si elle est en butte à toutes ces persécutions, c’est parce qu’elle est immensément riche et que la bande veut lui dérober sa fortune. « Ils lui ont déjà pris des millions et des millions de pesetas, 21 maisons et une mine d'or... Son mari était grand inventeur chimiste aux Etats-Unis. C’est un noble Espagnol, chevalier de la table ronde.

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