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Elle-même est descendante du Duché d’Espagne de par son mariage... »
Le délire persiste toujours aussi actif depuis son entrée. La bande est là ; ils l'ont suivie à Maison-Blanche. Elle continue à les entendre et à les sentir autour d'elle, Ecrit de longues et fréquentes lettres à « l’ambassadeur de l'Amérique du Nord » pour dénoncer les forfaits dont elle est victime. Nous reproduisons quelques phrases caractéristiques, que nous avons extraites d’une de ses lettres, datée du 10 février 1935 : « ... Cette bande selon moi est la Main-Noire d'Amérique. Philippe GC... est chef de bande. Il a drogué et magnétisé la mère de l'Espagnole N... à tel point qu’elle est devenue folle... Ce Philippe GC... a tué ‘ l'enfant de Lindbergh et c’est lui qui a fait toucher toutes les rançons. . Je compte donc six tués dans ma famille et à peu près dix tentatives d’assassinat sur personnes différentes, vol d’héritage en Espagne et au Guatémala, 21 maisons, une mine d’or et 4 millions d’or américain. C'est pourquoi ils me poursuivent pour me faire disparaître et signer des papiers pour me capter tout... En foi de quoi, moi Mme B...je viens accuser et porter plainte contre cette famille Philippe GC... et consort et demande, pour le préjudice qu’il m'a causé par l’assassinat de ma famille et des étrangers, à tous les participants de cette bande, des dommages et intérêts de 100 milliards or américain.. Je vous jure que je dis la vérité entière ayant entendu leur confession dans les discussions qu'ils ont entre eux, et se jeter leurs crimes mutuels à la face... »
À l'examen physique, rien à signaler.
Réflectivité tendineuse et pupillaire normales.
Examen du liquide céphalo-rachidien (19 décembre 1934) :
Albumine : 0,32.
Pandy : 0.
Bobul RE roi H dt 0!
LE ue
Meinicke et B.-W. : négatifs.
Elixir parégorique : 00-0.
Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.
I. — Paralysies générales à forme torpide ou présentant un tableau clinique particulier.
M. G..., 46 ans, entre à l’Asile de Villejuif le 14 septembre 1932. Le début des troubles psychiques semble remonter au mois de mai 1932. C’est à cette époque que sont apparues les premières hallucinations. Le malade entendait des chansons, des musiques. Ce n’était pas désagréable. Puis en juillet il commence à entendre des voix qui l'insultent : « c’est toi l'enculé »; ils répètent son nom sans cesse, ils disent des grossièretés sur sa femme. Echo de la pensée et des actes. Ils savent et répètent tout ce qu'il fait et ce qu’il pense. Il est « sous l'effet des ondes ». Troubles cénesthésiques ; on lui fait passer des courants électriques qui lui donnent des tremblements dans tout le corps, on lui donne des impressions de chaud et de froid. En février 1932, a présenté des crises épileptiformes, pour lesquelles on l’a soigné à Tenon puis à Cochin, où on l’a impaludé. Sorti de l'hôpital en juin 1932 non guéri. Il entendait toujours des musiques et des voix. Une nuit, comme il descendait le boulevard Ménilmontant, à une heure du matin, il s’est mis à chanter pour couvrir « les films que lui faisaient entendre ses voix ». C'est dans ces circonstances qu'it fut arrêté et envoyé à l’Infirmerie spéciale, où le D' de Clérambault fait le diagnoslic de : « Psychose hallucinatoire chronique ». Après un court séjour à Sainte-Anne, le malade est transféré à Villejuif,
où le D' Guiraud note à l’arrivée « Syndrome haïlucina-
toire chronique probablement par syphilis encéphalique.….» Le 19 septembre 1932, l'examen du liquide céphalo-
rachidien donne les résultats suivants : ; Albumine : 0,55.
Fr | Pandy : + Fonnises | Weichbrodt : + Leuco : 23,6. 3
B. W.et Meinicke : positifs.
Le 28 septembre 1932, le D' Guiraud dans son certificat de quinzaine fait le diagnostic de : « paralysie générale à forme de psychose hallucinatoire chronique ».
Actuellement, l'état mental du malade s’est peu modifié. Il présente un léger affaiblissement intellectuel, quelques troubles de la mémoire. Les troubles psycho-sensoriels et le délire sont toujours très actifs. Cependant, les hallucinations auditives semblent êire moins importantes. Les troubles cénesthésiques, au contraire, sont extrêmement abondants el variés. Cette lettre, écrite au médecin-chef en novembre 1934 et dont nous reproduisons les passages les plus suggestifs, en donne un aperçu : « Je souffre toujours de la même façon que dans le civil, ils ont toujours les ondes sur mon corps... ils me travaillent la vessie, je ne vais à la selle que tous les trois jours... les ondes marchent toute la journée ; cela me porte dans l’anus, sur la verge, des éclairs dans les yeux. J'ai la tête toute la journée qui tremble par la commotion de l'électricité. Je reçois constamment des piqûres de feu dans certaines parties du corps... Je vais porter plainte en justice. »
Examen neurologique : Dysarthrie surtout aux mots d'épreuve ; tremblement des mains ; pupilles irrégulières,
inégales, paresseuses à la lumière. Réflexes tendineux \ vifs.
Un nouvel examen du liquide céphalo- nul le
6 décembre 1934, a douné les Hp suivants : LT c4 -Albumine : 0,50. :
Pandy : + L
Weichbrodt : 0. 2
Leuco : 5. à 1 ue
Meinicke : négatif.
B.-W. : partiellement positif.
Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.
Ê Globulines
M. B..., 37 ans, acteur, entre à l'asile de Villejuif le 16 mars 1932, après passage à l'hôpital Henri-Rousselle, 0 où l’on a rédigé le certificat suivant (Dr Pichard, 1931) :
« Paralysie générale. Ralentissement des processus psychiques. Incertitude de la mémoire. Affaiblissement s'exprimant surtout par des troubles du jugement et de i l’auto-critique avec inconscience de son état et de sa "à situation. Bouffées d’excitation psychique avec logorrhée, | propos incohérents et impudiques, protestations contre ne - son hospitalisation. Onirisme, hallucinations visuelles épisodiques, etc. Eléments délirants. Vagues idées de persécution et de satisfaction ; il a un corps superbe, il a un grand talent d’acteur. Troubles manifestes du comportement, qui remonteraient à un an environ ; se trompait d'étage dans sa maison, était devenu irritable ; a présenté quelques perversions sexuelles. Ne travaillait plus depuis six mois environ. Présentation actuelle pseudo-maniaque, maniérisme, bizarrerie du comportement.
Dysarthrie aux mots d’épreuve. Réflexes tendineux vifs.
Pupilles normales.
Sang : B.-W., Meinicke, Kahn : positifs.
Liquide céphalo-rachidien :
pote
Albumine : 1,20.
poonee Weichbrodt : ++.
Leuco : 23.
B. W., Meinicke : positifs.
Benjoin colloïdal : 22222, 22222, 11000.
De l'hôpital Henri-Rousselle, le malade est envoyé à Sainte-Anne, où il est impaludé le 9 mars 1931, puis traité par plusieurs séries successives de stovarsol. Au bout d'un an, aucune amélioration ne s'étant manifestée, le malade est transféré à Villejuif, où le D' Guiraud rédige le certificat suivant : « Paralysie générale. Après impaiudation et traitement, délire secondaire. Est transformé en femme, coquetterie, idées de grandeur et de richesse, son corps est un cadavre, va bientôt recevoir un corps de femme. Syndrome physique et humoral. »
Actuellement, persistance des mêmes idées délirantes.
Ua nouvel examen du liquide céphalo-rachidien a donné les résultats suivants (5 février 1935) :
Albumine : 0,60.
Pañuy:
Weichbrodt : 0.
Leuco : 0,40.
B.-W. et Meinicke : négatifs.
Elixir parégorique : 2-2.
Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.
Globulines
OBSERvATION 23.
Mme D..., 44 ans, entre à l’Asile de Maison-Blanche le 6 février 1929 avec le certificat suivant de Sainte-Anne (D: Péron) : « Affaiblissement global accentué, incapacité de se conduire, désorientation dans l'espace, actes puérils
MT TU es
pouvant revêtir ur caractère dangereux, fugues. Achoppement, trémulation de la langue, inégalité pupillaire, Réactions biologiques positives ou du type paralytique :
Albumine : 0,56.
Leuco : 12.
B.-W. et benjoin fortement positifs.
N'a pas été impaludée. »
Le 7 février 1929, le certificat immédiat note :
« Paralysie générale, diminution de la mémoire, conscience partielle de son état. » ,
Cette malade n'a pas été impaludée. A été traitée à Maison-Blanche depuis son entrée par des séries alternées de stovarsol et de quinby. En outre, pyrétothérapie par injections d'huile soufrée. Traitement resté sans résultat.
La malade présente actuellement un gros affaiblissement intellectuel avec désorientation, idées délirantes absurdes. Inertie. Accès d’excitation bruyante par intervalles.
Examen du liquide céphalorachidien (14 décembre
Albumine : 0,60.
, Pandy : 0.
a nrodte 9 Leuco : 3.
B.-W., Meinicke : négatifs.
Elixir parégorique : 00-0.
Benjoin colloïdel : 00000, 02222, 22000.
B.-.W. : positif ; Meinicke : négatif ; Kahn : ++.
Mme J..., 55 ans, entre à l'asile de Maison-Blanche, le 7 mars 1930, avec le certilicat suivant de l’hôpital Henri- Rousselle (D' Dupouy, 1€" mars 1930) : « Paralysie géné-