La rébellion de 1837-38 ou Réponse de M.C.A. Globensky à M.L.O. David [microforme]
Tel est le titre de l'ouvrage que l’auteur, M. L. O. David, annonçait sur tous les toits, qu'il faisait annoncer par ses amis, pour lequel il demandait des souscriptions et qui enfin, devait battre eu brèche le livre que j'ai publié moi-même, il y a quelques mois, sur les événements de 1837, et inütule : © La rebellion de 1837 à Saint-Eustache.”
Ce n'est que le 3 Juillet dernier, c'est-à-dire quelques jours ajrès sa publication, que j'ai appris par le journaltf La Patrie” a naissance du nouveauné, de cette grande production, Cependant ce livre était offert eu vente dès le jonr même de notre grande fête nationale, la Saint Jean Baptiste. On le vendait, m'assure-t-on, dans les corridors de l'hôtel Richelieu parrui les bibelots et objets de fantaisieet du carnaval.
uertes, voilà un auteur qui ne respecte pas beaucoup son œuvre.
Pourquoi la Patrie n’en a-t-elle pas parlé plus tôt et pourquoi les autres journaux n’en ont-ils pas fait grande mention ? C’est ce que je ne puis m'’expliquer et cette abstertion re peut donner un cachet de grand crédit à cet ouvrage.
Je me dis alors : laissons parler les journaux et
ensuite je romprai le silence s'il en est besoin ; mais ce qu'il y a d’'humiliant pour M. David, le grand écrivain, le véridique historien, c'est que personne n'en a parlé depuis. au moins au meilleur de ma connaissance, Quel soufflet !
Quand j'ai publié mon livre, je me suis empressé d'en faire parvenir un exemplaire à mon terrible adversaire, M. David,et c'était mon devoir d’en agir ainsi; mais ce monsieur n’a pas daigné suivre le même procédé de politesse, il est trop avancé pour en agir de la sorte.
Il me semblait qu'en thèse générale, il y a une règle d'étiquette qui oblige un gentilhomme à ne pus accepter sans rendre; mais M. David a cru que cet acte de courtoisie ne l’obligeait en rien, et que comme il m'avait accusé du crime odieux de figurer parmi l'aristocratie, il était tout naturel que ses grands principes de démocratie dûssent lui permettre de sauter à pieds joiuts sur les convenances. Je l’en félicite.
On m'avait bien ditet conseillé : Ne répondez pas à ce livre qui ne compte point, qui est publié depuis au-delà de deux mois, dont personne ne parle, il passera inaperçu, sans faire de bruit, etil ira mourir dans le pays des productions saus baptème. Si vous en parlez, vous allez lui faire de la réclame, vous allez allumer le feu de la discussion et vous serez abreuvé d’injures et de lieux communs, Car ce sont les seules armes que possèdent vos peu scrupuleux adversaires.
Le conseil était bon, sans doute, et quoique je n’attache que très peu d'importance à ce livre, je ne puis néanmoins tolérer ou laisser passer sous silence les grossières erreurs qu'il contient. Je sais bien que je vais ameuter contre moi la troupe de la société David, qui a même des ramifications
chez les canadiens yankees ; mais je ne crains pas plus leurs nouvelles insultes qui m’honorent que
je ne crains leur colère impuissante. Je dois parler et je parlerai, L'erreur, les fausses doctrines ne
1 triompheront pointet ne recevront les honneurs ile du triomphe que chez certains personnages que je ur ne nommerai point, car je n’ai rien à voir dans ce milieu interlope, dans ce camp ennemi.
«sé J'ai feuillete avec tristesse et bien à la hâte cette ble brochure qui, cependant, n’est pas nouvelle, puisait qu'elle n’est qu'un petit réchauffé de tant d'écrits e le que l’auteur s’est évertué à composer depuis plusieurs our années sur les jours de 1837-38, et cela afin de se faire mousser et d'acquérir de la célébrité. Il y a une réussi, je crois !.….
\ ne . S'il me fallait disséquer encore tout cet assemque blage de phrases sonores, ronflantes et habillées que de façon à faire de l'impression sur ceux qui rer aiment le faux brillant, les légendes impossibles, > ses les fausses idées, je me taillerais une tâche nou: rmet- velle, longue et pénible ; mais je ne l’entreprendrai s. Je pas de nouveau, d'autant plus que dans mon livre, dans mon supplément et dans mes lettres que j'ai 7 pas publiés, j'ai détruit tout ’échafaudage des écrits 8 de- fantaisistes et fantastiques de cet écrivain contraparle, rié, qui ne sait présenter au public que des redites il ira tantôt écornées, tantôt amplifiées.
tème. Je n'ai donc pas l'intention de faire la revue ou la ré- la critique de cette compilation d’écrits qui ont ussion déjà été jugés en haut lieu, qui renferment certai. x CoM- nement quelques faits historiques, la narration sèdent même de certains actes politiques qui se sont passés durant les premiers Jours de la domination anglaise ique je et que j'ai jugés et condamnés moi-même dans mon vre, je livre. Non, car je l’ai déjà fait et je dois ajouter | sous que s’il y à du vrai dansquelques parties du livre nt. Je de M. David, je regrette d’avoir à dire que dans ce troupe champ cultivé tant de fois par une verve ou par cations une main démocratique, les mauvaises herbes de ins pas la mauvaise foi, de l'exagération et du faux, y ont
ent que pris racine très profondément.
Je me permettrai seulernent Je faire qu lques remarques que je n'ai pas encore faites, qui ont leur raison d'être, voilà tout ; car je n'aime point à me répéter et je laisse M. David at son recueil de lettres ou d'histoires anciennes a l'appréciation des hommes instruits, désintéressés, indépendauts et qui ne sont mus que par une saine politique.
Si M. David n'eut pas répété la phrase suivante, qui coutieut autant de faussetés que delmots, je ne me serais certainement pas occupé de ses écrits déjà publiés à satiété et réédités aujow'd'hui en corps d'ouvrage ; mais je ne puis permettre que l'on porte l'audace aussi loin, sachan (que l'on ne dit pas vrai, et je vais le prouver.
A la page 228, il répète : “ M. Globenskÿ pour réhabiliter [a mémoire de son père auquel personne ne pensait, a tiré de la poussière deux écrits, etc, etc.”
Auquel personne ne pensait ! et auquel personne n’a jamais pensé sans doute !.…
Si je disais à M. David, tout ce que l'on pense de lui, il jubilerait ; mais pour le moment, je veux lui épargner cette Joie trop vive. Je me contenterai de lui poser trois questions. S'il peut en nier l’exactitude, je lui ferai amende honorable el c’est moi qui passerai pour ne pas avoir dit la vérité.
1ère Question : N'est-ce pas vous, M. David, qui, en 1879, pensiez à mon père et accusiez brutalement sa mémoire dans votre journal Le Bien Publis dans Je but d'essayer à me discréditer dans l'opinion des électeurs du comté des Deux Montagnes, et afin de les engager à ne pas m'élire leur député ?
2ième Question : — Si j'ai publié mon ouvrage pour réhabiliter (selon vous) la mémoire de mon père, n’en êtes vous pas la cause première et immédiate ?
ème Question : — Enfin niez-vous n'avoir pas pensé à mon père en 1875 ?
Oh ! homme de mauvaise foi! Vous savez le contraire de ce que vous dites ; mais dans l'espérance de tromper les badauds, les ignorants, vous faussez la vérité et après cela vous voudriez viser au titre d’historien !
Votre passion politique, vos illusions, vos chimères, vos aspirations prétentieuses et ridicules vous aveuglent, elles faussent votre jugement, votre patriotisme, Je vous l'ai déjà dit, M. David, d'autres vous l'ont dit avant moi et très souvent, vouserrez à l'aventure, vous flattez certains hommes politiques qui avalent toutes les légendes, toutes les bourdes que vous leur servez, vous les égarez et vous vous perdez totalement vous même. Que faire, vour tempérer la chaleur, la fougue de votre prose ? Rien, il faut vous laisser vos illusions et comme on vous l'a déjà dit que vous resterait-il, si l'on vous enlevait ces illusions ? Dans tous vos écrits sur 1837 vous avez raconté bien des choses, bien des cancans, vous avez fait parler beaucoup de monde, et vous savez ce qui en est resté ? Vous faites même jouer un triste rôle à Monseigneur Blanchet, rôle qui serait condamné par les autorités ecclésiastiques, si tel rôle avait eu lieu, m'ont assuré plusieurs prètres aussi distingués quevertueux.
Dans un article éditorial, dans une correspondance, je sais malheureusement que chez certains gazeliers, l’insulte et ie mensonge ont droit de cité; mais celui qui respecte sa plume et qui se fait
historien, doit-il aller jusque-là ?
M. David est-il capable de me reprocher un tel écart, un tel forfait dans la publication de mon livre ?
Dans le supplément qui lui fait suite et que j'ai été obligé de publier pour répondre aux élucubra-
tions, anx contes et aux basses insultes de M. David, me suis-je oublié comme il l'a fait luimême ?
Non content d’insulter l'un de mes déclarants, M. François Cabana, l’un des hommes les plus respectables et les plus respectés de Saint-Eustache, il revient à la charge, sachant qu'il attaque un homme qui ne peut se défendreiui-même, et il insulte par ricochet M, l abbé Guyon, qui corrobore absolument tout ce que le dit Cabana a affirmé en sa présence, en 1877, puis ensuile sous serment, en l'en 1884. en la présence d'un magistrat et de M, E. A. de Bellefeuille.
“ La narration faite par le dit François Cabana touchant les paroles, la peur et la fuite du Docteur Chénier, est d’une exactitude scrupuleuse”' dit et affirme M. l'abbé Guyon dans sa déclaration, et M. David a l’insolence de vouloir lui dire qu'il en a menti, parcequ’il enlève un peu de prestige à son héros, le Docteur Chénier, qui n’a pas fait les actes d’'héroïsme qu’il lui attribue faussement et qui n'est pas mort en jâche cependant, comme on à voulu malicieusement me le faire dire ; mais qui a été la cause de tous les malheurs qui sont venus fondre sur la paroisse de Saint Eustache. M. David et ses amis sont libres d'approuver et d'admirer ce chef coupable et rebelle, mais pour moi je ne puis que le blâmer.
Quant aux gracieusetés qu’il me décerne après avoir insulté M. Cabana et M. l'abbé Guyon, j'y suis habitué et elles m’émeuvent moins que celui qui les débite. D'ailleurs, ses insultes dirigées contre la bureaucratie qui ne me regarde pas, où il a figuré lui même ; celles qu’il s’est plû à lancer contre les prêtres et d’autres ont reçu dans mon supplément leur châtiment et elles ne méritent plus l'aumône du plus petit des sarcasmes.
M. David cite des lambeaux de paroles ou de discours qui auraient été prononcés par ses COrYy phées, entr'autres par M, Holmes, Américain de naissance et annexionniste ; mais je n'en suis nullement surpris, et ce M, Holmes n'est-il pas de l'école de M, David ? Quant à moi, je préfère l'appréciation des sommités religieuses, laïques et catholiques qui m'ont fait l'honneur d'approuver mon livre et dont quelques lettres ont été publiées dans mon supplément, comme dans les écrits qui lui ont fait suite,
M. David qui n'aime point les volontaires de 1837, se pâme cependant d'aise et courbe l'échine devant ce M. Holmes, volontaire de 1837, parceque dans un moment d'effervescence politique, son chef a lancé ses foudres et ses boulets rouges contre Île parti conservateur, M, Holmes, annexionniste er américain, n'est pas une autorité, il ne l'est que pour M. David et ses amis politiques.
En 1875, M. David m'attaquait parceque mon père avait été volontaire ; mais comment se faitil qu'à la même date, il donnait son appui généreux et patriotique à M. William Workman qui, lui aussi, avait été voiontaire avec mon père ? Pour. tant mon père, comme officier (s'ii y avait du blà me) devait agir comme tel ou était obligé ei justifiable de prendre du service, tandis que le protégé de M. David, M. Workman, n’était jas oblige de se faire volontaire. Remarquons que je ne blâme pas M. Workman, mais je veux prouver que M.
David a deux poids et deux mesures, et qu'il ne pouvait désapprouver le mal dans un lieu puisqu'il approuvait un plus grand mal dans un autre lieu.
Mon père, lui, qui avait été traqué, persécuté, menacé de mort, chassé de sa demeure comme un vil scélérat, n’avaitii pas le droit de se défendre, m'avait-il pas mème le droit légitime de se servir de ses armes comme les de Charette, les admirés,
les idoles de M. David, le firent de tout temps, et spécialement en 1791 ?
Oui, il avait ce droit et s’en est-il prévalu, cependant ?
M. David dira peut- -être que les révolutionnaires du Canada ne peuvent être comparés à ceux de la France ; mais quand les Chefs canadiens promettalent aux insurgés que toutes redevances seraient abolies et qu’ils se partageraient le bien des riches, etc., etc, était-ce bien édifiant et rassurant ? ?
Quand on persécutait, qu'on pillait, qu’on mutilait les animaux, qu’on menaçait de la prison et de la pendaison les Loyaux qui ne voulaient pas marcher avec les révolutionnaires. était-ce bien rassurant ?
Quand on prêchait la désobéissance aux lois, à l'Eglise, le mépris au clergé et que l’on envoyait une corde et des menaces à / Monseigneur Lartigue, était-ce encore bien rassurant et bien édifiant ?
Et lui, M. David, aurait voulu que mon père se croisât les bras, qu'il laissât triompher la révolte et qu'ensuile il fût fusillé comme le fut le chef vendéen de Charette en 1796 !
[l'est excellent ce M. David !
Voilà sans doute pourquoi il est l’admirateur du général de Charette ; mais badinage à part, et comme il s'est dit monarchiste lorsque ce brave et noble militaire est venu au Canada, comment peut-il prêcher l'annexion aux Etats- Unis et tant vanter les institutions américaines et républicaines ?
Il y a certainement dans sa profession de foi poritique et cosmopolite, une anomalie inexplicable, un manque d'organisation qui lui fera toujours du mal, qui le fera errer sans cesse à l'aventure. Oui, tant qu'il n’aura pas mis de trève à un tel défaut d'ensemble, à un désordre aussi étrange, il ne paurra jamais se donner comme juge
du et ave ent ant Cai-
foi era ie à ‘ève ussi uge
compétent ou s’arroger la mission de censeur qui ne convient pas plus à sa capacité qu'il ne convient à un aveugle de juger des couleurs.
Alors, il doit bien comprendre que sa critique mirobolante sur mon livre Comme ses injures tombent à plar, et qu’il le confesse donc au tribunal de la pénitence et de son pays.
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Maintenant, je dois dire un mot de la souscription de Lorimier dont M. David a été le promoteur, dont je me suis donné garde de parler jusqu’à ce jour, maïs les circonstances m’y Contraignent.
M. David s'est suspendu aux dépouilles de DeLorimier, pour après un demi-siècle, se rappeler les 46 années de malheur de son épouse !… Cette respectable dame était loin de s'attendre que, après avoir vécu dans les larmes, à la veille de mourir, on finirait par penser à son infortune !..
IL fallait bien se grouper autour de quelque chose, pour remuer les fastes de 37-38, pour faire approuver la rébellion et qui plus est, pour ‘tre goûter les mêmes idées d’annexion et de républicanisme que l’on prêchait à cette époque comme aujourd'hui.
La souscription DeLorimier n’était donc pas une œuvre philanthropique, généreusement provoquée ou entrainée par l'amour seul du malheur. Nou, DeLorimier avait écrit une belle lettre, une lettre touchante, avant de monter sur Péchafaud. On s’en est emparé comme d’une arme puissante, et ce talisman devait servir à faire mousser d’autres aspirations. Ces aspirations, nous les connaissons, elles devaient servir à des fins politiques et cachées. On voulait donner le change au peuple. On voulait que cette souscription, prétendue nationale, aidât les annexionnistes, les républicains à s’uméricaniser.