‹ La rébellion de 1837-38 ou Réponse de M.C.A. Globensky à M.L.O. David [microforme]Chapitre 5 sur 11 · CANADA · texte numérisé non relu

CANADA

Le malheur a voulu que les gouverneurs que le Bas-Canada a eus, depuis quelques années, manquaient tous d'énergie, et que la métropole a hésité à sévir contre des malfaiteurs qui, encouragés par cette fatale iudulgence, ont obtenu par la crsinte inspirée par des actes de bandits, une influence désastreuse sur une partie de la population,

Une fois les ecènes scandaleuses, qui se sont passées récemment au Bas-Canada, connues en Angleterre, elle ne tardera pe à prendre des mesures “our punir les perturbateurs de

‘ordre public. Il n’y a point au Bas-Canada de parti révolutionnaire, mais bien quelques hommes ambitieux qui, aux dépens du bien-être général, cherchent leur agrandissement personnel. A eux se sont joints tout ce que le Bas-Canada a de mauvais sujets, et quelques personnes de bonnes intentions, mais de peu de cervelle. Ceux qui ne lisent que les journaux croiraient en voyant les rapports des grandes assemblées tenues par les perturbateurs, sous l’influence de M, Papineau, que réellement il y a au Bas-Canada un parti révolutionnaire; c’est qu'ils ignorent les moyens infâmes que ces gens emploient, Ces hommes, sans foi ni loi, prêchent la liberté et emploient tout ce que la tyrannie a inventé de plus infâme pour avoir des auditeurs, et pour forcer les citcyens craintifs à paraître de leur parti.

Et après tout cela, des hommes légers qui n’ont pas lu, qui ne connaissent point l’histoire de 1837, viendront dire : M. Globensky n'a pas dit vrai, il a calomnié les patriotes, et que sais je, grand Dieu !.… Voilà comment on fait interpréter l’histoire aux ignorants et à certains hommes politiques, qui sont plus à plaindre qu’à blâmer.

D'ailleurs, et personnellement, je n'ai pas dirigé de censures acerbes contre les rebelles de 37. Je me suis contenté de citer l’histoire et de la commenter avec tous les ménagements possibles. Chénier seul a été désigné, nommé, et il le méritait.

D'un autre côté, M. David doit bien savoir que je ne devais pas aller m’inspirer à sa facon de, et

que je n'avais pas à lui demander la permission d'écrire un ouvrage qui ne lui a jamais été dédié.

Alors, que pouvait me faire à moi, qui suis l'adversaire de l'annexion aux Etats-Unis, l’opposition ou l’ire écarlate d'un écrivain contrarié, qui est loin de représenter l'opinion de la Puissance ?

[l faut qu'il y ait chez M. David une dose de prétention ineffable, pour qu’il vienne protester contre un livre qui a le seul et malheureux tort de détruire ses illusions tendrement caressées, ses histoires de fantaisie qui n’ont réellement existées que dans sa prodigieuse imaginalion.

Si M. David vise à la célébrité, qu'il écrive de l'histoire vraie et non des récits faux, absurdes et controuvés. Enfin, tant pis pour lui si, après m’avoir gauchement attaqué, J'ai été forcé de lui prouver qu’il appartenait à l’école de certains hommes condamnés au Canada.

Mais ce qu’il y a de plus corsé dans les écrits daugereux de M. David, c’est qu’il veut prouver que les principes sur lesquels il s'est étayé approuvent les révolutions, et que par contre ses compatriotes doivent les approuver ; que le petit nombre chez un peuple a le droit de se révolter contre la défence de l'autorité, du clergé et de la majorité d’un pays. Enfin, qu'il est permis à quelques révolutionnaires de tout bouleverser un pays et de provoquer les horreurs d’une guerre civile. Voilà ce que l’on peut appeler des principes avancés et de la plus belle eau.

M. David et ses amis prétendent de plus que, sans 1837, nous n’aurions »as obtenu notre gouvernement responsable.

Mais, est-ce vraiment 1837 qui a obligé l’Angleterre à nous accorder cette rélorme gouvernementale ? Je répands avec d’autres : Non. |

Le parti de 1837, le parti de la violence, le parti de la violation des lois et de la constitution at-il été le vainqueur ou le vaincu, et pouvait-il imposer Pultimatum de ses prétentions, de sa volonté ? Non.

Le parti de la révolte de 1837 pensait-il réellement alors à demander un gouvernement responsable, où ne pensait-il pas plutôt et uniquement, contre le gré du clergé et de la majorité du peuple, à établir dans ce pays une république américaine ? Oui, et tous les auteurs contemporains de cette époque s'accordent à proclamer et à prouver que les auteurs de cette audacieuse révolution, ne voulaient pas antre chose que d’implanter parmi nous des principes de républicanisme que le peuple avec le clergé repoussaient de toute leur force.

Dire que, sans 1837 nous n’aurions pas obtenu de gouvernement responsable, c’est proférer une grande erreur; car, après la rébellion, personne n'osait lever la tête. Les rebelles humiliés par leurs désastres nombreux, n'avaient rien à demander ou à exiger des vainqueurs.

Pour les punir, on leur imposa l'acte d'Union avec la dette immense du Haut-Canada qui s’'élevail à près de six millions de piastres, et on envoya de nombreuses troupes pour les maintenir dans l'ordre.

Ce n’est que cinq ans après 1837 et sous ce même acte d'Union que, à l’aide d’une politique sage, tempérée, conciliante, mais énergique et ferme, les représentants du peuple obtinrent ce gouvernemeut responsable, sans faire verser le sang de Jeurs malheureux compatriotes et sans guerre civile. D'ailleurs, j'ai traité victorieusement cette question dans mon livre et j'y réfère le lecteur.

Je me contenterai uniquement de reproduire l'epinion d’un jeune historien distingué, M. J. N. Carrier, fils d’un patriote de 37,qui, dans un ou-

vrage qu'il a publié récemment, dit : ‘ On a porté ‘“ des jugements fort contraires sur l'insurrection ‘ bas-canadienne, sur ceux qui poussèrent le peuple

à prendre les armeseten particulier sur M, Papi.

neau, Les uns ont prétendu que la prise des

armes était devenue nécessaire et que sans cela nous n’aurions rien obtenu de l'Angleterre.

D’autres, au contraire, ont soutenu qu'en per-

sistant à faire des représentations au gouverne-

ment anglais, en persévérant dans les bornes de la modération et de la légalité, nous aurions obtenu aussi bien et plus vite ce que nous demandions, savoir : La responsabilité ministérielle, un conseil legislatif électif ou du moins choisi avec plus de discernement, en un mot, la réparation des injustices dont nous avions si grandement ‘à nous plaindre.”

Si ensuite je reproduisais toutes les lettres qui m'ont été adressées par des autorités ecclésiastiques et civiles, qui condamnent la rébellion et discutent cette prétention ridicule d'attribuer les bienfaits du gouvernement responsable au mouvement de 1837, je serais trop long ; mais je terminerai cette discussion du gouvernement responsable avec le pas sage suivant, renfermé dans une lettre qu’un prêtre aussi savant que distingué, M. l’abbé Tassé, m'écrivait Le 8 de février dernier :

“ La rébellion d’une si faible portion des Cana- “diens en 37 et 38, sans préparatifs, sans armes ni ‘“ munitions, en dehors des limites du droit et du ‘“ devoir, malgré les avis de l'Eglise, accuse si ‘ fortement l’impéritie des chefs et l'aveuglement “ des partisans, qu'on ne peut que plain dre et “ blâmer les uns et les autres.

‘“ La lecture de notre histoire nous porte à croire “que, si les chefs de notre ancienne chambre “ d'assemblée, pour obtenir le redressement des “ vrais griefs, avaient, comme ceux de la chambre

sous le régime de l'union, admis la liste civile, “et lutté constamment sur le terrain constitu- “ tionnel, ils auraient réussi comme eux.

‘ Mais aller former des assemblées populaires de ‘“ comté en comté, et souffler le feu de la révolte ‘“ dans l'esprit des masses, c'était le moyen d'amener ‘une catastrophe et nullement le redressement ‘“ des griefs.”

Assez sur ce sujet et passons à un autre.

Dans les discours qui on! été prononcés lors de la fête de la S:unt-Jean-Baptiste, a-t-on proclamé 1837-38 comme les plus beau jours de la race canadienne française sur ce continent ?

Un char allégorique, des emblèmes de l'époque, ont-ils figuré dans ce grand jour de notre fête nationale ?

Non, cependant l’organisation de cette fête du 24 de juin 1884, subissait l'influence puissante d’un parti qui prône hautement ja révolte de 1837. On a été même jusqu’à dire en certains lieux que cette manifestation du 24 juin 1884, était celle du parti libéral, et que c'est la raison qui a fait refuser d'y faire figurer le drapeau de Carillon. Comment s'expliquer que les admirateurs de 1837-1538 se soient bien donné garde de trop faire allusion à ces jours malheureux? Le lecteur le comprendra avec moi, si spécialement il veut méditer les paroles suivantes, que je tire d’un discours qui à été prononcé en 1874, lors de la fète de la Saint-Jean- Baptiste, par un journaliste de renom, en réponse au toast ‘ À nos gloires nationales ” :

“ Je dis que certaines luttes sont oubliées. Par ‘exemple, ne croyez pas que les noms des victimes “ de 37 que vous lisez sur ces murs soien‘ nos em- ‘“ blèmes du jour; s'ils l’étaient, nons aurions mau- ‘“ vaise grâce à conjurer nos frères exilés de revenir “au Canada. Nous respectons ces hommes de

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“cœur, victimes de l'amour de la patrie ; mais ils “ ne sont point les modèles de notre temps, et cela, “ pour la bonne raison que nous sommes satisfaits ‘“ de l'attitude de l'Angleterre à notre égard. Nos ‘vrais modèles sont les grands parlementaires, ‘ depuis Bédard, jusqu’à Cartier—le premier entre ‘tous — qui ont su chercher et trouver le salut ‘ dans le développement régulier des libertés cons- ‘titutionnelles. 37 n’est pas une tradition. L’An- ‘* gleterre, trompée pendant quelques temps, uous a ‘rendu justice, et mainte nant le bonheur est “ notre hôte habituel. La réunion actuelle est elle- ‘ même un éclatant témoignage en faveur de nos ‘“ libres insututions.”

Mais arrivons à la fameuse conclusion du livre de M. David, afin de ne pas fatiguer le lecteur, en lui répétant ce que j'ai écrit précédemment, tant dans mon livre que dans mon supplément et mes lettres.

En parlant du Journal historique, il simule encore d'en accorder la paternité à M. Désève tandis que je lui ai prouvé par les lettres de MM. les abbés Théberge, Verreau, Tassé, Guyon et une lettre écrite en 1838 par M. l'abbé Paquin, lui-même, que ce dernier en est absolument le seul et unique auteur. Nier la vérité pour M. David, c’est péché d'habitude ou Petf:t de ‘’itiusion !

Je lui ai aussi déjà dit que la chanson qui agace tant ses nerfs n’a pas été chantée le 14 de décembre 1837 par MM. Paquin et Desèves, et M. David pourra lire dans cette même lettre. écrite par M. le Paquin en 1838 et publiée dans ‘‘ Canadien ” ce qui suit: ‘ maintenant c’est ici le lieu de rectifier ‘quelques erreurs qui se sont glissées soit eu ‘ copiant, soit en imprimant. La petite chanson a ‘été mal placée ; dans le ler mauuscrit elle était ‘ à la 1ère alarme.”

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Alors quand a-telle été donnée cette première alrme ? M. David doit le savoir ; c’est Le cinq de décembre c'est-à-dire neuf jours avant la bataille et à une date où les insurgés ne pensaient point à combattre ; mais ce monsieur soutient avec une insigne persistance le contraire et défigure malicieusement les sentiments des prêtres qui la chan. tèrent avant le 14, et qui pouvaient certainement l'entonner sans offenser l'attitude ridicule des malheureuses dupes ai ‘esaient, malgré eux et pour la forme la garde au camp des insurgés.

M. David jette ensuite la boue à pleines mains sur M. l’abbé Paquin. C'est réellement faire beaucoup d'honneur à ce prêtre aussi généreux que vertueux et aussi distingué que grand patriote. Ayant écrit dans mon livre, la biographie de M. Paquin, le lecteur pourra juger si cet apôtre vénéré méritait les éclaboussures de son immense insulteur.

M. David, qui insulte le livre de M. l'abbé Paquin, où il a puisé néanmoins à pleines mas, pour relater, mais à sa façon, la bataille de Saint- Eustache, dit qu’il n’y avait qu’une seule compagnie de volontaires, sous le commandement du capitaine Globensky, et qu'elle arriva à Saiut- Eustache avec les troupes royales.

Il ne dit pas vrai.

Il y avait d'autres compagnies de volontaires, tant dans l'infanterie que dans la cavalerie, qui suivirent, elles seules, les troupes anglaises, et M. David doit le savoir, si toutefois il prétend conpaître quelque chose sur les gens de troupes qui ont pris part à cette bataille.

La compagnie de mon père, comme je l'ai expliqué dans mon livre et comme M. Paquiu l'a aussi narré, ne marchait point avec l’armée anglaise. Elle est partie seule du village de Saint-Martin et

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elle est arrivée seule en face du village de Saint- Eustache, par une toute autre route. Plusieurs familles de Saint-Eustache, chassées par les rebelles, la suivaient de loin, afin de se faire protéger et afin de pouvoir rentrer dans leurs foyers.

Oui, il y avait pius qu’une compagnie de volontaires dans l’armée royale ; mais M. David, le véridique historien, a la méchanseté d'essayer à faire planer sur les volontaires de Saint-Eustache (qui ont rendu de grands services, même aux rebelles, leurs persécuteurs) les quelques réprésailles qui ont pu être commises, soit par les troupes,soit par les volontaires, soit par les loyaux reveñus dans leurs demeures envahies, et saccagées par les insurgés, et qui auraient pu tirer vengeance des déprédations ou des persécutions odieuses exercées contre eux.

Je prie le lecteur de lire mon livre et Ia brochure qui lui a fait suite. Il y verra ce qu’a été véritablement la compagnie des volontaires de mon ière, avant, durant et après la bataille, et il se convaincra que M. David a voulu dégumser la vérité, afin de me donner queiques coups de boutoir. Comme c'est grand, cormine c'est noble et comme c’est honnête !

Afin de faire connaître ce qu'est M. David et ce que sont ses récits imaginaires et crntrouvés, je p'ie le lecteur de lire les pages 50, 149 et 150 de son livre ‘ Les patriotes de 1837-1838” où l’auteur donne un libre cours à son essor, à sa prodigieuse imagination et où il fait et raconte des récits divers sur la mort du Dr Chénier, et où il n’y a pas deux de ses racontages qui se ressemblent.

À la page 50, il dit un peu la vérité, mais il y a force amplification et exagéretion.

A la page 149, il fait parler un insurgé, l'Ours Blanc, un intéressé, un insurgé qui est mort depuis longtemps, qui n’a jamais laissé ou donné de décla-

ration écrite, et il lui fait dire par des faiseurs d'histoires de bas étage, ce qui n’a jamais été fait.

A la page 150, c'est La tradition ou plutôt le bavardage qu'il fait parler, et il débite une infinité de mensonges odieux qui ont élé colportés par les rues à propos de la prétendue mautilation du corps an Dr Chénier. Je m'étoune qu'il ait oublié les récits du bonhomme Payriard, de son scieur de bois, de cet habile faiseur de scies / Oui, je m'étonne que M. David n'ait pas réédité ce qu’il publiait à son de trompe, le 14 de février 1878, dans le journal l’Opinion Publique, c'est-à-dire tant de contes à faire dormir debout que le vieux Payriard, le vieux farceur à fait avaler lestement à certains badauds qui sont habitués à gober tout ce qu’on leur chante.

Pourtant, j'ai bien prouvé l'atrocité d’une telle calomnie, tant dans mon livre que dans mon supplément, par des documents authentiques et les déclarations d'hommes honorables, absolument désintéressés ; mais mon méchant adversaire tient aux cancans des hommes de peu ou de rien, et il connait la fameuse maxime de Voltaire : mentons, mentons toujours, il en restera peut être queique chose ! Oh ! c’est un grand historien que cet immense et naïf raconteur !

A propos des dépouilles du Dr Chénier, je dois reproduire ici une partie de la réfutation que J'ai publiée en mai dernier, en réponse à une lettre écrite ou plutôt siguée par la veuve du Dr Chénier. Que l’on veuille bien lire ce qui suit, c’est madame Chénier, aujourd’hui madame Desrochers, qui parle en premier lieu :

“ J'ai vu le docteur et j’ai eu un entretien avec lui quel- ‘ques instants avant le combat. Je n’ai pas pu le voir ‘après le combat. Je n’ai appris sa mort que le lendemain ‘“* matin; ma mère est venue me l’annoncer et me dire ‘“ qu’il n’y avait pas moyen de l’avoir dans le moment; que # M. Laviolette, mon beau-père, allait sur veiller cela; il

e pu

“ n’a pu avoir la permission de Colborne que le troisième “ jour après sa mort, avec ordre de l’enterrer dans ia nuit. ‘“ Il a été enseveli dans un drap sans cercueil. M. Laviolette ‘et deux hommes ont pu l’enterrer sans que personne en ‘ait eu connaissance. Vous comprenez bien que je n'étais ‘pas disposée à le laisser enterrer comme cela.

‘“ Au commencement de mars, j'ai prié mon beau-père ‘“ de vouloir bien m’accompagner au cimetière, vu que je ‘faisais exhumer le docteur. Je voulais le faire enterrer “ d’une manière plus convenable; nous nous y sommes “rendus ; je l’ai fait transporter chez moi; je lui ai décou- ‘vert le visage; il était absolument le même; le nez seul “était un peu écrasé par la terre.

“ J'aurais voulu continuer ‘à le faire ensevelir sous mes ‘ veux, afin de voir s’il avait été maltraité; étant bien ‘jeune et bien faible, mes forces et mon courage ont ‘“ manqué ; ils ont été obligés de me transporter dans un ‘autre appartement. J’ai donné ordre de continuer de “ l’ensevelir. M. Laviolette était présont. Quand tout a été ‘ fini, je suis allé le voir, et voyant qu’il était bien, nous ‘sommes allés l’enter rer.”

Que dit le Dr J. Farnden, le chirurgien du régiment, qui a fait l’autopsie et qui réduit en poussière tous les mensonges atroces qui ont été débités à propos de ja profanation supposée du corps du Dr Chénier ? Il dit à .4 fin de sa déclaration: “ Ensuite, je suggérai à un curé présent combien il serait convenable de l’enterrer.” |

Que dit le Dr James Bowie, chargé de l'hôpital et des dépouilles du Dr Chénier ? “ As soon as possible we notified his friends asking them to take away the body, but 80 great was the panic which existed that for more than two days, I think, no one would acknowledge any ‘connection with the deceased. At last, J. B. Laviolette, I tnink, it was, came and took the body and had it interred.”

M. l'abbé Paquin, dans son ouvrage historique comme dans ses mémoires autographes et inédits, ne dit-il pas que le corps du Dr Chénier, porté à l’auberge Addison, fut ouvert par les chirursiens, pour s'assurer de la cause de sa mort, qu’il est faux que ses restes aient été mutilés et que les choses furent faites avec décence, etc., etc.?

Maints déclarants ne prouvent-ils pas la même chose ?

Alors, puisque ce sont les parents ou les amis de Mme Chénier qui ont été prié: d'enlever et qui ont enlevé le Dei de son mari, pourquoi ne l’ont-ils pas enterré convenablement, comme le suggéraient les Drs Farnden et Bowie ?

Pourquoi cette Mme Desrockers a-t-elle, elle-même, attendue jusqu’au commencement du mois de mars sui vant, c’est-à-dire trois mois, pour le faire exhumer puisqu'elle le savait 8sns cercueil?

Les reproches sont donc injustes et ils tombent à plat de bien haut !...

Cette Mme Desrochers dit que Sir John Colborne n’a voulu donner la permission d’enterrer son mari que trois jours après sa mort.

Quoique cette allégation soit gratuite et de bien peu d’importance, elle pèche néanmoins ; car sir John n'était pas alors à Saint-Eustache, et il n’avait rien à faire dans cette question d’absolu et petit détail Les autorités militaires laissées à Saint-Eustache par Son Excellence, avaient seules 1e droit de décider ou d’ordonner, et puisque le chirurgien du régiment des Royaux disait ‘“ combien il serait désirab'e de l’enterrer,” il ne tenait donc qu'aux proches du défunt de faire respecter le cérémonial des convenances et de rigueur.

Bref, il est douc prouvé que le corps du Dr Chénier a été livré à ses amis, à son épouse et s’il n’a pas été traité convenablement, à qui la faute ?

Alors que l’on ne vienne donc pas insinuer faussement que les autorités auraient été la cause de cet enterrement indécent. Oh! si les autorités militaires eussent jeté le corps du défunt, du chef, dans un treu et sans cercueil, c’est alors qu'elles auraient étévouées à toutes les gémonies et couvertes d’opprobre!..……

Mais une chose qui me frappe est celle-ci: Comment se fait-il que cette dame Desrochers, qui a fait transporter le corps de son mari rhez elle, qui lui a découvert le visage et qui l’a fait ensevelir sous son toit, ne confirme point le témoignage des fous menteurs qui font mutiler et profaner les restes du Dr Chénier ? On n’y a pas pensé saus doute!

Comment se fait-11 aussi que cette dame Desrochers, que l’on fait intervenir après 47 années d’un drame sanglant, ne soit pas intervenue en 1838, pour protester cont'e le livre historique de M. l'abbé Paquin? Parce qu’elle ne l’eût pas osé alors et qu’on le peut impuaément aujourd’hui, devant une nou génération qui ignore ce qu’a été véritablement 1837.

On fait dire ensuite à cette dame Desrochers que son mari était doux, paisible, affable et bien populaire.

Je regrette d’avoir à dire que M. l’abbé Faquin aftirme absolument le contraire, et je réfère le lecteur à son ou-

vrage historique comme à ses mémoires autographes, où il fait le véritable portrait du Dr Chénier; mais d’un autre côté, je louange l'épouse qui défend et élève les mérites vrais ou supposés de son époux.

Quant aux gracieusetés que l’on fait dire à cette dame Desrochers sur mon compte, je les lui pardonne de grand cœur, car elles ne peuvent me blesser. Et quand elle saura qui je suis et que j'ai été obligé de défendre la mémoire de mon père injustement et honteusement attaqnée en 1875, elle regrettera ses excès de langage et d’expressions qu’on lui a fait débiter, et qui ne peuvent sortir de la bouche d’une dame de bonng extraction.

Que cette dame Desrochers veuille bien me permettre de lui rappeler que si j'ai fait dans mon livre la biographie du Dr Chénier, je la termine par les deux alinéas qui suivent. Ces quelques mots lui feront voir, ainsi qu'à mes insulteurs de bas étage, que si j'ai blimé le Dr Chénier, pour avoir été la cause de tous les malheurs qu’il a attirés sur la malheureuse paroisse de Saint-Eustache, je n’ai pas insulté 8a mémoire à l'instar de ceux qui ont insulté celle de mon excellent père, d’an père qui a pourtant fait ses preuves comme gentilhomme et comme soldat.

Voici comment je termine cette biographie du Dr Chénier :

“ Ne troublons pas les cendres d’un homme qui, sans ‘“ doute, était embrasé par le feu du patriotisme ou par un ‘attachement indomptable à ses convictions.

“ Et, partisans comme adversaires, respectons la mé- ‘“ moire d’un malheureux qui, victime de la position qu’il “ s'était faite, est tombé sur un champ de bataille. Celui ‘qui reçoit pour quelque cause que ce soit la palme du “ martyre, a droit au respect de tous.”

N'est-ce pas que ce langage ext plus digne que celui que l’on a mis dans la bouche de cette madame Desrochers ? Enfin, je défie qui que ce soit d’accuser mon livre d’une seule insulte à l’adresse de ceux qui y figurent. J’ai parlé comme historien, j'ai narré la vérité historique, c'était mon devoir et mon droit.

Un homme célèbre dit : ‘* Le fondement de l’histoire est la vérité et ce n’est pas la rapporter fidèlement que d’en supprimer une partie... C’est une espèce de mensonge que de ne dire la vérité qu’à demi. Personne n’est obligé d'écrire l’histoire, mais quiconque l’entreprend s'engage à dire la vérité toute entière.”

Mais que l’on sache, cepeudant, que j'ai écrit l’histoire

Léa

de 1837 avec ménagement, avec la plus grande délicatesse, et 81 j'ai cité les appréciations sévères des contemporains de l’époque, c'est que l'on m'y a forcé et pourtant, moi, je me suis retenu dans les bornes d’une réserve et d’un mutisme absolus à l'égard de certains hommes Oh ! si j'avais voulu parler, que d’accusations blessantes n’aurais-je pas pu porter et prouver! Mais mes adversaires ne m'’en ont pas même tenu compte !...…

Une fois pour toutes, qw’il soit bien entendu que je ne répondrai pas aux grossieres et inqualifiables insultes que mes Aombreux et vaillants adversaires pourraient déverser sur moi, sur le clergé et tous ceux qui ont approuvé ion livre. Ils penventessayer à m'éclabousser, mais ils n’y réussiront point.

M. David connaït-il la mission, le devoir G’un historien ? Ne sait-il pas qu'entre l'historien et l'écrivain d'uue gazette, il n'y a pas de ressemblance frappante ? Ne saït-il pas que l'historien ne doit écrire que l’histoire vraie, authentique et nor des histoires glanées sur la voie publique. Ne sait-il pas qu’il ne faut pas être battu par les passions politiques, par des aspirations déréglées ?

Bibaud, Garneau et autres se sont-ils rendus coucables de telles erreurs, de telles faiblesses ? Non, tous les hommes instruits et honnêtes nous disent que : “l’écrivain partial (comme M. David) s’étendra sur les faits qui lui plairont et taira les autres, ou les noiera dans des déclamations ou des divagations hors de propos, comme pour jeter de la poudre aux yeux de ses lecteurs. Il faut se prémunir contre l’esprit de parti et de vengeance. La jeune génération en lisant de tels auteurs n’y pourrait guère puiser que des idées erronées, des opinions exagérées, une éducauon politique déplorable. L'historien ne doit pas écrire avec violence, avec malveillance et ne doit pas se livrer à des personnalités inutiles et étrangères à l'instruction que l'on doit au public.”

Tous ceux qui ont lu mon livre, m'ont félicité

GI

sur le ton de modération avec lequel je l'ai écrit, En etfet j'ai eu la prudence et la sagesse de faire taire mes sentiments froissés et de n’'offenser qui que ce soit, J’ai été un peu sévère à l'égard du docteur Chénier, qui le méritait comme je l'ai déjà exprimé dans mon livre et mes lettres, mais je me suis bien denné garde d’insulter sa mémoire. M David peut-il en dire autant, et peut-il se glorifier de ne pas avoir insulté la mémoire de mon père, l'origine de ma famille qui vaut certes bien celle de tous les David passés et présents.

Peut-il aussi se glorifier d’avoir respecté les mandements des évêques, les lettres des sommités religieuses et laïques ? Pauvre historien, coinme il est condamné par les chefs de 1837-38, qui ont con damné la rébellion avaut de mourir, il trépigne, il enrage et va jusqu à dire qu'ils avaient le droit de mentir avant de comparaître devant Dieu ! Voilà certes de la doctrine orthodoxe, élastique et bien libérale !,...,,

M. David en terminant son livre dit à tous ceux qui désapprouvent la rébellion qu’ils ne savent ce qu'ils font. C'est raide, c'est fort tendu mais non pour la Corde d’un annexionniste, d’un démocrate. Si je disais à M. David qu'il faut être propre à tout et propre à rien pour écrire de telles insanités, 11 ne serait peut-être pas content. Cependant, il n'aurait pas volé le complirient, car insuller des hommes aussi instruits que hauts placés dans l'Eglise et dans l'Etat, qui ont approuvé mon livre, c’est pous-

Que M. David soit approuvé, louangé même par certains hommes qui sont allés se faire inoculer aux Etats-Unis le virus républicain, qui sont les agents, les interprètes des yankees, des propagateurs de l'annexion, tout cela est naturel, même connu et bien compris.

Mais M. David flanqué de ces hommes qui re-

présentent une école comme il en existait une sem. blable en 1837, ne se nomme point légion. Non, elle n'est pas même une toute petite puissance à laquelie on doit attacher la plus légère attention.

La légitimité, la vitalité, les sentim :nts nationaux reposent dans l’autorité de l'Eglise, de l'Etat et je défie M. David de citer nn seul homme haut place, spécialement dans la hiérarchie ecclésiastique qui approuve ses écrits annexionnistes, révolutionnares et républicains.

Quant à moi, pour avoir combattu de tels sentiments, de telles aspirations, j'ai été insulté par M. David, par ses grands amis, et je dois m'en moquer, J'ai pour moi l'immense satisfaction d'avoir été approuvé et louangé dans la publication de mon livre, non seule ment par le haut clergé et tout le clergé, mais aussi par les hommes les plus haut placés dans l'échelle sociale comme par ceux qui représentent le sol,la stabilité et le respect des lois.

Cependant, comme Je suis en cause plus que jamais et puisque je suis traduit par M. David, non au ban de l'opinion publique qui n’a jamais pris au sérieux mon agresseur, Mais à Celui de certains hommes avec lesquels je ne marche point, je veux bien rappeler au lecteur les accusations nouvelles, les plus saillantes que ce M. David a bien voulu porter contre moi, afin qu'elles soient consignées dans la nouvelle brochure que je vais publier à l’aide des présentes et qui apportera le complément à mon livre.

Je me réserve en même temps le privilège d'établir le dégré de différence qui existe entre l’accusateur et l'accusé. Le publie jugera ensuite et dira quel est celui de nous deux qui reflète les sentiments véritab es tant du clergé que de la population saine, paisible et loyale du Dominion.

Commençons la kyrielle ennuyeuse de ce plat nouveau d'accusations, que je veux insérer dans ma brochure, afin que durant et après ma vie, l'on sache distinguer l'erreur d'avec la vérité,

Ce qui m'a le plus vexé, c'est que mon avcusateur a malicieusement insinué que l'on m'avait aidé à corriger mon livre, et que j'étais uu bureaucrate.

Voici ma réponse à ces deux accusations mensongères.

Le lecteur qui a suivi avec attention et impartialité la discussioa que M. L.O. David a soulevée, à propos de mon ouvrage sur les événements de 1837, a dû se convaincre que mon adversaire a été d’une faiblesse lamentable, tandis que j'ai soutenu non-seulement l'importance comme l'authenticité des faits historiques relatés dans mon livre, mais j'ai renversé de fond en comble tous les écrits et attaques frivoles de mon

contradicteur qui, parfois, ont frisé plus que la hardiesse excessive, 7» Sn us

Ma réplique victorieuse {fes lettres, mandements et docu-

ments importants qui l’accompagnent, émanês de la plume des sommités religieuses et laiques, auraient dû détruire, il me semble, les illusions de M. David ; mais bors des illusions, point de salut pour M. le visionnaire.

Il &*en prend à tout le monde. Son esprit est en pleine villéiature, Lane d’estoc et de taille Monseigneur Lartigue, e clergé et M. J, C. Taché sont les points de mire sur lesquels

il tire à boulets rouges ; mais heureusement qu'il ne sait tirer qu’à poudre et que son pistolet fait toujours long feu !...

Furieux de voir que mon ouvrage est approuvé par les premiers historiens du pays, il enrage, il insulte M, Tache, ce savant qui a été fait chevalier de la Légion d'Honneur, cet ami du clergé et de son pays, ce gentilhomme aussi parfait que considéré, et il le traîte de momie égyptienne. Quel luxe d’argumentation ! Quel savoir-vivre ! ... De telles eclaboussures p’atteignent point!.... Je souhaite cependant à M. David, ce bel Adonis, de se débarrasser de sa pelure, tant au

hysique qu’au moral, puis de se revêtir de l’enveloppe de M. Taché et il subira une métamorphose qui ne nuira point à eon immense individu.

M. David en veut en sus aux bureaucrates et il me donne comme le champion de la bureaucratie. Il faut être bien à bout d'arguments ou vouloir courir la prétentaine, pour sauter sur une telle corde qui ne me regarde en aucune mauière,

M. David v’a pas le droit de me décerner le nom de bureaucrate, pas plus à moi qu'à ma famille, car je ne connais pas un seul Globensky, qui ait figuré alors, c’est-à-dire en 1837, daus les bureaux du gouvernement comme employé.

Conséquemment, nul de mes proches n’a pu être influencé par les faveurs qui ont un si puissant ascendant sur les consciences élastiques. M, David, seul, a droit à ce titre de bureaucrate, puisque, naguère, il a été l'employé du gouvernement. D'ailleurs, le titre de bureaucrate n’est pas une tache, et si je nommais les Taché, les Sulte, les Garnenu, les D:Celles, les Duun et tant d’autres qui prêtent leurs talents aux gouvernements, je crois qu’il y en a plusieurs qui sortiraient de leur sphère pour entrer dans celle de ces hommes distingués.

Ma famille, en 1837 comme en 1838, marchait avec le parti constitutionnel, avec le clergé, avec la très grande majorité du pays qui tous répudiaient des révolutionnaires ineptes, l'établissement en ce pays d’une république anti-canadienne et anti-nationale.

‘ Sans leur opposition (des prêtres et des bureaucrates) les patriotes auraient peut-être réussi, ajoute M. David.

Mais qu’il lise donc mon livre, et il y verra, à quoi ils raient réussil.... A nous noyer, nous Canadiens-français, au milieu de la nation américaine qui véritablement n’est pas une nation homogène et de race, mais bien une multitude com pôsée de tous les peuples. Notre langue, nos traditions françaises, enun mot tout aurait été prdue. Et voilà pourquoi, les bureaucrates ou plutôt les constitutionnels avec les prêtres de ce temps, comme les désigne M. David, n’ont pas voulu laisser perpétrer un tel acte de trahison, et avec M. David je dirai: Sans leur opposition les patriotes auraient peut-être réussi à couronner cet acte anti-patriotique.

Ce monsieur qui est mécontent du résultat de la discussion qu’il a soulevée sur les événements de 1537, veut se venger coûte que coûte. Il a déjà insinué. me dit-on, et il insinue encore malicieusement, dans sa Tribune du 19 d’avril courant que M. Oscar Dunn aurait été prié par moi, de revoir ou de corriger le livre que J'ai publié sur la rébellion de 1837,

Voilà, certes, un avancé nouveau qui peut servir de pendant aux gracieusetés de,haut ton de M. David.

Ce monsieur devrait être le dernier à répandre une telle calomnie.

Lui, auquel jai adressé maints écrits, tant pour la Tribune que pour d’autres journaux, sait, si j'écris moi-même mes Cor- PL ou si je suis assez vil, pour aller quêter la plume d'autrui,

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Comme personne n’est juge dans sa propre cause, j’ai prié M. Oscar Dunn, mon parent, à l'instar de tant d’autres qui soumettent des écrits importants à un arbitre compétent, de vouloir bien juger mon ouvrage qui n’était pas une publication ordinaire ; mais jamais je ne l’ai prié d’en corriger la teneur ou la forme, et je jure sur l’honneur qu’il n’a jamais perpétré pour moi un acte qui ne m’eut pas honoré,

Je l'ai déjà avoué et très souvent : je n’ai jamais eu la prétention de viser au titre d'écrivain et je préfère avoir moins de style et conserver mon titre de gentilhomme. Enfin, je ne suis pas comme M. David qui «exprime toujours de façon à faire croire que, la forme doit l'emporter sur le fond.

D'ailleurs, si l’on veut bien ouvrir mon livre à la page 292, en lira ce qui suit :

“ Avant de terminer mon ouvrage, je répéterai bien volon- “ tiers que la partie littéraire laisse à désirer et qu’elle prète “ le flanc à la critique.

‘ Néanmoins, j'espère que les écrivains m’accorderont leur ‘“ bienveillante induigence, sachant que celui qui n’a pas le ‘ talent et la prétention d'écrire, mais qui se fait auteur “ uniquement pour défendre la mémoire vénérée d’un père, ‘“ n’a guère d’aise à écrire avec élégance une langue aussi belle ‘€ et aussi diflicile que la langue française.”

Monsieur l'abbé Guyon, qui, six ans avant la publication de mon ouvrage, a In attentivement tout mon manuscrit, indigné d’apprendre que l’on faisait courir les bruits que M. Dunn y avait mis la main, me conseilla et tout dernièrement de démentir cet ignoble mensonge. Et si on avait l’audace de soutenir une telle calomnie, je publieruis son témoignage ainsi que celui d’autres qui prouveront que mon livre publié est le véritable mot à mot de mon manuscrit, sauf quelques retranchements que M. Dunn m’a conseillé de faire; mais qui, d’après moi, n’auraient pas dû l’être cependant.

Mon livre ‘ La rébellion de 1837 ” ne brille point par le style, je le sais, mais il m’appartient et je défie qui que ce soit de venir dire ou prouver que M. Dunn ou un écrivain quelconque m’aurait fait l’aumône de son savoir ou de son aide, D'ailleurs la plume élégante et distinguée de M. Dunn n’est pas la mienne, et ilert facile de constater que ce monsieur n’est pour rien dans mon ouvrage.

M David, le grand écrivain, qui me charge à mitraille et de sottises, mais qui bourre ses armes déloyales de calomnie, croit-il, lui, qu’il n’aurait pas eu besoin de faire revoir et juger ses lettres? Oui, et s’il l’eût fait,'il n’eut pas écrit à l’aventure et il se fût épargné l’humiliation de se prendre à ses propres erreurs... D

Far Par un

Jumais je le répète, je n’ai eu la bassesee d'aller mencier la plume de mon voisin, pour écrire les nombreuses correspondances que j'ai publiées, sur divers sujets, dans les journaux de cette province.

Je mets au défi qui que.ce soit, de venir dire que parmi les écritsque Jai publiés : érer un seul iot4,

uue seule phrase ne m’appartiendrait pas, En voici la liste :

Ma ‘ Causerie Agricole” publiée dans le Nord, en Juillet 1864, formant 5 numéros.

Ma ‘ Correspondance” sur la fondation du journal Le Nord, publiée en 18€ :.

+ Pouvoir de la chaux ”, publié en 1865.

& Culture du lin”, publié en 1861, formant trois numéros du Nord.

Neuf longues correspondances publiées dans les jonrnaux de Montréal, en 1868 et 1869, sur le chemin de fer du Nord,

Adresse présentée à Monseigneur Fabre, le 15 Septembre 1873, publiée dans le Monde.

Mes lettres d'Europe, envoyées à M. l'abbé Guyon, publiées en 1873.

Je passe une polémique publiée en 1873.

* Bleu, Rouge, Blanc ” écrit, publié en 1874 dans l’Opinion Publique, qui m’a entrainé à repondre longuement au rédacteur du National.

“ Le gouvernement fédéral” publié en 185, dans le Monde.

Trois autres lettres, publiées en 1875 sur divers sujets, entr’. autres air 1837 dans le Monde et la Minerve.

‘ Catholicisme et protestantisme” publié, en 1876, dans la Minerve,

Plusieurs lettres publiées en 1876, dans la Minerve sur ma résignation aux Communes.

Mes longues et nombreuses lettres, sur la banque Jacques- Cartier, publiées en 1877 dans la Minerve.

Adresse à Lord Dufferin, présentée à Sainte-Therèse et publiée en 1878, dans le Monde.

D'autres, publiées en 1878, sur Pie IX et sur d’autres sujets.

* Tracé par Terrebonne ” publié en 1878, dans le National.

‘ Méditations politiques ?’ formant deux numéros assez volumineux, écrit publié en 1878 dans le National.

“ Seul moyen d’apaiser, etc,” publié en 1878 dans le National.

‘ Tracé par Terrebonne ” publié en 1878, dans le National. Passe d'armes avec le Monde, en 1878.

‘ Inconstance du Peuple” publié en 1878, dans le Nationul.

Cinq autres correspondances, sur divers sujets, publiées en 1878?

“ Adresse au Marquis de Lorne et à Son Altesse Royale ? publiée en 1878, dans le National.

Le Héros de Chateauguay ” plusieurs lettres à propos de son monument, publiées en 1879.

‘ Encourageons le talent ?” deux numéres, pub'iées en 1879 dans la Patrie.

‘ Rendre à César ce qui appartient à César,” publié eu 1879 dans la Patrie.

Discussion avec le Monde, en 1879.

‘ Coalition et le seus véritable de ce mot” publié en 1879 dans la Patrie.

‘ Courte dissertation sur l’union législative, lAnnexion, l'Indépendance et la Royauté.” Cet écrit assez accentué, a été presenté aux lecteurs de l’Opinion Publique, par M. L. O. David, alors qu’il en était le rédacteur ; cet ecrit y fut publié en janvier 1880.

Plusieurs lettres, publiées en 1880, sur divers Sujets, entr’autres eur le chemin de fer, sur l’embranchement de Saint Eustache, sur Saint-Eustache et ses avantages, etc., etc, etc.

Adresse présentée à l'honorable Chapleau et aux délégués françiis, en visite à Saiut-Eustache, en l’année 1880. M, David en était.

“L'Union, etc., etc." publié, en 1830, dans la Tribune.

Pas d'union ! Pas de coalition ” publie dans le Monde, en

M. David complimente ces deux derniers écrits dans la Zribune du 14 mai 1881, et 1] ‘ermine par l’alinéa suivant :

‘ Nous le remercious (M. Globensky) de ses bonnes paroles ‘ à notre égard et nous le prions de croire que les éloges d’un ‘“ homme comme lui sont une compensation pour les injures ‘que nous avons essuyées pour avoir voulu exprimer des ‘ idées qui ne font, pourtant de mal à personne,”

Que les temps sont changés ! Mais je dois admettre, en effet, que M. David ne devait pas me connaître alors ; car il n'eut jamais dit : M. Globensky est bien connu par son patriotisme, son indépendance et sa respectabilité.??

‘ Le Conse:l Législatif et La Minerve ecrit qui m’a suscité l'honneur d’avoir pour contradicteur le rédacteur en chef de La Minerve, auquel j’ai été obligé de répondre par trois lon-

ues réponses sur le cens d’élinibilité. Ces lettres ont été puliées dans La Minerve en 1881.

‘ L'union,” écrit publié dans la Patrie, en 1881.

Plusieurs autres lettres, sur divers sujets, publiées dans la Patrie, en l’année 1881.

‘ Français et Canadiens-Français,” pubiiés dans la Putrie, en 1881.

‘ Union ” publié en 1881, dans la Patrie,

“ Lettre sur la culture améliorée ” publiée en janvier 1882, et offerte en prime et daus un supplément, par le journal Le Nord à ses abonnés.

Plusieurs lettres sur le chemin de fer. publiées en 1882.

“ L’esprit de parti et son école ” publié en 1882, dans la Tribune.

‘ Quaiification foncière et suffrage univer-el ” publié en

‘ Abstention ” écrit publié en 1882, dans la Tribune.

‘ Fruit d’une politique de parti ?” publié en 1882, dans la Patrie.

‘ Les derniers sont les premiers ” publié en 1882, dans la Patrie.

“ Le jour de l’An ” publié dans la Patrie, à la fin de décembre 1882.

‘ Le conseil Législatif, etc, etc ” publié en 1882, dans la Patrie.

‘“ Les agioteurs et le XIX siècle ” publié le 30 décembre 1882, dans la Patrie, “ins1 que quelques autres lettres.

Sur l'Union lettre publiée, en 1883, dans la Gazette de Sorel.

‘“ La discorde, le déuigrement, le scandal et pas d'union ” publié, en 1583, dans lu Gazette de Sorel; ainsi qu’un autre écrit publié an peu plus tard dans le même journal.

Comté des Deux-Montagnes ” pour refuser la candidature, publiée le 28 novembre 1883, dans la Patrie.

L’accident de chemin de fer à Saint-Martin” publié en

Puis mon livre ‘ La rébellion de 1837 à Saint-Eustache ” ainsi que des lettres à l’adresse de M. David, publiées en 1884.

Dans les écrits que je viens de signaler plus haut, peut-on dire ou supposer qu’un écrivain complaisant m'aurait aidé à les rédiger où à les corriger ? Non je le nie emphatiquement et sur l’honneur.

Dans ma réplique à M. David, qui a paru sous forme de supplément de la Minerve, on m’a aidé, non à corriger la plus grande partie de ce que j'ai écrit et rédigé moi seul; mais on m’a aidé à mettre de l’ordre dans mes nombreux manuscrits et à supprimer une longue revue que je faisais de la critique de M. David, qui n’aurait pu entrer dans le cadre trop restreint d’un supplément. Enfin j'ai cru devoir permettre qu’on en fasse une analyse, De plus, je dois ajouter que tou 1 les documents qui figurent dans ce supplément de la JAfinerve, sont le fruit de mes recherches et de mon seul travail. Le fait

seul que je suis allé à la Minerve pour y porter 1? à 15 articles bien comptés par un des employés à la typographie et que je voulais publier deux ou trois jours avant la dernière lettre de M. David, prouve que je n’ai pas la iriste habitude de faire tenir ma plume par un autre.

Je dois avouer que j'ai différé d'opinion avec M. Dunn sur certaines questions que j'ai developpées dans mon livre, spécialement eur le vote des subsides, (Certains députés de l’ancienne Chambre exigeaient que ces subsides fussent votés i{em par tem, tandis que d’autres voulaient qu’ils fussent votés chapitre par chapitre, et j’approuvais ces derniers spécialement parce que la constitution ne le permettait point et qu’il fallait qu’elle fût amendée.

Je dois aussi avouer qu’à la page 54 de mon livre, cinq lignes du second alinéa ont été rédigées par M. Dunn, parce qu’il me conseillait de ne pas prendre la responsabilité de certaines appréciations de M. Paquin ; mais je me refusai d’admettre tout ce que contenait cet alinéa et j’en rédigeai la dernière phrase,

A part ces quelques futilités d’aide ou de suggestion, je n’ai aucune souveuance que M. Dunn aurait collaboré pour moi ou aurait corrigé mon livre.

D'ailleurs mon style et mes notions littéraires, quels qu’ils soient, sont assez connus, puisque je ne puis rien écrire et conserver l’incognito. Alors, l’on ne doit donc pas confondre ma

lume avec celle de M. Dunn qui emporte et de beaucoup eur a mienne. Cependant je suis fizr de la méprise et je n’aurais jamais cru que l’on aurait pu me faire une telle réclame.

Dans la présente lettre que j'écris à ’épouvante et qui ne brille point par le style, je le sais, va-t-on dire que M. Duun ou un autre m'a aidé à la rédiger ?

Si je n’ai pas l'habitude de trier mes mots et d'éplucher mes phrases, que l’on ait donc au moins la pudeur de ne pas me classer parmi les misérables plagiaires qui s’approprient les ouvrages et les labeurs j’autrui.

Et d’ailleurs, M. David le sait aussi bien que tous ceux qui me connaissent, que je n’ai jamais été un tel misérable, Grand Dieu ! ce monsieur m’a causé assez d’ennui, de travail et de recherches, sans qu’il vienne me faire une telle injure ! Et pour lui prouver que je suis moins violent et moins rancunier qu’il semble vouloir le faire croire, je lui pardonne ses violences de langage, ses écarts regrettables ; car enfin, il faut pardonner à celui qui s’est trompé et qui, sans réflexion, g’onblie et se met hors du droit chemin.

En terminant cette lettre déjà assez longue, je dois ajouter que si M. David avait été assez sage, pour reconnaître tous

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ges torte et s’il n'avait pas essayé à répliquer avec autant d’aigreur, d’insolence et de mauvaise foi, Je l’aurais pris en pitié et je ne serais pas sorti de ma réserve ; mais son attitude olympienne et ridicule, m’a forcé à le faire sortir de ses gonds,

Après avoir réduit en poussière les deux accusatious insignifiantes qui précèdent, je vais citer les autres accusations formulées par mon charmant adversaire,

6 M, Globensky est un Prussien ; il a eu tort d'écrire uu hvre; enfin, c’est un royaliste, un arisocrate et sa prose est naunséabonle.”

Que l’on veuille bien lire ma réponse à cette bordée ridicule : ce

M. David est tombé de fièvre en chaud mal. Après avoir ; insulté Mgr. Lartigue, les prêtres, M. Taché et tous ceux qui ont approuvé mon livre, il cherche à trouver un déri- CI vatif à sa déconvenue, en essayant à jeter sur moi le trop plein de sa bile, de son venin. Il est chaviré par le chagrin, et tout cela parce que je l’ai obligé de dire adieu à ses songes, à ses rêves.

Je suis un Prussien, un bureaucrate, un aristocrate, et que sais-je, Grand Dieu! Il n’y a que mon titre de Polonais qu’il ait oublié. |

Le savant historien ignore sans doute que la Pologne

touche à la Prusse polonaise. Il ignore aussi la lutte terrible et sanglante qu'eurent à essnyer les Polonais pour rester Catholiques et Polonais, au milieu des persécutions odieuses qui leur furent toujours suscitées par la Russie. Il ignore de la même manière que Napoléon ler fit de la Prusse polonaise le grand duché de Varsovie qu’il confia au roi de Saxe, Frédéric-Auguste, qui combattit vaillamment pour faire triompher la nationalité polonaise. Il ignore certainement aussi que ces Polonais de la Confédération germanique furent les plus dévoués comme les plus vaillants soldats de Napoléon ler et qu'ils formaient un corps d'élite, sous ies Dombrowski, les Poniatowski qui valaient bien M. David. Ma famille, comme toutes les familles polonaises, qui avaient reçu des sympathies spontanées du roi de Saxe et des Etats germaniques, lorsque la Russie voulait les écraser, furent toujours fidèles à leurs généreux auxiliaires et protecteurs.

Ce M. David sait-il pourquoi mes ancêtres, mon aïeul et leurs descendants ont porté les noms propres d’Auguste,

de Frédéric? Par reconnaissance et pour conserver le souvenir de leur grand roi, Frédéric-Auguste, le plus fidèle allié de Napoléon, qui combattit également a Russie comme la Prusse, et qui fut tant regretté par tous ses sujets.

Alors, rien d'étonnant qu’une partie de ma famille se soit fixée en Allemagne et que mon bisaïeul ait fait partie de l'ambassade royale à Vienne, lors de la guerre de sept ans.

Rien d'étonnant aussi que son fils, mon aïeul, qui portait les prénoms d’Auguste et de France, en mémoire de deux pays que ma famille affectionnait tant, aït été fait chirurgien à l’âge peu avancé de 21 ans dans l’armée royale, et qu’il soit venu au Canada dans les troupes allemandes auxiliaires de la Gra::ie-Bretagne. Il tallait qu’il fut quelque chose, ce Prussien, ce bureaucrate, cet aristocrate, pour occuper une aussi haute position, et qui devait valoir certainement celle qu’occupe actuellement M. David.

Le sang généreux de la Pologne, mêlé au sang d’une canadienne-française pur sang, vaut bien celui de M. David.

Admettons même que je serais Prussien. Serait-ce un crime, une honte ? Si la Prusse, vaincue autrefois par la France, est aujourd’hui son adversaire et si les armes aliemandes ont été en dernier lieu victorienses, est-ce une raison de mépriser ce grand peuple dont les souverains sonc alliés à toutes les puissances dun monde.

La reine d'Angleterre, qui s’est mariée à un prince allemand, qui a marié ses enfants à des Allemands, à des Prussiens, serait done une souveraine méprisable, et M. David ne voudrait sans doute pas entrer dans une telle famille ! |

Les millions de catholiques et de Polonais qui font partie de la Prusse on de la Confédération germanique, sont donc des êtres méprisables ?

Quand la Prusse était l’alliée de la France, sous le Consulat, sous l'Empire et même sous le Directoire, était-elle alors ménrisable ? Et la France, elle, qui étaitaussi son alliée, était donc méprisable aussi ?

Les Allemands, nés au Canada, qui ne sont Allemands que de nom, qui sont presque tous de bons Canadiens, aussi bons que M. David, seraient donc des parias ?

Si pour être anti-canadien et annexionniste, il fant être Prussien, M. David, le serait donc au premier degré ?

Puisque l’un de ses parents signe Davis et parle généralement l'anglais, M. L. O. David serait-il certain d’être, luimême, canadien-français ?

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Ce pauvre homme, ce grand discoureur, ce grand polémiste est bien a plaindre, et le désir de se venger lui a fait tourner la tête.

Ce monsieur a enrayé sur une pente glissante, la personnalité, et cela avec un fond d'humeur noire, parce qu’il n’a pas pu trouver un biais pour sortir d’embarras et il m'a obligé malgré moi de le ramener à la raison.

Un mot maintenant à propos de l'opportunité de la publication de mon livre. Certains personnages avec M. David onv dit: “M. Globensky n’avait pas besoin de venger la mémoire de son père.”

Il y a des gens, je le sais, qui ne tiennent point à la solidarité de la famille, et cela se comprend; mais pourune personne qui sait que l'héritage du nom d’une famille n’appartient pas à l’un de ses membres, mais à toute la famille, et que nul n’a le droit de le salir ou de le brocanter, c’est un devoir de venger ce nom, quand il est attaqué, et voici ce qu’un homme bien renseigné m'écrivait à ce sujet :

‘“ Vous me demandez mon opinion “ sur l'opportunité de publier la défen:e ‘“ de feu M. votre père.

“ De fait, après la guerre déloyale et diabolique que l’on “vous a faite en 1575, la publication ne peut être mise en ‘“ doute. Qui doit défendre la mémoire attaquée d’un père “dans des actes importants, si ce n’est pas son fils. “ L'homme individu meurt, mais l’homme famille se per- “ pétue. L’honneur des ancêtres est notre honneur, leur ‘“ joie la nôtre, leur peine la nôtre; aussi la solidarité est “ parfaitement entendue, parfaitement admise. C’est telle- ‘“ ment le cas que l’on ne saurait jamais s’y soustraire. Mais “VEcriture va plus loin, elle admet la solidarité jusque ‘“ dans la quatrième génération. Donc vous devez venger “la mémoire de votre père, c’est un devoir sacré de le faire. ‘“ Ainsi donc, ceci règle la question d'opportunité. Vous “auriez dû même le faire plus tôt. Mais mieux vaut tard “ que jamais.

“ Vos enfants ne pourraient plus le faire après votre mort. ‘ Car, l’essaieraient-ils, on leur répondrait par un argu- ‘“ ment irréfutable : “ Maintenant que tous les témoins “sont morts, il vous est bien commode de venir soulever

AFn dans ma précédente lettre vidé la foile accusation de bureaucratie et de l’aide supposée que l’on m'aurait

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donnée pour écrire mon livre, je vais répondre à une autre accusation beaucoup plus grave, car je suis un aristocrate et M. David n'aime point les aristocrates, au figuré s'entend !

Il n’y a pas fort lougtemps, M. David se plaisait à vanter mon patriotisme, l'excellence de mes principes; mais depuis que j'ai publié un livre qu’il a provoqué lui-même, je ne suis plus rien et il s'empresse de me vouer aux gémonies et à tous les diables. Voilà ce que c’est que de ne pas connaître les gens ; on s’exposecomme M. David à les louer lorsqu'ils ne le méritent point... Aussi, depuis que l’on & reconnu l'erreur, M. David et ses auelques amis n’ontrien épargné pour me donner tous les qualificatifs. Chez certains hommes fort bornés, je suis un royaliste, un aristocrate.

Pauvre gens, ils me reprochent même d’être royaliste, mais ne suis-je point maître d’être ce que je suis, et si charbonnier tout noir et tout radical qu’il peut l’ètre est maitre chez lui, il me semble que j'ai bien au moins le droit d'user du même privilége.

Ne vaut-il pas mieux figurer parmi les famiiles qui, ici et ailleurs, représentent la respectabilité et l'influence morale que de figurer au milieu des admirateurs et des disciples des révolutions, comme de Louise Michel et de tous :les persécuteurs de l'Eglise ?

Ne valait-il pas mieux étre royaliste avec le comte de Chambord, cet aristocrate pur sang, qui était l’e-sence de la gentilhommerie, de l’honnéteté et de la vertu, que d’être républicain, radical, libre-penseur, pétroleur et tout ce que vous voudrez au milieu d’une civilisation faisandée mm

Personne ne peut m'empêcher de respecter nos nobles et saintes traditions comme personne ne m’'empêchera d’avoir en horreur les odieux crocheteurs des sanctuaires religieux, les lâches briseurs de crucifix et tous ces fameux nommes avancés, ces grands politiciens qui disent: l’ennemi, C’est le clericalisme, c’est-à-dire Dieu et ses disciples !

Mais ce n’est pas tout, on m’accuse d’un autre crime. C’est cet excellent homme, M. David, qui met à mon crédit cette nouvelle et étrange accusation de forfaiture bien accentuée.

Je suis un aristocrate |!

Vous devez comprendre, ami lecteur, que je m’éclatai de rire en lisant une accusation aussi ridicule et qui m’honore au lieu de me rabaisser, Ce pauvre M. David n’en connaît pas même la portée,

En effet, quelle est l’étymologie ou le véritable sens du mot aristocratie ?

PSE No Sons

L'histoire nous dit que c’est Aristote, le plus ggnd philo» sophe de tous les temps et le génie le plus universel, qni crea le mot aristocratie où cette noble institution

Ce mot aristocratie dérivant du nom d’Aristôte, sisnifie Le commandement du meilleur, la puissance la meilleure, \a plus parfaite qui puisse exister, soit sous la monarchie soit sous tout autre pouvoir.

lxei tise du pouvoir devant se tronver entre Les inains des cenc qui par leur iuf 1ence morale et leurs talents épron-

sout reconnus comme les plus recommandables de PEtat,

+ confondait pas autrefois l’aristocratie avec | ’olisur-

ni, ainsi qu'on le fait souvent de nos jours. En eflet,

suivan ‘etote, l’aristocratie est justement et régulièrement en

possession le l’antorité. L’oligarchie, au contraire, doit en

général le pouvoir À lusurpation, comme on le fit en 1837 à

Saint-Enstache. L'oligarchie n’est que la perversion de Paris.

tocratie, car cette dernière gouverne dans l’intéral géneral,

taudis que Poligarchie opprime dans son propre intérêt, et c'est ce qui se fit à Saint-Eusache en 1837.

Si je suis aristocrate, je le suis avec Aristote ; alors que lignorance ne vienne donc pas m’accuser à faux et donner à ce mot une signification fausse, défavorable et vide de sens

Pour des gens préjugés, ignorants ou méchants, je le sais, le plus sot des reproches les fait tressaillir de joie et de colère. Cependant, ces fameux hommes qui ont en horreur l’aristucratie et qui n’en connaissent point la première lettre, ne dédaignent pas toujours de se frottor au contact des aristocrates et n’en voit-on pas tous les jours, qui s’appliquent à apprendre ou à singer leurs usages et leurs manières. Oui, j'en conpais qui simulent de mépriser l'aristocratie, les distinctions sociales; mais ils ne sont mus, la plupart du temps, que par la jalousie, la haine, le dépit et non par amour ponr l''galité et la fraternité. Oui, j’en connais, qui ont cherché la bonne fortune de s’allier à ces mêmes familles qu’ils semblaient mépriser, et qui en ont saisi avidement l’occasion avec un flegme parfait et épatant. Oui, j’en connais de ces hommes, sans dignité, pleins de prétentions ridicules, saturés d’une ambition cologsale ; mais qui font généralement triste figure, même au milieu des leurs ou des hommes de peu.

M. David, lui, le fameux démocrate, a pourtant un goût excessif pour l’aristocratie qui gâte un petit pen son bagage demagogique, car ponr arriver à ce point culminant de célébrité il ne regarde pas plus en arrière qu’en avant. Il veut être Pami de tout le monde, de toutes les nuances politiques, des grande, des petits, des bons, des méchants ; mais il mécontente tout le monde. Ilaéëété conservateur. Il se dit, aujour-

Us

lea pu- (at, 4." dd tet, en en 7 à rise ral, , et

que er à &, AIR, ère, 1atudéates renconions par té et nnne aient c un mes, ’une ure,

nt goût e decéléêtre , des conjour=

d’'hui, libéral, au grand déplaisir des vrais libêranx qui lui en our donné sur les doigts pour son libéralisme à l’eau de rose,

Mais ce qu'il ” a de plus fort, c’estqu’il a tenté de se faire passer pour morxrchiste avec le général de Charette, lorsque, cet aristocraté de race est venu au Canada, L'on va jusqu’à dire que l’uw de ses enfants porte le nom de ce Vendéen. Cependant. il ÿ a mn abîme entre les principes de cet homme illuetre et ceux de M. David, Lui, de Charette, n’a jamais tergiversé, il n’a jamais transigé avec sea principes et il mounrra avec-sa devise : ‘ Dieu et mon Roi. ”

M. David se dire momarchiste avec le général de Charettei,.

11 faut être ineftable !

Mais qu’il sache donc que ce général, que c:' aristocrate, qu'il 4 tant adulé, et devant qui il a montre {x vait la colonne vertébrale élastique, est de la race de ce FE: ons, de ces vendéens, de ces volontaires fameux qui cor: oatti ; leurs compatriotes révoltés, ces révolutionnaires dusigereux qui voulaient remplacer le Roi par une républ'.«. e lautel par la déesse de la raison, une prostituée !

Ces volontaires de la Bretagne, de la Venc'ée, ont-ils balancé à verser le sang de leurs compatriotes :: ‘1tf: et exaltés ? Non, M. David le sait, et parceque mon p6.., ‘ieux soldat de 1812-1815, retiré avec une paye du gouvernement impérial, répond à l’appel de ses supérieurs, pour combattre encore des séditienx qui demandaient de laide aux Américains et qui voulaient établir une république au Canada, il lui en fait un crime !..., Il faut que ce démocrate soit tombé du faîte d’une grande illusion pour reprocher à un adversaire son héritage aristocratique, lorsque l’on sait que cet accusateur ne débite ces sornettes que par dépit et qu’il tient à figurer au milieu de la fine fleur de laristocratie.

Que l’on sache donc qu’un homme supérieur, qu’il soit né daus une chaumière ou dans un palais, peut au pointdes véritables principes de lParistocratie arriver au premier échelon des distinctions et des honneurs, mais non le haineux, l’envieux, le méchant ; car quand ces hommes se croient désencrassés par une alliance achetée et contre nature, ils deviennent arrogants, insolents et despotes avec leurs supérieurs et tout le monde:

C’est une triste engeance, qui n’arrivera jamais à l’aristocratie ou au commandement du meilleur |

Je me suis contenté de lui prouver dans ma précédente lettre que, quand il à insinué que M. Dunn m'avait aidé à écrire won livre, il avait proféré un sct mensonge, et la lettre de M.

en

Duon publiée dans le Monde du 28 courant, le prouve é'oquerument,

Voict cette lettre :

‘“ Québec, 23 avril 1884.

# Cher Monsieur Globenskv,

“Je viens de lire dans le Monde d'hier votre‘ lettre à M, “ David au sujet de ma prétendue coliaboration à votre “ouvrage la ‘ Rébellion de 1837," et je me fuis un devoir de “ confirmer vos explications,

“ Vous m'avez demandé—en qualité de parent et d'ami— ‘“ de juger votre livre et de voir aux épreuves, De là à corri- ‘“‘uer votre œuvre mêine, il y a loin : étude historique et ‘“tynographie sont deux choses bien différentes,

‘“ Puisque j'ai eu en ma possession votre manuscrit, je sais “mieux que personne à quoi m'en tenir sur la paternité de ‘“ votre impertant travail, d'affirme que je n'y ai d'autre res- ‘ ponsabilité que celle des fautes d'impressions.

‘# Vous pourrez publier cette lettre, si vous le jugez conve- ‘“nable,

‘ Votre tout dévoué, "Oscar Duxx.”

N.B.— Je dois ajouter que c'est moi qui ai corrigé les

épreuves premières, qui me furent toutes envoyées de Québec, par l'imprimeur ; et c'est M. Dunn qui, en second lieu, a bien voulu voir à la correction des revises,

Comme M. David ne peut plus discuter ou affaiblir un seul avancé de mon livre, le voilà qui s'attaque à ma manière d'écrire, à mon style qui, d’après lui, ne serait qu’une prose nauséabonde! Il faut que cet écrivain soit au plus mal, pour écrire de telles phrases, de telles insanités et si c’est à l’aide de telles armes nauséabondes qu’il pense sortir de la confusion, je lui en laisse tout le parfum.

Cet immense écrivain est donc bouffi d'orgueil et ne se connait donc pas ? Ce n’est pas tout que de dire: Je suis écrivain, je suis pédagogue, je suis une autorité littéraire. Il faut le prouver. Je nie la compétence de ce maître ès-lettres.

Qu'il se rappelle donc, ce grand homme, ce que l’un de ses chefs en politique et en littérature, répondait un jour à un adversaire qui avait la renommée d’être un critique littéraire fort distingué: ‘Je n'ai jamais songé à me poser en

maître en fait de style. Quand on m'indique un défaut, je Pavoue de bonne grâce et j’en demande pardon, Je n’ai jamais songé qu’à démasquer, dans la moins mauvaise forme possible, les arrogants, La manière dont j'habille ma pensée x toujours été la moindre de mes inquiétudes.”

M. David est-il de la force de son coryphée qui humblement, lui donne une verte leçon! Quant à moi, Je l’ai déjà avoué, je n'ai jamais eu la prétention de viser comme M. David, au titre d'écrivain, et je préfère avoir moins de style et plus de gentilhommerie.

Comme M. David a vidé les arçons, je vais suivre le conseil d’un homme haut placé qui en m'écrivant, tout der: nièrement, me disait : ‘“ vous en avez assez dit, pour con- “fondre ce pauvre M. David, et s’il revenait à l’attaque, “ ce ne pourrait être que pour rabâcher les platitudes et les “ lieux communs de patriotage qui font tout son avoir. Je “ne lis point son journal. Je ne le connais que par des “extraits qu’on en donne pour les réfuter : Ces extraits “ suffisent pour faire voir ce qu’en vaut l’aune.

‘“ Pour vous, mon cher monsieur, je vous le répète, vons “avez rendu un grand service aux saines idées et, pour ma ‘“ part, je vous en fais mes remerciements.”

Si l’on pense que, malgré moi, j'ai été trop sévère dans

mon appréciation, qu’on lise donc les Guèpes Cunudienues [ler vol.] et l’on y verra comment un écrivain distingné apprécie la valeur réelle de M. David, qui nulle part n’est pris au sérieux. J’en détacherai et reproduirai quelques alinéas et les moins malins.

“Il y a, à Paris, un écrivain qui signe David, et cette “ signature siqoiie personne, c’est-à-dire tout le monde. A

€TOpinion Publique, on a fait mieux encore ; c’est le journal “ lui-même, qui a cette signification. Il est de l'opinion de “ tout le monde, c’est-à-dire qu’il n’a ni opinions, ni princi- “ pes, ni doctrines.”

‘“ On ne saurait dire que M. David porte bien son nom. “ Mais on peut affirmer qu’il n’a rien de Goliath.”

‘“ M. David pérore sur tout; maisil ne tire qu’à poudre, “et ce n’est pas lui, qui aurait la malice de vouloir loger “ dans la cervelle du voisin, un plomb qu’il n’a pas dans la “ sienne.” ‘

“ Son tort est de se croire né grand homme. Il appar- “ tient à l’école ni pour ni contre.”

“ Quelle est la cause de cette hésitation perpétuelle qui ‘ dit oui et non, se porte à droite et à gauche, flatte celui- “ ci, caresse celui-là et reste suspendue entre le zist et le

u ré]

‘“ zest ? — Nous croyons qu'il y a faiblesse naturelle d’es- ‘“ prit, mais aussi beaucoup de calcul.”

“ Il tient à conserver des amis par tout, dans le camp de “ limpiété, comme dans celui de la religion.”

‘ Quand il parle politique, il est incolore et insaisis- ‘“ sable.”

Le lecteur voudra bien remarquer que je n’ai tiré des G'uêpes Cunadiennes qu’une phrase par ci par là du portrait que l'on y a fait de M. David, ne voulant point trop le blesser. Si je l’ai fait, c’est afin de me défendre et de faire voir

ue l’on ne doit pas attacher d'importance aux critiques littéraires, légères et politiques de M. David, qui ne sait pas lui-même ce qu’il est, ce qu’il veut être et ce qu’il sera.

Avant de faire mes derniers adieux à M. David, je dirai que je m'aperçois qu’il veut sonner le couvre-feu de la discussion, par des personnalités que je méprise et qui n’apportent pas un seul appoint d'intérêt dans le débat qui est terminé. Quant à moi je n’entreprendrai point la tâche de passer ses actions au crible, car j'en ferais sortir trop de mauvais grains.

Comme mon ouvrage a été approuvé par les somminités religieuses et laïques, cela doit me suflire ; et je dois prendre en pitié la censure d'hommes qui avec M. David, essaient de se venger à l’aide des armes déloyales et félonnes de l’insulte et du mensonge.

Maintenant, je désire attirer l'attention du lec: teur sur les réflexions suivantes :

M. David aime la politique, il est livré à la politique depuis un très-grand nombre d'années ; enfin il veut se créer une position à l’aide de la politque.

Peut-on dire que je suis battu du même mal?

Non, je déteste la politique, et pour cause. Je nai jamais voulu m’y livrer, et d’ailleurs je n’en ai pas besoin.

M. David, lui, brûle du désir et de l'ambition de figurer au milieu de la réprésentation du pays. Il a cogné, il a frappé à toutes les portes de l’élecjorat du pays pour en arriver là, mais elles lui ont été toutes fermées, et il sait combien il a essuyé

d'humiliations et de déboires dans toutes ses Cam. pagnes électorales,

Quant à moi,je n'ai jamais manifesté un tel désir, Cependant, et malgré moi, on m'a élu député pour la Chambre des Communes; et sur quel terrain la lutte s’est-elle faite ? Sur l’'émouvante et terrible question de 1837, à l’aide de laquelle un certain parti voulait me broyer, maisen vain, Oui, c’est le comté des Deux-Montagnes, c'est Saint. Eustache, foyer de l’insnrrection de 1837, ce sont les hommes ce 37, les Dumouchel, les Masson et tant d'autres qui m'ont élu contre mon gré, contre ma volonté. En disant contre ma volonté, je dis vrai, puisque j'ai donné ina résignation quelques jours après avoir été élu.

On me dira peut-être : Pourquoi avez-vous donc consenti à vous laisser élire ?

Je réponds : le comté l'a exigé, mais il était entendu entre les électeurs et moi, que je résignerais aussitôt après l'élection.

Oui, car dans maints écritsque j'ai publiés avant et après celte lutte électorale, j'ai toujours condamné la carrière pernicieuse et révoltante de la politique du pays, où tant de saltimbanques figurent au‘ premier rang, ei où tant d’adroits fripons spéculent sur la bonne foi et les deniers du peuple.

D'un autre côté, je dois être fier du succès. de la victoire, puisque j'ai combattu les admirateurs de la rébellion de 1837 dans la personne de M. W. Prévost, homme influent par ses talents, par sa grande fortune, qui représentait alors le comté des Deux-Montagnes et qui avait en outre l'influence ministérielle du gouvernement Mackenzie. Je dois iussi ajouter que mon adversaire avait pour lui, pour appui, l'influence immense de son ami politique, M. L. 0. David, qu fit feu et flamme, dans son journal Le Bien Public, pour me calomuier et faire élire le candidat de son choix.

La bataille se fit exclusivement sur la question brûlante de 1837, et elle dura plusieurs semaines. Parmi les nombreux défenseurs de M. Prévost, l’on remarquait, au premier rang, M. Mercier, le chef actuel du parti libéral, qui séjourna dans le comté des Deux-Montagnes tout le temps du combat, et malgré toutes ces puissances, toutes ces batteries chargées à boulets rouges et dirigées contre moi pour me foudrover, quel a été le verdict du comté ?

Tout le pays le sait, et voilà pourquoi mon triomph” a donné sur les nerfs de mon insulteur, M. L. O. David, et voilà pourquoi, il est actuellement dévoré par un ouragan de colère et de rage!

ILest bien à plaindre, ce pauvre M. David, car ses prèches de 1875 sur 1837, comme celles qu'il vient de réciter à Albauy sur les avantages de l'annexion ne comptent point, elles font lever les épaules de pitié à tous ceux qui connaissent un petit peu le grand prêcheur. Et dire que c’est un tel homme, qui a parle aux Etats-Unis au nom de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal! Quel soufflet donné à la race canadienne-française, dont la trèsgrande majorité est l’adversaire avéré de l’ann-xion. Espérons qu’à l'avenir. cette société saura mieux choisir son représentant, l'interprète vrai des Ganadiens-Français.

Que voulez-vous, M. David se faufile partout, il se glisse adroitement chez ceux qui ne le comprennent point, et à l’aide de grands mots de patriotage, il se fait accepter et fait des dupes.

Pourtant tout le monde le connaît. Ses amis intimes font même sur son compte bien des gorgeschaudes. ‘Tous savent qu’il ne se repaît que de chimères, que d'illusions, mais on Je tolère, on le laisse dire, on le laisse pérorer et chacun se dit qu'il fau. le plaindre, qu’il ne peut faire de mal et que si on 1. npêchaitde s’encenser, illui arriverait malheur! E, fin, que c’est un homme qui n’est

point convaincu, qui voyage sans cesse dansle pays de Pilluminisme et qui aime par dessus tout la versatilité, le voyage et qu’il faut le laisser s'agiter,

En effet, qu'a-tal été, ce M. Da-vid? Il a été, en premier lieu, conservateur ardent ; en second lieu, libéral ; en troisième lieu, indépendant ; en quatrième lieu, coalitionniste ; de plus, monarchiste avec le géné ral de Charette; puis, enfin, annexionniste, républicain, et qu'est il aujourd'hui? Il ne le sait pas luimême,ilne connailra jamais la couleur de son bagage politique, si ce n’estqu’il est avant toutAméricain de cœur et que si un second 1837 surgissait, il figurerait au premier rang parmi les têtes chaudes du mouvement.

Quant à moi, je n'ai pas confiance dans jes hommes cosiuopolites; car quand leur politique change si sonvert, la tête peut aussi tourner et causer de grands accidents.

M. David à été de plus journaliste, il a même tué tous les journaux qu'il a fondés et rédigés. Et on me dira sans doute : pourquoi s'est-il fait écrivain politique et a-t-il trempé sa plume, tantôt dans le bleu, tantôt dans le rouge et dans tant de solutions multicolores ? C'est au lecteur à se l'expliquer, et ce n’est point chose difficile.

Quant à moi, si les événements m'ont forcé quelquefois à écrire, je n'ai rien publié par ostentation, par intérêt personnel, pour faire ouater mon bien: être et pour faire reteutir mon nom. Quand jai écrit, c’était pour imprimer le cachet de la nonte sur la politique mesquine et intéressée des ambi. lieux, des manipulateurs de la caisse publique, pour condamner la polititue anti-nationale des hommes de coterie, de partis, pour prècher la conciliation, Punion parmi les Canadiens-Français ; enfin, pour défendre la mémoire de mon père hone teusement et faussement ätlaquée, à propos des événements de 1537,

Mais il ne faut pas l'oublier, M. David est trèss avide de fanfare et de réclame, et voilà pourquoi il à fait Panothéose, la biographie de certains hommes de 37, ainsi que la louange de la rébellion, pensant et sachant que son amplification aurait quelque retentissement chez certains hommes que je ne veux pas compter et qualifier; aussi, il ne veut pas que j'ouvre l’histoire, que je contredise ses récits imaginaires et fabuleux, et il me conspue parce que je ne veux pas louinger avec lui ce que le clergé et la majorité du pays ont toujours cone damné.

[] me disait un jour: ‘ Pourquoi parler d'un tel et %e tel autre? Je sais bien qu’un TEL s'est mal conduit à Suint-Eustache, mais il ne faut pas enlever le prestige de ces hommes, et sil faut au contraire le iaisser dans l'esprit du peuple. ” Oui, M. David, le sait, j'en connais plus long que lui sur certains hommes dont je a’ai pas voulu parler et qu'il a eu le courage d’exalter cependant. Il faut aimer le prestige et être prestidigitateur consommé, pour faire croire à l’héroïisme là où il n’y en a pas eus

Oh! homme de manvaise foi, est-ce parce que jai voulu me taire qu’il a eu l’andace de parle et de m’'insulter dans la mémoire de mon père ?

Oh! M. David a la mémoire courte, car il w’Ÿ a

pas longtemps et en compagnie de l'honorable M, Chapleau. du consul de France et des délégués français, il acceptait avec plaisir et empressement l'hospitalité que je lui offrais de tout cœur sous mon toit; aussi, il me respectait alors, il publiait avec plaisir mes correspondances et il me louane geait; mais depuis que mon devoir de fils et de citoyen m ‘a forcé de venger la mémoire de mon père comme la vérité hstorique, je ne suis plus rien et je dois laisser iiompher l'erre ur, les fausses doctrines et le mensonge! 4,6.

Ceux qui marchent avec M. David et le soutiens

“ent, sont bien à plaindre, car ils essaient de tromper la bonne foi du peuple, à l'aide d'écrits et de grands discours amphigouriques et faux, qui ne reflètent nullement le patriotisme et la sincérité,

mais bien les sentiments de certains hommes politiques, qui pour assouvir la soif de leur ambition et arriver alu ponvoir, pourraient provoquer un Cataclysme national et religieux.

Ces hommes se sont abstenus durant un certain temps de prôner, de faire parade de leurs princ'pes que le peuple et le clergé repoussent. Oui,sous la fausse apparence de la dissimulation, ils ont eu la rouerie de simuler qu'ils s'étaient atténué s, et À

l'aide de cet art habile de cacher leurs véritables ph ne leurs desseins, ils ont fait quelques dupes Voilà pourquoi, ils rompent aujourd’hui le silence ; voilà pourquoi ils déchirent le masque qui les protégeait, afin de prècher, ici et ailleurs, le complot anti-patriotique de l'annexion aux Et: als Unis. Gare donc à ceux qui se sont laissé tromper iinpuuément par ces homines qui, eux, ne sont pas des Canadiens-Français, mais bien des transfuges qui ont passé ou veulent passer à l'ennemi et qui veulent devenir des Américains pur-sang.

La presse du pavs, de Montréal, de Québec a-t« elle fait un grand accueil, un grand cas du livre ou plutôt de la compilation des ecrits de M. David, publiés si souvent et à satiéué ?

A part le journal La Patrie de Montréal qui a écrit un court entrefilet de félicitations, plusieurs jours après sa publication, il y a eu un silence complet sur toute la ligne. Quand je prrle de ce livre à quelqu'un, on me répoud invariablement : “Je ne l'ai ni vu, ni lu, personne n’en parle et vous auriez tort de vous en occuper.”

Voilà, sans doute, pourquoi M. David est allé quêter de la réclame pour soi livre; car un jourhaliste distingué me disait ces jours derniers

te David est venu me demander de fui écrire “ quelque chose sur son livre ; mais je lui aî “ répondu que si j'écrivais, ce ne serait point pour & Je complimenter, et alors il m'a prié de me taire,”

L'on m'assure que des Canadiens fixés aux Etats Unis, ont louanxé le livre de M. David et ont blâme Je mien. Il ne pouvait en être autrement. Ce sont des annuextonuistes, des républicains, des hommes de 37 comme M. David et qui doivent bien frayer ensemble, Si mon livre à été mal accueilli par eux, ce à quoi je m'attendais, comment at-il été apprécié au Canada ?

Par de nombreuses lettres émanées de la plume des autori':s ecclésiastiques et civiles, dont quele ques-uues sont consignées dans le supplément que j'ai publié en avril dernier, et qui fait suite à moi livre. . Et aussi par les appréciations suivantes.

La première a été éditée par un parfait gentils homme, par un historien fort distingué. La voici telle que publiée dans la Minerve du 9 de fevrier dernier, c'est-à-dire avant même que mon livre fuf livré à la publicité :

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