‹ La rébellion de 1837-38 ou Réponse de M.C.A. Globensky à M.L.O. David [microforme]Chapitre 4 sur 11 · L'INDÉPENDANCE · texte numérisé non relu

L'INDÉPENDANCE

“ Sir Hector Langevin a prononcé un discours à Winnipes, au cours duquel il a traité la question de l’indépendance. Ses remarques valent la peine d’être mises sous les yeux du lecteur :

‘ L'indépendance, a dit sir Hector, signifierait pour nous la faiblesse. Nous sommes forts maintenant parce que nous avons pour nous couvrir le prestige de la reine d'Angleterre. Nous avons pour nous protéger, nous garantir, le glorieux drapeau de l'Angleterre. Ne songeons donc pas à l’indépendance. Nous avons assez Gindépendance ; nous sommes ausei libres que les sujets britanniques du Royaume-Uni ; nous nous gouvernons nous-mêmes ; ous avons le droit de vous taxer nous-mêmes Comme nous l’entendons ; nous avons également le droit de taxer les autres nations, même de taxer le peuple anglais pour les marchandises qu'il nou. envoie, N’avons-nous pas tous les droits d’une nation? On me répondra : Oui, mais nous ne sommes pas indépendants.

Eh bien! cette indépendance signifie nne armée, une marine militaire, des ambassadeurs et des consuls dans le monde entier, et la guerre à l’occasion, toutes choses qui nous forceraient à nous taxer davantage. Actuellement, nous n’avous pas de guerres. Nos guerres sont celles de l'empire. Avons-nous été taxés pouren payer les frais? Non, nous avons appuyé la métropole et maintenu son drapeau comme nous le devionu,mais noïts n’avons pas été taxés pour payer les frais de ses guerres. Qu’un Canadien soit insulté ou molesté à l’autre bout du monde, l’armée, la marine, le drapeau de l'Angleterre, seront là pour le protéger. C'est ce genre

d'indépendance que j'aime, et je suis sûr que tous ceux qui m'écoutent l’aiment également.....,

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Grandissons dans notre condition présente. Nous avons toutes les libertés que nous pouvons désirer. Nous avons un immense territoire pour les immigrants, un immense patrimoine pour nos enfants. Développons notre pays......,

Sir Hector a déclaré aux citoyens de Winnipeg qu’en parlant

ainsi, il ex-primait l’opinion de la province de Québec et des Canadiens-français en particulier.

Afin de prouver d’une manière irréfragable que ma thèse sur l'annexion aux Etats-Unis, ne peut être combattue ou renversée, je n'aurais qu'à reproduire et à ajouter à mon manuscrit, une correspondance américaine que vient de publier un journal annexionuiste, la Patrie, correspondance qui est loin de donner du crédit où du prestige aux Américains et de pousser à l'enthousiasme les annexionnister du Carada ; mais l’espace nécessaire à cette reproduction me manque.

Le correspondant, qui semble être Canadien-français, et qui demeure aux Etats-Unis, flagelle de la bonne façon la presse américaine, parce qu’elle se serait réjouit en 1870, des désastres de la France et parce qu'elle Jui manifeste, encore aujourd’hui, le mème sentiment d'antipathie et d'inimitié, à propos de ses difficultés avec La Chine.

Ce correspondant termine sa lettre en disantque : “ l'ingratitude (des Américains) poussée à ce point est le plus noir attribut du Cœur humain.”

Et c'est sur ce sol ingrat de l'Amérique, qui, sans la France, n'eut jamais conquis son indépendance que M. David et les annexionnistes, voudraient greffer ou implanter l'arbre généalogique et séculaire de la vieille France que, seuls, les Canadiens-Français, ont conservé vivace et intact. Oui, que les annexionnistes le sachent, la Francecanadienne veut garder religieusement et sans mélanzes impurs, ses belles traditions qui leur ont été transmises d'âge en âge avec tant d’'héroïsme et de sacrifices, par leurs nobles et vaillants ancè-

tres. Et si David l’ancien a tué Goliath, David le nouveau ne tuera que lui-même et non l'amour de la patrie.

Que disait à ce sujet le savant abhé Casgrain, dans son étude critique lue devant la Société Royale du Canada, le 20 de mai dernier, 1884 ?

Lisons :

‘ Si la religion et la nationalité n'avaient pas élevé une barrière entre nous et les Américaine, il y a plus d’un siècle que l’Angleterre aurait perdu le Canada, et cette perte aurait entraîné probablement celle de toute l'Amérique britannique. Aujourd'hui, la république américaine compterait quelques Etats de plus, et n’aurait d’autre limite du côté du nord que la mer glaciale, Pour nous, nous serions noyés dans l'immense flot humain qui inonde les Etats-Unis ; nous aurions perdu notre caractère national, c'est-à-dire notre force et notre originalité, et nous serions montrés du doigt comme un peuple d’apostats. L’Angleterre elle-même serait la première à nous reprocher notre trahison.

Au lieu de cela, nous sommes re. '#s un peuple pur d’alliage, homogène, vaillant et prospère. Les deux premières uations du monde, la France et l’Angleterre, sont fières de nous : la France, qui nous avaitcrus perdus, nous a retrouvés après un siècle, et nous à reconnus pour ses plus dignes enfants.”

Enfin, puisque M. David m'a contraint de briser le silence que j'avais décidé de garder après la publication de ma réplique du mois d'avril dernier, je vais m'occuper à relever certaines erreurs de jugement dont fourmiie sa critique.

Oui, je crois que mon bouillant adversaire a eu tort de retremper sa plume dans l'encre et le fiel, car il ne trouvera, maintenant, aucune issue pour sortir du labyrinthe fâcheux où il est entré.

Voilà pourquoi je vais faire une courte critique des points les plus saillants de sa censure. Gette revue ne sera pas longue, car comme je Fai dit ailleurs, mon censeur n’a rien prouvé contre mon livre, il n’a pas même apporté une seule preuve,

pour affaiblir un seul Ae mes avancés, de mes documents, qui tous sont appuyé s par l’histoire et authentiqués par des témoignages irrécusables,

Que comprend sou premier article, publié Le 23 février ? Un exorde pur et simple, dans lequel il dit: ‘Nous avons to AU ts eu beaucoup d'estime pour M. Globensky.

“ Le sentiment qui a inspiré M. Globensky est,

sans doute, bon ; le fils qui essaie de venger la * mémoire de son père a toujours droit au res

pect.

“M. Globensky défendant la mémoire de son

père, est dans son droit, la réputation de son ‘ père est son bien.”

Mais, grand Dien, c'est ce que j'ai fait ! Et parceque J'ai été obligé de m'étayer sur des faits anthentiques, sur l'histoire vraie de 1837, M. David fait feu et flamme et dit que je n'aurais pas dû recourir à de tels moyens, parce que je fais du mal à certains hommes de l’époque que j'ai trop mis en évidence. Quel pauvre argument ! Il ne mérite certainement point la charité d'une censure, et passons outre.

M. David ajoute : ‘ Maintenant, que M. Globens- ‘ ky, après le combat, ait fait tout en son pouvoir ‘ pour empêcher qu’on incendiât tout le village ‘de Saint-Eustache, personne ne refuse de le ‘“ croire.

‘ Non M. Globensky n’avait pas besoin de publier ‘un volume de tros cents pages pour excuser la * conduite de son père et pour constater des faits ‘“ que tout le monde connaissait, Il n’a fait que ‘ confirmer ce qui n'était pas suffisaminent établi. Dans tous les cas, deux pages auraient dû suflire ‘ pour le but que se proposait M. Globenskv. Tout # Le reste est un hors d'œuvre inopportun et regret- ‘ table.”

M. David qui est la cause première de la publi-

cation de mon livre, mais qui n’est pas assez honnête pour l'avouer, s'exprime, dans ce premier article, de façon à reconnaitre cependant que mon père n’a rien eu à se reprocher pour la part qu’il a prise aux événements de 1837.

Cet aveu quasi approbateur est absolument en désaccord avec les écrits que publiait M. David, en 1875, et il l’est encore davantage avec ceux qu'il vient de publier. Quel jugement! M. David, l’homme ni pour ni contre, qui tantôt complimente ou censure et qui ne sait pas véritablement ce qu'il dit ou ce qu’il écrit, ne se souvient-il pas que durant mon élection de 1879, il a insulté la mémoire de mon père etqne mes adversaires, ses amis, en ont fait autant et même plus !…

M. David raconte qu’un homme distingué aurait dit que l’on a élevé un monument aux victimes de 1837 et non aux volontaires.

Quoique le trait soit aussi grossier que peu meutrier, jy répondrai en reproduisant ce qu’un observateur à écrit dans la Minerve du ler mars dernier :

‘“ Cet homme distingué n'a certainement pas

inventé ou aimé la poudre ! Je doute qu'il se fasse

jamais volontaire à l'exemple des soldats de 1812-

15, de ces véritables héros qui, à Chateauguay et

ailleurs, n’ont pas craint eux la poudre et les champs * de bataille !

‘“ Si cet homme distingué n’est pas un héros ordi-

naire ou du cru de M. David, et s’il possède un

petit peu d'intelligence, il a dû s'assurer s’il a lu, sans parti pris, l'ouvrage de M. Globensky, ce qu'a été véritablement son père.

‘“ Ce volontaire, qui était l'ami et le lieutenant

de de Salaberry, était dans son droit en combat-

tant encore, en 1837, comme en 1812, 1815, les

‘révolutionnaires qui voulaient établir, en ce pays,

“ une république que la très-grande majorité du

‘ peuple et du clergé repoussaient avec raison et

‘“ qui eut entrainé la destruction de notre langue,

“de nos traditions et peut-être de notre religion.” Et M. David ignore tout cela !

I dit dans l’un de ses articles :

‘ Les Américains auraient-ils conquis leur indé- ‘# pendance si, en 1779, il s'était trouvé parmi eux ‘ beaucoup de Paquin et de “ Globensky ?”

M. David est aussi impertinent qu'il est ignorant sur l’histoire de notre pays. Ne sait-il pas que les Canadiens ont combattu les Américains en 1795 parce qu'iis ne voulaient pas de cette indépendance, qui eut été le servage, l'esclavage et la destruction de notre race ?

Na saitil pas qu’ils volèrent au secours des armées anglaises et qu’ils contribuèrent puissamment à repousser les troupes américaines ?

Nesait-il pas tout cs que le congrès des Etats" nis essaya de faire valoir, tant en 1774 qu'en 17%, pour soulever la population française, pour lui prouver qu’elle devait conquérir sa liberté ?

Ne sait-il pas que Washington, Montgomery, le comte d'Estaing et Lafayette nouèrent des intrigues secrètes et même ouvertes, en ce pays, et qu'ils firent tous leurs efforts pour s'attirer la sympathie des Canadiens-Français et les pousser à la révolte ?

Mais ils échouèrent tous. Les Canadiens méprisèrent les offres des Américains et préférèrent rester fidèles à la couronne d'Angleterre, plutôt que de se joindre à des colonies re belles, qui nourrissaient des sentiments de républic: anisme, et voilà pourquoi mon père, jusqu'à sa mort, a toujours repoussé de

semblables 5rojets, de semblables conspirations !..,

Il n'y avait, en 1775, que quelques David dans le pays, qui auraient consenti à s’asservir, à s’américaniser et à devenir les valets des Yankees. Heureusement, il y avait des Paquins,des Globenskys, qui, écoutant la voix du clergé, se réunirent à leurs compatriotes et combattirent comme des lions, pour repousser les funestes complots du républicanisme, etc., etc. Mais étudiez donc notre histoire, M. David, si vous ne la connaissez point.

Mon contradicteur ajoute que M. Paquin n'était pas un homme conséquent, puisqu’après avoir con seillé aux chefs patriotes de renoncer à leurs desseins dangereux, il les traite ensuite de lâches, parce qu'ils ont suivi ses conseils et parce qu'ils se sont sauvés.

On a eu bien raison de me dire que M. David, quoiqu'un excellent homme au demeurant, est joliment exalté, car il m’en donue la preuve en m'obligeant à lui répondre sur un tel argument.

Sachez donc, M. Daviä, que ceux qui ont été justifiables et qui ont eu raison de suivre les conseils de M. Paquin, sont messieurs Scott et Féré ; mais cette détermination de ne plus participer à larévolte, eut lieu plusieurs jours avant la bataille.

Méditez là-dessus !

Quant à ceux qui ne crurent de voir suivre les mèmes avis que lorsque le combat allait s'engager, je doute fort qu'ils aient été just:ables d'en agir ainsi à une heure aussi avancée, eux spécialement, qui s'étaient appliqués à fomenter la rébellion et à faire appel aux armes. Leur persistance jusqu’à la dernière heure avait encouragé les autres à persister: aussi, et fuir au moment même, C'etait tout simplement livrer à la boucherie leurs compagnons plus braves.

Méditez encore là-dessus, M. David !....

Dans tresque tons ses articles, et surtout dans le quatrième, M. David, le brave, insulte et traite de lâches, de ridicules mes témoins, les patriotes, qui ont déserté le camp, comme ceux qui ont combattu ; et out cela, parce qu’ils m'ont donné des dépositions et qu'ils ont condamné la rébellion, comme la plupart de leurs chefs. Voyons s'il a raison de me reprocher d’avoir pris les déciarations d'hommes respectables, qui ont été obligés de laisscr le camp et le champ de bataille, soit avant, soit durant, soit après le combat.

Si au lieu d'écrire pour écrir: et d'essayer à jeter de la poudre aux yeux de certains lecteurs, il voulait être assez honnête pour livrer, durant nn moment, son esprit à une méditation sérieuse, la solution serait bientôt obtenue.

En deux mots, je vais répondre à cette attaque, aussi fausse et injurieuse, que déplacée et illogique.

Ceux qui ont laissé le camp des insurgés deux ou trois jours avant la bataille, l'ont abandonné, non parce qu'ils craignaient de combattre, puisque les chefs Îles assuraient qu'ils n'auraient jamais à livrer bataille ; mais parce qu’ils voulaient s’éloigner d’un lieu où ils avaient été amenés malgré eux, par de fausses représentations, par des pressions indues et parce qu'ils ne voulaient point prendre part aux excès et aux persécutions que les révoltés exerç:ient contre les loyaux.

Ceux qui se sont sauvés avant le combat, ont suivi l'exemple de tant de chefs fameux, dont je n'ai pas voulu parler dans mes commentaires, et veut-on me contraindre absolument à les nommer ? Non, j'espère que l’on ne me forcera pas à sortir de ma réserve, de mon silence, de ma délicatesse, car je serais obligé de combler le vide que j'ai fait ou laissé dans certaines déclarations.

Ceux qui ont pris la fuite après, ou plutôt à la fin

LA

de la bataille, étaient accompagnés de leur chef, le Dr Chénier, et c'est lui-même qui commandait la fuite, en disant: ‘C’est fini, sauvons-nous !” Chémier avait raison de conseiller la fuite, car vouloir résister plus longtemps, c'eut éié un véritable acte de folie. Et après cela, on voudrait faire passer ces vrais soldats, sans instruction, sans expérience, qui ne s’attendaient point à combattre, pour des lâches ! Il faut ne pas être juste ni généreux, pour traiter de lâches des hommes qui ont combattu jusqu’au dernier moment, jusqu'à ce que l’église ne fut plus

ji l'un de mes déclarants, Benja-

prend le temps de panser un malheureux camarade, au risque d'être éc'asé ou broyé par la toiture en flamme de l’église, qui ne laisse cetédifice qu'après le Dr Chénier, qu'il trouve mort ans le cimetière, était-1l un lâche? Allons donc, il faudrait ètre joliment toqué pour le dire !.….

Il y a des gens, de par le monde, qui sont plus

primes à passer leurs adversaires au fil de leur plume qu'au fil de l’épée, et ce sont de tels hommes qui, parfois, insullent, mais de loin, les vrais braves.

M. David, après avoir insulté niaisement les hommes honorables qui ont témoigné dans mon livre, ajoute que si un second soulèvement avait lieu, on les trouverait sous le commandement de M. Globersky fils.

Cet excellent M. David croyait que Je ne me elèverais point de ce terrible coup de massue; mais ne sait-il pas que, sans s’en douter, il x proféré par là la seule vérité qui ait été formulée dans sa critique.

Oui, M. David, provoquez un second 1837, avec ses horreurs, avec ses persécutions, avec vos idées

d'annexion aux Etats-Unis, ou avec le projet d'établir ici une république, et vous me trouverez à la tète de tous ceux qui aiment leur langue, leurs traditions, leur religion, et qui avec moi combattront pour empècher un cataclysme social comme un grand malheur national et religieux. Etremarquez que le clergé, que vous avez pris en grippe à propos de 1837 et 1838, sera encore avec nous.

N'avez-vous donc pas souvenance, M. David, de la lettre écrite par l'infortuné Nicholas, avant de monter sur l’'échafaud? Je n’en tirerai que le conseil qui va suivre,et qui prouvera que je ne devrais pas hésiter à prendre les armes :

‘ J'espère aussi que si jamais il s'élevait une ‘“ guerre entre nos voisins et la couronne actuelle, “les Canadiens en général seront aussi actifs et ‘zélés, qu'ils l'ont été dans la dernière guerre à ‘* protéger leur pays de l'invasion de leurs ennemis ‘* voisins. Si je suis ici, ainsi que mes compagnons, ‘les Etats-Unis en sonteu partie la cause, par leurs ‘ folles promesses et leurs demarches insensées. *“ Rappelez-vous de cette devise qui dit que l'argent & fuit tout, et ce que vos voisins veulent de vous, ‘c'est de l'argent, et ils ne se mettent pas en peine “ combien de vous iront à la boucherie.”

N'est-ce pas que ce conseil donné par Nicholas, par une victime de la rébellion, par un mourant, est solennel et que je devrai le suivre ?

Mais, qu’a-t-on besoin de rappeler tant de vérités à M. David? Ne sait-on pas qu’il ue vit que d'illusion: ! Et c’est pourtant un tel homme qui s’est mis en tête de critiquer mon ouvrage. O, vanité! que de têtes n’as-tu pas fait tourner !….

En résumé, que comprend l’ensemble de tout mon livre ?

Venger la mémoire de mon père que M. David et d’autres, ont eu l’indélicatesse d'attaquer injustement.

Pour en arriver là, j'ai été contraint de jeter un coup d'œil rétrospectif sur les premiers jours de la domination anglaise, puis j'ai fait un récit analytique de l'histoire, sur les malheureux événements arrivés à Saint-Eustache en 1837, J'ai été mème forcé, par les agressions irréfléchies et déplacées de M. David, de publier en entier l'ouvrage historique comme une partie des mémoires inédits de l'abbé Paquin, qui sans doute feront de la peine en certains lieux, mais pouvais-je faire autrement ? Non, car M. Paquin avait été le témoin oculaire de cette triste époque, et en citant pour ma défense un témoignage aussi authentique, aussi loyal et aussi désintéressé, je ne pouvais prendre la liberté de mutilgr sa narration historique. Comme historien, je n'avais pas le droit de changer un seul iota d’:.1 ouvrage tombé dans le domaine de l’histoire ; je l'ai c'té comme une autorité e’ ‘’ai aù le publier, même avec les fautes typographiques qu'il renferme,

Le seul privilége que je me suis attribvé, a été celui de retrancher ou de faire disparaître dans les déclarations qui figurent dans mon livre, certains faits et certains noms qui auraient blessé quelques lecteurs trop mis en évidence.

Enfin à qui la faute «ei j'ai été obligé d'écrire, avec le plus de ménagement possible, cependant, l'histoire vraie de 1837? A M. David, et à ses imprudents amis, Néanmoins, Dieu le sait, je n’ai jamais eu l'intention d'attaquer qui que ce soit. En commentant j'ai parlé comme histoirien, ayant pour appui et guide l’histoire contemporaire de 1837. J'ai été modéré, je me suis retenu et je n'ai pas voulu désigner à part le Dr. Chénier, le grand coupable, aucun des acteurs et promoteurs actifs de la rébellion ; car je tiens à respecter la mémoire d'autrui comme je tiens, je le répéte, à faire respecter celle de mon père.

Au point de vue politique, ai-je approuvé Îles griefs vrais dont on se plaignait avant 1837 ? Non, je les ai blâmés comme j'ai blâmé les instigateurs d'une rébellion aussi mal inspirée que mal orga. nisée, Il existait des abus, c'est vrai, je le sais et il fallait adopter des moyens constitutionnels et pacifiques pour obtenir des améliorations dans le système gouvernemental ; mais persécuter ceux auxquels la sagesse conseillait de rester dans les bornes de la loi et de la constitution, c'était faire un acte condamnable et condamné alors et depuis ces Jours de vertige populaire. En outre, je dois répéter que le clergé, la notabilité et la très grande majorité du pays condamnaient l'annexion ou l'établissement en ce pays d'une république que M. Papineau et ses disciples, prèchaient ouvertement ainsi que le Dr R. Nelson en 1838,

Recourir à la force des armes c'était perpétrcer en sus un acte defolie ou d’aberration impardounable qui a conduit des malheureux'à la bou. cherie et qui a fait tomber quelques têtes parce qu’elles en avaient été la cause première.

Voilà en résumé, en substance, tout l'ensemble de mon ouvrage : ouvrage qui reflète l'opinion et les sentiments de presque tous mes compatriotes.

Il faut avoir plus que du courage et il faut être le saug-froid fait hômme pour soutenir des prétentions aussi colossales que celles de mes adversaires. Mais dites donc, M. David, si vous et quelques autres, aimez tant les institutions américaines et républicaines, pourquoi ne traversez-vous pas la ligne 45 et pourquoi n'allez vous pas dresser votre tente sur lé sol américain, afin d’y goûteret savourer ce que l’on repousse et condamne ici ?

Parce que vous avez rédigé des journaux qui ont vécu ce que vivent les roses, croyez-vous bonnement, cher et excellent homme, que vous avez la mission de museler tout le monde et que vous allez

D ON LÉ GRR ed

Re

5 BRU Matane.

griser toutes les têtes ? Allons donc, vous n'êtes pas sérieux et revenez donc à la température calme de la vie réel'e et positive !

Ne valait-il pas mieux se taire, que de venir faire parade d’arrogance devant la population française qui a condamné la rébellion, et en présence de la population anglaise qui sait ce qui s’est passé en 37 et 38 et qui se tait parce qu'elle le vent bien ?

N'’essayez aonc pas de calomnier l’histoire pour provoquer un second 1837 et laissez donc dormir paisiblement les morts, vous qui n’existiez point à cette date malheureuse. Ne consultez point quelques boute-feux comme les appelle M. l'abbé Paquin, qui ont été assez prudents pour se mettre à l'abri de l'orage et qui plus tard on’ été assez habiles pour obtenir une indemauité qui les a fait riches et opulents.

Je m'arrête, car si je donnais un libre cours à ma pensée, je frapperais trop rudement !… Allez consulter ceux qui ont été entraînés dans ce tourbillon révolutionnaire, qui en sont sortis tout meurtris et vous recevrez d'eux une leçon mérilée qui vous fera rentrer dans le chemin de la sagesse et de la réalité.

M. Sulte, dans une de ses réponses aux critiques dit: ‘ D’autres s’écrient : ‘ Vous n'êtes pas toujours ‘€ d'accord avec les historiens ! Je m’en garderais bien. “ Est-ce que vous croyez qu’on écrit l'Histoire à ‘ l’aide des livres des historiens ? Ne savez-vous ‘“ pas que la seule bonne méthode consiste à étu- “ dier les documents de l’époque, dont on veut “ parler ? Les historiens n’ont pas vu les choses ‘“ qu'ils “ racontent.”

Dans un autre alinéa ‘]l dit : ‘* La réponse est “ parfois surprenante pour ceux qui ont lu les ‘ légendes et les contes en l'air dont notre biblio- ‘“ thèque nationale est embellie.”

Woilà pourquoi, j'ai voulu consulter des témoins oculaires et actifs de la révolte de 37, comme les journaux de l’époque, sachant que les historiens en herbe qui viennent après coup, peuvent se tromper. Et en acceptant la théorie fort vraie de M. Sulte, je pourrais bien dire à M. David, qui veut se faire historien, coûte que coûte : avez-vous vu Les choses que vous racontez ? Étiez-vous de ce monde en 1837? Et ne sont.ce point des légendes et des contes en l'air que vous rabâchez si souvent et dont vous voulez embellir rotre bibliothèque nationale ? Je pourais bien citer aussi la raillerie mordante. qui suit, et qui :rappe en pleine poitrine M. David :

On demandait à M°°°, auteur d’un livre sur l'Italie : ‘€ Monsieur, vous avez fait un livre sur l'Italie ? —Certainement.

—Y avez-vous été ?

—Certainement.

—ËÉst-ce avant ou après votre voyage que vous avez fait votre livre ?”

Ouvrez, ouvrez-donc, M. David, les journaux de 1838 et de 1839, et vous verrez que vous avez fait de l’histoire de fantaisie. Lisez les documents judiciaires de l’époque et vous y méditerez les réponses, les aveux, la condamnation même de la rébellion et de la prise des armes par les chefs, par ces infortunés qui montèrent mèimesur l'échafaud.

vependaunt vous ne voulez point démordre de votre manie d'écrire à l'aventure, vous faussez l'histoire, vous moutez toujours sur vos grands chevaux, pour me lancer des ruades qui ne portent pas.

Enfin, encore une fois, je vous le répète, si vous me forciez à reproduire ce que les journaux de cette époque malheureuse publiaient, je mettrais sous les yeux de vos lecteurs maints écrits, qui feraient pâlir votre prose légendaire déjà condamnée par les hommes sérieux.

Ce monsieur David à la mémoire courte, Il a le couraie de faire mentir l'histoire pour m'attaquer et quand j'arrive, documents en mains, pour lui prouver qu'il a travesti cette histoire de 1837, il fulmine, il me blâme de me défendre, il ne veut point que je fasse connaître la vérilé, ou que je vienne lui prouver qu’ii m'a calomnié ! Voilà, certes, un procédé qui n’est pas plus magnanime que libéral, et je suis presque porté À croire que ce monsieur devra courir le risque de figurer au milieu des disciples de la fameuse maxime de Voltaire que tout le monde connaît.

© Mais arrêtez, M. l2 doctrinaire, il n’en restera pas même quelque chose, car j'ai prouvé victorieusement, par mon livre, que vous avez été maiadroit de déguiser et de faire mentir des événements inconnus pour vous seul, afin d'essayer de déconsidérer un citoyen qui se croii sans reproche dans la mémoire d'un vieux gentilhomime militaire, loyal et sans reproche.

M. David est mécontent, parce que je lai fait sortir de ses gonds, mais à qui l» faute ?

IL m'attaque, il m’accuse, il m’insulte même. N'était-ce donc pas mon droit de me défendre et de lui prouver qu’il a eté la dupe de sa crédulité ou de sa prodigieuse puissance d'imagination, en acceptant comme vrais et en développant des récits 1maginaires et contraires à la raison comme à la vérité. Que sou exagéralion et son excellent vouloir à croire ce qui n’est pas, ont prouvé que son ambition était plus avide de fanfare que de sincérité.

Que la majorité du pays était opposée en 1837 à la prise des armes. Que le clergé condamnait cette iolie révolutionnaire.

Que les contemporains de 1837 ont condamné la rébellion de 1837.

Que O’Callaghan, l’aide-camp et le bras droit de M. Papineau, a écrit une lettre, en 1852, condam-

nant la prise des armes.

ne be bee but Ms Me be

Que le grand O'Connell, dans la Chambre des Communes anglaises, à Jésappronvé dans les termes les plus sévères, tant ia rébellion de à7 que celle de 38.

Que la plupart des chefs et les partisans actifs de la révolte out, après la catastrophe, condamné ce mouvement irréfléchi, même ceux qui sont montés sur l’échafaud.

Que les insurgés à Saint-Eustache se sont rendus coupables d’une infinité d'infamies envers la population paisible et loyale de l'endroit, et que pour se protéger contre autant d’atrocités, la formation d’une compagnie de volontaires était devenue nécessaire.

Cependant, on à vonlu blâmer la part que mou père à prise aux événements de 1837.

Est-ce parce qu'il a voulu se protéger et faire respecter toute une population odieusement iusultée et persécutée ?

Est-ce parc: qu’il a eu la générosité de se venger des persécu'eurs, en les protégeant, non seulement lors de la journée néfaste du 14 de décembre 1837, mais même après ?

Allons, M. David, vous êtes un maladroit, car quand on habite une maison de verre, on ne doit pas lancer des projectiles sur la maison bien mieux protégée du voisin. Oui, vous habitez et sympathisez avec des hornmes qui, autrefois et mer, se sont rendus coupables de trop d’atrocités, pour venir injustement attaquer la mémoire d’un hon- 1 ête homme ; car, entre eux et mon père, ii y a un abime, et vous ne pourrez jamais y trouver un atome ou un seul degré de comparaison, et puisqu'il le faut, je vais vous le prouver, en vous rappelant ce que vos partisans politiques, les grands républicains de la révolution française, ont com-

Avez-vous oublié les abominations ordonnées par le fameux Pétion et par les Girondins, en 1792?

Avez-vous oublié que ces sans-culottes, en chan. tant le Çà-ira et la Carmagnole, promenèrent au bout d'une pique un cœur saignant avec l'inscription suivante : ‘Ceci est le cœur de l'aristocratie ?”

Avez-vous oublié qu'une fou'e furieuse se précipita dans les appartements de Louis X VI, en vociférant, en Pinsuitant, pour lui faire sanc'ioaner un décret contre les p'.res et en lui demandantde se coiffer du fameux bonnet phrygien rouge ?

Avez-vous oublié, que durant cette circonstance hontense, la princesse Elisabeth, sœur du roi, fut andacieusement insultée et qu’elle fut obligée de poser sur Ja tête du Dauphin le bonnet des Jacobins, afin d’apaiser cette horde iguoble et hurlante ?

Avez vous oublié que quoique le roi fût menacé par les armes et les piques dirigées contre lui, ilen imposa tellement par son calme et sa majesté, que Pétion lui-même ordonna a ses brigands d’évacuer le palais royal ?

Avez-vous oublié que, un peu plus tard, ce palais fut investi pour la deuxième fois, qu’on y massacra par milliers les gardes du roi et que le roi lui-même fut trainé en prison comme un vil scélérat ou plutôt comme le Sauveur du monde le fut par une vile populace ?

Avez-vous oublié que la révolution avait forcé des milliers et des milliers de français à émigrer et à se joindre à une armée de 130,000 hommes, composée d’Autrichiens, de Prussiens et qu'ils partirent de Coblentz pour venir délivrer le roi des mains de ces révolutionnaires barbares et insensés ?

Avez-vous oublié que la hideuse guillotine fut érigée en permanence, que le sang des prêtres, des nobles, de la hourgcoisie et des royalistes coula à flots ?

Avez-vous ouhlié que l’on forçait alors les prisons, les résidences privées, les monastères pour se livrer au meurtre et à des crimes épouvantables ?

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Avez-vous oublié les horreurs, les atrocités sanglantes commises à l'Abbaye par ces monstres à la tête desquels trôünait le fameux Maillard, et que la plume se refuse de redire ; car hommes, femmes, vieillards et enfants ne furent pas épargnés par ces révolutionnaires ivres de sang ?

Avez-vous oublié que ces tigres promenèrent en triomphe dans les rues de Paris, au bout d’une pique la tête sanglante de la princesse de Lamballe, la plus belle et la plus gracieuse femme de France, parce qu'elle avait voulu protéger Marie- Antoinette et parce qu’elle avait osé être son amie courageuse et dévouée durant ces jours de malheurs et d'abominations ?

Avez-vous oublié que Louis XVI, le roi bon et vertueux, l'ami sincère de ses sujets fut contraint lui aussi de monter sur l’échafaud. Et Marie- Antoinette ne po:ta:t-elle pas elle-même sa tête sur le hideux gibet ?

Avez-vous oublié que ces bourreaux fatigués du sang versé de tant de victimes innocentes et incapables de se protéger, finirent par s’entr'égorger entre eux et que les farouches Jacobins firent tomber d’un seul coup la tête de 29 chefs Girondins, qu'ils trouvaient trop modérés et trop puis. sants au milieu d’eux ?

Avez-vous oublié que tout en s’entre dévorant, ces furieux faisaient non-seulement fonctionner la guillotine la nuit comme le jour, mais que quand elle ne pouvait suffire à sa triste besogne, on noyait les malheuréux par milliers ou on les fusillait par groupes immenses et compacts ?

Avez-vous oublié que la religion catholique fut couspuée, abolie ; que les églises furent fermées ou envahies par la débauche ; qu'il fut défendu de sanctifier le saint jour du dimanche ; qu'il fut défendu de baptiser et d’enterrer les morts avec les prières religieuses ?

Avez-vous oublié que le prêtre, l'Eglise, la religion, Dieu même furent remplacés par la déesse de la Raison, une prostituée, image nnique de la seule divinité autorisée et permise par les fous du Jacobinisme ?

Avez-vous oublié que l’usurpation, les crimes, la débauche constituaient ou représentaient la civilation de cette époque de honteuse mémoire ?

Avez-vous oublié que sur le déclin de la terreur, Fréron lui même en parlant de Fouquier-Tinville l’accusateur public, s’écria au milieu du directoire : * Je propose de purger la terre de ce monstre et d'envoyer Fouquier-Tinville en enfer, pour y lécher tout le sang qu’il a versé ?

Avez-vous oublié que la vengeance de Dieu éclata visiblement et que les révolutionnaires s’assassintrent entre eux et que l’on envoya à l’échafaud Robespierre Saint Just, Couthon, Desmoulins, Danton, puis tant d’autres ?

Avez-vous oublié que Charlotte Corday, cette jeune fille issue d’une noble famille, révoitée par les crimes des chefs de la révolution, fit le sacrifice de sa vie en allant poignarder le fameux Marat, le plus sanguinaire de tous, lorsqu'il était dans son bain, et qu’elle monta ensuite sur l’échafaud avec résignation et avec la plus grande bravoure ?

Avez-vous oublié que Napoléon Bonaparte, indigné des crimes, des persécutions, de tant de sang versé par ces monstres, s'empressa à son retour d'Egypte où il s'était couvert de gloire, de renverser le féroce directoire et de rétablir l’ordre ?

Enfin, avez-vous oublié ce que, tout dernièrement, après la dernière guerre franco-prussienne, les communards de Paris ont perpétré et consomimé ?

Si, de plus, je vous parlais de 1837, de 1838, des odieuses persécutions qui furent dirigées contre les loyaux, contre le clergé et si je narrais ce que

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vous savez !...…... Si ensuite, je vous demandais ce que vous pensez de la corde que l’on envoya à Menseigneur Lartigue avec la menace de le pendre, s’il s’opposait à la révolte, seriez-vous édifié ?

Et après tout cela, vous M. David, vous le partisan tacite et politique de ces hommes, de ces républicains farouches de France, et non leur ami, sans doute, vous avez eu le triste courage, afin d’entraver mon élection en l’année 1875, de venir attaquer la mémoire de mon père, d'un homme généreux, qui a fait ses preuves comme soldat et gentillomme, et dont la devise fut toujours ‘ Dieu et mon Roi ?”

Oh ! cet acte ne vous honore point, et permettez moi de vous dire que, vous êtes fort dépoétisé dans mon esprit comme dans l'esprit d’un grand nombre.

Je sais très bien que je ne convertirai jamais M. David à mes principes politiques, car il est républicain et je suis royaliste. L’abime qui nous sépare ne peut être franchi. Cependant, je veux respecter ses sentiments politiques, mais j'exigerai qu’il respecte les miens. J'irai plus loin, je lui dirai que comme mon père, je combattrai et repousserai énergiquement toutes ces anciennes et pernicieuses idées d’annexion, de républicanisme qui si elles étaient goûtées et acceptées par le pays auraient, d’après moi, le funeste effet, le bien triste résultat de détruire nos traditions, notre langue ainsi que nos sentiments religieux et nationaux.

M. David que la rage et le dépit aveuglent. en veut à ma naissance et, il répète que je ne suis pas canadien-français comme les David qui après avoir séjourné quelques temps aux Etats-Unis sont revenus des Davis !...…..

Sachez-le M. David, le démocrate, je sais que ma famille est quelque chose, et je suis certain que

vous ne la dédaigneriez pas tant si elle vous appar tenait ou si vous en faisiez partie.

Je le répète, il y a assez de Canadiens-français nés aux Etats-Unis qui ont perdu totalement l'usage de leur langue, sinon plus, pour qu’on n’en augmente pas le nombre et pour que l'on n'inaugure pas parmi nous un système gouvernemental, qui avec son assemblage d'éléments et principesdivers, noyerait et anéantirait pour toujeuis la race canadienne-française sur ce continent ; race à laquelle j'appartiens et pour lajuelle je combattrai toujours et sans relâche.

D'ailleurs, que M. David sache que je n'ai jamais écrit mon ouvrage pour lui ou l’infime minorité du pays ; Ç'eut élé absurde et peine perdue et je ne l'ai publié que pour ies raisons que J'ai énumérées si souvent :

I pour venger la mémoire de mon père injustement attaquée ;

20 pour rétablir la vérité historique de 1827, audacieusement mutilée et traveslie ;

3° pour prouver que mon père et ma famille ont marché, en 1837, avec l'immense majorité de la population comme avec le clergé catholique de ce pays, et qu’enfin cette majorité est encore aujourd'hui ce qu’elle était en 1837.

Alors que M. David en prenne son parti, car ses censures et ses colères impuissantes ne peuvent ni in’émouvoir, ni m'effrayer ! J’ai atteint le but que je m'étais proposé, celui d’être compris par ceux qui partagent mes sentiments et qui représentent la presque totalité du Dominion. Voilà tout.

Que M. David sache donc aussi que si, en 1837, j'avais été d'âge à m'occuper de politique, j'aurais certainement demandé, moi aussi, des 1eformes c’est-à-dire des réformes nécessaires, justes et raisonnables ; mais pour en arriver là, Je n’aurais pas mis le feu aux quatre coins du pays, je ne me se-

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vais jamais laissé entrainer à demander plus que je n'aura's dû solliciter, je me serais retranché dans le périmètre légal de la constitution et je me serais bien donné garde de soufler la tempête et de provoquer les horreurs d’une guerre civile.

Que l'on lise Bibaud, Garneau, l'abbé Paquin comme plusieurs autres historiens qui blâment la pétulance comme l'entrainement républicain ou révolutionnaire de l’époque et on se convaincra que je dis vrai et que je relate l’histoire lorsque je condamne l'attitude parlementaire et la frénésie de ces hommes qui voulaient marcher trop vite, de ces imprudents qui ne voulaient pas même pren. dre le temps d’ameuder la constitution (constitution que le Souverain lui-même n’a pas le droit d’enfreindre ou de violer); mais qui étaient saturés à cette date, par Ges idées malsaines, par des aspirations républicaines, par des ambitions mesquines, personnelles et désordonnées. Enfin, c'était les principes de la révolution française da 1830, c'était même la franc-maçonnerie qui se déteignaient sur quelques hommes du Canada.

En disant que la révolution française se déteignait sur quelques hommes au Canada, je dis vrai, et qu'on lise les journaux constitutionuels de l’époque qui taxaient de misérables et de la façon la plus .violente, maints chefs étrangers à Saint-Eustache et qui lui firent tant de mal. Dans mon supplément, publié en avril dermier, je reproduis, aux pages 83, 84, 85, 86, 87, 88 et 89, certaines appréciations de ces journaux, qui édifieront le lecteur, spécialement sur les agissements déréglés des rebelles dans le comté des Deux-Montagnes et à Saint-Eustache. Le journal .!e Canadien, publié par un patriote honnête etmodéré, condamne dans les termes les plus sévèr2s les excès des chefs et de ceux qui les écoutaient ou les suivaient. Le Courrier des Etats- Unis, quoique étranger au pays et à la lutte, écrivait

entre autres choses, le 29 de juillet 1837, ce qui suit :

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