C. A. M. Globensky, Ecr
Cher Monsieur,
J'ai lu avec intérêt le petit pamphlet sur les malheureux événements arrivés en 1837 dans notre paroisse.
C'est vers la première date de ce pamphlet, c'est-à-dire le 26 de novembre 1837, que je suis parti de St-Eustache pour aller à Nicolel, et j*y suis revenu durant l'hiver sui-
^'^ty de sorte que je n'ai pu être témoin de ces événe- ^iieiits. Mais je crois que, d'âpre le rapport de beau» ^coop de personnes très dignes de foi et que j'ai queslioQnées» tous les faits rapportés par Tauteur du pamphlet que l'on attribue à feu Messire Paquin, le curé de St-Eostache lors de ces événements, sont très véridiques. D'ailleurs, jamais personne, à ma connaissance, n'a eu la témérité de contredire la véracité et l'authenticité de cette bfochure qui a été écrite par un homme franc, généreux et animé des sentiments patriotiques et évangeliques les plus purs.
Cet ouvrage de ce digne prêtre est certainement très intéressant à plus d'un titre. Cependant quant à moi je ne vois pas d'ombre dans ce tableau, mais une omission qui regarde feu M. Eugène Globensky, votre regretté oncle, et votre très humble serviteur.
Je veux parler d'un fait qui £e rattache à ces événements dont je vous ai parlé dans une lettre précédente et que je veux accentuer davantage. Le voici :
Vers le mois d'août ou septembre qui a précédé la
catastrophe, j'allai trouver M. Eugène Globensky un
samedi et lui dis à peu près les mots suivants : ** Ne
voyez-vous pas comme moi, M. Globensky, que le Dr
Chénier et les autres cYitk patriotes veulent entraîner les
habitants de cette paroisse dans une bien malheureuse
rébellion. Alors, pourquoi vous et moi ne ferions-nous
pas tous nos efforts pour empêcher un si grand malheur ?
Faisons demain, dans ce but, des discours à la porte de
l'église à l'issue de la messe. Peut-être réussirons-nous à
refroidir cet enthousiasme malsain qui s'empare de co-paroissiens. Essayons de contrecarrer tous ces efibsts que font nos chefs patriotes pour provoquer une rébàe Mon." Et M. Globensky acquiesça à ma demande, H me laissa parler le premier, je devrais dire plutôt laç mon petit discours, car je suis loin d'être un orateur, et je me défiais de ma mémoire.
Le seul abr^ de mes paroles était cdui-d : Jevoufaûs feire voir à mes auditeurs qu'il était clair que le Dr. Chénier et les autres che& patriatet visaient à une rébcilîoa du peuple de cette province, et particulièrement du comté du Lac des Deux-Montagnesw Mais quelle imprudence dans ces démarches, leur disais*je I Où sont vos offideis et soldats aguerris? Oà sont vos armes, &c?
Ensuite M. Eugène Globensky adressa aussi la parole ftu peuple assemblé à la porte de l'égKse. Je croîs que son discours était à peu près dans le même sent que le mien, mais certainement bien mieux dit et mieux fidt
Autant que ma mérooke peut me servir, nous n^ivons pas été interrompu, et il me semble que les auditeurs goûtaient assez bien nos conseils.
Mais notre satisfaction l'ut de courte duz^ Taadif que nous parlions, un courrier ^^/m^^ se dépêcha d'aUer avertir de l'affaire feu W. H. Scott, M.P.P. Ce boa patriote n'eut pas de peine à détruire tout le fruit de 1100 bons conseils»
Cependant il restait à M. Globensky et à mpi la saliefaction d'avoir £ut notre petit possible poar conjuser Forage qui commençait à gronder au-deasuede noe tèlea
^nfin, je regrette que M. Tabbé Faquin n'tlt point bk ^^ntîan des eflorts que nous avons £adts, dans cette dr- ^^Onstance difficile, pour ramener les gens à une attitude ^>lus modérée et plus sage ; car s'il était nécessaire de Eure connaître les coupables, il était bon aussi de mentionner les noms de ceux qui se sont appliqués à retenir leurs co-paroissiens dans les bornes justes de la légalité de la sagesse.
Je me hâte d^sjouter qu'3 &ut pardonner cette conduite mémoire de M. Scott, car peu de jours après il a dû sa faute par mille persécutions dont il a été l'objet ^e la part de ses cÎKlevant amis patriotes.
Ken à tous»
J. L, DB BSLLEFSUILLE.
Les trois lettres de M. de Beliefeuille qui précèdent sont corroborées par les déclarations qui vont suivre. La première a été donnée par M. Paul Boileau, titoyen fort intelltgent, qui a toujours pris une purt très active à la poHdqae, tant en 1837 qu'aujourd'hui, et qni est resté ce qu'il était, c'est-à-dire mm vieux fëitiôit de l'ancienne roche. MM. Peltier, les Lorimîer et autres chefs furent ses hôtes en xSjy* Homme considéré, riche cultivateur, occupant les plus hautes charges à St-Joseph du Lac, endroit qui, autrefois, faisait partie de la paroisse de St-Sustache oh il rÀide aujourd'hui, il a toujours Àé jusqu'à nos jours, iuiqa'en iSyy, fami particulier des libéraux avancé^
c'est-à-dire du parti rouge, et il le sera sans doute jusqa'à sa mort Conséquemment, sa déclaration ne peut être suspectée ou regardée comme atteinte de partialité.