CLÉMENT
Ce monsieur est un ancien marchand de St-Eustache^ qui autrefois a fait des affaires considérables. Il réside actuellement au village où il jouit de la considération publique, taht par sa haute intelligence que pour son affinité avec une famille nombreuse et on ne peut plus honorable.
Ce monsieur a trois fils établis à Montréal» dont deux dans le haut commerce et le troisième employé dans le bureau de poste de cette cité.
Le digne et savant abbé, messire Joseph Godin, lui est allié et est fort attaché à la famille Proulx.
Je. soussigné, déclare et certifie que Tun de mes frères et moi, nous faisions partie de la compagnie des volontaires du capitaine Globensky ; compagnie dans laquelle j'avais le grade de sergent et qui, en 1837, a été recrutée en très grande majorité parmi la classe aisée et respectable des cultivateurs Canadiens-français de St-Eustache, qui désiraient proit'gcr la pojiulation paisible, tant de la paroisse (jue du village, contre les persécutions injustes des révoltés de cette triste épocjue.
Lors de la rébellion, les loyaux au nombre desquels je figurais, étaient tous les jours exposés à des traitements humiliants et à des affronts publics que l'homme le plus calme ne pouvait endurer. Et toutes
ces avanies ou persécuticms, parce que nous ne voulions p<Hnt nous rebeller et faire la folie d'écouter les chefs de la révolte, qui voulaient nous forcer à prendre les armes cootie le gouvernement
Le but principal de notre armement était de venir prot^r avant, pendant et après la bataille nos biens meubles et immeubles; mais spécialement nos femmes et nos enfimts, qui étaient restés dans nos demeures.
J'ai assisté à la bataille, à laquelle notre compagnie au meilleur de ma connaissance, n'a pris aucune part et je ne crois point qu'un seul des insurgés ait été tué par mes compagnons d'armes.
Je déclare de plus qu'après avoir lu les déclarations qui ont été données à M. C. A. M. Globensky par le capitaine Choquette, par M. D. McNaughton, par William Inglis, écr., et plusieurs autres citoyens, je proclame hautement avec eux que Ton a eu tort d'attaquer la mémoire de notre commandant, pour la part qu'il a prise avec sa compagnie aux événements de 1837 ; car sans son intervention et celle de ses volontaires, les insurgés ou les combattants n'auraient pas été protégés ou épargnés et l'histoire de cette guerre civile aurait eu à enr^strer le récit d'un bien plus grand nombre de malheurs; malheurs qui seraient certainement arrivés, durant cette journée néfaste du 14 décembre 1837, si notre compagnie n'eût pas été là pour les prévenir.
J,-Bte. Proulx,
20 décembre 1877. Sergent
SECONDE DÉCLARATION DE M. jlÀN-ldXPtISTfe nftlM:^
DIT bLÊMÈNT.
Apr^ la déclaration que j'ai donnée à C. A. M. GIo- "bensky, écr., en date du 20 de décembre dernier (1877 ) je dois y ajouter la suivante :
Je, soussigné, déclare et affirme que Ton commet on mensonge flagrant lorsque Ton dit que '' le cœur da -docteur Chénier aurait été arraché de sa poitrine pour en faire im objet de curiosité ; de plus, qu'on l'amait promené au bout des baïonnettes des soldats et qu'enfin l'on aurait mutilé son cadavre. "
Je dois ajouter que j'ai lu dans le journal LOpimon Publique àM 14 de février courant (1878), un récit Eût par un nommé Félix Payriard dit Bourguignon sur la bataille de St. Eustache, livrée le 14 de décembre 1837.
Je me crois obligé de faire remarquer que le scieur de bois de M. Alfred Garneau, ou le dit Payriard, a dû répéter bien innocemment ce qu'il a entendu dire, car il mentirait s'il soutenait que le Dr Chénier, après s'être évadé de l'église aurait combattu les troupes en face de cet édifice, soit en se cachant près d'un mur, soit en escaladant le dit mur, pour tirer sur les soldats anglais' et qu'enfin, après avoir été blessé mortellement, il serait tombé du côté des Anglais oîi il aurait été achevé à coups de crosse de fusil.
Il mentirait aussi, s'il soutenait que le cœur du Dr Chénier aurait été montré par curiosité et que quand un patriote passait, on lui criait : ** Viens donc voir ton Chénier, comme il avait le cœur pourri !... "
Tonte cette narration est une histoire de fantaisie, ou
JPœnvre d'un esprit inventif, et à force de la répéter, on finirait sans doute par la faire croire à la nouvelle génération, si, par respect pour la vérité, des témoins oculaires et qui vivent encore ne venaient lui donner un démenti formel.
Je défie qui que ce soit dans St Eustache d'avancer une teUe fausseté ; car tout le monde lève les épaules de pitié, lorsque Ton dit ou que Ton lit un tel conte.
La poitrine du Dr. Chénier a été ouverte par les chirurgiens, c'est vrai; mais comme le dit M. le Curé Paquin, dans son ouvrage historique, c'était pour constater la cause de la mort, et aussitôt après Tautopsie, les dépouilles du défunt furent recouvertes et tenues avec la plus grande décence.
Je parle avec connaissance de cause, car j'étais sergent, je le répète, dans la compagnie des volontaires du Capitaine Globensky, compagnie qui a eu la garde du village après la bataille, et qui avait toujours Tune de ses sentinelles en face et à l'intérieur de l'hôtel Addison, où le corps du Dr Chénier était exposé. Conséquemment, si une telle infamie eût été perpétrée, j'en aurais été témoin ; mais encore une fois, je le redis, c'est un récit imaginaire et mensonger. D'ailleurs, comme par mon grade de sergent, le Capitaine Globensky m'avait chargé de placer et de remplacer les gardes auprès du corps du Dr. Chénier, je ferai prouver par l'une de ces sentinelles qui vit encore, que ce récit est absolument faux.
J'affirme de plus qu'il débite une fausseté, lorsqu'il dit : " Avant l'arrivée des troupes au village, une soixantaine
** de patriotes s'étaient cachés dans les aulnages, sur fat *^ tene de M. Féré, le long de la montée qui menait an ** Moulin et au Grand Chicot ; ils étaient à environ trois ** milles du village. Ils ont tué une dizaine d'hommes " de cavalerie."
Afin de prouver la folie d'un tel conte, il suffit de savoir que les troupes et la cavalerie sont arrivées k St Eustache par l'Est et non par l'Ouest oh se trouve cette montée. Il vaudrait.autant dire que de Montrâd, il vaut mieux passer par Ottawa pour se diriger sur Québec. Pas un homme dans St Eustache ne soutiendra qu'il aurait même entendu dire que dix cavaliers auraient été tués dans cette montée ou ailleurs par les patriotes ; car pas un seul cavalier viL^i été tué avant ou durant la bataille, et d'ailleurs est-ce que M. l'Abbé Faquin, dans ses mémoires, parle d'un tel fait ?
Il prouve aussi qu'il s'écarte de la vérité quand il dit : '' Il était neuf heures du matin quand nous nous som- " mes renfermés dans l'église. Nous tirions à travers les " carreaux des châssis."
Cependant M. Faquin, dit :
" Le lendemain, 14 décembre, de bonne heure, les trois " prêtres (Messires Faquin, Desèves et Chartier) se ren- " dirent au presbytère ; M. Désèves fut le seul qui dit la ** messe." Flus loin, M. Faquin ajoute : "A onze heoKS " et un quart on vint donner l'alarme. I^s sentinelles " se replièrent sur le village et vinrent annoncer l'arrivée " des troupes, et aussitôt tout le village fut en émoi, on " sonna le tocsin et les guerriers se rassemblèrent poUf
se préparer au combat. Il y avait alors la moitié de
" Tannée absente, car on ne ^attendait nullement à Hrt ^ eiMûçul a jour-là; les soldats de Girod s'étaient répan- . " dos dans les diverses côtes pour aller piller et aller ^ chercher du renfort, pour l'attaque projetée sur St " Martin, pour la nuit suivante. Messieurs Paquin et ** Désfeves se trouvaient au village lorsque l'alarme fut "dcmnée."
M. Paquin raconte au long que les patriotes ne sont entrés dans l'élise qu'après s'être aventurés sur la glace pour venir attaquer notre compagnie de volontaires, et il était alors entre midi et une heure. M. Paquin ajoute : « A onze heures et trois quarts, les troupes étaient à un '' mille environ du village, en face de la demeure de «* Pierre Lefebvre. Ce fut là que partit le premier coup <* de canon tiré sur Chénier et sa troupe lorsqu'ils tra« '^ versaient sur la glace pour aller à la rencontre des ^ volontaires de M. Globensky." Et le véridique Pafriard fait commencer la bataille à neuf heures du malin. De plus, il fait tuer une dizaine de cavaliers dans une montée imaginaire ! Laissons le encore parler : '' Les troupes passèrent sur le pont de Porteous (pont '' de Ste. Rose). Nous avions, la veille de la ba- " taille, dans la soirée, été scier les lambourdes du pont ; << mais nous nous étions dépêchés, nous ne les avions " pas sciées avant." Voilà encore une histoire, car les troupes ne passèrent point sur ce pont, mais bien sur la glace et à mi-chemin entre St Eustache et Ste. Rose, et je réfère les incrédules à l'ouvrage de M. Paquin pour s'assurer du fait
Le narrateur Payriard dit de plus : " Le jour de la " bataille, la rivière n'était pas bien prise, la glace n'était " assez forte que derrière TEglise. Je passai dessus ; les " crampons des fers de mon cheval perçaient la glace.** Il a voulu sans doute s'amuser aux dépens des badauds, car quand les crampons des fers d'un cheval percent la glace, il n'est pas plus facile pour le cavalier que pour le cheval de s'y maintenir et il faut couler au fond de la rivière. D'ailleurs il ment, car le 14 décembre 1837, la rivière était couverte d'une épaisseur de glace solide et capable de porter un homme et un cheval. Preuve, c'est 'qu'à la suite de notre comi)agnie lorsqu'elle traversa la rivière, deux volontaires, dont un nommé Guillotte, conduisaient une voiture traînée par un cheval, dont il avait la garde, et dans laquelle se trouvaient toutes nos munitions et provisions. Homme et cheval passèrent la glace sans la percer ou la briser.
Il ajoute plus loin : " Un individu était agenouillé " aux balustres au moment où est arrivé, en passant à " travers la grande porte, un boulet qui Pa coupé en deux. ^^JTai vu les deux moitiés auprh des balustres J* En voilà encore une bonne !
Quand il dit que les Anglais ont tiré sur l'église à boulets rouges, il ment sciemment, car pas un seul boulet rouge n'a été tiré, et je le tiens des autorités militaires.
Il ment encore quand il dit que, lorsque le Dr, Chénier et ses compagnons s'évadèrent de l'église, " le soleil '^ était couché ; il faisait brun, mais l'élise en feu nous ** éclairait." Oui, il ment, il faisait parfaitement clair
et âfAÎOeais le combat éuût fini même avant quatre bcsDECS p. M.
Les prisonniers qui avaient été amenés au village n'avaient pas le droit de s'amuser et de s'arrêter ; conséqnemment, dans le cas même oli Payriard aurait été fait prisonnier, il n'aurait pas eu la permission de voir le corps du Dr Chénier.
Le récit fait par François Cabana, corroboré par Benjamin Langlois ainsi que par d'autres et fortifie par William Gréer, dans leurs déclarations sur la mort du Dr Chénier, est le seul véridique ; car j'étais alors aux approches de l'église, lorsque Ton vint me dire que la fusillade que je venais d'entendre était celle qui avait tué le Dr Chénier, alors en fuite dans le cimetière.
Si j'ai été un peu sévère dans la présente déclaration, c'est que j'y ai été obligé malgré moi, et il était de mon devoir de disséquer la déclaration extraordinaire et unigu€ de Félix Payriard ; car il n'est pas permis de fausser la vérité, même de loin. Enfin, je le répète, si j'ai été forcé de rétablir les faits, c'est parce que notre compagnie a été attaquée bien injustement et parce qu'elle eut après la bataille la garde du village et celle des dépouilles du Dr Chénier.
En foi de quoi, j'ai signé la présente déclaration, ce vingt-cinquième jour du mois de février mil huit cent soixante et dix-huit.
(Signé) J.-Bte Proulx.
Avant que cet article dont il est parlé plus haut fût publié dans L'Opinion Publique^ je n'aurais jamais pensé
qu'il pût 7 avoir un homme assez fou ou asKs menteur pour raconter une atrocité ou une méchante plaisMb terie du genre de celle qui a fidt les firais de cet écrit sur les événements de 1837.
De deux choses Tune : Payriard est un menteur ou c'est un insensé. C'est un dangereux menteur, ri de propos délibéré, il a fait un tel récit à M. Gameau, afin de se faire valoir et de conserver la renommée proverbiale que lui et quelques-uns de ses parents sont des farceurs qui aiment à faire des drôleries et qui s'étudient à raconter ou à fabriquer des anecdotes et histoires controuvées. C'est un insensé, s'il a rapporté ce qu'un mauvais plaisant aurait inventé, dans un moment où la tête avait déménagé, d'autant plus qu'il connaissait, et mieux que tout autre, la fausseté et l'inexactitude de toute cette honteuse histoire, si réellement îi a assisté à la bataille du 14 de décembre 1837.
La déclaration qui va suivre a été donnée par un rentier à l'aise, par l'un des hommes les plus respectés parmi les cultivateurs comme parmi toute la population de St-Eustache et qui est allie à la famille Rodier, de Montréal ; elle fera justice des mensonges et des absurdités contenus dans le fameux récit de Félix Payriard.
Le déclarant est M. Basile Sauvé dit Laplante, et lisons sa déclaration ; déclaration qui n'aurait pas été donnée, si le notoire Payriard n'eût pas menti, et s'il n'eût pas donné de fausses matières aux jeunes historiens qui, sans le vouloir, écriraient des récits contraires à la vérité et à l'histoire.
I^aJUtATION DE BASILE SAUVi DIT LAPLAMTE.
J^ Basile Sauvé dit Laplante, déclare comme IL Jean-Bte Proulx, ancien marchand de St-Eustache, que^ mm anasi, j'étais enrôlé en 1837 dans la compagnie des votontaiies du capitaine Globensky ; compagnie qui a ym une part assez active ou plutôt médiatrice durant les troubles de 1837.
Je déclare de plus et sans restriction que j'appuie Tap* pràâation qui est faite par le dit Jean-Bte Proulx, dans sa déclaration donnée le vingt de décembre dernier (1877) sur les événements de 1837, puis celle qu'il a aussi faite dans une autre déclaration donnée le vingtdnquième jour du mois de février 1878, pour réfuter la itpasUian mctisangïre d'un nommé Félix Pajrriard dit Bourguignon. J'approuve et corrobore dans toute leur forme et teneur les déclarations du dit Jean-Baptiste Pioulx, ainsi que celles qui ont été données par mes
compagnons d'armes, afin de prouver l'attitude de notre compagnie et les services qui ont été rendus aux insurgés par le capitaine Globensky et ses volontaires.
Quant à la déclaration donnée par le dit Félix Payriard dit Bourguignon à M. Alfred Gameau, je dois ajouter en réfutation plusieurs faits et circonstances dont M. Jean* Baptiste ProuU n'a pas été témoin.
Premièrement, je dois dire que, après la bataille du 14 de décembre 1837, je n'ai pas bougé du village de St Eustache, et j'ai été de garde durant une demi-journée auprès du corps du Dr Chénier.
Le oKps était placé, non sur tine table comme le raconte le dit F. Payriard, mais bien sur le comptoir de la barroomàt Thôtel Addison. Le volet attaché au plafond et qui se rabattait tous les dimanches, pour cacher la dite har-room à la vue du public, était rabattu sur les dépouilles du Dr Chénier. La fenêtre qui se trouvait au bout du comptoir de la dite bar-room et qui donnait sur la rue, était à une assez bonne distance de la ÙLce du défunt, puisque sa tête avait été placée à l'autre bout du dit comptoir, et cette fenêtre était fermée et non ouverte, comme le dit le nommé FélLx Payriard. D'ailleurs, le froid intense qu'il faisait alors n'aurait jamais permis que cette fenctrc fût ouverte. La porte qui donnait accès à la dite bar-room était aussi fermée ; conséquemment, les restes du Dr Che'nier se trouvaient non-seulement cach& à la vue des passants, mais ils étaient renfermés dans une chambre close et nul ne pouvait les voir, sans un permis des autorités militaires, et sans l'assistance du tourne-clef ou de la sentinelle, qui, toujours, était en faction devant la dite bar-room.
En face de l'auberge et sur le parapet de la rue, une autre sentinelle empêchait les gens d'entrer à l'intérieur ; car cet hôtel avait été converti en infirmerie et on y avait transporté tous les blessés. De plus, la porte d'entrée de cette auberge était fermée au verrou et ceux qui voulaient y entrer ou voir le corps du Dr. Chénier, étaient obligés de se munir d'une passe (permis) ; car sans cela, la porte n'était pas ouverte.
J'ai montré le corps du Dr Chénier à au-delà de cinquante personnes, mais elles étaient toutes pourvues d'une pennission émanée de Tautorité militaire, à Texceptîon, bien entendu, de mon commandant, le capt. Globensky, qui est venu plusieurs fois montrer le corps da I>r Chénier à plusieurs messieurs.
L'autopsie a été faite alors, m'a-t-on dit, pour s'assurer
de la cause de la mort du Dr Chénier ou comment il
avait tti tut ; mais je n'ai pas été présent à Touverture
du cadavre. Tout ce que je sais, c'est que la peau et
la chair de sa poitrine étaient fendues en forme de croix,
j'ai aussi remarqué que la chair était entrelardée de
; mais personne plus que moi n*a pu voir à Tinté-
xieur de la poitrine, puisqu'elle était refermée.
Félix Payriard ment lorsqu'il dit : " la poitrine était ** découverte et le cœur pendait en dehors. Quand un " patriote arrivait ou passait là, il lui criait : Viens donc ** voir ton Chénier, comme il avait le cœur pourri. Je ** remarquai que la tête était couverte de caillots de " sang, à cause des coups de crosse de fusil."
Comme je l'ai dit plus haut, j'ai vu le corps du Dr Chénier au-delà de cinquante fois et sa poitrine n'était pas découverte ; car c'est moi qui la découvrait, en ouvrant le devant de sa chemise, pour la montrer aux vi^teurs munis d'une passe.
Le cœur n'a jamais pendu en dehors de la poitrine» et celui qui fait un tel avancé commet un mensonge in* âme.
La figure était nette, belle, blanchCi sans aucune maïqae deviolence; elle ne portait pas la plus petite ^jiatignuie; et la tête n'était nullement couverte de caillots de sang, comme l'avance malicieusement le dit Félix PayrianL
L'appel fait aux Patriotes de venir voir le corps et U ccair pourri du Dr. Chénier, est aussi un mensonge atroce.
Quand il parle aussi de douze cavaliers qui ont été tués avant ou durant la bataille, il a voulu s'amuser aux dépens de ceux qui l'entouraient ; car pas un seul homme de cavalerie n'a été tué avant, durant ou après la bataille du 14 de décembre 1837.
Il a aussi voulu broder une histoire, quand il dit que '^ la rivière n'était pas assez prise et que la glace n'était " assez forte que derrière l'église." Je nie un tel avancé, car le 14 de décembre 1837, la glace était assez forte pour permettre à cent cinquante ou à deux cents insur* gés de s'y aventurer, pour venir livrer bataille à notre compagnie qui se trouvait du côté opposé, c'est-à-dire sur le bord de la plage de l'Ile Jésus, et un cheval pouvait de la même manière la franchir sans danger. Preuve, c'est que lorsque notre compagnie la traversa, elle avait à sa suite une voiture traînée par un cheval et dans cette voiture ou traîneau se trouvaient toutes nos amunitions comme toutes nos provisions. Alors, après l'exposé d'un tel conte et d'une aussi pauvre histoire, il est facile de juger du reste de la narration du dit Félix Pa3rriard dit Bourguignon; particulièrement lorsqu'il fait combattre le Dr. Chénier à sa sortie de l'église, soit sur le
mur du cimeti^ ou dans le cimetière même, tandis qu'il est reconnu qu'il a été tué à sa sortie de l'^g^ loisqu'îl se sauvait en traversant le dit cimetière.
En foi de quoi, j'ai signé la présente dédaration, en frisant ma marque, ce vingt-septième jour du mois de décembre, mil huit centsoizante^-dix-neu( en présence du Docteur V. Pftnrault et de M. W. H. Scott
ItaL V. Perrault, 1 .^„^- .