‹ La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache avec un exposé préliminaire de la situation politique du Bas-Canada, depuis la cessionChapitre 36 sur 90 · DÉCLARATION DE GUILLAUME DRAVER DIT ST. PIERRE · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE GUILLAUME DRAVER DIT ST. PIERRE

Je, soussigné, déclare (jue, en 1837, j'étais incorporé dans la compagnie des volontaires du capitaine Globensky ; compagnie qui a été formée si)écialement parmi les Canadiens-français de notre paroisse, afin de nous

protéger et de protéger la population paisible et loyale de Tendroit contre les persécutions et les insultes inquar lifiables des révoltés ou des insurgés, qui formaient à cette date le camp de la rébellion de St-Eustache.

Je déclare avec orgueil que notre compagnie, au lieu de faire du mal à ceux qui nous avaient fait endurer maintes avanies et persécutions parce que nous ne voulions pas nous rebeller, ne leur a fait en retour que du bien, et cela, en les protégeant durant et après la la bataille du 14 décembre 1837.

De plus, j'affirme que, au meilleur de ma connaissance, pas un seul coup de fusil n'a été tiré par notre compagnie durant la bataille du 14 décembre 1837 ; car Ton aurait outrepassé les ordres de notre commandant

Je déclare en sus, avec messieurs McGillis, Proulx, Inglis, Sauvé et autres, que le récit fait par un nommé Félix Payriard dit Bourguignon, et publié dans le journal LOpinian Publique du 14 de février 1878, est un récit absurde et mensonger auquel nulle personne sensée ne doit ajouter foi ou attacher de Timportance.

Ayant été de garde, durant une nuit, devant le roq)S ou les dépouilles du Dr Chénier, je dois en savoir quelcjue chose et je dis (jue Félix Payriard dit Bourguignon ment effrontément lorsqu'il dit que '• Le Dr Chénier aurait combattu les troupes anglaises à sa sortie de l'église et (ju aj)rcs avoir été blessé mortellement, son corps aurait été mutilé, et qu'enfin, son cœur aurait été arraché cie sa i)oitrine et promené au bout des baïonnettes des soldats."

1\ faut être bien menteur ou plutôt bien innocent pour fabriquer ou répéter de tels mensonges ; car la troupe royale comme les volontaires ainsi que les insurgés savent qu'aussitôt que le Dr. Chénier eut laissé Téglise, ce fut non pour combattre mab pour se sauver et s'aller cacher, dans le cimetière oU il fut inunédiatement tué par un seul coup de feu.

J'ai vu, et plusieurs fois, le corps du Dr. Chénier lorsqu'il était exposé sur le comptoir de Thôtel Addison, et je corrobore absolument tout ce qui a été dit dans la ééclBxation donnée le 27 de décembre dernier (1879) P^ mon compagnon d'armes, M. Basile Sauvé dit Laplante, par laquelle il réfute ce que le notoire Félix Payriard dit Bourguignon a malicieusement ou innocemment rapporté ou inventé, à propos de la mutilation des dépouilles du Dr. Chénier.

Comme sentinelle auprès des restes du Dr. Chénier qui étaient décemment exposés, je n'ai aucune hésitation à dire que personne n'a pensé à les insulter ou à les faire insulter. D'ailleurs, personne d'entre nous n'eût voulu tolérer une telle infamie ou profanation.

J'ajouterai et sans vouloir me décerner des louanges que comme sentinelle et aide dans l'hôtel Addison, hôtel qui était converti en infirmerie ou hôpital, j'ai rendu de grands services aux insurgés blessés, en allégeant autant que possible leurs blessures et leurs souffrances.

J'affirme aussi que les insurgés qui furent faits prisonniers le furent presque tous le jour même de la bataille, et qu'ils passèrent dans le village avant que le corps du

Dr. Chénicr fût transporté à Thôtel Âddison, vu que ce corps ne fut trouve dans le cimetière que dans la soirée, c'est-à-dire lorsqu'il faisait noir et vers les six heures.

J'affirme aussi que les insurgés qui furent faits prisonniers ne s'arrêtèrent point dans le village et qu'ils furent aussitôt incarcérés. £t j'affirme de plus que aucun insurgé, après la bataille, n'eût voulu commettre la folie de venir au village, car il eut été arrêté à Tinstant ; conséquemment, ce pauvre Payriard brode et ment follement, lorsqu'il fait interpeller les révoltés par les soldats ou par les volontaires.

Je dis enfin qu'il faut être bien injuste et ne pas être honnêic homme pour accuser le capitaine Globensky et sa compagnie d'avoir pris part aux événements de 1837 : car si ceux (jui accusent aujourd'hui eussent été à notre place ils eussent non-seulement pris les armes pour se défendre,mais ils eussent usé de représailles en combattant et en exerçant des vcngances contre les insurgés qui, quelc^ue temps auparavant, nous avaient odieusement maltraités et persécutés.

Voilà ce que ces accusateurs gratuits et injustes eussent sans doute fait, tandis qu'il est projvé que sans l'intervention de notre commandant et la soumission de ses volontaires à exécuter ses ordres, le jour néfaste du 14 de décembre 1837 eût eu à enregistrer ou à compter un bien plus grand nombre de malheurs, un bien plus grand nombre de victimes ; enfin, tout le village eût été livré au pillage et réduit en cendres.

En foi de quoi j*ai signé la présente déclaration, en fesant ma manque, en présence de M. le Dr V. Perrault et de M. William Henry Scott, ce vingt-neuvième jour du mois de janvier mil huit cent quatre-vingt

sa Guillaume X Braver oit St. Pierre.

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Dr. V. Perrault, 1 .^^ -^^ W. R Seoir. } ^^'"^"^^

La déclaration suivante a été donnée par M. Néré Cboquette» fils du brave capitaine Choquette, Tun des déclarants dans cet ouvrage. Je dis brave, parce que sa taivoure était proverbiale dans St Eustache, et que personne ne Ta jamais fait reculer d'une semelle. Cette fiuDÎUe des Choquette est une des premières familles de St. Eustache. Elle est alliée à la famille des Masson, de St Benoit et la mère du Dr Luc Masson et de M. Damien Ma^^son était la sœur du capt. Choquette. Cependant, ces alliés ou ces parents qui s'aim.iient beaucoup, nourrissaient une politique bien différente en 1837. Les deux MM. Masson figuraient au premier rang parmi les révoltés, tandb que les Choquette figuraient au premier rang parmi les loyaux et les volontaires.

M. Néré Choquette est donc le cousin germain des MM. Masson, et du docteur Luc qui fut exilé aux Bermudes.

Ce déclarant est un homme distingué. Il est à la tête du riche patrimoine que son père lui a légaé, et il jouit de la réputation d'un véritable gentilhomme.

DÉCLARATioN DE M. NÉRÉ CHOQUETTE.

Je, soussigné, fils du capitaine Basile Choquette qui a pris une part active aux événements de 1837, déclare que, à cette époque, j'étais comme mon père un loyal sujet de Sa Majesté et qu'à cette date comme aujourd'hui, j'ai toujours condamné le soulèvement comme la rébellion d'un petit nombre des habitants de notre paroisse contre les autorités gouvernementales ; car les reproches vrais ou supposés que les fauteurs de la révolte reprochaient au gouvernement de cette époque, devaient être combattus, selon moi, non par la force des armes, mais par des moyens légaux et constitutionnels.

Le 14 de décembre 1837, je faisais mouvoir un moulin à farine sis au sud de la Petite Rivière du Chêne et ou j'eus maille à partir avec les rebelles ou les insurgés, parce que mon père et moi nous étions loyaux et opposés à la violence ou à la prise des armes.

Apres la bataille du 14 de décembre 1837, nous avions encore de fortes appréhensions sur un nouveau soulèvement (\uï était fomenté dans le pays et préparé jMir les rebelles réfugiés aux Etats-Unis. Nous savions que qucl(]ues chefs réfugiés dans la république qui nous avoisine, sollicitaient fortement les Américains de leur aider à envahir le CaUv^da et qu'en récompense notre

pays serait annexé à leur république. Craignant une telle conspiration, et comme la très grande majorité de St Eustacke était opposée à cet envahissement comme à l'annexion où à Tindépendance du Canada avec les Etats-Unis, il fut décidé que, pour aider à faire échouer on tel complot, nous devions former un corps de cavalerie et prendre les armes. Aussi, ce cor(>s de cavalerie fut immédiatement organisé, et M, W. Lederc, domicilié au village de St. Eustache, en fut constitué le capitaine.

Ce corps de cavalerie, dans lequel j'étais sergent, était composé presqu'entièrement de Canadien- Français recrutés dans la paroisse de St. Eustache. Il fut incorporé par les autorités militaires et mis sous la surveillance du Capitaine Maximilien Globensky, qui, dans le même temps, avait la garde du village avec sa compagnie de volontaires et un petit détachement de la troupe royale.

Ce corps de cavakrie, soutenu et payé par le gouvernement ou les autorités militaires, stationnait au village St Eustache et ne fut remercié ou licencié avec les volontaires du Capitaine Globensky que après onze mois de devoir et de service, c'est-à-dire lorsque les tentatives de soulèvement en ce j ays et l'envahissement du côte des Américains et qui arrivèrent en 1838, furent complètement étouffés.

A rinstar de tous les loyaux et de tous les insurgés qui ont donné des déclarations sur 1837, je certifie comme eux que le Capitaine Globensky avec sa compagnie, au lieu d'user de représailles et de sévérité envers les rebelles, ne leur a rendu au contraire que de très

grands services, spécialement après la bataille od le^^^

jours qui la snivircnt, vh que j'en ai été le témoin ocu

laire.

Avant de tcrm mer cette déclaration, je dois dircavec^=~ plusieurs autres déclarants, comme Messieurs McGitfis^^ Proulx, Inglis, Sauvé et autres, que ceini qui racont^^ m aficieu sèment ou fc^ement que le corps el le ccear diB docteur Chénier auraient été mutilés et profanés, profèreun mensonge ignoble ; car j'ai vu le corps du Dr Chénier qui était exposé décemment dans l'hôtel Addisson, et le récit fait par un nommé Félix Payiiard dit Bourguignon sur la mutilation et la profanation des dépouille» par les troujjes ou les volon taire i^, est un récit fantastique et imaginaire que personne ne doit croire.

De pluK, je dois ajouter que mon père qui a assisté à la bataille du 14 de décembre 1837, m'a formellement dit ainsi qu'à un grand nombre de personnes, et cela en plusieurs occasiotw, que le docteur Chénier n'a jamais combattu les troupes après être sorti de l'église, et qu'il a été tué par un seul coup de feu lorsqu'il eut sauté dans le cimetière de St. Eusiacbe d'oli il essayait à se sau-

En foi (le quoi j'ai signé la présente déclaration, ce vingt-huitième jour du mois de janvier, nnil huit cent quatre-vingt.

(Signé) NÉBÉ Choqwkttk,

Si je le voulais, je pourrais faire un volume avec le» déclarations des hyalhttt de St-Eustache, qtri vivent

tt qui témoigneraient hautement en faveur de mon père ; mais ce serait un travail superflu, fastidieuxf «t je ne veux ci.er entre autres déclarations cjue la soivnnte, vu qu^elle se rattache à un fait particulier qui ^n sus est prouvé par un autre déclarant, et qui montre ce qu'a été mon père en 1837.

M. Thomas Bninet, le premier déclarant, est possesseur d*un bel établissement aL-ricole, et c'est un cultivateur aussi à Taise que bien considé.é dans St-Eustache. Cest en outre un homme d'un jugement rare et il est renommé par son esprit vif et naturel comme pour ses icparties promptes et fines. Voici sa déclaration :

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