‹ La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache avec un exposé préliminaire de la situation politique du Bas-Canada, depuis la cessionChapitre 37 sur 90 · DÉCLARATION DE THOMAS BRUNET · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE THOMAS BRUNET

Je, soussigné, Thomas Brunet, résidant dans le rang da Lac de la paroisse de St-Eustache, déclare que, en 1837, j'étais un loyal sujet de Sa Majesté et que j'eus à endurer bien des persécutions de la part des rebelles de répoque. Aussi, je fus obligé comme beaucoup d'autres d'abandonner ma femme, mon enfant et ma demeure pour aller me réfugier dans la paroisse de St- Martin» voisine de la nôtre, i^ui était restée loyale et attachée au gouvernement.

Le jour de h bataille, une i^rtie des loyaux qui s'étaient retirés dans 1 1 paroisse de St-Martin, e: accompagnés de l'un des messieurs Dumont, co-seigneur de la seigneurie des Mille-Is es, ()ui, lui aussi, était loyal, se rendirent avec moi sur le bord sud de la rivière Jésus,

c'est-à-dire en face du Grand-Moulin, d'ob nous pflroes voir le résultat de la bataille du 14 de décembre.

Comme un grand nombre de rebelles fuyaient et s'orientaient sur le lieu que nous occupîons^j'en vis un que je reconnus et avec lequel j'avais eu maille à partir avant la bataille, ]jarce qu'il avait voulu n>e faire prisonnier et m'amener au camp du Dr Chénier. Etant encore sous l'effet momentané d'une colère légitime^ produite par les mauvais traitements que lui et d'autres m'avaient fait endurer, je le fis prisonnier et je le conduisis quelques moments après au village ob je le livrai aux autorités militaires. Mais dès le lendemain, ce prisonnier, du nom de Alexandre Poirier, qui vit et réside encore dans StEustache, fut mis en liberté par le capitaine Globensky.

J'ai vu, le lendemain matin de la bataille, et avant le départ des troupes pour St-Benoît, le corps du Dr Chénier qui était exposé décemment sur le comptoir de l'hôtel Addison ; et je dis que celui qui rapporte que " le corps du Dr Chénier aurait été mutilé, et que son cœur aurait été porté au bout d'une baïonnette " commet un mensonge ignoble, car rien de tel n'est arrivé, et il faut que ce raconteur soit bien méchant ou bien innocent pour faire un récit aussi mensonger.

J'affirme aussi que j'ai toujours entendu dire que, aussitôt que le Dr Chénier fût sorti de l'élise, il fut tué d'un coup de feu tiré sur lui lorsqu'il fuyait et voulait franchir le cimetière qui touchait à la dite église.

De plus, j'approuve la formation de la compagnie des

volontaires du capitaine Globensky, et si j'avais pu m*y

joindre, j'y aurais figuré en 1837, afin de mieux protéger

ma femme comme tous les loyaux qui étaient pourchassés

comme des bêtes fauves. Je n'ai que des louanges

à décerner au capitaine Globensky {x>ur les services

qu'il a rendus en 1837, même aux insurgés ; et je ne

dois pas qu'il y ait ou qu'il puisse se trouver dans

St-£ustache un seul indivi Ju impartial qui ne respecte

point la mémoire de ce vieux gentilhomme militaire.

En foi de quoi j'ai signé ou plutôt j'ai fait ma marque

SLU bas de cette déclaration, en la présence de M.

"William Henry Scott et de M. le Docteur Perrault,

<:e vingt-quatrième jour du mois de février mil huit

cent quatre-vingt

sa

Thomas X Brunet.

marque

Dr. V. Perrault, l , ,

xrr TT fy Vtemoms.

W. H. Scott. j

La déclaration qui va suivre corrobore la précédente. Elle a été donnée par un homme franc, honnête et bien connu dans St. Eustache.

Page 1