AUTRES DOCUMENTS
Je dois ajouter que la crainte d'être trop long m'a fait retrancher une longue revue de toute la critique de M. David ; et un ami auquel j ai montré mon manuscrit, m'a conseillé de ne pas aller au-delà, que j'en avais plus qu'il n'en fallait ix)ur tourner contre mon adversaire les arguments captieux dont il s'est servi. Cependant, à titre de renseignement, j'ajouterai en P. S. les documents ((ui suivent, et qui feront partie d'autres documents que je publierai plus tard.
P. S. — Dans tous les journaux du pays, publiés «n 1838, pM une voix n'a censuré la publication du Journal ffistorigtie,
\jt CftnaditMt fenille patriote, qui le reproduisait lui-même ea entier, a-t-il censuré ce journal ? Non. Pas une voix discordante n'a été prolèrée ou écrite dans ce journal contre cet ouvrage, pendaat, durant et après sa publication.
Je me trompe. Oui, une seule et ce fut celle d'un Constitutionnel de St Eustache. Sa lettre a été reproduite dans le Cama' dm^i dans laquelle il accuse Je Umnn œulairt de vouloir aUA n$ter, dt vouloir cacher la faiêie des patrtoie$^ avec lesquels il avait
a publient que plni tard, me contentant ponr
reproduire la réponse du Témoin oculaire. La voici :
il: i'
Correspondu Hit' reproduite dans Us colonnes du ** Canaditn^^
Journal publié en 1838.
(TitX Ami du Peuple)
Monsieur le Constitutionnel,
Quel est votre but en dénigrant le Joutual Hixtoriqtu^ etc ? N'est-ce pas de frapper à droite et à gaache et d'incriminer vos compatriotes, vos co-paroissiens, vos amis même ? Le journal est appuyé sur des faits dont Tauthenticité est garantie par les certificats qui y sont rapportés, par le dépouillement des compagnies de milice, par les personnes mêmes de Tendroît, ainsi que des militaires de Montréal, qui l'ont certifié à M. Neilson comme il le dit dans sa gazette du 15 courant et M. Leblanc de Marconnay aussi, dans son numéro du 16 mai ; et vous, vous prétendez détruire tout cela sans preuve, sur des rapports recueillis ex pafie de fanatiques politiques ou de gens sous rinfluence de la crainte ? c'est-à-dire que vous vous portez accusateur des personnes au milieu (lesquelles vous vivez, qui vous ont fiaiit gagner voti^e fortune ! ! !
Nous disons «{ue les habitants de St Kustache ne sont pas aussi coupables, ni en si grand nombre qu'on serait porté à le croire,et vous, vous vous chargez du rôle de les noircir, de grossir le nombre des rebelles, et d'envelopper dans la même condamnation vos ci-devants amis ! ! ! Quand l'auteur se serait trompé, ce qui est faux absolument* son but était beau, noble, défendre se» compatriotes, les laver d'une tache affreuse, tendre une main secourable à rinfortunc. Votre paroisse est ruinée, sans temple, i>ans édifices publics, elle cherche à prouver son innocence et vous pour la refouler dans le précipice du malheur, vous dites : ces gens sont coupables, tou^ sont coupables, point de grâce, point de quartier ! I î ^!ai^ (|uoi ? prétendez-vous en répandant dc> accusations indéfinies, rester seul au milieu des ruines ? Sur des échaffaud» ? Ia: bruit des chaînes des malheureux ensevelis dans les cachots ne vous fait pas mal ? La générosité anglaise, la miséricorde du général-cn-chef et de l'avocat du roi qui ont adouci leurs malheurs ou qui les en ont retirés ne sont pascapablede faire impression sur vous ! Votre fanatisme politique vous 6te-t-il donc tout sentiment d humanité ? (Quelques coupables que soient
VOS concitoyens, ne sont-ils pas vos frères ': Un jour cette réflexion pèsera sur votre affreux projet de délation publique. C'est ¥Oiis qui serez la cause par vos accusations mensongères qu'ils m:ront incapables de relever de sitôt leur église !
Mais pourquoi vous déchaîner contre vos amis ? Qu'ont-iU fiut contre vous ? Rien. Ce qui échauffe votre bile, c'est parce que le journal dit que les constitutionneU se sont enfuis à Montréal et ailleurs où ils ont jeté l'épouvante, mais non poar la jeter, comme vous le faites dire malicieusement an iémoin. L'auteur n'avait aucune intention de mortifier les loyaux qu'il respecte, qu'il estime et r^u'il croyait compter parmi >es ami.> . mais c'était un fait qu'il fallait rapporter.
Le journal commence au 26 novembre, vous convenez »|ue vous n'avez aucune connaissance de ce c|ui s'est passé à St. Eustachc depuis cette ép«K|ue jus<|u'au 16 décembre après-midi, que vous en avez été abisent. et cependant vous vene^ donner un démenti accompagné de fades ironies à celui qui a vu de ses yeux, et a tant d'autres témoins respectables qui ont donné de^ informations pour le journal. Souvenez-vous cependant qu'il a été présenté en xnanoscrit aux plus hautes autorités de la province qui en ont approuvé la publication, (ju'il a été repro«Juit vians tous lesjoumau.v de Québec et lu avec euipre>sen»ent par toutes sortes déclasses.
Vous ne vous bornez pas à grossir le nombre des relielles de St. Eustache, vous tympani^^z \o> prClrej» I 1 1 Vous les accusez : lo pour avoir dit la messe pour de*» relielles. La mesï>e s est dite comme à l'ordinaire ; j»arce qu'il y avait des relielles, vous en concluez qu'elle était pour eux. \ ous vous tromf)ez, elle se disait pour la paroi'^se ou pour ceux qui l'avaient demandée. . . . Est-ce que vous ne connaissez po^cct ii«age comnij catholique.-* 20 De ce qu'ils n'ont pas sauvt- tous les va>es, linges, ornements de l'église, registres. . . . Mais d'alxird ou sauver tout cela ? Dans le village? Il a été incendie ou pillé. Au domaine' Mai> commer.l loger toute une église et toute une sacristie dans une maison <le trente pieds carrés. Kasnite qui les y autorisait ? S'il fût arrivé que le domaine eût été pillé et 1 éi^li>c épargnée, ce «|ui pouvait arriver aus.si bien qu a St. l>enis et à St. Charles. Les prêtres auraient été blâmés avec raison, \oire accusation est donc injuste. D'ailleurs comment sortir un m grniiduonibre d'effets, tandis qu'on était oblige de cacher le manger dan^^ des charges de fom. Les pertes du curé ne prouvent-elles {>as rim|>ossibilité de tout sauver, puisque d'après l'estimation d'ex(>erts sous arment, le montant de ses pertes dépassent ;{^3oo ou $1200.00. Vous avez bien mauvaise grâce de venir ainsi linsulter au lieu de le plaindre, vous qui n'avez guère perdu que vos patates et les boules de neige de votre jardin. Quant aux registres votre envie de dénoncer et de
calomnier vont fait tomber dans Terrear ; les régùtreSi Ihma et . compte, archives, tons les papiers de la fabrique et deasyadicsont été sauvés, il n*y a que les registres servant jowneUfWH, qn malheureusement ont été oubliés an presbytère et brAléa. Estnee un crime 1 30 De n'avoir pas quitté la paroisse ; mais depnis quand un curé peut-il abandonner ses paroissiens an moment ém danger ? Les prêtres en France sont pour cela comme pour bien d'autres choses un bel exemple. . . . Vous les calomniée ensnite gratuitement de s'être liés de parole avec les rebelles 1 1 ! Comme vous êtes feux et injuste ! Le curé avait dît : *' Je nequitterei pas '* ma paroisse, laissez-moi passer/' C'est pourquoi il ne voiuat pas quitter, sans un laissez-passer, il lui fut relusé, et il dit là-dessus, je ne manquerai pas à ma parole, je souffrirai. 40 D'avoir confessé. Vous parlez bien légèrement là-dessns pour un catholique ! Les prêtres ont vu se jeter à leurs pieds, mais qui ? De pauvres malheureux qui venaient en pleurant à chaudes larmet et tremblant de tous leurs membres, assurant qu'ils étaient là malgré eux et promettant de se sauver dès qu'ils en auraient l'occasion, tant pis pour eux s'il< ont trompé. Ce n'est que pour l'acquit de leurs consciences, et après avoir consulté des confrères que les prêtres en unt ainsi agi, ne pouvant alors avoir aucuns ra]>ports avec Montréal.
Nous n'avons eu aucune connaissance de la lettre de M. F.(»lobensky pendant «^ue le Constitutionnel était à Montréal. La conversation eut lieu avec le docteur Cbénier telle que rapportée, témoins MM. le docteur Hrien, J. H. Poirier, Desjardins, Joseph Nadon et M. Oésève, interrogez -les. ïjs quart d'heure et les deux milles de chemin dont vous parlez sont de votre crû, et votre badi. nage sur la chanson du journal à cette occasion, me rappelle ce vers î
** Rien n'est plus sot que le rire d'un sot.'"
1^ docteur Cliénier rlnns l'église avec 50 à 60 hommes, le journal dit 60 à 80 ; mauvaise foi. 6 ou 800 hommes dans l'église, fausseté insigne, dont témoins Benjamin Poirier. Michel Masson, et Xavier Maisonneuve qui étaient dans l'église et dont les deux derniers se sont sauvés par les lucarnes, pour éviter de brûler, trois d'entre eux ont été faits prisonniers en sortant, nous pourrions nommer plus de témoins qui sortirent alors de l'église et tous affirment qu'il ne pouvait y avoir guère plus de 50. Les Loyanx même rient de bon cteur de votre nombre de 800, il parait que vous non plus vous n avez pu les compter. I^ vue da terrible canon de 16 pouces dans toute sa longueur, de il pouces de charge, avec un grain d'un bon pouce de diamètre, que vous semblez craindre autant que Damoclès craignait l'épée de Denys le
tyrta, voa% a îùi compter dix pour un. Eh bien ! Voili l'histoire de ce canon sur lequel vous fiutes une question de magistrat. Ce canOB a'a pas été trouvé dans l'église comme vous le dites, mais le leDdemain de la bataille deux volontaires de St. Eustacbe du non de Julien Choquette et William Gilson, le tirèrent de dessous un escalier d'une maison sur la 1ère terre de la paroisse sur le lac. Il appartenait à un nommé Paquet, traversier sur le lac, et qui le tenait de son aienl. Ce canon fut livré par les volontaires à Guillaume Brajrer dit St. Pierre et Charles Guilbault (de qui noas tenons ces détails) qui eux-mêmes le livrèrent à Louis Champagne qui le laissa ensuite dans le village d'où il se rendit jusque chez M. Jean Bte Proulx, de la petite rivière du Chêne, et de là à Montréal. Voilà, monsieur, l'itinéraire de votre canon.
Toosceux que Ton vient de nommer ainsi que ceux ci -dessous nommés et pris au sortir de l'église et tous ceux qui se trouvèrent an fea assurent que ce canon ne fut point tiré à la bataille ; des militaires qui l'ont examiné disent la même chose. ... Je ne comprends pas ce qu'a voulu dire ensuite le Constitutionnel, et je crois
qu'il ne se comprend pas lui-même Le témoin auteur de
1 écrit y»isticf, autre supposition {[^atuite ; l'auteur est à plusieurs lieues de St. Eustache, témoin le Populaire. Mais ici, M. le Constitutionnel, le bout d'oreille se montre, vous vous trompez sans doute, vous laissez la majorité en faveur des Loyaux, sur 60 maisons brûlées, 20 dites-vous appartenaient à des rebelles.
Le lieutenant J. B. Paquin a déposé devant témoins, qu'interrogé par M- Eugène Globensky, combien il connaissait déloyaux sur le Iju;, il lui répondit il est vrai, qu'il en connaissait bien 16, mais qu'il ne lui avait nullement parlé de ceux qui avaient pris la fuite pour ne point prendre part à !a révolte, qu'il ne connaissait pas ceux de la grande côte, ainsi le Constitutionnel a voulu sur* prendre le lieutenant Paquin. M. Gentle s'est défendu de donner au lieutenant-colonel la distinction des loyaux et des rebelles, il ne les connaissait pas assez. Ce rapport a été donné par MM. J.Bte. Savard, sergent de la compagnie, Pierre Filion et Frs. Robert. Ainsi nous maintenons ces rapports, ils estent intacts, par conséquent accusation gratuite de la part de M. le Constitutionnel. La bonne action de M. Scott, M. P. P., est rapportée en son lieu ; nous n'avons pas anticipé sur les faits ; le journal ne parle que depuis le 26 novembre. Maintenant c'est ici le lieu de rectifier quelques erreurs qui se sont glissées soit en copiant, soit en imprimant. Il n'y eût jamais plus de 1,000 hommes (lisez 1,500) au camp. La petite chanson a été mal placée ; dans le 1er manuscrit elle était à la première alarme et doit se trouver dins le pamphlet page 32 à l'aliéna.
Il résulte de ce qui vient d'être dit M. le Constitutionnel, que
vous restez chargé de la tache de dénondatenr pnUic de toc coparoissiens et de vos amis, et â/t calomniateur de œtiz qui ont osé élever la voix en leur iavenr ; annonpnt des fiuuMtét et dénaturant la vérité. Voilà ce que noot devient vont répondre pour la défense d*une belle cause et l'honneur d'une paroisae malheureuse. Nous nous attendons à recevoir encore de vons de nouvelles grossièretés et de nouvelles injures sans utilité pour U vérité faits. Souvenez -vous donc bien que des perscmnalités ne furent jamais des preuves suffisantes pour détruire des fiiits.
Un Témoin Oculaire.
St Eustache, 20 Mai 1838.
M. David peut-il nier maintenant que cette lettre n'a pas été écrite par l'abbé Paquin, puis qu'au sixième alinéa, il invoque le témoignage de M. Desève, son vicaire, dans les termes qui suivent ;
*• I^ conversation eut lieu avec le Dr. Chénier telle que rapportée, témoins MM. le docteur Brien, J. B. Poirier, Desjardins, Joseph Nadon et M, Desiney interrogez -les. "
Et ce témoin oculaire, est-il ce que disait M. David dans sa dernière lettre ? N'a-t-il pas été le défenseur et Tami àcs patriotes .' (Cependant, M David a malicieusement et gauchement insinué <]u*il avait vendu et son honneur et sa plume.
Je dois ajouter à la lettre du témoin oculaire les quelques réflexions suivantes. En effet, il est reconnu que, même avant 1837, M. Faquin sympathisait avec les mécontents de Tépoque. Lui aussi reconnaissait la nécessité de demander des réformes, mais il voulait les obtenir par des moyens constitutionnels, pacifiques, et lorsqu'il vit ses partisans se révolter contre l'autorité civile et ecclésiastique, puis se livrer à desexccès impardonnables, il leur retîm, quoiqu'à regret, sa sympathie. Il tenta alors de brider la frénésie, l'ambition désordonnée de certains chefs exaltés, afin d'éviter Itr torrent révolutionnaire. Malheureusement il eut la douleur d'échouer et de voir sa paroisse envahie par des étrangers mal intentionnés et qui devaient lui faire tant de mal.
M. David après avoir insulté M. l'abbé Paquin de la façon la plus atroce, atténue un petit peu ses expressions grossières depuis
qn*il 1 fait sa déctmvtrU AonnanU^ depuis qu'il a ses Mémoires inédits. Cependant, il ajoute dans sa dernière lettre que fcs Mémoires de M. Paquin sont remplis de choses tM/asies pour les pairiûies, mais d'un autre côté il est heureux de citer son appréciation suivante sur les volontaires :
"Ils avaient (les vandales, les soldats de Colbome) beaucoup plus d'humanité que certains volontaires. '
Et M. David s'écrie :
*' Grand Dieu ! Quel nom alors donner à ces volontaires ?"
M. David veut^il par là attaquer les volontaires de mon père, dont l'attitude généreuse est prouvée dans mon livre ?
Si oui, c'eit un lâche, car il sait qu'ils ne sont pas allés à St- Benoit et qu'il y avait avec les troupes anglaises d'autres compagnies de volontaires composées entièrement d'anglais, entr'autres celle de St André, tandis que la compagnie de mon père restée au village de Si Eustache, pour le garder, comptait une très forte majorité de Canadiens-français.
D'ailleurs si M. Paquin, dans un lieu, peste contre les volontaires, ne les louange-t-il pas ailleurs et dans plusieurs endroits (\e ses mémoires? Faut-il citer et reproduire ce que M. David peut lire lui-même dans la copie des Mémoires de M. Paquin qu'il a en sa possession, si elle est une copie vraie de celle que j'ai en mains sur cette appréciation des volontaires ?
M. Paquin ne dit-il pas dans ses Mémoires :
'* Les habitants loyaux de Nicolet ont eu l'honneur et le mérite de prendre le premier étendard aux rebelles avec la personne de John McDonncll. Sur l'étendard étaient inscrits les mots : **Ijherté î Patrie î Indépendance et Ami du Peuple."
•* Nous voyons avec un singulier plaisir par les rapports de tous les journaux du Haut-Canada, que les Canadiens-français en grand nombre dans cette province se sont tous comportés avec bravoure et loyauté dans les deux rébellions de 1337 et 1838. Ceux de Toronto ont offert leurs services comme miliciens à sir George Arthur.
*' Les habitants de St. Martin, à la tête desquels étaient MM. Filiatreault, notaire, les capt. Bélanger, Panseau, etc., etc., ainsi
qnc le eolonat DaTÎd, de Chunblr, ool ofat Muâ Iran *cr«ioc»
" A Quibee, Montrtal, L da Bujor Gu;, on « vn ptunenn canpuniM de vokWiire^ p«i> mi leu|iwllei étwcnt grud nomlxe de Cwudieiu-tnnçaù.''
Eit-il parlé des Talontairef dan* le pawfe nhaat qoe j'ai emprnnté aux Hétnoirei qne ponUe U. David, et dari leqvel M. Paqmo relaie le« repréuillei qui ont été coBuiM* ijitH h tatailledeSt. r
■< En vaÎD Bvaii-je emplo^j anc MU. TnraïUe. Féré, Scott toni niM cRbiti pour cmpîcliei Ché^er de tenter une réBManoe
dont on lui démontrait le danger et les auilM affi^ense*, rien opéra sur cet entêté qui n'avait pai asseï de génie pour viùr le pour et le contre dani une affaire comme celle-Ii.
" Il fallait en passer par l'opiniàtrelé de Chéniet s'insnrgeant contre un vandale qui se bit une gloriole de k menrer à U t<te d'une année de plus de 1,000 hommes avec nn attinil lbnnid*ble de guerre contre zoo quelques gredins t Comme un lion aflamé il dévote tout ce troupeau sans défense ; comme un chef sauvage il bit brûler amis, ennemis, pauvres, veufs, orfdwIiDS ! et tin« ensuite le village au pillage de ses troupes et des habitants rapaces de Montréal, de U Côte des N...de St. L...et surtout de St. M — et d'autres places qui enlevaient tout ce que les Gamines avaient épai^jnés. Combien ils seraient flétris si }e voulais livrer leuTS noms au public ; ils sont Bretons et le dinds-je Canadiensfrançais aussi ! Choses inconnue! dans nos mceuis I Je dirai plus, quelques-uns sont patriotes '. mais jetont un voile sur cet hor-
J'ni cru devoir ne pas signaler tout au long le* endroit* citéa ou accusés par M. Taquin, dans ce dernier aliéna; mais M, I>avtd les connaît, et il sait qu'il n'y eR pas fiût mention des volontaires, Voili, M. David, ce qu'engendre la gfuerte civile I...
Dieu entendu que je ne prends pas la reipouabiliié de ce récit fait par M. l'Abbé Faquin, et c'est M. David qui m'jr a pouué bien maladroitement.
RETRACTATION DE L'AfiBE CHARTIER.
(A M. l'Edxtkuk de la GatMf de QmAie.)
MoifSiEUK, — Vous m*obtiget»e bomcoap en publiant ma kttre foiraate à Mgr Vévéqae de Montréal : Je Yoat demandimi dans .qndqoojanrs la même faveur pour une antre adressée à mes anciens paroissiens de St Benoit.
Je suis, avec considéFation,
Votre, etc. , •
Etxe. Chaetîe»,
Prêtre.
Rétractation de M. l'abbé Charticr, ancien curé de St Benoit, dans le diocèse de Montréal, à Sa Grandeur Iffgr Ignace Bourgct, évéqne de MontréaJ.
MoNSEiGNEUE^Sans admettre la vérité de tous les bruits qui ont circulé sur mon compte lors des troubles politiques de 1837 (car je suis parÊûtement étranger aux mouvements encore pins déplorables de 1838), je dois leconnaitre que ma conduite, dans ces circonstances critiques, n'a pas été celle qu'il convenait à un prêtre, à un pasteur de tenir. C'est pour obéif à ma conscience que j'en fiais Taveu spontané, sincère et public. Je sens qu'il serait inconvenant que je reparusse à Tautel dans ce pays, si j*y apportais avec moi, aux yeux du public, le scandale du simple soupçon que j ^>prouve encore les âdts de cette époque malheurenae et les principes anarchiques et anti-catholiques d'où ces Cuts ont dérivé.
Je reconnais aujourd'hui, avec regret, que je me suis laissé aveugler par les passions politiques du temps, que je me suis £ut une &usse conscience par les distinctions abstraites d'une métaphysique captieuse, pour appuyer ma résistance coupable et scandaleuse aux décisions de mes supérieurs ecclésiastiques qui ne fiûsaient que promulguer l'enseignement formel de l'église uni. vcrsclle et dans tous les temps. Par ce refus d'une juste défé-
rence, j'ai fait tort, autant quHl était en moi, à ralitorité épîsoopale,en afiaiblissant le respect et rinfluénoe qu'elle devait obtenir auprès du peuple ; et de plus, j*ai fiUt une injure très grave à la personne même de mon évéque d*aIors, feu l'illustre Seigneur Lartigue, qui était trop instruit de la doctrine et de l'histoire de l'Eglise pour, n'en pas comprendre parfiûtement le véritable enseignement, et trop bon Canadien, trop au-dessus de toutes les craintes humaines, trop vrai patriote, je puis dire, pour outrer les doctrines du christianisme, et refuser à'ses eoncitojrens (à qui il n*a jamais hésité de reconnaître des sujets de plaintes,) tout le profit d'une résistance légitime que la morale aurait pu avouer ; mais qui était trop consciencieux pour faillir à son devoir en permettant le dévergondage du temps, -aussi opposé à la morale chrétienne qu'à la saine politique : aussi l'époque reculée de son Mandement (qui précéda de quelques jours seulement les premiers troubles à Montréal,) fait-elle voir avec rjuel effort sa conscience ]*a arraché à son patriotisme. Je dois cette juste réparation, et c'est avec un plaisir indicible que je la fais, à l'heureuse mémoire de ce Grand Evéque, digne d'être la première souche de l'épiscopat de Montréal, dont ses successeurs se feront toujours gloire de descendre ; à qui j'ai donné plus de sujets réels de se plaindre de moi que je n'en ai eus de me plaindre de lui, quoique mes clameurs aient été parfois si hautes contre lui.
Ma conduite encore en 1837 ne peut pas se justifier sous un autre point de vue. Lors même que j'eusse été de bonne fui clans mes théories, toutes métaphysiques, dans ma théologie toute I)olitique, dans cette théologie plus protestante que catholique, toujours c'était une témérité bien condamnable, et tout-à-fait inexcusable de ma part, que de m'ctablir en pratique le juge de mon évoque, de faire plier ses décisions et celles des autres évé- ([ues sous le poids si minime des opinions, seules, particulières, de mon mince intlividu. Et j'ai pu être coupable d'un tel acte d'influTxjrdination, sans me le reprocher! J'ai pu tomber dans un tel cj»arement, sans que ma conscience en ait été effrayée î J'ai pu voir toutes les illégalités du temps, qui me paraissent si condamnables aujourd'hui, et trouver })our tous ces excès une excuse à
tues yeux ï £t pourtant j'àviûs une fbi vive sur tout autre point, une conscience, je pourrais dire, délicate sous tout autre rapport ; je n'avais certainement pas alors perdu la crainte de Dieu : comment donc expliquer tout cela ? Que le monde prenne ici deux leçons de moi : c'est que les passions politiques, les passions que j'appellerai /«^/fffi^/, aveuglent comme toute passion individuelle et pour des objets privés ; et je ne me suis jamais mis en garde contre les premières ; je ne faisais même pas attention qu'elles sont à éviter avec le même soin que les secondes, quoiqu'elles soient estimées quelque chose de moins honteux que ces dernières. Et pois, chez moi, l'étude du droit public a précédé celle de la théologie, et j'ai apporté à cette dernière un esprit préoccupé et déjà vicié par les notions trop relâchées des publicistes, qui trop généralement dans leurs spéculations, sont dupes d'eux-méipes, à leur insu peut-être, en écoutant trop ce sentiment déréglé d'indédépendance, si naturel à l'orgueil humain toujours impatient du joug de l'autorité, et qui a donné naissance à la doctrine de la souveraintié du peuple^ trop révoltante, il est vrai, pour que j'en aie jamais été la dupe, et aussi à d'autres notions plus spécieuses sans être moins funestes dans la pratique ; mais notions que ne peut admettre le christianisme, religion de l'ordre par excellence, qui déclare une guerre impitoyable à tout sentiment ou passion quelconque qui n'a sa source que dans la dépravation originelle. Voilà qui explique pourquoi les hommes publics d'alors, plus imbus et plus instruits de la politique que du christianisme, ont trop écouté, comme moi, le sentiments des mécontentements politiques du temps, ont trouvé, et trouvent encore, pour la plupart, que la doctrine du clergé catholique est outrée, est trop sévère, restreint trop les droits naturels de l'homme : oui, les droits qui ne sont effectivement que trop naturels^ l'homme déchu par le péché ; mais non les droits naturels de l'homme dans l'ordre de cette nature primitive d'où le péché originel l'a fait sortir, et oiï c'est la belle tâche, la divine mission du christianisme de le ramener ; en prêtant à l'individu la grâce qui vient de la rédemption, pour lui servir d'un contrepoids à ses passions déréglées, et rétablir dans son âme l'ordre naturel de son état
dHnttocence primitive; d'cAil Mit que ât^ti tille locîété tonte composée de vnis chrétiens, û ne ponmit pas y «voir ocwripn à la révolte, et en loi présentant les immoitèllet récompemci pour compensation des maux qa'il a à soaflHr des pawiong des méchants : raison pourquoi le christianisme peut ne pas permettre, sans qu'on ait à s'en plaindre, le désordre de la révolte à «i peuple, pour venger on corriger let maux qu'il souffre des désordres de ses gouvernants, comme je crois fermement anjoufd'hni que les Saintes Ecritures nous garantissent qu'il ne le pennet pas. Voilà la sublime notion que les passions politiques de 1837 m'ont fait oublier pour un temps : voilà qui explique comment j*ai pu continuer alors Texercice de mes fonctions sacrées, sans n'apercevoir que j'en étais indigne ; car assurément je n'étais pas capable de les profaner sciemment. Ainsi donc les l^cs voudraient fjue le clergé canadien cessât d'être un clergé chrétien, s'ils exigent (]ue le clergé plie sa théologie aux passions populaires, pour le plaisir d'être inconséquent, et de faire. ... je ne le dis pas pour finir ma période, mais c'est un fait dont les preuves sont encore fumantes sur notre sol, et de faire le malheur du peuple.
J'ai donc eu grand tort, je suis donc infiniment blâmable de n'avoir pas suivi la marche qui me fut dictée par la conscience et la prudence de mes supérieurs, et qui fut suivie par le reste du clergé. J'en ai été puni ; je le méritais ; je ne m'en plains plus. Je reconnais que la singularité de ma conduite a été non seulement répréhensible, mais même insultante pour le clergé, et, je dois» dire, ridicule ; et que je dois aussi une ample apologie à mes confrères pour l'impopularité dont ils furent alors l'objet, les déboires qu'ils eurent à essuyer de la part des patriotes généralement, en conséquence du contraste de ma conduite et de me» jîrincijxîs avec les leurs. Tandis que tout le clergé, en phalange serrée, uni comme un seul homme par l'obéissance au supérieur quel spectacle au milieu de la désorganisation générale ! s'opposait ** comme un mur *' au torrent politi-
i\Mt <\\\\ entraînait dans une ruine commune, moi ! — mon peuple et tout le pays ; quelle était ma position ? — Seul ! dais Tisolcment ! avec mon faux patriotisme.
Qoelie Btuation pour un prêtre, quand j'y réfléchis aujourd'hui de sang-froid ! -—Qu'y faisais-je ? —Je me taisais, — lorsque ma charge de pasteur aurait dû me faire élever la voix, de toute la force de mes entrailles, plus haut que les clameurs de mon peuple, pour les arrêter dans leur aveugle entraînement, lors même que j'eusse été sûr de n'en être pas écouté. Je me laissais; et je m'applaudissais en moi-même de mon courage insensé, qui me portait à affronter les dangers dans lesquels je voyais mon peuple prêt à s'embarquer ! Dans quel aveuglement donc un homme qui sort de l'obéissance, qui se prend lui seul pour guide, ne peut -il pas tomber ! — Pauvre raison humaine, qui ne craindra pas ton insuffisance à fafre voguer l'homme au-dessus des flots des passions ! Hélas ! tant de débris épars de tout côté sur les traces de Thistoâre même des contemporains auraient dû m'avertir assez ! — Je dois donc reconnaître aujourd'hui franchement que le clergé s'est montré, en cette occasion, plus que moi, l'ami du peuple, en résistant au mouvement d'alors au péril même de sa popularité. Cependant je me dois à moi-même de dire, et on me le pardonnera, je l'espère, que ce n'est pas la crainte de l'impopularité qui m'a fait forfaire à mon devoir : j'aurais été capable pour la conscience, de la braver alors, comme je la brave aujourd'hui ; mais j'étais aveuglé. Je reconnais que le clergé a montré, au milieu de cette tourmente, le calme de la religion, la résignation de la vertu, une constance vraiment pastorale, que je voudrais pour tout au monde aujourd'hui avoir imitée, et qui. doit lui concilier l'estime de tous les citoyens prudents et modérés, à l'exception seulement des exaltés pour «^ui la conscience et l'expérience du passé sont nulles.
Pour conclusion, je désavoue pleinement et entièrement le passé ; je retracte, sans restriction, tout ce que j'ai pu dire ou faire à l'appui des mouvements de 1837 ; et mon désir le plus vif,mon souhait le plus ardent est que tous ceux qui ont pu être influencés par ma conduite d'alon», se réunissent de cœur et d'esprit à leur clergé, lui redonnent leur entière confiance, dont il continue de se montrer si digne, à l'exemple de votre Grandeur, Monseigneur, en qui Pamoor de vos ouailles est littéralement toute l'ftrae et la vie ; et
qu'iU marclient d'un pas accéléré dans b voie de la réforme miv raie et dn rennuveUement religieux qui sont si heuxeusement en progrès au Canada, et qui viennent soulager râmc de l'horreur
de CCS jours malheureux.
J esi)èrei Monseigneur, que cettre lettre suffira pour prouver à Votre (irandeur le^ disposition^ d'humble soumission et les sentiments de rei>i)ectueux attachement de votre obéissant serviteur.
Ht. CliAKïiER, Ptre.
A Mgk. lijN. UoLRciKT, Ev. de Montréal.
P. .^.— -Ji'î déiire domicr le plus grande publicité possible à ma présente lettre, en priant les éditeurs «les pa])ier& français de la province de l'insérer ; et je prie Vritrc (irandeur de [>crmtttre à >f. l'éditeur de^ Mélauf^cs Kt'H^ru.x de la repro<luire sur la feuille ecclésiastique de vutic 'tioccsc, où je conçoi<i qu'elle ilnit au^i iiaturolUinent trouver sii i)bce.
Vnilà une lettre qui devrait ot^Vir un l>cau sujet de méditation 'i M. Uasid ; mais la méditation n'est jkis le fort de M. David.
Si j";ivai^ le temps et Tespace nécessaires pour reproduire tout ':e que les journaux de l'époque ont publié sur le cimilédeN Deux- M«>iitaî^ncs '"t Mir v:* révolutioniiaire>, M. I>avid ferait feu et flamme et il i-urayerait «le dépit.
Ta» un vrntinirnt «le délicatc«!*e et d'c^jards pour plusieurs.]^ n'ai pa> nouIu ])iii«er d:in« ccb journaux ; mais plus tard, cc puisitHOH "i\v ffrcff je ferai une compilation complète de tous le^écrits qui ont été publiés sur les chefs, hur les révolutionnaires, iur Icnr^ persécutions sur leur:> criminelles folies. Cette brocliure, pii sera voluntincuse, fera .suite à mon ouvrage, et comprendra le r^cit luccint de toutes le< ''tnbure» dirigcen contre la rébellion et
contre ceux qui la fomentèrent. On me dira alors, si le t/Moitt oculaire z été trop sévère et si, moi, je n'ai pas été réservé, retenu, généreux et même on ne peut plus discret.
Pour le moment, je ne parlerai point de tous les agissements du Dr Chénier, de toutes les assemblées révolutionnaires où il 6gurait toujours au premier rang, cette narration viendra plus tard ; mais je veux tirer quelques extraits des journaux de 1837, qui ouvriront les yeux aux incrédules et à ceux qui n'ont jamais appris ce qu'a été véritablement cette époque de bien triste mémoire.
• Extraits tirés de Journaux constitutionnels, — Un. journal de 1837 jette le cri d'alarme et s'écrie :
*^ La révolution commence." Et savez-vous o^ elle commençait, lecteur ? Dana le comté des Deux-Montagnes, et savcz-vous qui la fomentait ?
Le Dr Chénier. Ceux qui le suivaient, même plusieurs, à contre-cœur, n'étaient f|ue de doux agneaux à côté du bouillant révolutionnaire.
** 6 Octobre. — Le lac des Deux- Montagnes qui paraissait être ** rentré dans la quiétude, depuis la manifestation de vigueur ** faite par l'exécutif, couvait seulement son feu agitatif et menace ** de déployer ses torches incendiaires plus redoutables que ja- *' mais, etc., etc., etc."
•• Pour en donner un avant-goût, on a nommé dans une as- •* semblée des jfngcs de paix et amiables compositeurs. Une ré- " solution convient de former un corps de milice volontaire, sous •* le commandement d'officiers élus par les milicicftSy qui setouf ** exercés aux évolution s, et mouvements des troupes légères. ^^
** Si ce n'est pas là de la révolte ouverte, il ne faut plus appeler les choses par leur nom. Nous ne savons pas si l'autorité laissera pousser jusqu'au dernier degré le mépris de sa force ; mais il • nous semble qu'elle serait condamnable de rester dans l'inertie, après une manifestation aussi ostensible du renversement des lois. . . .''
1 1 Octohre. — ** Lorsque nous avions coiuetllé I'oitoî dHn ébMp chement de soldats dan» cette partie dn paya (comté dn Dm Mootaffnes) c'était pour que la bonde des Uentoianls de A ...de B^ etc.ycnhn que tous ces hommes ne continuassent l'oeuvre de ré-^ volution qu'ils avaient si résolument commencée, etc., etc.* etc."
Le journal commente bien an long cette révolte, accompagnéf des plus odieuses persécutions, du comté des Deux Montagnes. A plus tard le détail et le tout. En terminant son artick, le journal ajoute :
* " Ainsi, voici une partie du pays qui se détache moralenient et eflfectivement du gouvernement. Un comité permanent prendradministration de la justice et le corn mamdtmant m t'/ùaire du. Lac des Deux Montagnes. Les citoyens sont obligés de se soumettre au joug qu'on leur impose» sous des peines oui tendent à les séquestrer de la société, à les priver de leurs droits constitutionnels, à les traiter comme des ennemis, etc., etc., etc."
l>e comité s'engage à fournir dfs armrs, et jamais révolte ouverte n'a mieux été formulée que par un semblable acte... .C'est un C.qui doit repondre à la justice légale du pays pour tontes ces monstrueuses conceptions. Si l'autorité ne se hâte point de sévir, le déshonneur MCtendra sur le pays, etc., etc., etc."
Quelques jours après, ce même journal ajoute : *' I^ comité permanent du Lac des I3eux Montagnes a réalisé l'acte de rébellion et de trahison le plus palpable qu'il soit possible d'exécuter, etc., etc., etc. "
Le journal ci le des noms de personnes que je ne puis désigner et qui sont les fauteurs du commencement de cette odieuse guerre civile, et je ne parlcrni pas plus de ses commentaires sévères et mordants qui sont trop longs et qu'on lira dans la brochure promise.
17 Novembre. — Plus tard il dit : •* Cette partie du pays (le I^ic dcN I>cux Montagnes) s'organise, méthodiçuement^ tiUmneusemntt^ et formt ses bataillons de miliciens y auxquels il ne manque que de l'aptitude et du travail pour écraser les trou- })es britanniques, selon la recommandation du belliqueux 0...I1
doit y avoir une grande assemblée pu))lii{Uc aujourd'hui, 17 No« %*cmbrie 1837, à la Rivière du Chêne, dan^ laquelle les oracles du |Mijs vont cbauflEer la popolation, >i le> événements récens ne sont point venus glacer leurs courageuses disposition>. Ce quil y a de certain, c'est qu'une l>ande de huit agitateurs, probablement des membres du dmiii/ Central pirmanent du comté, ont Élit une tournée chez tous le> habitante, à la tin de la semaine passée, et au commencement tle la semaine courante : ils disaient à chacun : ** qn U fallaii ^e rendre à i'asscmhléeou iju vn s'en scttvietuiraitJ"
27 Novembre. G... et P.. avocat» de cette >nie. sont partis depuis plusieurs jours, dit>on, p<»ur agiter dans ]h Nord. Ils ont été vus à Saint Martin, où ils cherchent à faire des prosélytes. I^ suisse X... a été vu. il v a quclnue> jours clans les en\ irons de Saint Benoit."
29 Novembre. — •* Lac des Deux Montagnes: — Une lettie datée du 20 novembre, annonce que le règne de la terreur avait commencé ; que dimanche dernier une partie s'était assemblée à la maison de X. X... et le drapeau tricolore avait été arboré. IV-hommes furent envoyés dans les différents magasins tenus | ai les loyaux, pour demander toute leur poudre, avec menace de détruire leurs maisons, s'ils s'y refusaient, f-t la poudre en conséquence fiit prise par force. IL.s'était employé pendant quinze jours, à enrôler les noms des hommes et recueillir de l'argent, pour acheter des armes et des munitions, etc. etc. On menace les XoytWsXts des plus cruels tourmen s, s'il ne prennent point part à la rébellion. Que l'intention des révoltés, était de former un camp de fortification dans les environs du Grand Brûlé, et qu'on en dievaitÊûre un autre non loin de Saint Eustacheetc, etc., etc."
"Les grands mouvements se font au Grand Brûlé. C'est U qu'ils D...etF... pourront commettre des excès sur les propriétés, si Ton ne donne des ordres pour aller les déloger, et leur retirer les chefs qui les poussent. Il est certain que les propriétés, des loyaux sujets courent des dangers réels^ si 1 on tarde à frapper un coup. Les infâmes meneurs n'ont plus d autres ressources que de se faire voleurs de grands chemins, et ils s'acquitteront de ce métier de manière à se faire une bourse pour quitter le pays, lorsqu'on ira les traquer dans leurs montagnes. "
"Le soi disant combattant J... s 'est emparé rh'olutionnairement d'une excellente jument et de deux chevaux qu'il a confisqués au profit de la république. K... et L.... sont allés sur la propriété d'un lojral, et en ont enlevé tous les animaux. Si le gouvernement
laisse exécuter de semblables exaclions, le comté du Lacdes Deux- Montagnes deviendra bientôt une nouvelle Calabcea où ki brigands établiront leurs bureaux de douane pour détroasaer les pu»
sants. "
1er Décent bre. — '* l^es nouvelles que nous recevons à chaque instant de cette partie du pays (Lac des Deux Montagnes) connrment qu'il sera bientôt nécessaire de tourner les yeux de œ C6té. Un grand nombre de familles ont déserté ce pays d'agitation, l>our se mettre à couvtTt des déprédations qui s'y commettent. "
4 Décembre. — *' Il y a près de trois semaines^ue,X....s*éChap- ]>ant aux poursuites faites contre lui pour haute trahison,alla rejoindre les E... les V... les T».. et tous les autres misérables qui cherchent à attirer dans le nord une seconde scène de désolation du sud. Cet imprudent aventurier était un auxiliaire précieux pour les expéditions dans les([uelles il ne s'agissait que de faire régner la Urrfur et U' exercer des brigandages^ etc., etc,etc. Ils ont rnmené tous les mauvais sujets, qui sont dans ces environs en assez grand nombre, et parcourent les différentes paroisses, scmanl partout la terreur^ etc., etc. "
Kn parlant dun loyaliste persécuté, le Journal ajoute : "Les déprédateurs ont dit au commis de M S.. (|ue s'il retournait dans sa maison, il serait y //.f//// ou /<'//^///,'''
Après» avoir narré toutes les atrocités des ])ersécutions exercées contre les loyaux el qu'on lira plus tard, le journal ajoute en ]>arlant de M. Taquin :
*' I/es menaces les plus infâmes ont été fdites à ce respectable ecclésiastique. Tlus de quarante familles effrayées ont été obligées de quitter leurs domiciles et de se réfugier ici. Cet état de choses est vraiment désastrueux ; il serait à désirer qu'on combinât une expédition pour purger le pays de ces garnements de discordes, et avant tout pour se saisir des huit ou dix chefs qui font toits ces excès. "
** Ixî 2 de décembre, un citoyen de St. Eustache écrivant ce qui se passait d'odieux à St. Eustache, termine sa longue correspondance remplie de longs détails, ])ar les suivants : M. Dûment s'était échappé avec sa Dame quelques jours auparavant, d'après les menaces qui avaient été faites contre sa vie; il n'avait emporté que ses hardes et une grande partie de ses papiers, en sorte que son su|)erbe mobilier, tous ses grains, chevaux, bestiaux, etc., sont demeurés le ])artage des brigands, qui en jouissaient et en
gaipillaieui a IcuT atae. 1^ maison de M. Dûment cUit cnn^i* •iërce, (Ie|>uis l«jngtein}A, cumme pouvant former un cliâteau f«»rt. dans une Situation favurabic pour le» reliellcs > il> s'cnemi>araicnt. Elle e>t conslniitecn pierre, cl ijcui-êirc cun>idércc comme ayant IT'.'is étaj;eN>i>ar un re/.-^-*:hau»ce ii'en\irtui d«ni/c j»ic<I> dehnnt : »a çosUu*n <l«>mine >ur le lac, ain:^ qne »ar la traverse la )>iu« fréquentée <|ui m: trou\e au lja> tic la cuur cl du. jar<lin. II existe un grand n<jnil>rc «J ouvert ure> «{ui donnent «ur toatc> le* facc^ cl •li>nt beancuup coniman'leui Ie> rue^^ qni cummunii}ucnt au village ; enlin il y a un maj^it'ique carré qui fait facc à l'égliâc, nu presbytère, au couvent cl au manoir.
** I)cpui* environ deux ana, M. iHimuiit «était «M:cupc à fain rctâtir et emljcllir cctie propnéié qui était l'apanage «!c ^o^ ancctrcN et qu'il ^ conq^Iaisait n reganlcr con»me lui pré*<nlant le> souvenir^ \e< plu-» attachant^ : il {len^ait tjue ce m»1 ne <eraiî jamais •^Titillé par le iang «le ?e^ c«»ncitoyen>. qu'il ne >eraii ja maiv envahi par le» Canadiens, qu'il ne >erait jamais rendu k théA-re d'une guerre civile par des c.uhMliijucs, étant situe m prê> • le l'rj^Ii-e le celte Cfmmune. Mai^ hélas ! le^ ch«j>e> >'?nl bie:: changéc'^ : bc> concitoyen- v»'ni >'cxp«"^r nux ]»lu- p^and^ d.in- ;;cr^ j»«.ur la cau>c d'un laclie in»p«>-»teur : ce-^ meniez canafiien» •;ui furenî ctabli> «lan* la p.irôi>5c par l'arj^ent de M. Diimont. au prix de >e- travaux c» ^.ie >c> rueur-i-^ronl le* premicT> ac^nlnbuer a la ruiinr de j>etit>-h!-, de celui juc leur* ancêtre^ '^ri*'»''daient c'»rr.me Iciit {.h-jtc : *-C3 niême^ cnlh«'lique^ vont bientôt "oudler le ^A Je leur ti;!!^:. en le rcn<lan: an chanq* de camaj^e c» 'le désolation.
•* Il serait tr'»;* l-m^ de donner de- dctaiU -ii.i Ir ijenéraliié des dépréciations de i"U- genres. c«»nimi>eï par te.- bander de misérable", «jui voient eî pdient i-ji:: à leur aiM.-.
••I.C- jvi-itai^ r* etV....fle Muuircal,*4>nt j armi ce» brlg1n•l^.ii- ^e *'»r.t lai>'«c p-i'-ti^-er 1.1 barW, probabîemi nt pour ne î':2> lai>- M:r ap'îrceV'jir la honte j'.iiN doivent a^^oir de f.iire uri x-mblablc métier. iN sont irrive* eu intru- dùn^ les inai-on^. pour y .tider au pillai^e C'-nime le^ av;trc-s. LeNl....lc>J...le^M ..le5N...ie"«k.. et une infinité d Auire- iv cette e>ptcc, ci-nimaiident le .//<./«/'> */ fiu/iimir.
'• f.>n obii'^'c tous Ic> habilant^ a ?c tenir prêta a c«i:nl«altrc. en menaçant •/> V- ///c'. '"///„•'•,'/' y-fz-T i il ik- ma relier; point; 'm leur dit qne c e-i l'our le roi qu il faut prendre le*» arn.cs et ces infortunés <:'n> pr«'tecii"n. l>énir«int le j;oiivcrnement, s il envoie des forces p^ur Ie> >au\cT de* ♦;rifie« de* bandits.
" On aeni"int aux di lie rent* meunier* de la famille Dumont. de ne délivrer le* ;4rajn^ que '•ur l'ordre des chefs de ta révolte.
Tous les jours, ]a frayeur et U constemation font des prAg^ de plus en plus rapides.
'* PrMquf! toutes les fiunilles loyales de Saint Enstadie ont abandonné leur foyer pour échapper anx menaces ainsi' qa'à la férocité de ces monstres, qui parrônrent let cdtes à cfaeralv armés de fusils, de pistolets, de sabres, enlevant tons les grains qu'ils trouvent et forcent les cultivateurs à battre pour leor compte. Il doit se tronver maintenant à Montréal, cinquante à soixante personnes de ce comté, (^ui sont à même de prêter et à UTter des affidavits pour mettre la justice à même d'exercer son court."
Le journal aurait pu ajouter que ceux qui n'avaient pas les moyens de se réfugier dans la ville ou dans les paroisses voisines, allaient se cacher par nombreux groupes dans les bois où ilt périssaient de faim et même de froid, puisqu'ils n'osaient y fiûre du feu de crainte d'attirer l'attention de leurs persécuteurs. Des déclarations insérées dans mon livre attestent tout cela.
Qu'on lise donc de plus les déclarations qui m'ont été données par les patriotes, par les rebelles, par ceux qui ont fiait partie du camp des insurgés, qui ont même combattu à la bataille du 14 de décembre 183?, et l'on se convaincra que tout ce que je viens de citer ou de reproduire n'est qu'une pâle description des excès et des dérèglements de la révolte.
M. David veut-il savoir maintenant ce que les étrangers, nos voisins, disaient des révoltés de 1837? Qu'il lise, c'est le Cour^ rier des Etats-Unis qui va parler, dans un article daté du 29 juillet 1837 '