M. L. O. DAVID
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Réponse de M. C. A. Globensky à M. L. O. David.
Tt^l osl le titro do ronvra^o (jne raulonr, M. U O. David, ainioin;ail sur tous \rs loils, qu'il faisait annonr»»r par ses amis, pour leirnol il d«Miîan«lait des sousc'nplious el qui eiilin, devait iKiltre eu hivriie ie livre que j'ai publié moi-mèine, il y a quel(|u^»s mois, sur les <'»vMnMnuMils de 1837, lît iiilituU : ' i.a r»4)i3lliou de 1^37 à Saiul-Kustache."
Cl* u't»sl que !iî 'A rluillei derui»*r. rVst-à dire quelques jours apiès <ii pul)lirati(Ui, que j'ai a[»pris par le jtmru d** />'! y^'//r//'" la nais^auee du iiouveauué. dt» eette «^'laud-* produftiou. Cependant ce livre éiail olïeil m v»'ul«* dès le ji)ur même de notre «^rau i»; iï'ie UMlioual»-, la Saint .I»»an BaptisU». On le vendait, urassurt'-l-..ni, «laus les corridors de riiottd Ri<'lieli»Mi [»armi les bibelots el objets de fantaisie et du carnaval.
Certes, voilà un auteur qui ne respecte pas beaucoup son œuvre.
Pourquoi la Patrlf w'^m a-t-elle pas parlé plus tôt et pourquoi les autres journaux n'en ont-ils pas fait grande mention ? C'est ce que je ne puis m'expliquer et cette abstention ne peut donner un cachet de (;rand crédit à cet ouvrage.
Je me dis alors : laissons parler les journaux et
ensuite je romprai le silence s'il en est besoin; niais ce qu'il va d'humiliant pour M. David, le grand écrivain/le véridique historien, c'est que personne n'en a parlé depuis, au moins au meilleur de ma connaissantîe. Quel soulllet !
Quand j'ai publié mon livre, je me suis empressé d'en faire parvenir un exemplaire à mon terrible adversaire, M. David,et c'était mon devoir d*en agir ainsi ; mais ce mouijieur n'a pas daigné suivre le même procédé de politesse, il est trop avancé pour en agir de la sorte.
Il me semblait qu'on Ihèse générale, il y a une règle d'étiquette qui oblige un gentilhomme à ne pan accepter sans rendre; mais M. David a cru que cet acte do coiirloisio ne roblijjeait en rien, ot que comme ilm'avaitaccusé du crime odieux de figurer parmi l'aristocratie, il était tout naturel que ses prands principes de démocrat'c dù>sent lui permettre de sauter à pieds joiiiis sur les convenances. Je l'en félicite.
On m'avait bien dit et conseillé : Ne répondez pas à ce livre qui ne compte point, qui est publié depuis au-delà de doux nloi^?, dont personne ne parle, il passera inaperçu, sans faire de bruit, et il ira mourir dans le pays dos productions sans baptême. Si vous eu parlez, vous allez lui faire de la réclame, vous allez allumer le feu de la disicussion et vous serez abreuvé d'injures et de lieux communs, car ce sont les seules armes que possèdent vos peu scrupuleux adversaires.
Le conseil était bon, sans doute, et quoique je n'attache que très peu d'importance à ce livre, je ne puis néanmoins tolérer ou laisser pas.ser sous silence les grossières erreurs qu'il contient. Je sais bien que je vais ameuter contre moi la troupe de la société David, qui a même des ramifications chez les canadiens yankte» ; mais je ne crains pas plusieurs nouvelles insultes qui m'honorent que
je ne crains leur colère impuissante. Je dois parler et je parlerai. L'erreur, les fausses doctrines ne triompheront point et ne recevront les honneurs du triomphe que chez certains personnages que je ne nommerai point, car je n'ai rien à voir dans ce milieu interlope, dans ce camp ennemi.
J'ai feuilleté avec tristesse et bien à la bâte cette brochure qui, cependant, n'est pas nouvelle, puisqu'elle n'est qu'un petit réchauffé de tant d'écrits que l'auteur s'est évertué à composer depuis plusieurs années sur les jours de 1837-;S8, et cela afin de se faire mousser et d'acquérir de la célébrité. 11 y a réussi, je crois î...
S'il me fallait disséquer encore tout cet assemblage de phrases sonores, ronflantes et habillées de façon à faire de l'impression sur ceux qui aiment le faux brillant, les légendes impossibles, les fausses idées, je me taillerais une tâche nouvelle, longue et pénible ; mais je ne l'entreprendrai pas de nouveau, d'autant plus que dans mon livre, dans mon supplément et dans mes lettres que j'ai publiés, j'ai délruil tout l'échafaudage des écrits fantaisistes et fantastiques de cet écrivain contrarié, qui ne sait présenter au public que des redites tantôt écornées, tantôt amplifiées.
Je n'ai donc pas l'intention de faire la revue ou la critique de cette compilation d'écrits qui ont déjà été jugés en haut lieu, qui renferment certainement quelques faits historiques, la narration même de certains actes politiquesqui se sont passés durant les premiers jours de la domination anglaise et que j'ai jugés et condamnés moi-même dans mon livre. Non, car je l'ai déjà fait et je dois ajouter que s'il y a du vrai dansquelques parties du livre de M. David, je regrette d'avoir à dire que dans ce cbamp cultivé tant de fois par une verve ou par une main démocratique, les mauvaises berbes de la mauvaise foi, de 1 exagération et du faux, y ont pris racine très profondément.
àme réjiéler et je laisao M. David et son rerneil de lettres ou d'histoires anciennes a rappréciati<indes hommes instniils, désintéressés, indépendants et qui ne sont mus que par une saine politique.
Si M. David n'eut pas répété la phrase suivante, qui coniiunt autant de faubsetés que de mots, je ne me serais cortaitieuient pas occupé de ses écrits déjà publiés à satiété et réédités aujourd'hui en corps d'ouvrajçe ; mais je ne puis permettre que l'on porti* Taudace aussi loin, sachan que l'on ne (lit pas vrai, et je vais le prouver.
A la page '228, il répète : '' M. Globensky pour réhabiliter la ménioin; de son pore auquel personne lie pensait, a tiré de la poussière deux écrits, etc, etc."
AutjuaJ personne ncpnimùt ! et auijuel personne n'a jamais pensé sans doute !...
Si je (lisais à M. David, tout ce que Von jitute de lui, ii jubilerait ; mais pour le moment, je veux lui é[)argiier celte joie trop vive. Je me contentiMai de lui poser trois (jiieslions. S'il p«.'Ut en nier l'exactitude, je lui ferai amende honorable et c'e^t luoi qui passerai pour n»^ pas avoir dit la vérité.
1ère Question : N'est-ce pas vous, M. David, qui, en XrMh^ pensiez k mon père et accusiez brutalement sa mémoire dans votre journal îx Biva Public dans le but d'essayer à me discréditer dans l'opinion des électeurs du comté des Deux Montagnes, et alin de les eiij,Mi:»'r à ne pas m'élire leur député ?
'2ième Question : — Si j'ai publié mon ouvrage pour réhahUiter (selon vousi la mémoire de mon père, n'en (Mes vous pas la cause première et immédiate ?
3ème Question : — Enfin niez- vous n'avoir pas jyensé à mon père eu 1875 ?
Oh ! homme de mauvaise foi ! Vous savez le contraire de ce que vous dites ; mais dans Tespérance de tromper les badauds, les ignorants, vous faussez la vérité et après cela vous voudriez viser au titre d'historien !
Votre passion politique, vos illusions, vos chi* mères, vos aspirations prétentieuses et ridicules vous aveuglent, elles faussent votre jugement, votre patriotisme. Je vous l'ai déjà dit, M. David, d*autres vous l'ont dit avant moi et très souvent, vous errez à Tâventure, vous llattez certains hommes politiques qui avalent toutes les légendes, toutes les bourdes que vous leur servez, vous les égarez et vous vous perdez totalement vous même. Que faire, tiour tempérer la chaleur, la fougue de votre prose f Rien, il faut vous laisser vos illusions et comme on vous Ta déjà dit que vous resterait-il, si l'on vous enlevait ces illusions ? Dans tous vos écrits sur t837 vous avez raconté bien des choses, bien des cancans, vous avez fait parler beaucoup de monde, et vous savez ce qui e'i est resté ? Vous faites même jouer un triste rôle à Monseigneur Blanchet, rôle (|ui serait condamné par les autorités ecclésiastiques, si tel vole avait eu lieu, m'ont assuré plusieurs prùlres aussi distingués que vertueux.
Dans un article éditoriul, dans une correspondance, je sais mallieureuscmeut que chez certains gazeliers, Tinsulte et le mensonge ont droit de cité; mais celui qui respecte sa plume et qui se fait historien, doit-il aller jusque-là ?
M. David est-il capable de me reprocher un tel écart, un tel forfait dans la publication de mon livre ?
Dans le supplément qui lui fait suite et que j'ai été obligé de publier pour répondre aux élucubra-
tionB, a'ix contes et aux basses insultes de H. David, me suis-je oublia comme il L'a fait luimême!
Non content d'insulter l'un de mes déclarants, M. François Cabaim, l'un des hommes It-s plus respectables et les plnsrespeclésde Saiut-Eiislache, il revient & la chorge, sachant qu'il attaquo ua homme qui ne peut se défendreiui-même, et il insulte par ricochet M. I abbé Guyon, qui corrobore absolument tout ce que le dit Gabana a afDrmâ en sa présence, en 1S77, puis ensuite sous serment, en l'an 1S84, en la présence d'un magistrat et de M. E. A. de Bellefeuille.
" La narration faite par le dit François Cnbaiia touchant le» parolet, la peur et la fuite du Docteur Chénier, est d'une exactitude scrupuleuse" dit et aflLrme M. l'abbé Guyon dans sa déclaration, et M. David a l'insolence de vouloir lui dire qu'il en a menti, parccqu'il enlève un peu de prestige à son héros, le Docteur Gbénier, qui n'a pas fait les actes d'héroïsme qu'il lui attribue faussement etqni n'est pas mort en lâche cepejiduut, comme on a voulu malicieusement me le faire dire ; mais qui a été la cause de tous les malheurs qui sont venus fondre sur la paroisse de Saint Eu^tache. M. David et ses amis sont libres d'approuver et d'admirer ce chef coupable et rebelle, mais pour moi je ue puis que le blâmer.
Quant aux gracieusetés qu'il me décerne après avoir insulté M. Cabana et M. l'abbé Guyon, j'y snis habitué et elles m'émeuvent moins que celui qui les débile. D'ailleurs, ses insultes dirigées cou- • Ire la bureaucratie qui ne me regarde pas, où il a figuré lui uième; celles qu'il s'est plû à lancer contre les prêtres et d'autres ont reçu dans mon supplément leur châtiment et elles ne méritent plus l'aumûiie du plus petit des sarcasmes.
M. David cite des lambeaux d« paroles ou de discours qui auraient été prononcés par ses coryphées, enir' autres par M. Holmes, Américain de naissance et annexionniste ; mais je n'en suis nullement surpris, et ce M. ifolmes n esi.-il pas de Técole de M. David ? Quant î\ moi, je préfère l'appréciation des sommités religieuses, laïques et catholiques qni m'ont fait rhonneur d'approuver mon livre et dont quelques lettres ont été publiées dans mon supplément, comme dans les écrits qui lui ont fait suite.
M. David qui n'aime point les volontaires de 1837, se pâme cependant d'aise et courbe T échine devant ce M. Holmes, volontaire de 1837, parceque dans un moment d'effervescence polititjue, son chef a lancé ses foudres et ses boulets rouges contre le parti conservateur. M. Holmes, annexionniste^ et américain, n'est pas une autorité, il ne l'est que pour M. David et ses amis politiques.
En 1875, M. David m'attaquait parceque mon pèrn avait été volontaire ; mais comment se fait-il qu'à la même date, il donnait son appui généreux et patriotique à M. William Workman qui, lui aussi, avait été volontaire avec mon père ? Pourtant mon père, comme officier (s'il y avait du blâme) devait agir comme tel ou était obligé et justifiable de prendre du service, tandis que le protégé de M. David, M. Workman, n'était ]^as obligé de se faire volontaire. Remarquons que je ne blâme pas M. Workman, mais je veux f^rouver que M. David a deux poids et deux mesures, et qu'il ne pouvait désapprouver le mal dans un lieu puisqu'il approuvait un plus grand mal rlans un autre lieu.
Mon père, lui, cjui avait été traqué, pvnécutéj menacé de mort^ chassé de sa dt-rneiirc comme un vil scélérat, n'avait il pas le droit de se défendre, n'avait-il pas mémo le droit légitime de se servir de ses armes comme les de Charette, les admirés,
les idoles de M. David, le firent de tout temps, et spécialement en 1791 ?
Oui, il avait ce droit et s'en est-il prévalu, cependant ?
M. David dira peut-être que les révolutionnaires du Canada ne peuvent être comparés à ceux de la France ; mais quand les Chefs canaidiens promeltnient aux insurgés que toutes redevances seraient abolies et qu*ils se partageraient le bien des riches, etc., etc, était-ce bien édifiant ot rassurant ?
Quand on persécutait, qu'on pillait, qu'on mutilait les animaux, qu'on menaçait de la prison et de la pendaison les Loyaux qui ne voulaient pas marcher avec les révolutionnaires, éiait-ce bien rassurant ?
Quand on prêchait la désobéissance aux lois, à l'Kglise, le mépris au clergé et que Ton envoyait une corde et des menaces à Monseigneur Larligue, était-ce encore bien rassurant ot bien édifiant ?
Et. lui, M. David, aurait voulu qu»^ mon pore se croisât les bras, qu'il laissât triompher la révolte et qu'ensuile il lïit fusillé comme le fut le chef vendéen de Charette en 17î)G !
fl est excellent ce M. David !
Voilà sans dout^ pourquoi il est TaJuiirateur du général de Charette ; mais badinage à part, et comme il s'est dit monarchiste lors(jue ce brave et noble militaire est venu au Canadn, comment peut-il prêcher l'annexion aux Etats-Unis et tant vanter les institutions américaines et républicaines ?
Il y a certainement dans sa profession de foi politique et cosmopolite, une anomalie inexplicable, un manque d'organisation qui lui fera toujours du mal, qui le fera errer sans cesse à ravfuture. Oui, tant qu'il n'aura pas mis de trêve à un tel défaut d'ensemble, à un désordie aussi étrange, il ne pourra jamais se donner comme juge
compétent ou s'arroger la mission de censeur qui ne convient pas plus à sa capacité ({n'il ne convient à lin aveugle de juger des <roulenrs.
Alors, il doit bien comprendre que sa critique mirobolante sur mon livre comme ses injures tombent à plac, et qu'il le confessa, donc au tribunal de la pénitence et de son pays.
Maintenant, je dois dire un mot de la souscription de Lorimier dont M. David a été le promoteur, dont je me suis donné garde de parler jusqu'à ce jour, ma's If's circonstances mV contraignent.
M. David s'est suspendu aux dépouilles de DeLorimier, pour après un demi-siècle, se rapp^^ler les 46 années de malheur de son épouse î... Cette respectable dame était loin de s'attendre que, après avoir vécu dans les larmes, à la veille de mourir, on finirait par penser à son infortune î...
Il fallait bien se grouper autour de quelque chose, pour remuer h's fastes de 37-38, pour faire approuver la rébellion et qui plus est, pour faire goûter les mêmes idées d'annexion et de républicanisme que Ton prêchait à cette époque comme aujourd'hui.
La souscription D.JiOrimier n'était donc pas une œuvre philanthropique, généreusement provoquée ou entraînée par l'amour seul du ni.ilheur. Non, DeLorimier avait écrit une belle leitre, une lettre touchante, avant de monter sur l'échafaud. On s'en est emparé comme d'une arme puissante, et ce talisman devait servir à faire mousser d'autres aspirations. Ces aspirations, nous les connaissons, elles devaient servir à des fins politiques et cachées. On voulait donner le change au peuple. On voulait que cette souscription, prétendue nationale, aidAt les anne.xionniste.î, les républicains à s'américaniser.
Cette malheureuse épouse méritait certainement en premier lieu, la souscription du parti rebelle de 1837-38 ; mais y a-t-on pensé alors ?
Ceux qui en grande partie et après un demi-siècle ont souscrit an malheur de cette veuve, ne l'ont pas fait pour approuver la rébellion dénaturée de cette époque qu'ils condamnent ; mais parce qu'ils ont. été entraînés, soit par amour de l'humanilè, soit pour se libérer des instances persistantes de certains hommes avec lesquels ils ne marchant point en politique, et qu'ils voient néanmoins assez intimement dans leurs relations sociales. Moimême n'ai-je pas été heureux de donner mon obole en faveur d'une veuve que je respecte ; mais ai-je souscrit, pour approuver la rébellion ?
Sijo nommais les journalistes, lus hommes haut placés dans le monde politique et ailleurs qui n'ont pas voulu aider cette souscription de leur plume et de leur argent, parce qu'ils y voyaient une question politique et de républicanisme, le nombre n'en serait-il pas grand ?
Si je nommais ensuite ceux qui ont souscrit, pour faire plaisir à certains organisateurs avides avant tout de faire retentir leur nom par toutes les voies de la renommée, et si je nommais le clergé qui condamne la révolution de 1837 et 38. combien resterait-il de donateurs volontaires et spontanés ?
La presse anglaise, l'élément anglais, l'immense majorité du pays ont-ils favorisé cette souscription qui est une censure jetée à la face de notre Souveraine ?
Mais ce qu'il y a de plus extraordinaire en tout cela, c'est que M. David veut faire approuver la rébellion, tandis que l'infortuné Delorimier luiiiiéme l'a condamnée énergiquemenl,en disant devant la cour martiale : •' Doit-on supposer pour " un instant que j'aurais pu être un chef de ce " parti (parti rebelle) tandis que je louais ceux (jui
" se tenaient a l'écart, et que je désapprouvais tout *• ce qui se faisait par ce parti."
De plus, est-ce que Decoigne et Nicholas, autres chefs, en montant sur Técliafaud et un instant avant de comparaître devant Dieu, n'ont pas eux aussi condamné la rébellion dans le termes les plus énergiques ?
Decoigne, spécialement, n'a-t-il pas condamné la révolte, tant en son nom qu'au nom de Robert, de Sanguinet et d'Hamelin, ses autres compagnons d'infortune ? •
N'ai-je pas publié dans le supplément qui a fait suite à mon livre, les discours prononcés par ces chefs avant d'être lancés dans l'éternité ?
N'ai-je pas publié, de plus, la lettre du curé Chartier, l'ûme du soutien de l'insurrection dans le comté des Deux-Montagnes, par laquelle il condamne et conspue la rébellion ?
Cependant, M. David, semble vouloir l'ignorer et on dirait qu'il est payé par des intéressés, parles annexionnistes, pour cacher la vérité, pour travestir l'histoire au profit de ses clients, au profit des Américains et de leurs institutions répnblicaiufS. En un mot, lui et ses amis, vantent les Etats-Unis comme on le faisait en 1837, et après cela on voudrait museler et anéantir ceux qui comprennent et combattent leurs fins constantes et cachées !
Quant à moi, je ne puis m'expliquer qu'il puisse se trouver parmi nous des annexionnistes, et je me dis qu'il faut que ces désassortis soient mus par une influence funeste et latente, pour conspirer ainsi contre la vitalité, contre le peu de force que possède et déploie la race canadienne-fraçaise pour se maintenir au milieu des autres origines qui peuplent le Canada ; car s'il est dif&cile pour elle de se conserver dans le Dominion, que serait-ce
donc si elle ôtaitnorée par la papiilation considérable de la république voisine, qui s'élère à 50
millions d'habitants 1
Kt ces messieurs s'écrieront avec joie : " Noua comptons aii-delA de 600,000 Canadiens-français aux Etats-Unis. Presque tous s'y trouvent bien el ne vt-nli'nt point revenir au pays."
Il fiUit qu'un bi-oiiillard onscurcisse le jugement et le patriotisme, pour parler ainsi ; car quelle est la cause qui a obligé OH entraîné un grand nombre (fe Ciiuadiens-français à émigror aii,x Ktnls-Unis ?
.le vais avoir le courage de dir-e le pourquoi, paie»! qu'il est temps et plus que lemps^ueTon s'insurge, que l'on se soulôve contre Cfs nuuexionnisli's, l'oiilre ci-s coiispiraleiirs qui seniblt^iil vouloir iiiiL'antir nos siNitiments palriotiqui's «t relif^iciix, et qui nous l'Ugageut à aller IfS [iciilre an iiiili'iu ihi Wi répnhliqiit) américaine qui n'fst pits 1111 pcii|)li! Iiomogoneu: do nnissanco. mais bien une colli-oiion, un uiélanjre, une multitudiî immense composée de toiiti^s lus nations.
I>a cause de Immigration canjidicnui' auxEtaH- Unis, toulle monde la connaît. Cliaciin sait où ellu a pi is racine et où elle se Irouvi.!.
Nous la trouvons ct;Uc cause dans l'esprit d'avfliiture, dans \i: plaisir tin clian;;>îni<>iit clici! une jeunesse remnnnte et sans c.vjiérit'uce.
Nous la trouvons chez d'antres, dans i'i'spôranç" do refaire des biens qu'iU ont [lerdiis Ou gaspillés au pays natal.
Mais n'y a-t-il pas d'antres causfîs A accuser ?
Oui, disons-le avec rriincliise. l'armi ces 000,000 Canadiens-français rcmlus anx Ktats-Unis, un granii nombre y ont été entraînés par des causes bien regrettables, et il faut arcns^-r 1res sonvent l'orgueil, la paresse, l'iiicaparilé dans li'salfairos, riuienipéraiiceot iiiilie antres excès et folies. Voilà X^resqne tonjours la cause prein'ère, imtnédia'.c de
la perte des fortunes et du désir d aller se recaver à rétranger, ou d'y aller cacher quelquefois sa famille, sa honte et sa misère.
Je sais qu'il y a aux Etats-Unis des compatriotes qui, par la position sociale qu'ils s'y sont faite, nous font honneur, mais le talent de "ces hommes distingués ne pouvait-il pas se développer avantageusement pour eux et pour nous en Canada ? Oui, et leur absence du pays est pour nous une perte sèche, un malheur immense et national.
On a tort de tant vanter les Etats-Unis, car nous en connaissons qui sont allés végéter chez nos voisins, qui sont revenus au pays et qui sont aujourd'hui dans des conditions fort enviables et honorables. Ces rapatriés seraientils encore annex ionnistes ? Si oui, ils seraient grandement coupa blés.
Mais à part ces hommes honorables et fortunés qui font exception, qui vivent aux Etats-Unis, n'y en a-t-il pas d'autres qui y vivent dans une position difficile, gi^née même et peu digne d'envie?
Oui. il y en a pins que Ton ne se l'imagine, tant dans les professions libérales que dans le commerce ; mais je ne parlerai point de ces misères cachées et je ne dirai qu'un mot de ceux qui gagnent leur vie au jour le jour, de ces malheureux qui ne ramassent pas de mousse et rfui sont les valets, les esclaves des Américains. Et où les trouvons-nous ces pauvres travailleurs?
Dans les manufactures, dans les mines, dans les forges, sur les canaux, dans lesphicers, et enfouis à des milliers de pieds au-dessous du sol, suant sang et eau pour faire la fortune de messieurs les spéculateurs américains. Ce sont des machines vivantes transformées en locomotives, dont la force physique est montée à une trop forte pression et qui finit toujours par amener la destruction de la charpente humaine ou la perte de la vie.
Ces hommes vigoureux, ces Canadieno-françaîs qtie les cupides Américains convoitent tant, qu'ils gorgi^nt d« boisson pour leur faire faire des ouvrages ou des tours de force impossibles et contre nalurf, que ne sont-ils restés au Canada ? Us iUirai(>iUaidé à dévoloLpper l'agriculture, l'industrie, les ressources du pays qui manquent de bras, et ils auraient pu s'y créur eux-mCcnes une existence hcurtiuse.
Us n'auraient pas otc les nègres, les Chinois des riches Yankees, qni ne se meuvent ou ne travaillent qu'au bruit de l'or ou du dieu argent.
Oui, allons dH l'autre, cùté dt;s frontières, consultons Ci-s malheureux exilés qui sont les bêtes de souimif de leurs maîtres étrangers, et il;: nous dirniii : Oli ! nous vaudrions liieii rutoui-ner au Canada que nous avons fait la folie de quitter, mais nous ne le pouvons pins 1
Si, plus tard, nous roiiconti-ons lenrs enfants, ?e no sùnt plus des Canadiens, en sont dtrs défigurés. des abâtardis qui vous répondront dans un langai^e trniique et estropiô.
Oui, U1I Canadii.'u-français, qui a vécu longtemps parmi eux, me disait: La main-d'u;nvi-e ollerti' par nos Canadiens au.\ Ktats-Uiii^, osl. géiiéraliuninit pitoyablcotdôsespéranle. Si l'on examine leur ['hy. siononiie, leur tournure, leur accoutrement, l.-nr atreiil, tout c'Sl ynnkre, mOmi) la iangue maternelle, qui finit par être abandonnée et oubliée.
Oui, il est prouvé que, assez, souvent, l'exilé aux Etats-Unis e^t obligé de s'éloigner des centres Canadiens. Alors, ii vit seul, c'est-à-dirt.>, an milieu de compagnons étrangers qni lui font oublier sa langue et croire qu'il n'est pas ne Cauaitien. Seti enfants rréqnont-uitqui'lquefoisles écoles publiques et protestuiitKS, où ils sont exposés à oublier leur iiaHoiialilé, et ili; là les mariages mixtes entre catholiques et prut>.'stanls, mariages qui grossissent
la population américaine et prolestante, mais qui donnent la mort à la nôtre.
Cependant, M. David est annexionniste, il prêche ouvertement Tannexion, il vante les institutions américaines, il élève aux nues tout ce qui est américain et il méprise lout ce qui nous régit ici. Il fautôlre très avancé pour divaguer ainsi, car la foi me de notre gouvernement, notre indépendance politique et la liberté entière dont nous jouissons, sont autant d'attributs qui ne peuvent être égalés par aucun pays du monde.
Je n'ai pas mênie besoin de chercher à prouver que la forme du gouvernement anglais est l'essence môme de la vraie liberté, et que les républicains de l'ancien et du nouveau-monde ne peuvent lui comparer leur forme de gouvernement. Les guerres intestines, les persécutions, la révolution, la presse muselée, voilà les consé(juences regrettables qu'enfante l'état d'un peuple réfiublicain. La guerre du Nord contre le Sud de l'Amérique, cette guerre honteuse et fratricide, ne prouve-t-elle pas contre ce système gouvernemental tant vanté du républicanisme ?..
Oui, et donnons un exemple du défaut moral du gouvernement de la républi(|ue qui nous avoisine, en posant la question suivante :
Que fait le président des Etats-Unis, lorsqu'il monte au pouvoir? Il chasse assez souvent tous les vieux employés, pour les remplacer ptr des partisans politiques, par ceux qui l'ont aidé à se faire élire. Il a eu sus la prérogative arbitraire de choisir, de nommer lui-même ses ministres qui ne relèvent point du peuple et qui ne sont pas obligés d'aller devant lui, pour se faire réélire ou lui demander un portefeuille. Belle liberté, belle garantie, luafoi, que cette liberté donnée à un seul homme !
Thiers, le grand Thiers, cet homme d'Etat éminent, tant acclamé par les républicains, n'a-l-il pas proclamé que le gouvernement monarchique f
de L'Ati{;let?ri'c [jossédait la plus belle foime de goiivernement el persoiiiiifluit le mieux la vraie iiberié ï
Mais l'égiile pi-olec'riœ du ilrap(>.-iu aiiKl'iîs ne plaît piis à M. lli'.vid, « sps amis ni cVst ii.-We de leur coiiHiti Jonallinti qu'il leur faut. Lc.<i\s principes ivpiiblicaiiis ue aiiuL pas assez eu tiaus^e sous uuecouritilLiLiou uionaroiiiqiieel ils savent que leur aspiration au j'ouvoir. au couimaudemeiit, n'arrivera jcunais s'il u'y a p;is un cbaufïeniein, uu bouk-vt;i'se[ii''iil ni'twi rai. llâf^avi^ut uvaai que l:iut gun la 1res firitiiili: iiiajiii'itt! des Caiiîidit^us-fraucais qui est loyali; cl niyalislo ne sera pas aliSOrtlê«î jiîir l'élément rêpuliliiuiii des Klats-Uuis, ils doiveul ppnli-id'esfi.' ranci! tin tri'uu[ili.i. Voilà poiirqnoi ils vt?ulcut (i'anii'HcaiiisiTcoiuiiie nu vmilail l" tairL' eu IttliT. aliii de salisCùre un désir iiuu'i«d"ré île gloire el .li: i'oj'Luui' ; el aptes tout cela ils t^c ilirout C:ini'.di(']is-traii(;ais il lis iusultoiout tous r-MX qui <?OiiilnttfiiI leur fiuinsle comjiliil el qui tic v.-uli.-iit poiut la uinrl o\[ la 'leslrurliou de li'ur uriiinnjiliti;.