TOUCHANT LA
Publié en Octobre 1884.
TROISIÈME SUPPLÉMENT
Après les bordées d'injures lancées contre moi <iepaiB quelque temps, par le ban et larrière-ban de la société David, je me crois obligé, encore une fois» et bien malgré moi, de rompre le silence que J'avais résolu de garder.
Cependant, le lecteur voudra bien croire que ces avalaîiches d'insultes vulgaires que, tant de braves réunis ensemble, lancent contre moi, ne m'attei-
Sent guère. Je plains seulement cette ligue de ute vaillance.
11 David, qui a toujours prêché la coalition politique, spécialement pour lui, bien entendu, doit être fier de commander, aujourd'hui, des coalisés aussi dévoués, aussi empressés, aussi délicats et qui ont entendu son appel, son cri do désespoir ! Quant à moi, de tout temps, j'ai préféré prêcher l'union, même dans le journal de M. Davici ; mais «'est vrai que nous n'avions pas les mêmes aspirations!
J'ai été entraîné, malgré moi, quelque peu, sur le terrain glissant des personnalitéâ Je le regrette, quoique je n'aie pas donné le change dû à mes peu ^erupuleux adversaires, et j'ai trop le respect de moi-même pour les y suivre. Ils pourront patauger
à cœur joie, c'est leur aflhire» et je n'aurai à Ta venir rien à démêler avec eux.
Je reçois de tous côtés des lettres d'amis, hantplacés, qui m'engagent et me supplient de mépriser mes éclabousseurs, et de ne plus répondre à leura diatribea Je vais suivre ce conseil sage, et je ne ferai plus à la dialectique de mes insulteurs, l'honneur d'une réponse.
Je dois remercier, tout spécialement, et bien cordialement "Un Fils de Patriote" qui, dans une lettre aussi bien écrite que bien inspirée, et publiée dans la Minerve du 6 octobre courant, me venge nobleuieut. Cette lettre ainsi que celles qui m ont été adressées par les sommités religieuses et laïques, me font oublier toutes les insanités de mes vaillants assaillants, particulièrement celle d'un chroniqueur fameux, qui se croit payé à tant la ligne, pour insulter tous ceux qui ne partagent point sa haute et radicale politique.
Au commencement de l'été dernier, je priais quelqu'un d aller trouver ce monsieur de chronique mémoire, afin de lui demander de ma part, certaines explications, concernant une attaque à la Cy- Ïrienne, qu'il avait dirigée contre moi dans la \itrie, et voici ce qu'il répondit : " Je n'ai rien à retirer de ce que j'ai écrit, et je suis aux ordres de M. Globensky ; mais je n'ai pas eu l'intention de l'insulter, et s'il veut se donner la peine de lire attentivement ce que j'ai écrit, U 8* en convaincra facilement"
Après cette conversation, l'ami qui avait été chargé de le voir, vint me faire part à l'hôtel du résultat de cette explication, et me dit : " D'après moi, la rétractation est complète, puisqu'il dit formellement qu'il n'a jamais eu l'intention de t'insulter, et tu te ferais ridiculiser, si tu poussais la choae plus loin."
Cependant Tinsulteur chronique redouble aujour dliui d audace, il m'injurie de plus en plus ; mais dois-je m'en occuper ? Non, car tous les hommes haut placés dans le pays et qui ne vivent point dans son atmosphère politique et sociale, ont reçu ses coups de ooutoir, ses traits d'humeur noire. Les journaux ne cessent de le gloritier du titre pompeux (Tinmdteur public, et de lui appliquer les étrivières les plus sanglantes. Encore ces jours-ci, que d'umiliations n'a-t-il pas essuyées, tant dans la Minerve que dans L Etendard ! Par pitié pour Ini^ je ne veux pas même les reproduire, car après l'avoir vu haché menu, comme il l'a été si souvent, cm peut en sus lui pardonner ses écarts de langage qui n'atteignent pas plus qu'ils ne comptent. Confcéquemment je dois me moquer des éclaboussures passées, présentes et futures de ce très haut personnage.
Ce monsieur dit que, M. Lusignan, son allié, a retranché la particule de, qu'il a le droit d'accoler à son nom. Je n'en doute nullement et je l'en félicite, car la famille des Sires de Lv^fjmin était illustre. Si le descendant des rois de Chypre et de Jérusalem a retranché sa particule nobiliaire, c'est sans doute parce qu'il a renié et oublié la politique de ses majestueux ancêtres, qui, eux, ne se nourrissaient point du libéralisme avancé, de politique cyprienne, et qui auraient tr>ujours combattu le radicalisme européen et anti-catholique, s'ils eussent existes de nos jours. Le marquis de Lusignan, député de la noblesse de Gascogne aux Etats-Généraux, en 1789, qui émigra en 1792, afin de fuir la persécution des révolutionnaires, ne donnerait certainement point un droit d'héridité ou dç succession à celui qui approuve cette révolution comme celle qui voulait faire de nous les valets des Yankees !. . Je conseille à M. Lusignan, de fuir le milieu politi-
que dans lequel il s'est âeheusement aventuré ; de ne pas avoir honte de sa particule nobiliiiire, de la poiier haute et ferme avec les armes^ avec kispEmcipes de ses ancêtres et ceux et celles de Ghiy de Lusignan, seigneur français, qui fut, en premier lieu, roi de Jérusalem, et ensuite le successeur de Biehard^Cœur de Lion au trône de Chypre. Enfin Je conseille à notre compatriote, de ne jamais ouUier que bon sang ne doit jamais mentir.
La devise " Dieu et mon roi " vaut un peu plus que celle de Louise-Michel, que celle des crocheteurs de sanctuaires et des briseurs de crucifix L . .
Mes ancêtres, tant autrefois comme en 1837, ont combattu la révolution, et j'espère que mes enfants la comlmttf'ont toujours, et qu'ils seront toujours les iidèles sujets de leur roi et de leur religion.
Mon grand-père, à l'âge de 22 ans, avec le titre de chirurgien sur un bâti oient de gueiTe, auxiliaire de la Grande-Bretagne, venait combattre la Révolution américaine; aussi, ses descendants marcheix)nt toujours sur ses traces, ils ne dégénéreront point et conibattix)nt sans cesse les idées funestes d'annexion et de républicanisme que, quelques politiqueui-s rouges, voudraient inculquer dans le cœur de leur parti comme dans celui du parti conservateur et (lu peuple canadien, dont la très grande minorité est attachée à des principes tant monarchique que religieux.
Ces quelques explications feront voir à M. Lusignan ce que ma famille a toujours été, ce que ses descendants seront toujours, n'en déplaise à la profession de foi politique et nouvelle de mon terrible et bouillant adversaire, qui a oublié, lui, momentanément, il f aut lespérer, celle de sa trèshaute lignée.
Après avoir traité M. Lusignan, comme un gentilhomme doit traiter un autre gentilhomme, je vais maintenant m'adresser à celui qui n'est plus sous la
toteUe de ses nobles ancêtres, à eelui qui a (Miblié que le nom de la famille n'appartient qu'à la famille et que nul n'a le droit cfe le transgresser, en adoptant des procédés de polémiques qui répugnent à un homme de race.
J'ai été obli^ de traiter un point noir de notre histoire canacuenne, pour venger la mémoire tie mcm père, pour défendre celui qui a été odieusement outragé et calomnié, avec documents historiques en mains et avec l'appui des autorités religieuses et laïques, et c'était mon droit Mon principal calomniateur, M. David, sort des gonds, il prend la poudre d'escampette et soudoie d'autres ejusdem farinfu, non pour discuter, mais pour m'injurier. M. de Lusignan figure parmi les spadassins. Il m'accable d epithètes et de paroles injurieuses qui ne m'atteignent point, que je méprise souverainement et qui n'émanent point de l'éducation de la maison héraldique des sires de Lusignan. Aussi, je comprends pourquoi M. Lusignan a retranché sa particule nobiliaire, et il a eu raison.
Quand le premier pas est fait dans la mauvaise voie, les autres ne coûtent point, et je vais lui prouver qu'il a outragé la vérité et le bon sens dans sa défense cosmopolite et échevelée.
Je ne relèverai pas ses sottes personnalités, vomies dans ses premières lettres, elles ne comptent point, ai ce n'est pour une certaine galerie, qui n'est point composée aea rois de Jérusalem et de Ch^^re ! . . .
Je me contenterai de ne relever que quelques erreurs, les plus saillantes et les plus grossières, qui abondent dans ses élucubmtions.
• Oui, je dois à mes amis, à mes co-paroissiens.
encore quelques explications, et c'est à eux sortont que je vais les donner.
Ecoutes^respectables viisillards de Saint-Eustaelie, ui avez connu mon onde, celui qui est né au milieu e vous, qui a passé toute sa vie au milieu de vous, qui est mort au milieu de vous et dont l'honorabilité vous était si bien connue — c'était un espion! . . .
J'ai entendu parler des coups de plwme de l'écrivain qui a proféré ce mot brtUaly qui a, me dit-on, le talent d'écrire ; mais je crois ou'il regrettera ce coup de plume de trop, qui ne le haussera pas dans l'opinion publique, et qui fera pâlir ses œuvres littérairea Quant aux gracieusetés qu'il m'adresse à propos dattaques supposées et chimériques, que j'aurais dirigées contre la famille de Lusignan, c'est une manœuvre décevante, un semblant de raison, qui n'augmentera certainement pas sa renommée littéraire. Je ne lui en dirai pas plus, et c'est assez !...
Mon oncle qui, après 1837, était l'ami de M. Papineau, qui était reçu au manoir de Monte-Bello avec tous les égards possibles, eut été bien vengé par le grand orateur de 1837, s'il eût vécu. M. Papmeau, m'assure-t-on, condamnait, lui, la prise des armes, la guerre civile, les persécutions ; et voilà pourquoi il a voulu en dédommager un persécuté, en venant le visiter cordialement chez lui, et en lui offrant ensuite sous son toit sa grande et noble hospitalité.
Afin d'accentuer davantage l'intimité qui existait entre M. Papineau et ma famille, je tirerai de mon livre, "La rébellion de 1837 à Sain t-Eustache ", les trois passages qui vont suivre. Le premier, qui se trouve à la page 204, a rapport au frère de mon oncle, ainsi qu'à la famille Mackay avec laquelle je suis allié. Lisons :
'' De plus, peut-on me dire la cause de l'intimité qui, depuis la révolte de 1837, a toujours existée
entre l'honorable Louis-Joseph Papineau et Tun de mes oncles ?
"Pourtant, cet oncle, en 1837, arrachait de la voiture de M. Papineau, qui passait en triomphe dans les rues de St-Eustache, un drapeau tricolore l Plus tard, cet oncle et sa famille ont passé des mois et des mois à Montebello (résidence de campagne de M. Papineau) et lorsque ce dernier demeurait à Montréal, il ne laissait pas écouler une journée sans aller visiter mon parent. La famille Mackay, de Saint-Eustache, qui était loyale en 1837, et qui était fortement opposée à M. Papineau, ne s'est-elle pas même alliée à cette même famille des Papineau ? Oui, et ces faits prouvent que les deux partis, en 1837, ne se comprenaient point. Ils voulaient néanmoins arriver au même but, mais ils ne prirent paa le même chemin. Ils comprirent plus tard qu'ils étaient mus par le même sentiment patriotique, et voilà pourquoi ils ont voulu ensevelir le passé dans l'oubli, pour devenir de véritables amis.
" Que cette belle leçon, fruit d'une bonne éducation, puisse servir à tout le monde.
" Prmi les six respectables cultivateurs, amis de ma famille, et porteurs des coins du poêle aux funérailles de mon épouse, trois étaient patriotes et les trois autres loyaux, en 1837.
"Tous les six ont travaillé et voté pour moi durant mon élection de 1875. Je puis même ajouter que la très grande majorité des patriotes de 1837 a toujours, depuis cette époque, été comptée au nombre des partisans politiques de ma famille ; et c'est cette majorité qui a aidé à me faire obtenir, durant cette élection, une très forte majorité dans Saint-Eustache.
" Ces deux seuls faits parlent éloquemment et réduisent en poussière tout ce qu'ont pu ou pourront écrire mes adversaires politiques sur mes ancêtres.'*
Le seeoiul extrait, qui se x^ypoita à Fende calomnié, se lit comme suit :
" Une simple question maintenant : PoatK>n'iB'expliqaer, comment il se tait ^ne depma 1887 ma ffonille ait toujours été Tamie dea Pàpineau, dea Dumouchel, des Oirouaid, et autres ohe& de la rébellion ?
''Cette intimité existait mâme avant 1837, et pour en donner une preuve, je dterai les deux lettrea ui vont suivre, et que j'ai trouvées dans les papiers e Tun de mes oncles, féu F. K Olobensky, écr., notaire, décoré du titre d^espion par M. Lusignan.
"L'une est la copie d'une lettre ou réponse adressée à feu J. J. Girouard, écr., notaire, alors qu'il était à Québec. La voici :
" Saint-Eustache, 24 août 1838.
Mon cher confrère,
" Permettez-moi de me servir de cette expression dont jadis nous faisions usage l'un envers l'autre, et qui n'était que l'expression des sentiments d'amitié que nous ressentions l'un pour l'autre et dont les relations ont été interrompues par les dissensions politiques qui ont si fortement agité le pays ; dissessions malheureuses qui ont fait tant de victimes.
" Puissiez-vous désirer comme moi le retour de ces temps de paix où nous nous voyions avec tant de plaisir et 1 oubli des animosités qui ont pu nous éloigner l'un de l'autre. Oui, oserais-je penser à la possibilité de voir nos relations rétablies ?
" Certes, il n'en dépendra pas de moi, mais je crains que les préjugés qui ont été la cause de notre séparation soient trop enracinés en vous, pour anticiper le retour d'un pareil état de chasesu
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C'est pourquoi je me bornerai pour le moment k ces réflexions et à l'expression du désir que je ressens sincèrement.
" J'étais absent lorsque la vôtre en date du 17 m'est parvenue. Pour ne pas vous laisser croire que j'aurais quelque certitude sur le sort de voa papiers, je dois vous dire que je n'en ai aucune connaissance personnelle, quoique je m'en sois informé. J'ai tout lieu de penser, d'après lea recherches infructueuses au'on me dit avoir été faites par plusieurs individus, pour retrouver despièces qui auraient été laissées dans votre office^ Su'ils sont devenus la proie des flammes avec tant 'autres propriétés.
"J'ai l'honneur d'être, Monsieur, en attendant que vous m'autorisiez à me servir de termes plus anciens avec vous,
" Votre dévoué serviteur,
" F. E Globensky."
RÉPONSE DE M. OIROUARD.
" Québec, 28 août 1838.
Monsieur et confrère,
" Votre lettre du 24 que je viens de recevoir me suppose des sentiments que je n'ai jamais entretenus et qui ont toujours répugné à mon cœur et à mon caractère. Cela est si . vrai dans ma conviction que je pourrais mettre au défi même ceux qui m'ont fait le plus de mal de prouver que j'aie
I'amais agi sous l'empire du préjugé dont vous parez, bien moins encore sous l'influence de ces pas-
"«î(msqaî dégradent l'homme, etnnme la hame et "'la vfinge&nce. Jamais je ne repooBSwai la mam "de la conciliation, l'esprit de eoncorde ei d« pux. " Soyez donc persuadé que j'ai reçn avco phia de "plaiair que vous ne l'aves peat-ètre imafpné l'ex- " pression des sentiments contenus dans votre Inea- " veillante lettre ; et vons vous tromperiez beaa- " coup et ne me rendriez pas justice, si vous pensiez " que je n'ai pas au les apprécier, N'hésita donc " plus à ma donner non plus qu'i prendre ces titres " que j'ai autant de plusir que vous k rappeler et à " employer.
" De votre confcère et ami,
" J. J, GiROUAHD."
" A. F. EL Globeksky, Ecr.,
" St-Haetacke."
Ce que l'on vient de lire ne suflît-il pas, pour réduire en poussière l'atvocc calomnie, qui a été inventée et proférée contre la mémoire de mon oncle ?
Que l'on veuille bien lire le troisième extrait suivant, que je tire encore de mon livre :
" Nous différons en politique, c'est malheureusement vrai ; mais si parce que nous ditTérons en politique, il faut absolument (d'après les hommes de parti) se faire la guerre, que l'on n'aille donc pas au moins fouiller dans les cendres éteintes de 1837. afin d'y trouver des armes contre xm adversaire. Personne n'y gagnera, on peut en être ossnré ; car les descendants des deux partis opposés da l'époque
y trouveront des sujets d'attaque et de défense, qui ne produiront rien de bon. Enfin, par convenance et pour la tranquillité publioue, ne vaut-il pas mieux ensevelir pour toujours dans Toubli ce malheureux passé» a autant plus qu'il a déjà plus de Suarante ans d'existance et que les adversaires 'autrefois sont aujourd'hui devenus (au moins pour la plupart) des amis ?
" Celui qui veut combattre honorablement ne doit pas aller demander des armes à nos pères, à nos devanciers ou à une époque qui remonte à un demi siècle, mais il doit attaquer ou se défendre avec les armes de notre temps, et il ne doit discuter les affaires publiques qu'avec les personnes qui les régissent ; enfin, il ne doit discourir ou faire de la propagande électorale que sur l'état actuel de notre inonde politique.
" Puisque, généralement, l'union existe aujourd'hui entre ceux qui étaient divisés ou adversaires en 1837, serait-il prudent d'essayer à interrompre la bonne harmonie qui existe actuellement entre eux, même sur les questions politiques?.... Et parce que nos pères, jadis ennemis, ont eu plus tard la sagesse et la magnanimité de vouloir maixher à l'unisson et d'ensevelir le passé dans l'oubli, afin de nous donner une leçon d'éducation domestique et politique, faut il que nous permettions à certains écrivains exaltés, à certains hommes de coterie ou de spéculation politique, de prêcher à leurs descendants ou parmi nous une guerre qui n'a plus sa raison d'être ?. . . . Celui qui, avec maladresse, avec malice ou pour des motifs particuliers et cachés, soufflerait le feu de la discorde parmi des hommes d'une même race et ensuite parmi les diverses races ^ini forment la Puissance du Canada, cet homme, ais-je, serait bien coupable et il devrait être honni indistinctement par tous ses concitoyena"
Je n'ai pas fait dans mon livre le proeès dé tdÙS ceux qui ont pris part à la rébellion. Je a'^^ ai nUBAtionné que le Dr Chénier, puis les persécutions dont les loyaux de Saint-Eustache ont été les victiineB. De pins Je le répète Je n'ai jamais insulté les hommes honorables qui ont pris part à la révolte, maia qui ont été, cependant, la cause coupable de Uen des malheurs.
Était-ce de Tespionage ^ue de recevoir, comme magistrat et juge de paix, les documents qui suivent, afin de protéger ceux qui étaient allés se plaindre aux autorités. Lisez, Messieurs, mes détracteurs :
" Montréal, 3 juillet 1837.
" Monsieur,
" L*état de votre comté est vraiment déplorable. Il est fâcheux qu'il n'y ait pas de preuves contre ceux que soupçonne le capitaine Cheval. Dans Tabsence de preuves, j*ai cru qu'il était plus prudent de les faire appréhender, pour leur mire donner caution pour leur bonne conduite pendant une année et pour giirder la paix envers tous les sujets de Sa Majesté et particulièrement envers le capitaine et sa femme. J'écris à Son Excellence pour lui dire dans quelle situation se trouvent les gens paisibles. Je suis déterminé de faire tout ce que la loi permet pour les protéger. Puisque Ton ne veut pas obéir aux huissiers de campagne, j'envoie le grand connétable. Vous vous ferez sans doute un devoir d'aider au capitaine Cheval à découvrir toutes les preuves qu'il pourra obtenir, pour faire appréhender les coupables. Mon plan serait de les faire prendre aussitôt que le délit serait constaté avoir
été commis par les personnes en question. Si cette découverte no peut pas se faire bien vite, il faudrait attendre la prochaine cour criminelle et faire action» ner tous les témoins, pour paraître devant les grands joréa Si vous avez besoin de quelques renseignements, je vous invite à m'écrire aussi souvent que vous jugerez à propos.
" J'ai l'honneur d'être, Monsieur,
" votre très humble serviteur,