PATRIOTES ET VOLONTAIRES
** Après l'ouvrage de M. C. A. M. Globensky sur la Réoellion de 1HS7 à Saint-Eustache, nous avons eu les Patriote$ de 1837-38, par M. L O. David, deux livres d'un giand intérêt, écrits à des points de vue différents, même opposés.
" M. Globensky, inspiré par un sentiment de piété filiale, voulant venger le nom de son père que l'on tentait de rendre solidaire des excès de certains volontaires, écrit sous le coup d'une émotion contenue, avec une chaleur pénétrante qui gagne le lecteur. Mais il ne s'est pas contenté de prêenter la défense d'un homme ; il a porté sa thèse plus haut, et il a donné au pays une œuvTe historique très importante, une justification élaborée de ceux qui ont travaillé à éteindre la rébellion.
** M. David a fiait la biographie et le un^gjrrique des héros de 1837 ; avec son talent oien oogmo d'écrivain, avec nne verve entraînante, d'un charme réel et qui montre l'ardeur de ses convictions.
"* Pour le public, ces deux livres se complètent Tun l'autre, en ce sens qu'ils nous offirent le tableau d'une même époque sous des aspects opposés, et nous permettent ainsi de la bien étudier, de la bien juger. Ces deux ouvrages étaient nécessaires. Mais ils nous suffisaient
" Nous n'en demandions pas davantage, vraiment, et les nombreuses lettres que les journaux publient de ce temps-ci ne sont pour nous ni utiles ni édifiantes.
" On nous a demandé d'étudier deux ouvrages sérieux, et voilà que nous n'entendons plus que des gros mots. Les susceptibilités personnelles sont souvent respectables. On comprend aisément que les fils des patriotes n'aiment pas à entendre dire que leurs pères étaient des fous ; de même on ne s étonnera pas de l'indignation de M. Globensky si l'on traite son père de brâlot. Il faut cependant que de part et d'autre, on s'accoutume à voir le public étudier froidement cette malheureuse époque de 1837. Depuis bien des années, nous écoutons chanter la gloire et les malheurs des " héros " dô 37 ; il faut maintenant s'habituer à entendre la justification des volontaires.
" Prenons-en notre parti, et ne crions plus :
" Vous insultez les patriotes, ces champions de la " liberté, ces héros Je suis le fils d'un patriote ?
**Vous insultez les volontaires, ces courageux " soldats de l'ordre. . . . Je suis le fils d'un volon- " taire ! "
" Pardon, messieurs, nous ne voulons pas vous offenser ; mais nous faisons notre cours d'histoire, et il nous est impossible de supprimer de nos études
une époque d'où Ton dit que sont issues nos libertés actuelles.
" L'intempérie de langage qui se manifeste en ce moment est d autant plus sinrâlière qu'elle n'est pas
Ïrovoquée par M. David et 34. Globensky. En eflet, l. David dit dans son avant-propos : " On peut blâmer ces hommes estimables de n'avoir pas su s'arrêter à temps dans la voie de l'insurrection^ mais on ne peut nier, sans mentir à l'histoire, la noblesse de leurs motifs et la sincérité de leui*
patriotisme Le seul but de ce livre est de
montrer qu'ils ont droit à notre reconnaissance et Que nous devons accepter l'offrande de leurs sacri- " nces et de leur sang pour l'honneur de notre natîo- " nalité et le triomphe de la liberté." Et dans sa conclusion : " Nous disions au commencement de ce livre que notre intenticm n'était jxis de démontrer que le*i patriotes de 18*^7 avaiemit eu droit de se " révolter, mais uniquement de prouver que leurs " ffriefs étaient sérieux, leurs motifs honorables, " leur patriotisme incontestable, leurs sacrifices et •• leur dévouement héroïques, le résultat de leurs actes utile à la liberté, à l'avenir de leur pays."
" M. Globensky, de son côté, prétend que les patriotes ont eu tort de se révolter, et que par conséquent, les volontaires ont eu raison de les combattre ; voilà ce qui le sépare de M. David. Dans le développement de sa thèse, a-t-il manqué de respect à la mémoire des victimes de la rébellion ? Les fils des patriotes, naturellement émus et chatouilleux en pareil cas, disent oui : mais le public, plus calme, dit non.
" M. Globensky a cité plusieurs écrits de l'époque, comme c'était son droit, entre autres le fameux Journal de l'abW Pâquin ; mais il a dégagé sa responsabilité, il a condamné leur violence. C'est pour
le Dr Chenier qu'il se montre le ploe aévtm, «t ee-.
pendant voici ce qu'il en dit à la p(^ 380 :
" TSe troublons pas lee cendres d'un homme qui, " sans doute, était embrasé par le feu du patrlotia- " me ou par un attachement indomptaole k aes * convictions."
" Et, partisans OHnme adversaires, respectong la " m4nKHre d'un malheureux qui, victime de la poeï- " tioD Q|>i'il s'était faîte, est tombé sur un champ de " bataille. Celui qui reçoit, pour quelque cause " que ee sent, la palme du martyre a droit an respect *• de tona"
" Je veux ici rapporter un fait qui prouve que ces dernières paroles sont sincères et que M. Globensky a ménagé les personnes quand il y avait lieu.
" A la page 238 de son livre, M. David dit en parlant de Chevalier de Lorimier :
" Lorsque les mandats d'arrestation furent émis, " il s'en alla dans le comté des deux -Montagnes se " mettre sous les ordres de Chénier pour organiser " la résistance. H était k Saint- Eustache, le 14 dé- " cembre, mais voyant que la résistance était inu- " tile, il fut un de ceux qui conseillèrent b, Chénier " de mettre bas les armes. Quand il vit que ses " instances étaient inutiles, il partit pour Saînt- " Benoit, et de là se dirigea vers les Etatâ-Unis en " passant par Trois- Rivières."
" Il est donc bien et dûment coBstaté par M. David lui-même que De Lorimier s'est enfui de Saint-Eustache, le jour de la bataille, le 14 décembre.
" Or, voici maintenant ce qu'on lit dans la décla-
ration de M. Jean-Baptiste Bélanger, publiée par 11 Globensky, page 172. Bélanger, lui aussi, a pris la fuite :
" Comme j*étais, dit-il, pour le moment hors de " danger et à l'abri ries balles, je fus grandement *•' étonné, en m appuyant sur un clôture de pieiTe,
d'entendre deux personnes qui, du côté opposé, s y
étaient blotties et cachées pour s y reposer, et ces " personnes étaient deux chefs éti-angers à Saint- " Eustache. Presqu'aussitot après et comme nous " craignions d être fait prisonniers, je pris une direc- ** tion et ces chefs une autre, afin de nous enfuir
et de nous éloignerdavantage du centre des hosti-
Utés."
" Eh bien ! Chevalier de Lorimier était lun de ces deux chefs. Son nom est en toutes lettres dans loriginal de la <léclaration de Bélanger, et si M. Globensky Ta retranché dans le texte publié, c'est par égard pour la famille de Lorimier qui aurait pu se sentir blessée par ce récit de la fuite d'un des siens, fuite qui cependant n'était pas une lâcheté, mais un acte de simple bon sens. Je tiens ces détails de source certaine, mais je n'en aurais point parlé si M. David n'avait constaté le fait relatif à de Lorimier,
" On voit donc avec quel esprit dégagé d'animosités personnelles MM. Globensky et DaWd ont écrit chacun leur livi-e.
" X'est-il pas à regretter que le même esprit soit absent de leurs dernières lettres aux journaux, et surtout de celles des fils de patriotes, comme ils s'appellent eux-mêmes, à l'adresse de M. Globensky ?
'' Le public saura bien, dans tous les cas, écarter du débat ces incidents déplorables, afin de juger la 4)uestion avec sang froid.
" On devrait conseiller aux plus intéressés, parents: ou amis, qui s'échauffent aujounrhui, de se donner la peine de supposer une idée, un principe et un plan aux patriott\s. Qu'ils pi-oclament donc hautement (juo les insurgés voulaient l'annexion aux Etats-Unis, au lieu de s'indigner lorsque d'autres l'affinnent.
** En cfl'et, si Papineau et ses partisans n'attendaient pas de l'aide des Américains, que penser de leur conduite ? Ils parcourent les campagnes, haranguent le peuple, soulèvent les esprits, forment des comités, organisent les groupes de leurs adhérents, et, sans armes, sans argent pour en acheter, pr()V(.M|UOiit riiisurrection et <létient les troupes ajiglaisrs discipliné<'S, bien comiriandées, aguerries. Puis où est la base de leiii*s opénitions ? (|nels ]>oints choisissent -ils poiii- champ de bataille '( Saint- Charlt's et Saint-Eustaehe, pla(;ant ainsi entre les deux corps d'armée si l'on peut ici employer le mot — le lliclielieu. le Saint-Laurent et l'C^ttawa, et la ville de Montréal avec sa garnison et ses arsenaux. Et vous dites (ju'ils ne s'attemlaient pas à l'intervention «les Et-its-Unis au moment critique ! ilais aloi's déclarez donc tout crûment Cjuo V(»s pères étaient des numstres (jui menaient cyniquement leurs compatriotes à la boucherie, ou des fcais fui'ieux (ju'il fallait ti*aiter avec la camisole de force et triple dose d'ellébore.
" 8i au conti^iii'e, vous admettez fi'anchement qUi.* les insurgés étaient annexionnistes et compt^iient sur les Améiicains — ce (jui est la vérité — leur con- < lui te devient explicable. On dira peut-éti\? que leur patriotisme était mal entendu, et que les Canadiens qui ont soutenu le gouvernement étal:>li ont bien fait; mais nous gar<Ienms à leur mémoire estime et respect. Nous- n'appi'ouvcms pas leurs projets; mais nous ivconuaiti'ous qu'ils coml>at-
taient pour une idée (jui ne nianfiuait pas de grandeur, et leur coui-age, leur mort attestera devant rhistoire ce dont est eapal>le un cceur canadien épris de justice et de lilxji-té.
" Voilà ce que paraît avoir C(Hnj)ris M. Globensky lorsque, tout en s'inclinant dtnant la sincérité des patriotes, il discute la (jU(»stion de répul)lique et de monarchie et condamne leui-s tendances annexionistes.
" C'est <le même ce que M. David a compris, lorsqu'il s'attache uniquement à faire ress()ii,ir l'héroïsme des patriott^'S, en évitiint de discuter leur droit de se révolter.
" On peut résumer en <leux mots la situation politique en 1837.
" Le parti national canadien fraiirais lutt^iif depuis longtemps, avec une énergie (ju'on ne saurait trop admirer, pour la défense de ses droits garantis par les ti-aités et pour la revendication des plus légitimes libertés. Alors nous étions unis, nous marchions avec ensemble vei-s l'émancipation complète. Mais bientôt nous nous divisâmes en deux tractions.
"hnH p/triotef< en appelèrent au soil des armes.. en déclarant, le 7 mai 1837, à l'jvssemblée de Saint- - Charles : " Le peuple du Bas-Canada ne peut plus eompUtr que sur son énergie, et ses alliés naturels sont les citoyens de la République voisine." De fait, ils satt4în<laient à l'intervention des Etats- Unis. " Il n'y a pas de doute, dit M. David, que c'était là l'espoir des chefs patriotes, et il faut en tenir compte pour s'expliquer ce qui s'est passé."
"De leur côté, les constitutiayinels, tout en ne cessant de revendiciuer les réfonnes, cherchaient à festreindre l'agitation dans les limites de la légalité et demeurèi-ent fidèles à l'Angleterre ; un certain
noml)re (rentre eux portèrent cette fidélité jusque sur le champ de bataille.
" Le» patriotes voulaient la liberté avec la République américaine, les autres avec la monarcnie anglaise.
" Les patriotes et les volontaires formaient les deux extrêmes ; le gi'os du paili national, sous Tinspi ration sage de M. L^ifontaine, n'est pas sorti du justo milieu pacifique.
" Oscar Dunx."
A propos de monarchie et de république <lont parle M. Dunn <h\ns la lettre que Ton vient de liix*. je «lois citer la fin d'un nrticle de la J/i/?r/vy, publié tout récemment, le 1er juin 1889, où ce j<mmal défend le gouvenienient fédéi-al, pour ne pas avoir (înga<ifé le pays de prendre part à l't^xposition commémorative de la révolution de 1789, et où il affirm*» que le (/ana<la-Fran(,'ais a tonjoui*s répudié les j^rincipes républicains comme les tendances d'un tout petit parti ({ui prêche l'annexion du Canada aux Etiits-Unis d'Américjue.
Voici en <juels termes, le journal s'exprime : " La Patrie parle de ^rand " concours international." Oui, concoui*s international, mais concours ainsi défini par le premier ministre Floquet lui-même : " la célébration solonellp du (jlovicux centenati^e <le "1789 à laquelle la France a convné les savant**, ** les imiustriels et les travailleui's du monde entier." C'est-à-dire que les nations étaient invitées à se join- <hv au chœur des admirateurs de la Révolution et c'e.st pourquoi les gouvernements monarchiques et chrétiens ont décliné l'invitation comme injurieuse, " L'Angleterre, notre métropole, est au nombre de
ces nations ; et n'y aurait-il eu d'autre raison que 8on abstention pour guider le gouvernement fédéral que cette raison de haute convenance eût été suffisante. Mais, à part cela, le Canada, surtout le Canada français, fils de la France catholique et monarchique, se devait à lui-même de ne pas s'a>s'^)cier aux athées et aux radicaux qui ont rt^nié la vieille France, tille ainée de l'Eglise, aux athées et renégats de la République fêtant une Révolution (|ue nos ancêtres ont répudiée et maudite."
Article publiée par la JU inerte, le 8 de novembre 1884.
" L'article de M. Dunn sur les " patriotes et les volontaires" sera lu avt'C fniit. Il est écrit sans passion, sans prévention, avec le calme qui convient à l'histoire.
" Nous sommes ass-v^z loin *los malheureux événements de 1887 jxmr les juger impaHialement, pour apprécier la véritable nature du mouvement insurrectionnel, ses tendances, s«:'s résultats, pour distinguer les héros des faux agitateurs, les vnvis patriotes des démagogues. Ce n'est ni par des injures ni par des d(K:uments partiels ou apocr\'phes que l'on éclaircira cet impf>rtant déV>at. L'histoire ne saurait être faite de cet façon.
" La révolution est défendue par l'Eglise et ne peut être approuvée en principe. Sous le système anglais, l'agitation constitutionnelle sera toujours une arme <le salut invincible. Agifate ! Agitate ! s'écriait O'Connell, le libérateur de sa race. Il lutta et triompha sans verser une goutte de sang. Sa gloire est incomparable.
*' Cela ue nous empêche pas de reconnaitre que l'arbitraire l'égiiait alors, que nous étions traités en pays conquis, que Ton nous refusait les libertés constitutionnelles, et que cette oppression systématique échauH'a les esprits et entraîna beaucoup de ^ens à aller plus loin (|u'ils ne lauraient voulu, ns<{uant tout, leur vie, leur fortune, pour donner la liluMté à leur pays.
" A ceux qui ont tout risqué, tout perdu, qui etaÎL'nt animés pnr les plus nobles motifs, la patrie no peut êtn* ouî)Hi*use. Los têtes qui ont roulé sur nos écliafauds no sauraient étri.» honnies.
** 11 p(»urra on ôtro autroniont pour quelques-uns «Ifs oht't's (juVîntoiirr nno fausse auréolo et <|ui ne voulaient pas t^nit ^lélivivr li-ur pays i[no le jeter dans les liras «1"S Ktats-Vnis.
" Nos synij^atliios no sauraient otrt acquises aux fautours de Tannexion, car c'est le pire soit que ion ])ouvait intii^^er à notre race. Alors coiiiuie auj .urd'luii, rann«*xion ferait courir à notre l'ace «les <1 in;:;;ers cjue l'on ne peut envisii^er sans effruL (Test Ampère qui a dit que l'annexion eut été le Xia/Ljai'a pour notre nationalité. Il n'était pas loin de la vérité.''
La quatrième lettre publiée dans le journal Ijti M'uiem' du 27 novenil»re 1.SS4, a été écrite par notre distinufué et savant historien, monsieur J. G IVehé, <léputé ministre de l'Agriculture et chevalier
de la Lémon d'H<.*inieur.
• COMMUNICATION " On nous prie de publier la lettre suivante.
^adressée par Monsieur J. C. Taché, chevalier de la Légion d Honneur, à Monsieur C. A. M. GloWnsky :
** Monsieur C. A. M. Glol)c»nsky,
" Saint-Eustache,
" Ottawa, 20 novembre 1884.
^* Cher Monmeiir,
" J ai reçu les papiers que vous m avez envoyés et je les ai réunis à ceux que je possé^lais déjà. Je vous remercie de cet envoi et je me joins à vos autres amis, pour vous prier de ne prêter aucune attention aux attiiques dont vous pourriez encore éti*e lobjet.
" Vous avez défendu la mémoire de vc)tre digne père qu'on avait outragée, vous avez revendiqué la vérité liistori(iue qu'on avait méconnue, il iloit voas être conséquemment fivcile <le ne tenir aucun compte d'injures dont la raison vous démontre l'ineptie et que la religion vous ordonne de pardonner.
" Que signifient ces insultes après tout ? On vous Appelle volontixire, bureaucrati», pendant ciu'on se décore du titre de patriote. On n'est jxnnt un mécliant homme pour éti-e volontaire ou bureaucrate et on n'est pas un honnne reconuuandable pour se dire patriote. Bien niais sont ceux qui se parent de cette phraséologie puérile et devenue parfaitement ridicule à force de sot emploi.
" Si j'étais plus ingambe et plus maître de mon temps, j'irais vous rendre visite et là, au coin du feu, nous vouerions ensemble à l'oubli, les élucubrations pseudo-patriotiques de vos détracteurs qui âont aussi les miens ; car je partage votre infortune.
ou plutôt votre bonne fortune. Ne m'a-t-on pa» conipoi'é, à votre prapos, à une momie ëgyptietiner en guerre conti^e la liberté. Je n'en veux pas 1& moins du monde, je vous le jure, à l'auteur de cette brillante comparaison ; mais j'estime qu'il a eu tort dattacjuer ces pauvres momies. Il sort bien, de ces sombres dépouilles qu ont habité des âmes humaines, un enseignement de vérité immuables qui se (li*essent conti'e certaines libei*tés ; mais ce n*est pas une raison pour s acharner sur les silencieux habitants des sépulcres.
" A ne prendre les choses qu'au point de vue, si faux du reste, de vos adversaires, c est-à-dire de la lîl»oi-té pour chacun <le tout dire et de tout faire, est-ce (|no Monsieur votre père, avec Timiiiense majorité des habitants du pays, n'avaient pas la lil)ertc de s'opposer à la rélu*llion que pivchaiunt les patriotes ( Est-ce que ceux-là n avaient. pas le droit de repousser par les armes ce que ceuxci voulaient leur imposer à main armée ? Mais ce n'est pas ainsi (jue l'entendent les démagogues ! Toutes les libertés leur reviennent de di'oit: à nous ultramontains, bigots, Viureaucrates, volontaires et le reste, ils ne concèdent que la libei*té de les laisser «lire et <le les laisser faire. C'est l'histoire de tous les temps, à <îater du jour qui éclaii'a le premier acte de désobéissance par lequel le mal fut mis daiis^ le mon<le.
" Dans ce dédale de problèmes toujours résolus et toujours posés, au milieu de la mêlée de ces lutt^»s incessantes, c'est à la lumière des principes qu'il faut éclairer sa conscience et diriger sa marche. C'est ce (jUc vous avez fait ; votre livre est bon et il restera.
" L'homme appartient nécessairement à trois sociétés, chargées de ly conduire à ses fins pi'ochaines et à ses tins dernières, — la Famille — ^l*£tat —
l'Eglise. Ces trois sociétés sont revêtues, chacune dans sa sphère, d'une autorité qui vient de Dieu : cette autorité n est point abandonnée aux caprices des foules, elle est d essence primordiale. L'idée d'autorité porte avec elle, comme corollaire, la notion de l'obéissance.
" Quelque recommandables que fussent (à plusieui's exceptions près cependant) les hommes qui ont pris part au soulèvement de 1887, malgré la pureté de leui-s intentions en dépit de leur courage et de leur dévouement, ils étaient hors du devoir, sans tenir compte de l'extravagance de leur entre-
Î)rise. Plusieui-s étaient en révolte à la fois' contre 'autorité paternelle, contre l'autorité civile et contre l'autorité religieuse, tous étaient insui'gés contre l'Etat et contre l'Eglise.
" Enfin votre père, comme officier et citoyen, après avoir repoussé en 181 2-15 l'envahissement du Canada par les Américains, était encore dans son droit en combattant en 1837, des aspirations annexionnistes et républicaines.
" On peut jusqu'à un certain point, excuser la plupart de ceux c[ui furent concernés dans cette sanglante et désastreuse échauffourée : mais il n'est pa^s permis de les approuver ; encore moins est-il juste, sensé et raisonnable d'insulter aux gens d'ordre qui s'opposaient à la révolution, en même temps qu'ils s'effor(,'aient de rendre moins brutale la répression triomphante.
" Les circonstances ont voulu que, blessé dans votre piété filiale, alors que, par des discours d'élection et par des articles <le jouniaux, on attaquait pour vous démolir, la mémoire vénérable et vénérée de votre père, vous ayez eu à faire l'historique des événements de Saint-Eustache ; vous l'avez fait sans animosité contre les insurgés, vous l'avez fait d'une façon victorieuse, ce que prouve assez le tollé
3u'on a crié contre vous ; vons avez les sjinpathies e tous ceux qui réfléchissent, vous avez le. témoignage de votre conscience, en voilà plus qu'il n'en faut pour vous élever au-dessus des désagréments (|U on vous a suscités.
"J'ai l'honneur detre, avec estime, mon cher monsieur,
. " Votre tout dévoué,
"J. G. Taché." •
La cinqnièiiH^ lettre m'a été adressée par un prêtre doué de «grands bdeiits et des plus l»el les vertus évaii^élir|ues et patriotiipKîs. Il est actuelleiiieiit à la teti' de la cure de WhitehîiU, ville importun ti* lies Etats-Unis ou ses supérieures c'cclési.a'^ti<|u»'s ont cru devoir lui faire l'honneur de le [«laver. Comme il est fils de p'.itrloff, et natif de Siinr- Eustache, où il a toujours vécu avant d'entrer <.laiis le sacerdoce, sa lettre impartiale et non itilére-iséi? sera <lunc lue avec le plus gnuid intérêt. L.i voici :
"Cher Monsieur Glorexsky,
" J'ai lu avec le plus vif intérêt votre ou v more sur les Troubles de 1887, et je sens le besoin de vous féliciter, spécialement pour la lumière que voas jetez sur tant de faits connus, il est vrai. pour la plupart ; mais mal interprétés et malicieusement dénaturés par quelcpies hommes p«.>liti(pies fanatisés pour leur parti et jaloux, de votre famille.
*' Après la lecture de vos preuves irrécusables, qui ne font que confinner t<.>ut ce (pie j'ai entendu
XXIÏI
'• narivr, nioi-meme, depuis mon enfance, par les " anciens «h» ma pamissc natale «le Saint- Kustaclie, " qui ont été les témoins oculairt's et actifs de la " révolte, il faudniit étiv <lépourvu dolH:>nsrnspour " prêter la moindre attention aux histoires des " Pavriard et fnttl (jiiniiti
" Vous pouiTe 5 publier ou faire de ma lettre ce "que Inm vous semblera ; car vous siivez combien "j entre dans toutes vos idées sur ces trinibU'ff des " temps passés, c'est -à-dire de 1S.*Î7.^
" J'ai entendu faire bii.*n des appréciations sur " votre livre, et soyi'Z sur que vrais avez pour vous ** les honnnes sérieux, sjins préju<;és vt ceux qui " S'eurent dans hx sphère de la haute éducation, de " la vertu et «lu Imui ton.
" Enfin, dai^rnez accepter, chrr Monsieur, m«'s " meilleurs remeroiments pour vo> manjuesd'atten- " tion et d'estime.
" Votre reconnaissant serviteur,
"J. S. Ethier, Ptre.
Un haut personnage me disait, tout dernièivment : " Mais jxiurquoi n'avez vous donc pas publié 'm extevso^ le Mandement de Monseii^nieur I^iili^aie i Vous aviez là toute l'instoire «le la rélH.dli«)n connue celle des hommes de 'J7, et vous vous seriez éi>arj^né le troulJe de répondre aux attaqut\s injustes et inqualifiibles de vos adversaires."
Comme cette remai-cjue est fort judicieuse, je vais insérer ce mandement à la suiU* des lettres que Ton vient de lire. Je l'ai tiré d'un journal Canadienfrançais, qui le publiait, le 15 de Janvier 1838, et
qui le présentait à ses lecteurs dans les termes qui suivent :
*" Mandement de Monseigneur de Montréal
" Les événements qui viennent de se passer devaient appeler la sollicitude du vénérable chef de Téglise du district de Montréal. C'est dans les occasions où rhomme a Inîsoin d'un guide moral et spirituel, qu'il ne 'peut manquer de le rencontrer dôos celui (juc Dieu a choisi pour lui dicter une conduite pï-opre à réclairer. Monseigneur de Montréal vient de lancer un Mandement qui a été lu hier (lan.s l'église paix>is.sialo, à St-Jacquos et à St- Prttrico, où il fut rerii par les fidèles avec toutes les marques <lu ])lus i)n>fond n\spt'ct ; nous espéron>i cju'il produira une sensation seinl»lal)le dans toutes nos campagnes et nous nous estimons heureux dr» pouvoir fournir à nos lecteurs ce muixîeau dignt.* en tout de la main et du cceur du prélat dv)nt il énuiUL'.
" Jeax Jacques Lartigue,
'* Par la misoricorde Divine, et la gract* ilu St-Siege Apostolique, Kveque <le Montréal, etc. Au cler^ré et à tous les fidèles de notre Diocèse, siUut et Ijénédietion.
*' Quelle misère, Xos Tivs-Chers Frères, quelle «lésolation s'est répandue <lans pluMeui^s de vos campagnes, depuis que le fléau de la guerre civile a ravagé cet heureux et lH*au pays, où régnaient ralH>ndance et la joie, avec l'ordre et la sûreté, avant que des brigands et des relx'lh^s eussent, à fui-ce de sophismes et de mensonges, égaré une partie dtî la population de notix» Diocèse ! Que vous reste-t-il de
leurs belles promesses, sinon Tincendie de vos maisons et de vos Eglises, la mort de quelques-uns de vos amis et de vos proches, la plus extrême indigence pour un ffrand nombre d entre vous ? Mais surtout, pour plusieurs, la honte d avoir forfait à la fidélité due au Souverain, laquelle avait caractérisé de tout temps votre pays ; d'avoir méconnue la Religion Sainte, qui vous défendait avec tant d'énergie de pareils attentats ; d avoir été sourds à la voix de la conscience qui, malgré Tétourdissement des passions, réclame toujoui's contre le désordre ! Ah ! voilà principalement ce qui doit répandre lamertume dans vos âmes ; voilà ce que vous devez déplorer encore bien plus que la peinte des biens matériels. 11 est vrai que les temples de Dieu, les oVïjets les plus saints, ont été profanés ; et vos cœurs se soulèvent avec raison conti'e ces sacrilèges : mais outre que le plus vaillant Capitiiine, quelque humain et quehjue généreux qu'il soit ne peut toujours, dans ces occasions, maîtrisi»r la fougue du soldat, à qui doit-on attribuer la première cause de ces malheui-s ? N'est-ce pas à ceux qui ont plongé la Province par leur propagande de rébellion ? N'est-ce pas à ces meneui*s de révolte, qui ont osé s'emparer eux-mêmes de la maison de Dieu, afin de s'en servir connne de foi-t et de ivdoute pour différer le châtiment qui les menaçait ?
" Et comme d'après l'Ecriture, un aMme conduit ordin/f h^ement à. an autre ahivie, à peine le drapeau de la rélx'llicm a-t-il été arboré, que ces prétendus patriotes ont commencé à vous faire ressentir quelle espèce de gouveniement ils vous préparaient En efiet, est-ce le régime électif, qu'ils appelaient cependant le PoMfuliiim de toutes les libertés, qui a proclamé les soi-disant Qénéraux, Colonels et autres Officiers de ces bandes, que l'habitant de la campagne n'a connu que par leurs pillages ?
Est-ce le vœu de la majori^ du pays, qui néanmoins selon leurs principes doit régler tout dans un Etat, est-ce cette volonté générale qui a dirigé les opérations militairi's des insurgés ? Vous trouviez-vous libi'es, lorsqu'en vous 'nienaçixnt de toutes sort<^ de vexations, de l'incendie et de la perte de tous vos b ens, de la mort même si vous ne vous soumettiez à leur effrayant despotisme, ils forçaient plus de Iti moitié (lu petit nombre qui a pris les armes contre notn.» Auguste Souvamine, à marcher contre ses armées victorieuses ? Ils ont montré ce (}u était la lilierté (ju'ils vous promettaient, l'oi'squ'ils ont dépouillé vos i^rangrs ri vos maisons (prils ont enlevé vos brsti.uix, et vnns ont réduits h la <lcrnière pau- \ rot*'», aiiii <!«.' so i^org^/r de butin dans leurs camj)s, où ils «lémoiulisnient notre jeunesse en l'entreu^imiit dans un état bai»itufl d'ivrognerie, i)our ét<jun.lir ses remords. Ils ont fait voir cci qu'ils entenviaiont ])ar I\htn'(d'tlé, «juand ils ont mass<\cré<le siuig-froid, non en bataille rani,a*e mais avec toute Tatrooité do ras.>;i -usinât, des lionim<\s(.ui n'avaient d autres torts à leurs yeux, que celui de no pas partager I.'Ui*s opinions j)nliti(|Ues.
" 'IVls sont les fi-nits amei's d'uTU> première faute. Hélas I «jui vous eût dit, dès le conniiencementde vos divisions entre co-sujets et compatriotes, qu'une agitation illéirale conduisait Ijientôt à rinsurrection et à la rébi'llion ()Uvort<', celle-ci au vol et au mem-tre, et tous ces ciimes aux malheuiN atireux, qui vous ont ensuite accablés : un semblable Prupliète sans doute aurait aloi's passé parmi vous jK»ur visiomiain» ; et pourtant, il n'auniit pmlit quu la vérité. C)ni, c'est ce (jui vous a été annoncé d'avance par vos Pivtres, par votre Evé(]Uo, par ceux qui avaient su l'r..; et conq^rendi^e l'histoire de t<.>us les siècles, (?t en tirer «les le<;ons salutaires jx)ur l'avenir : pour(iuoi donc n a-t-on pas voulu les écouter.
et pi*oiitor îles lumières de la Révélation, de la sagesse den âges, de l'expérience, et des événements qui se passent encore tous les jours en France, en Espagne, en Portugal, dans l'Amérique du Sud, et partout où Ton a prétendu essayer de ces systèmes funestes d'insurrection ? Oh ! combien on eût épargné au Canada de ])t'ines et de douleurs, de crimes et de remords, si cliacun eût suivi les avis de son Pasteur ! Mais il vous est aisé maintenant de distinguer vos véritables amis, les vrais patrioti*s, ceux qui vous veulent du lm*n, d'avec ceux qui ne visaient qu'à s'élever, à «Inmir.er <lnns un iioUNrl Eta.t chimérique, et à prend IV la phice de ceux (ju'ils pourraient dépouiller ; car c'est, en deniierr analyse, le résultat de toutes les i-évolutions. Que devez- vous penser aujourd'hui de Notre Chargé, qui a fait tous ses efforts pour vous ])rémunir contre des doctrines perverses, (jui a même encouru la haine de plusieurs, parce (ju'il ne vous parlait pas dans le sens des coryphées «l'une faction, dont malheureusement quelques-uns tTcntre vous ét^vient aloi's engoués ( Des hommes trompeurs vous ont dit qu'ils ne fallait pa.s écouter vos Prêtres, quand ils vous parleraient de ce (jue, dans leur langage, ces sophistes dangereux, appelaient nurcDif ni j)oliti(]ue ; comme si la reconnu an<lation de l'ohéissance envers tous nos Supérieurs, entr'autres à l'égard de ceux que la Pi*ovidence a placés sur nous pour le gouvernement civil, ne faisiiit pas partie intégrante du dépôt sacré de la foi, qui nous a été confié pour en faire paii» à toutes nos ouailles, sans en omettre aucun article :
" Lorsque nous avons voulu aussi vous instruire nous-méme sur ces matières, par notre mandement du 24 octobre dernier, ils ont, ces mêmes hommes,, induit, à forces d'intrigues, plusieurs de nos brebis bien-aimées à ne pas écouter la voix de leur premier
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Pasteur, en les entraînant scandaleusement hors du lieu saint, pour les constituer pleinement dans la mauvaise foi ; car comment pourrait-on se croire dans la bonne foi, quand on fuit la lumière, pour se complaire dans son aveuglement ? Omnis enlm qui inalé agii, odit liœeni. Mais vous n'oublierez plus à l'avenir que, lorsqu'il s'agit d'éclairer votre conscience sur des questions difficiles, délicates, et qui regardent le salut de vos âmes, c'est à vos Pasteurs qu'il faut vous adresser, à ceux à qui Jésus-Christ à dit celui qui vous écoute mécoute^ et celui qui vou^ méprise me Tiiéjnnse ; non pas à des flatteurs (jui, avec les grand mots de llbeiié et iVindépevxlaiice, ne chei-chent à vous endoctriner que pour leur avantage pei-sonnel, et qui d'ailleurs en Sixvent souvent moins que vous sur les seuls véritables intérêts du chrétien, sur les grands intérêts de 1 éternité. Pour vous servir de règle dans les cii'constances importantes où vous vous êtes trouvés, vous aviez assez de notre premier mandement, oii nous vous avions démontré le dogme catholique sur la soumission due aux puissances étay)lies <lans l'onlre civil, par l'autorité irréfi-agnble de l'Ecriture Sainte, par la tradition constante des Pères et des docteurs de l'Eglise dans tous les temps et dans tous les lieux, piir l'enseignement actuel de tous les évéques du monde chrétien, ayant à leur tête le Souverain Pontife. Comment est-il donc airivé que quelques-uns ont refusé d'entendre la voix de leur rasteur ? Ne voyaient-ils pas que par là même ils se séparaient du troupeau de Jésus-Christ ? Car ce rlivin Sauveur nous assure que ces véritables brebis entendent la voix du Pa.steur, et le suivent : parceque l'étranger ne vient que pour piller, tuer et perdre le troupeau ; au lieu que le vrai Pasteur ne cherche qu'à donner à ses brebis la vie la plus alx)ndante.
" Pkurons donc, N. T, C. F. sur les maux de notre Patrie: pleurons sur les plaiea de ceux qui sont tombés, sur les fautes de ceux qui, dans cette oocasâon, ont si étrangement oublié leur devoir ; car Mimi les chrétiens, (St St Paul, et entre les memopes d'un même corps, si quelqu'un d'eux souffre, tons les autres y compatissent Qui sait si ceux dont nous déplorons la chute n'avaient pas besoin -de cette humiliation, pour se relever meilleurs chrétiens que jamais ? Qui sait s'ils ne surpasseront par la suite en loyauté ceux qui gémissent aujourd'hui sur leur défection ? Ils conçoivent à pi^ésent toute l'énormité de leur crime, comme le prouvent les assurances de repentir et d'une nouvelle fidélité qu'ils ont adressées de toutes part à leur Souveraine : ils savent les ordres que nous avons donnés à nos coopérateurs dans le Saint-Ministère, de n'admettre aux sacrements de l'Église, même à l'heure de la mort, sans une réparation préalable, ancun de ceux qui se sont montrés scandaleusement rebelles ; et de refuser la sépulture ecclésiastique à ceux qui mourraient sans s'être acquittés de cette juste réparation. Indubitablement, ils ne voudraient jamais retourner à leur ancien égarement, ni s'exposer à mourir comme des gens sans religion et sans honneur.
"A ces cavseSf le saint nom de Dieu invoqué, nous avons ordonné et réglé, réglons et ordonnons •ce qui suit :
" lo. Dans chaque église de notre diocèse où l'on a coutume de faire des offices publics, il sera chanté, le premier jour libre après le dimanche, où ce mandement aura été publié, une messe solennelle pro remissionepeœat(yirimi,fiovisl^ ritpropublicdEcclesiœ causât laquelle sera suivie du trait Domine non secvmAwm, etc., avec le verset Fiat m,iséricordia, etc., et Foraison Ne despicias, etc., pro qtiâcumque
trUnilatione inter diversas; le tout terminé par- I Dwiwiiit aua,iliiiin, etc.
"2o. Cette messe, dans l'intention de celui qui la. dira et de ceux qui l'entendront, sei-a pour faire à. Dieu réparatioti publique de tous les saci-iltgea, meurtres, pillages, trahisons ^ antres erime^ commis dons ce district penduit la crise iaanmetionnelle qae noua avons éprouvée ; et pour eu obtenir miséricorde.
" 3o. Xous ezlunrtona tons nos diocésains àrecourir, oe jour U paiiiealifcremenl^ aux œavrea que l'Ecritore nous i^prend être les plus {oimesà appaiser la colère de Dieu, qui sont le jeûne, FanmÔQe et la prière ; et messieurs les curés à exciter leurs peuples à la pénitence.
" 4o. Comme la paix intérieure parait généralement rétablie dans ce diocèse, les prêtres omettrontdans leurs messes, après le jour de l'office ci-dessus ordonné, l'oi-aison Ne cUspecias, etc. ; et les communautés religieuses pourront s'exempter des prièresprescrites par notre mandement du 24 octobre dernier.
" Sera le présent mandement lu et publié à la messe paroissiale ou principale de chaque église, et au chapitre de chaque communauté régulière de notre diocèse, le piemier dimanche après sa réception.
" Donné à Montréal, le huit de janvier, mil-huitcent-trente-huit, sons notre seing et sceau, avec la contre-seing de notre secrétaire.
"t J. J. Évêque de Montréal,
" Par Monseigneur,
"Alexis, Frédéric Thcteau,
"iPrêtre, Secréttùre.""
Les lettres ci-dessus déjà publiées dans les jour* naux et que j'ai voulu réunir à celles contenues dans mon livre et dans mes suppléments, ont-elles eu Téffet de convaincre d'erreur et de mauvaise foi les quelques adversaires qui m'ont combattu avec tant de déloyauté et de véhémence ? Non, et cela se comprend ! . . .
Le mandement de Monseigneur Lartig^e, cette autre et impoiiante pièce historique, qui est la justification de mon livre, en condamnant la rébellion avec la plus grande sévérité (sévérité à la(|uelle je n'ai pas voulu recourir moi-même) a-t-il pu dessiller les yeux de ceux (jui ne veulent pas voir ?
Non, cela se comprend encore ; mais ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que Ion n'ait pas osé accueillir ce document ([ui frappe si nidement, avec le tollé radical ([ue l'on a fait retentir autour de mon livre. Cependant, l'on m'a forcé de publier cet ouvrage, sans letjuel je n'aurais jamais mis le holà aux attaques injustes et déloyales dont j'ai été l'objet. Et malgré tout cela, on a le triste courage d'essayer à soulever contre moi, l'indignation de ceux qui n'ont jamais connu les jours de 1837 !. . .
Mon père qui avait combattu en 1812-15, pour repousser l'union du Canada aux Etats-Unis, pouvait-il s'abstenir de répondre à l'appel de ses .chefs militaires comme à celui de son pays, qui protestaient encore en 1837 contre ce même projet d'union ? Non, car que voulait on réellement en 1837 ? Je l'ai déjà maintes fois prouvé, mais lisons encore ce que le Popidaire écrivait à la date du 1(> juin de cette même année :