‹ La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache avec un exposé préliminaire de la situation politique du Bas-Canada, depuis la cessionChapitre 72 sur 90 · LES RÊVES DE NOS GRANDS HOMMES · texte numérisé non relu

LES RÊVES DE NOS GRANDS HOMMES

" On ne peut se disimuler, que la "marotte de H. Fapineau et de ceux qu'il a attirés à sa suite, eat ■wne T^unù'u procbaÏTie du Canada aux Etats- Unis d'Ame'n<}U-e.

" Il y aurait erreur k ne point reconnaître l'astuce de quelques-uns de nos meneurs dans Cette circonstance. II.s .iiont sans doute poussés par qael

-ques Américains établis au milieu de nous, qui préféreraient la licence qui règne dans leur ancienne patrie, à Tordre qui doit prédominer dans une monarchie constitutiondelle ; ils le sont encore plus par quelques infâmes agitateurs de la métropole même, qui les entretiennent dans leurs rêves de révolte "

Le Poptdaire continue de frapper à coups redoublés sur les annexionnistes ; mais comme son article est trop long pour le reproduire, nous y référons le lecteur, et il se convaincra que, comme le dit ce journal de 1887, la marotte de M. Papineau et de ceux qui le secondaient, était lannexion du Canada à la république américaine.

Dans ce même article, en réponse au Canadien ^ qui invoque l'entrée de la Louisiane dans la république américaine, pcmr faire voir que le Canada y aurait eu les mêmes avantages, le Populaire ajoute :

" Ainsi donc, loin de penser, connue notre confrère du Canadien, (\\iQ la prospérité de la Louisiane est un avantage dont la partie française a dû profiter ; nous craignons que cette prospérité ne soit exercée qu'aux dépens de l'influence française. Loin de croire que l'union, la paix et la concorde soient à jamais assurées dans la Louisiane, nous pensons qu'il ne faut qu'un moment pour réveiller d'anciennes idées de droit, de prépondérance, qui peuvent amener des disputes chaudes. Loin de croire que l'origine française a conser\'é sa force, ses institutions, nous savons pertinemment que tous ses attributs, auxquels nous tenons au Canada, ont disparu ^devant la masse américaine "

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Tiré du Populaire, du 10 juillet 1887 :

*' Discours de H. Leblanc de Mareonnay, wooao^ à rassemblée, tenue à Montréal, le 6 de juillet» 1837:

" Canadwns,

'' Canadiens de toutes les classes et de toutes les orimnes, si j'ose prendre la parole dans une assemblée aussi imposante, ne croyez pas que ce soitpar un ambitieux désir de me faire remarquer ou de capter vos suffrages ; c'est uniquement pour obéir au vœu des hommes respectables qui m'appellent devant vous. (Applaudissements.)

" Depuis plus de trois ans que je coûte sur le sol canadien les douceurs de l'hospitalité, j'ai été entraîné, dès le premier jour et presque malgré moi, dans les replis de la politique.

" Aujourd'hui que je crois avoir suffisamment étudié les hommes et les choses, je sens qu'il est de ma dignité de publier hautement les convictions de ma conscience. D'ailleurs, je ne suis plus étranger dans cette province, les liens de ma famille s'atta^îhent à vos familles et les affections de mon âme m'y enchaînent bien plus étroitement encore.

*' J'ai été du parti de Mr Papineau, et si ce parti eut voulu le bonheur du peuple, jamais je ne l'aurais quitté. (Cris de encore ! . . . . répétés ! )

'* Je vous le répète. Canadiens, j'ai été attaché au parti de M. Papineau ; je suis Français, et ce titre doit vous persuader combien je suis attaché aux idées libérales, à la lil)ei*té ; si j'eusse pu trouver dans les projets de vos prétendus patriotes quelque

chose qui put contribuer véritablement au bonheur du peuple, jamais, non jamais, je ne les aurais quittés. (Vifs applaudissements).

** Ah ! si ces hommes ne se trompent point d'une manière bien cruelle, ils vous égarent et perdent tout ce qui peut contribuer au bonheur du paya

" On vous dit que vous êtes malheureux et que c'est la domination britannique qui en est la cause ? Oui, vous êtes malheureux. (Oui ! Oui ! Oui !) Vous le serez peut-être encore davantage. (Nous ne voulons plus 1 être !) Mais c'est ailleurs que dans la domination britannique qu'il faut en chercher la source. Vous la trouverez dans les efforts que Mr Papineau et ses admirateurs font journellement pour accumuler des maux sur vos têtes, afin de vous pousser au désespoir. (C'est vrai !)

" Chi vous dit que vous allez être des esclaves ? Oui, vous deviendrez des esclaves ! Mais vous serez les esclaves de Mr Papineau, et de sa queue> (^jamais ! jamais !) qui fomentent la révolte, pour monter ensuite sur vos robustes épaules au faîte des richesses et des honneurs. (Qu'ils y viennent.) J'ai vu bien des Etats, bien des villes, et je puis dire, avec justice, que je n'ai jamais rencontré ailleurs qu'ici une plus large portion de libertés que celles dont on y jouit (jest justement cette liberté et le respect étonnant que le gouvernement britannique lui porte, parce qu'elle forme le palladium du citoyen britannique qui enhardi Mr Papineau et sa suite à vous ameuter comme ils le font ; dans toute autre contrée, ils auraient déjà porté la peine de leurs attentats, car il n'est permis à personne de

Prêcher publiquement la révolte, le mépris des lois^ appel à l'étranger. Si vous étiez encore colonie française, M. Papineau, depuis longtemps, ne vivrait plus que dans l'histoire, avec une note d'infamie attachée à son nom.

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ma dit que los places, les bonneurs, sontk p..yp (leâ seuls Bretons, et que les Canadieiis

ne ' ivriit y par>"enir. Oui ! cette partialité révoltai a exiatée pendant un temps - mais aujourd'hui elle n'existe pius ; «ujuard'liui, Caniidiens et Bretons, sont admis au imrtage égal de tuutes les places.

" Ceux-là qui crient encore à l'injustice soLt ceux-là qui voudrait avoir des places et des honneurs, sont ceux-là qui niuriuurent, quand d'auties Canadiens qu'eux obtiennent ce qu'ils sollicitent Supposez un instant que vous conat-ntiez à rompi-e la paix dont vous jouissez, poui' seconder les ])roiets de cette poignée de mécontents, est-ce vous lii-aves artisans, labourieux ouvriers, paisible citoyens, est-ce vous qui obtiendriez les places et les honneurs ? Non ! Ce seraient ceux-là même qui vous auraient exposés à tous les dangers d'une révolte, et ces hommes ne se feraient pas alors scrupule de toucher un salaire <loDt chaque écu aurait été trempé et dégoutterait encore du sang du peuple. (Applaudissements, cris : il a raison I)

" On cherche à vous inspirer de l'éloignement pour tout ce qui est Breton, et cependant, sans les Bretons, vous auriez bien peu d'encouragement Nommez-moi, quel est celui de M. Papinau et de sa suite qui vous donne de l'ouvrai^e et je dirai que ce» hommes pensent aux Canadiens ? (Pas un! pas un!) Au contraire, si un Canadien demande un peu plus cher qu'un étranger, on lui préfère l'étranger. (C'est vrai !) Les Bretons font travailler tout le monde, parce que ce sont eux qui ont besoin de plus de bras. Ce sont eux qui bâtissent des maisons, qui tiennent des manufactures, qui font charroyer les marchandises, qui possèdent les établissements les plus actifs et les plus considérables ; ce sont eux qui donnent le plus dans toutes les institutions de

bienfaisance et d'éducation. Sans aller plus loin, vous voyez ce magnifique édifice élevé à la gloire de Dieu, (l'église paroissiale.) Ce monument considéré avec orgueuil comme Tun des plus l)eaux morceaux d'architecture de tout le nouveau monde ; eh bien ! Si vous lisiez les listes de souscription faites pour anîver à son érection, v ous y trouv^eriez des Bretons qui ont donné de f ointes sommes, sans s'embarrasser si la parole sainte serait prêchée dans leur langue ou dans leurs dogmes. (Applaudissements.)

"On vous dit que les juges sont trop payés ; mais, au moins, ceux-ci rendent des arrêts ; ils siègent sur leurs bancs pendant toute l'année ; tandis que M. Papineau est payé Ix'aucoup plus cher qu'un juge, pour ne s'appliquer à rien autre chose qu'à vous tourmenter, qu'à vous exciter, qu'à vous retirer la paix et le travail ; tandis qu'il vous laissei'a bientôt sans loi, sans oi-dre, et sans pain. (C'est vi-ai ! c'est vrai !)

" On nous parle des sympathies des Etais-Unis, et et l'on vous trompe encore sous ce rapport. J'ai habité deux ans les Etats-Unis, j'ai étudié ce peuple et ses institutions, et je suis convaincu qu'il n existe aucune sympathie entre sa religion, ses lois, sa langue et. ses usages, avec ceux des Canadiens. Certes, ce peuple prospère, mais vous prospérerez comme lui quand vous n'aui-ez plus autour de vous des hommes qui s'occupent de leurs intérêts, de leurs passions particulières, au lieu de s'étudier à vous donner de bonnes institutions. Mais quand toutes ces rais(ms d'éloignement n'existeraient point, il est quelque chose qui vous doit faire envisager cette pensée avec la plus profonde répugnance : c'est le sentiment d'horreur qui siège dans Te cœur de tous les hommes contre une action déshonorante, et il

n'y en a pas de plus inf&me que celle de vendre fut patrie. (C'est vrai !)

" VouB vous rappelerez. Canadiens, que vos pètts se nioabri'reut comme des murailles sous le trapefiq hritannique ; ou'its marciu-ient au milieu île ta mitraillf pi-nr di'ft-ndre ce sol chéri. (Applaudisse-

" Iries-voiu le livrer aqjoiirdluii à eeiix qn'ib reponaiètwtt sî vwUunment alors? KobI b«bI non I) "Son 1 vous ne le Cwiec pas I Tow se vtm-

driez pa« sdnîUer les iMuiers aoqma aa prix d'u Bang a par ? Sî votu en étâ» capables, leH ossements de vos ancêtres sortiraient de'terte poor ae lever contre voua et voua reprocher une aussi lâche perfidie." (Vives acclapiations.)

La suite de ce discours trop long à reproduire, se trouve dans le Populaire.

A cette même assemblée, du 6 de Juillet I8v{7, C. C. Sabrevois de Bleury, éeuyer, avocat, M. P. P., prononça lui aussi un long et énergique discours, pour protester contre le parti Papineau ; discours éloquent qui fut interrompu par de nombreuses acclamations.

Pour avoir une idée exacte des sentiments qui furent exprimés à cette assemblés, il faudrait reproduire non seulement le compte-rendu qoi fat publié, mais tous les articles des joumaax constitutionnels de l'époque qui l'accompagnaient, et qoi furent écrits avant et après cette grande protestation constitutionnelle. Ualheureueeinent, vu l'espace exigu que doit comprendre un appendice, je suis privé de faire une pins longue reprodacticoL Si le lecteur peut se procurer la file des joumanx qui étaient publiés en 1837 ou du moins des jour-

xu

naux constitutionnels de cette date malheureuse, il y puisera des ' renseignements que je n'ai pu relater, et qui seront pour lui d'une haute instruction.

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