DECLARATION
" I, Maximilian Globensky, do solemnly and since- " rely déclare, that I am entitled to Half-Pay at " the rate of 48 sterling per diem, as a first Lieu- " tenant of the Canadian Voltigeurs
"Received of H. M. Paymaster-General, this " Ist day of October 1862, through the Commis- " sariat at Montréal, the sum of eighteen pounds " eight shillinojs sterling, being the amount of *' Half-Pay due for the period stated in the al>ove " Déclaration.
" Net sum payable £18-8-0.
" Max= Globensky. "
Cette pension lui a été payée depuis la guerre de 1812-1815 jusqu'à l'année 1866, date de son décès, c'est-à-dire durant 54 ans !
La pièce justificative que l'on vient de lire, prouve donc que mon père ne pouvait pas se déclarer rebelle en 1837, et qu'il devait répondre à la consigne, aux ordres de ses supérieurs, comme la lettre suivante va le prouver :
zLvm
<<HSAD QCARTKBS'
*' Montréal, 27ih November 1837.
•Si»,
" In conséquence of thé disturbed state of the " Province, I am desired by Hîs Excellency lieu- '* ienant-Oeneral Sir John Colbome, io authorize " you io raise a Company of sixty men for gênerai " service in this Province and who will be paid and " provisioned in the same manner as the troops of '' Mer Majesty, and of which His Excellency is " pleased to appoint you to the command.
" Their pay will commence from the day of " enlistnient.
" I hâve the honor to l^e,
" Sir, " Your most obedient humble servant,
" F. J. Griffin, " Dep. A. Adg. General."
Cette lettre était adressée comme suit :
" To Capt. M. Globensky, Ist Bat. Lake of Two- " Mountains, Militia."
Voilà pour 1837. Parlons maintenant de 1838, et lisons les autres dueuments qui suivent :
" Original.
" Irtmiediate.
'* Montréal, 4th November 1838, " Sir,
** In the présent alarming state of the country.
" His Excellency wishes that you should take immédiate steps for getting together and assembling in the village of St-Eustache ail the volunteers of the " neighbourhood and take possession of the strongest " position you can find in the village, and hold it " until further orders. Your officers, — your men, " and yourself will l:>e placed in pay as soon as you " eau get them together.
" Get them together on any term im^mediately.
" I hâve the honor to be
"Sir, " Your most obedient humble servant,
" F. J. Griffin.
" Dep. A. Adg. Genl.
'• Acknowledge the receipt of this letter — and "■ let me know how you are situated — if you know •* it not already the whole country is up in arms."
Cette lettre portait l'adresse suivante :
" On Her Majesty's service.
*' Immédiate.
" Captain M. Globexsky,
*' St-Eusta€he."
Comme on le voit, mon père tout en remplissant son devoir n'avait pas fait de zèle inutile puis qu'un an après la première communication du Souverain, il n'avait pas encore de volontaires sous son commandement, enservice actif. Mais l'ordre du 4 novembre 1838 était péremptoire : '* you sho^dd take i/mmediate steps,''
Mon père comme officier mis en demi-«olde efr placé dans la position qa'il oocapait^ pou vait-îl apite avoir reçu ces ordres^ s'abstenir aepTendiie les armes^ spécialement dans un temns ou presque tout le pays
Srotestait contre la révolution, et surtout à une ate où Ton avait besoÎQ d'officiers, pour organiser la milice ?
J'ai déjà répondu à cette question, et je n'y reviendrai plus.
Comme on le sait, on a eu de plus la mauvaise f<»i de repi'ocher aux volontaires de Saint-Eustaclie et conséi^uemment à mon père, tous les actes de repi-ésailles <jui ont pu avoir lieu, durant et après la bataille du 14 de décembre 1887, et on a osé donner à entendre que cette compagnie formait tous les groupes des volontjiires qui ont pris part au combat ; ce (|ui est un mensonge grossier et ignoble, car il y eut «l'autres compagnies de volontaires que je pouiTais nommer, qui j»u*tirent de Montréal avec les trou|>e3 et (jui prirent une part très active au coml)at de Saint-Lustache. Il y avait môme à pai-t ces volontaires de Montréal, un fort détachement de Cavalerie volontaire aussi de Montréal, qui accompagnait les troupes anglaises, qui ceinturait le vnllage et qui fermait la fuite ou la sortie aux insurgés.
Dans une lettre datée de St-Denis, du 15 mars 1838, publiée dans le Caivulien du 28 mai-s 18.*W, par D. Bourgages, où il attaque A. J. Duchesnay, à propos des représailles qui auraient été exercées selon lui, par les troupes et les volontaii-es qui prirent part aux batailles de St-Charles et de St-Denis, il (lit dans un alinéa, en parlant de ces volontaires :
Pourquoi les noircir davantage ? N'est-ce pas
assez qu'on ait osé leur imputer le pillage de St- *' Eustacne, des vols sacrilèges, Tincendie d une église ** et d'un village entier ? "
Dans le cas où il y aurait quelque fondement dans ces accusations que je ne veux pas admettre, concernant les représailles qui auraient été commises à Saint-Eustfilche, comment se fait-il que mes adversaires aient pu en accuser la compagnie de mon père, qui n'était pas plus à Saint-Charles qu'à Saint- Denis ?
A propos de ces accusations formulées par M. Bourdages et autres, mais niées par Mr. Duchesnay, je tirerai de deux journaux constitutionnels de l'époque, les quelques réflexions suivantes, publiées en f é\Tner 1838. L'un d'eux s'exprime ainsi :
" Nous devons seulement dire que l'autorité bri- " tannique avait fait avertir tous ceux qui ne vou- " laient pas prendre part à la révolte de se retirer ; " que des proclamations et des messages avaiimt mis " tout le monde suffisamment en garde, et que " nombre de familles s'étaient rendues en ville pour " fuir les scènes de carnages qui se passèrent. Ceux " qui restaient étaient des rebelles obstinés."
L'autre journal ajoute :
"Nous reconnaissons que les autorités britanninues aient fait humainement tout ce qui était en leur pou vdir, pour empêcher des malheurs, encore en est-il que c'est une mauvaise plaisanterie que " d'essayer à les comparer à un Dieu, pour le pouvoir " et la perspicacité. Il est reconnu que les chefs des " rebelles empêchaient toutes proclamations et tous " émissaires de parvenir au milieu des habitans "** qu'ils avaient intérêt de tenir dans l'isolement
" pour les mieux égarer. Ha est recounu qu'ilë.- " retenaient presque» toutes les familles prison- ■' nières, qu'elles ne purent ni Hre averties du danger- " ni de fuir k t«^nips, et qu'il y eut'bien des victimes "an milieu des criinineini qUi furent punis. Le " mieux est d'avouer quelques excès impossibles à " prévenir ou à réprimer dans de semblables événe-r ■' meus, plutflt qne de s'obstiner à soutenir qu'il n'y " eut que des rebelles obstinés de xaerijiés, car c'est ~trop euxsaUer lea mftUieiizrax q«e delnér ntmr " use pitié k laquelle besoecmp ct'entre eux «ot' " TéeUwnent des atmii."
Ce journal a raison de dire qu'U y eut des victimts au Tuilieu des crimiTiele qui Jwent punis. Je n aurais qu'à citer les noms de H. de Montigny^ de St-Jér6me, père de M. le Reeorder actuel de Mcntréal, et M. Félix Faquin, de Saint-Eustache, père de M. l'Inspecteur actuel du Revenu, du district de Terrebonne, tous deux loyaux qui furent bien pràs de perdre la vie, alors qu'ils étaient prisononniers des rebelles. Voici ce que le compte renda de la bataille, publié par M. l'abbé Faquin, prouve à propos de ces deux messieurs :
" Le presbytère fut immédiatement consumé : " plu-jjeurs individus qui s'étaient cacbéa dans lea " caves furent brûlés ou étouffés. M. Félix Faquin, " neveu du curé, s'était échappé des mains des insur- " gés au commencement de la fusillade et s'était " sauvé au presbytère et caché dans une cave où il " se croyait bien en sûreté. Il eut le bonheur de " pouvoir sortir, à moitié grillé ; mais dès qu'il fut " dehors il reçut une décharge de balles dont une le " blessa et le renversa ; il fut fait prisonnier, mais " il fut relâché bientôt après, lorsque lea volontaires' " l'eurent reconnu. Sa blessure était à la jambe-.
un
" M. de Montigny qui se trouvait prisonnier avec ** lui eut le bonheur de s'échapper sans accident"
Maintenant, afin de prouver plus efficacement si mon père a pu permettre à ses volontaires de commettre des déprédations et des représailles, comme on la injustement et malicieusement avancé, lisons la lettre ou plutôt la réponse suivante qui lui était adressé ainsi qu'à deux autres personnes, au sujet des troubles et du malaise qui existaient encore à Saint-Eustache, après la bataille du 14 de décembre :
" Head Quarter, " Montréal, 18th December, 1837.
" Gentleman,
" I am directed by the Lieutenant General ** Commandin^ to acquaint you, in reply to your " letter of yesterdays date, that Mr. De Rocheblave •* and two Magistrates, and an officer of Her Ma- " j^ty's Troops, will proceed to St. Eustache this " evening, for the purpose of making arrangements " to restore order there. — A surgeon also, will be " ordered to take up his résidence there, and the " officer in command will hâve authority to establish " a PoHce-Guard, in the town for the présent.
" I hâve the honor to remain,
" Gentleman, your most obedient, " Humble servant,
" Tho. Leigh Goldie,
A. D. C." " Captain Globensky, Messrs T. Barron,
F. E Globensky."
L'enveloppe de cette lettre, porte l'adresse vante T
" Captain Globenskt, etc., «te, ete.,
StBwtadn.'
Fuùane non pè», attusitM ^ris la bataSI^ detoMtOMt de raide àl'autorité mtniair^ pebrmajn* tuûr l'ordre et ta. paix, pouvait-il antoriser lea matm ■de représailles que certaîns accusateurs malveillaofcs ont eu l'audace de lui reprocher ?
Oh ! il faut ne pas avoir lu mon livre, mes suppléments et les déclarations qu'ils renferment, pour olâmer un homme qui a profité de sa position, pour se venger noblement eu faisant le bien pour te uial, qui a protégé le village de Saint- Eus tache et qui plus est ses persécuteurs ! '
Maximilicn Bibaud, dans son " Dictionnaire Historique des Hommes Illustres," publié en 1857, où il fait l'histoire de la famille Ulobensky, dédie à mon père, l'alinéa suivant :
" On connaît le lieutenant-colonel Maximilien " Globensky, décoré de la médaille de Chateauguay. ■" Durant nos troubles, il conserva tellement l'estime ■"' de ses miliciens qu'il put les tenir sous les armes *' à la vue du camp des insurgés et leur faire rem- " plir les devoirs d'une bonne garde nationale."
A propos de V£xpo8ition des Portraits Historwuee, on lit dans un compte-rendu, publié dans la Minerve du 20 de Décembre, 1887, par un haut personnage, l'appréciation suivante :
" Là haut dans la galerie nous voyons les traits " si énergiques et en même temps empreints de tant de douceur de notre " Héros " mwleme, le vaillant de Salaberry, et pas bien loin, au-dessous un de " ses officiers qu'il affectionnait le plus dans son " célèbre corps des " Voltigeurs," à raison de sa bra- " voure, de son entrain, le lieutenant-colonel Glo- " bensky."
Extrait tiré d une lettre, datée du 12 janvier 1888, qui ma été adressée par M. Thomas Workman, ex- M. P., libéral en politique, riche marchand et fort considéré à Montréal :
" One thing I must say, however, injustice to the " memory of vour late tormented father, that " amongst the Company of Rifles to which I then ** belonged (nearly ail young gentlemen of good ** position and family) he WJislooked uponas akind " hearted gentleman, f ull of sympathy fur Jiis un- " fortunate couutry men, and ever rearly to give " them wise ad vise at same time loyal to his Queen " and coimtry/*
Allons ! n'en voilà-t-il pas plus qu'il ne faut, pour réduire en poussière tant de fausses et folles accusations, inventées dans le but d'atteindre la mémoire d'un homme honorable et pour essayer de blesser injustement l'honneur et les sentiments d'une famille ?
Mon appendice devait se terminer ici, et il devait être publié et ajouté à mon livre, durant l'automne de 1885 ; mais comme certaines circonstances que je n'ai pu contrôler m'en ont fait différer
la publication, je vais ine permettre de dire un mot de la dernière rébellion du Nord-Ouest, qui a entraîné la perte de Riel, et qui a une certaint» analogie, une indubitable ressei"blance avec cl-IIc de 1837-38.
Dès le oommencement des hostilité alors que i'éfaûs peu renseinié sur les agiaoemeste de Biel, je pabli&îs dans le journal YEtendard, la conespondajice suivante que je laisse à la méditation du
SabHc honnête, instmit et parfaitement teoaàgaè. e la reproduis avec l'en-tâte éditOTial et Uenveàllajit de Mr le Bédacteur en Chef du joomal, dnit l'appréciation est pour moi un compliment trop Batteur :
" L'Etendard, Jeudi, 9 Avril 1885.
" Depuis plusieurs mois, l'un des membres les plus compétents et les plus autorisés de notre rédaction est à préparer une étude sur l'important sujet de la rébellion de 1837-38.
" Cette étude est nécessitée depuis longtemps par le débat important qui a eu lieu dans la presse entre MM. Globensky et L. 0. David. Mais les deux combattants qui, tous deux, sont loin, certes, d'être les premiers venus, ont donné au débat de larges proportions. Ils ont même écrit sur le sujet chacun un livre de plusieurs centaines de pages, accompagné de pièces importantes, sans compter de nombreux et substantiels articles de journaux. Il faut donc du temps pour en faire une appréciation juste et impartiale où la loi de Dieu et celles qui ressent les sociétés, soient également interprétées, sainement.
" Ce sera alors que Y Etendard (Jonnera toute sa pensée sur ce grave sujet
'* En attendant, il nous fait beaucoup de plaisir de donner à nos lecteurs larticle qui suit, dû à la plume de Tun des hommes les plus remarquables du Canada.
" L on verra avec quelle vigueur et quels arguments victorieux il établit les flagrantes contradictions de nos libéraux sur ce sujet
" Il y a bien quelques nuances assez prononcées entre nos opinions et la sienne pour laquelle, nous nous empressons de le dire, nous avons le plus grand respect Nos rérerves sont donc faites avec toute déférence. Comme on va le voir, notice collaborateur traite la question en homme d'étude, en polémiste consciencieux. Ses observations sont éminemment instructives et intéressantes, et tous, même ceux qui ne partagent pas complètement ses vues, le liront avec intérêt :