‹ La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache avec un exposé préliminaire de la situation politique du Bas-Canada, depuis la cessionChapitre 75 sur 90 · NOS ÎIÉBELLIONS ET NOS VOLONTAIRES · texte numérisé non relu

NOS ÎIÉBELLIONS ET NOS VOLONTAIRES

La première de nos rébellions, celle de 1837-38, dont on a déjà tant parlé, a-t-elle eu réellement sa raison d être ?

Nous ne le croyons pas.

Si nous avions, à cette époque, le droit de murmurer contre lexistence d un gouvernement oligarchique, nous n'avions pas celui de provoquer les horreurs d'une guerre cixnle ;^car, avec une politique sage, tempérée et énergique, les mécontents eussent aplani aes difficultés politiques qui n'étaient pas insurmontables.

D'ailleurs, était-ce absolument le redressement de certains griefs vrais et d'autres considérablement exagérés, que l'on demandait à cette date mouvementée et de vertige ?

Lvra

Non, il fallait se couvrir d'un prétescte, d'une raison apparente, pour cadier le motuP de cette rébel* lion bien mal inspirée ; et les admintteurs des révolutions ont beau dire et écrire, lldstoire est là pour nous prouver que le parti Papineau ou ce groupe révolutionnaire, aspirait et travaillait, alors a l'établissement, en ce pays, d une république américaine.

Pour établir cette vérité, nous n'avons qu'à faire mention des quelques preuves suivantes :

lo. L'histoire nous dit que le parti Papineau s'appliquait alors à soulever le peuple par des discours violents, révolutionnaires et républicains.

2o. Un fait patent et irrécusable, c'est celui de réiiianation, de la distribution des Bi/ns-Provisoires sur la RéjyMique futui'e.

3o. Et la Déclarat'um comme la Proclaviation du dcxiteur Robert Nelscm ne prouvent-elles pas ce que voulait le parti de la révolte ?

Lisons quelques articles de la Déclaration : *• Déclarons solenndlenient :

" Qu'à compter de ce jour, le peuple du Bas- Canada est ah,sou8 de toute allégeance à la Grande- Bretagne, et que toute connexion politique entre cette puissance et le Bas-Canada cesse dès ce jour.

Que le Bas-Canada doit prendre la forme d'un gouvernement Bépuhlicain et se déclare, de fait,

RÉPUPLIQUE.

" Que toute union entre TEglise et TEtat est déclarée abolie, etc., etc.

" Que toutes les terres dites de la Couronne, ainsi

3ue celles appelées, Réserves du Clergé eviennent de plein droit, la propriété de l'Etat." Après ces articles de foi républicaine, quatorze autres non moins extraordinaires figurent dans ce

fameux document, et comme le dit avec ironie le Canadien, journal patriote mais modéré, qui publiait cette Déclaration : " Nous avons reçu par la malle de ce matin la pièce curieuse qui suit,"

Cette Déclaration était signée comme suit :

** Par ordre du Gouvernement Provisoire.

"Robert Nelson.

" Président."

La Proclamation portait un autre titre, le suîvant :

" Robert Nelson,

Commandant-en-chef de

Tarmée patriote."

Le même journal, le Canadien, reproduisait aussi dans des termes sévères le jeu de lettres qui va suivre et que publiait un journal anarchiste de l'époque :

Notre pays sera 0. C. (haussé).

En république R L G. (érigé).

Et les renégats O. J. B. (au gibet)."

Tiré encore du Canudien^klei date du 9 octobre 1837 :

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