‹ La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache avec un exposé préliminaire de la situation politique du Bas-Canada, depuis la cessionChapitre 8 sur 90 · LIT · texte numérisé non relu

LIT

' " P, S. — J'ai écrit le certificat en anglais, si vous Taî- ** mez mieux en français, écrivez-moi.

" After a résidence of nearly t wo months in the Village " of St-Eustache, during which time I had every oppor- *' tunity of leaming the political opinion and conduct of " the people of the Village and Parish, it is my firm '^ opinion and belief that a large proportion of the ** inhabitants (particularly those of the Village) hâve ever '' been loyal ; and that the Village was taken possession «' of by the Rebels of St-Benoît, Ste-Scholastique and St- «' Jérôme, and made the seat of their opérations, as much <' to punish the loyal inhabitants of it, as from other causes.

(Signed) " F. E. Griffin,

** Lieut. 32d R^ ** Montréal, lyth Febmary 1838."

Le second certificat que nous avons à produire est de M. Mercier, curé de St. -Martin, du capitaine Bélanger, de deux Messieurs Parizeau de la même paroisse, très connus par leur loyauté. Il est conçu en ces termes : —

" Nous soussignés, certifions que nous avons vu un ' grand nombre d'habitans de St-£ustache, au moins *^ trois cents cinquante à quatre cents, répandus dans ^* notre paroisse, fuyant la rébellion que les gens de St- " Jérôme, de St-Benoît, de Ste-Scholastique et quelques *' rebelles de St-Eustache exer^ient dans le village de ** St-Eustache. Outre un certam nombre de citoyens de " cette paroisse retirés à Montréal, nous avons vu les " capitaines Eustache Cheval, Julien Choquet, Maxime " Globensky et Gabriel Lefebvre commandant des volon- '* taires de leur paroisse et d'autre part.

(Signé) F. R. Mercier, ptre F. P. Parizeau, Louis Bélanger capt Joseph Parizeai.

"St-Martin, 18 mars 1838."

Nous pourriom citer encore plusieurs autres certifî, cats sur la même matière, mais nous nous bornons à ceux-ci, parce que nous les croyons plus que suffisants. Nous ne nous permettrons aucune réflexion après des preuves aussi claires : il suffit de dire que la loyauté de la majorité des habitans de St-Eustache est suffisamment prouvée pour qu'on ne la révoque pas en doute. Néanmoins nous allons ajouter à ces preuves, en donnant le retour des capitaines de milice de St-Eustache.

KETOUKS DES CAPITAINES DE MIUCES.

LsL compagnie de M. Gabriel Lefebvre, capt. du Sud de la Petite Rivière du Chêne, contient 73 miliciens répartis ainsi : —

49 loyaux, dont 17 volontaires, — 26 rebelles, — 25 majorité de loyaux.

La compagnie de M. Basile Julien Choquet, capt. du Nord de la Petite Rivière du Chêne et de la Petite côte St-Louis, renferme 97 miliciens, répartis comme suit :

S^ loyaux,dont 19 volontaires, — 14 rebelles, — 69 majorité de loyaux.

La compagnie de M. (i. Phillips, du village, capt. de la Côte des Anges, Côte St-Jean, Côte St-Augiistin et du Petit Chicot, contient 122 miliciens, ainsi répartis :

103 loyaux, dont un volontaire, — 19 rebelles, — 84 majorité des loyaux.

La compagnie de M. Gentle, marchand du village, capt. du Grand Chicot et de la côte St-Charles, est composée de 126 miliciens répartis comme suit :

66 loyaux, dont un volontaire, — 21 rebelles, — 45 majorité des loyaux auxquels on peut ajouter 38 patriotes modérés qui ont pris la fuite pour ne point prendre part à la révolte.

Li compagnie de M. Dorion, capt. de la Cîrande Côte et de la partie sur le Lac, renferme 92 miliciens dont :

72 loyaux, parmi lesquels i volontaire, — 20 rebelles, — 52 majorité des loyaux.

La compagnie dont M. W. H. Scott, M. P. P., était

capt, est composée de 133 miliciens ainsi répartis :

87 loyaux, dont 20 volontaires, — 30 rebelles, — 57 majorité des ]o3ranx auxquels on peut ajouter 15 patriotes modérés qui ont pris la fuite pour ne point prendre paît à la rébellion.

Iji compagnie de M. Eustache Cheval dit St JacqtieSy capt. du Petit Brûlé, de la Côte St-Louis, des Corbeilles et des Bouchards, renferme 137 miliciens, ainsi répartis :

78 rebelles — 59 loyaux, dont 17 volontaires — 19 majorité des rebelles.

Dans cette partie dn Petit Brûlé il n'y avait, an mois de juin dernier, sur le retour du capt. Cheval, que trois reconnus comme tels ; mais comme les habitans de ces Côtes sont proches de St-BenoU et de Ste-Scholastique, ils eurent à essuyer beaucoup de persécutions et d'avanies de la part de lein-s voisins : on se porta même jusqu'à rirer plusieurs coups de fusil dans les maisons de deux habitans respectables {*) en haine de leur politique ; on brisa des granges et des clôtures ; on faisait presque continuellement des processions nocturnes pour inquiéter les loyaux ; on mutilait leurs animaux ; enfin on les persécuta tellement que plusieurs furent assez intimidés par les menaces et les exemples qu'ils avaient sous les yeux, qu'à la fin ils se rangèrent du côté des rebelles.

De tous ces retours il résulte qu'il y a à St-Eustache 779 miliciens, parmi lesquels 520 loyaux, dont 76 volontaires qui accompagnèrent les troupes dans leur expé* dition, 206 rebelles^ 53 patriotes modérés ; ce qui laisse en faveur des loyaux une majorité de 314. Comme on prétend dans quelques papiers publics et certaines conversationsque tous les patriotes soient des rebelles, accor-

(*) Joseph et Eostacbe Cheral dit St-Jacones. Tout le monde le rappelle encore de ce qui était rapporté de ces désordres dans les papiers publics, et on se souTient bien que ces coureurs de nuit poussé* rent leurs fureurs politiques jusqu^à démolir la grange de M« raquin qui se trouve dans le Petit Brûlé.

dons leur pour un instant ce qu'ils désirent et réunissons dans ce calcul, avec les rebelles, les patriotes modérés qui ont pris la fuite pour ne point prendre part à la rébellion, il restera toujours à la Ririère du Chêne en £iveur des lojaux une majorité de a6i. Les retours que nous donnons ici nous ont été livrés par les capitaines eux-mêmes, et c'est d'après leur propre témoignage et celui de plumurs personnes loyales et respectables qu'on y a lait la distinction des loyaux et des rebelles.

Depuis assea longtemps on disait que le gouvernement indemniserait les loyaux sujets qui avaient souffert des pertes pendant la rébellion ; plusieurs même s'é» bûent adreûés aux autorités pour avoir des informations à cet effet ; on leur avait toujours donné à espérer. Enfin tout dernièrement est sorti un avertissement par ordre de Son Excellence l'Administrateur de la province qui donne beaucoup à espérer. Nous le donnons ici mot pour mot

^ Government House,

" Montréal, yth March 1838.

" Persons desirous of applyîng for indemnification tor losses they may hâve sustained during the Revoit in the District of Montréal, are required to fumish dctailed statements of the property lost — correct estimâtes of its value and certificates of the manner in which it was destroyed — with proofs verifying the whole, and resi>ectable références as to their conduct and character.

" On thèse documents being fonvanled to the Civil Secretary, the cases of the claimants will be taken into considération by the Executive Government.

" By command of His Ex., &c.,

" W. A. ROWAN,

-Civil Sec"

Aussitôt qu'on eut connaissance de cet avertissement à la Rivière du Chêne, tous les lo^ux sujets qui avaient souffert des pertes pendant la rébellion firent leurs comptes et se procurèrent des certificats de leur loyauté et de leur bonne conduite. Ils prirent des estimateurs qu'ils payèrent à leurs frais et remirent leur estimation entre les mains du secrétaire civil Enfin, dans ce moment-ci, tout le monde se repose sur la générosité du gouvernement et sur la bienveillance de Son Excellence, et l'on dit ouvertement que c'est probablement l'intention des autorité d'employer une partie des fonds disponibles de la province pour réparer les pertes qu'ont encourues les loyaux sujets, en conséquence d une rébellion à laquelle ils ont résisté de tout leur pouvoir et en récompense de leur fidélité au gouvernement de S. M.

On a aussi fait une estimation de l'église de St-£ustache, de la sacristie, du presbytère et des dépendances, des ornements et des vases sacrés, ainsi que du couvent des sœurs, et une requête a été adressée à Son Excel* lence l'administrateur de la province ; elle est conçue en ces termes :

" A Son Excellence Sir John CoWome^ administrateur du Bas-Canada et commandant des forces de Sa Afajestê dans les deux provinces^ etc.

" Qu'il plaise a Votre Excellence :

*' L'humble requête des curés et marguilliers de l'œuvre et fabrique de la paroisse de St-Eustache, comté du Lac des Deux Montagnes, district de Montréal, expose respectueusement à Votre Excellence :

" Que leur église, sacristie, presbytère, couvent et leurs dépendances, sont devenus la proie des flammes dans la rébellion du 14 décembre dernier.'

Que leur paroisse se trouve maintenant sans temple et

sans édifices paroissiaux, et dans rimpossibilité de les rdever seule, ruinée qu'elle est par le pillage et par la perte de temps que la plus grande paitie des habitans 9nt soufiferte en se tenant cachés loin de leiu^ demeures pour mettre leur loyauté à l'abri de la révolte.

** Que la grande majorité de leurs co-paroissiens a toujours été loyale et que c'est à cause de cette loyauté qu'ils ont souffert depuis mil huit cent trente-quatre bien des p^sÀnitions et des avanies, comme l'attestent les papiers publics. Que c'est pour cette raison que des rd^les étrangers à cette paroisse sont venus s'emparer de ce village, disant qu'il vialait mieux exposer des loyaux que des patriotes.

** Que pour écraser la rébellion dans ce comté, les troupes de Sa Majesté ont été accompagnées d'un grand nombre de volontaires de cette paroisse.

" Les humbles pétitionnaires en appellent à la justice de Son Excellence pour qu'elle décide s'il est raisonnable qu'une paroisse porte à elle seule tout le poids des malheurs, tandis qu'il y en avait tant de plus coup ibles. Ils sollicitent de plus son attention pour qu'elle examine si une indemnité accordée sur les fonds disponibles de la province ne serait pas un moyen équitable de soulager les malheiureux, sans nuire à ceux qui n'ont rien souffert

" Pourquoi, vos suppliants prient Votre Excellence de vouloir bien prendre leur re(iuête en considération ; ils reposent la plus grande confiance dans la bonté de Votre Excellence, et ils osent espérer de sa générosité qu'elle leur accordera une indemnité suffisante pour remettre ce qu'ils ont perdu dans sa première splendeur, et dans ce temple relevé par votre générosité bienveillante, votre nom y sera béni, on y fera des vœux pour la conservation des jours précieux de Votre Excellence,

et pour la prospérité du gouvernement de notre très gracieuse Reine Victoria.

("Signé) C. L, Dumont, J. P. )

F. £. Globensky, J. P. >témoiii9.

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