‹ La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache avec un exposé préliminaire de la situation politique du Bas-Canada, depuis la cessionChapitre 81 sur 90 · VIVONS EN PAIX · texte numérisé non relu

VIVONS EN PAIX

" Notre confrère du Mail semble mal inspiré depuis quelques jours. Il écrit des articles malheureux, imprudents, offensants et agressifs.

" Le Ma\l n a pas le droit de parler de conquête sur le ton du vainqueur tout puissant.

" Il n'y a ni vainqueurs ni vaincus, en Canada. Et si la Province de Québec était obligée aujourd'hui de prendre position sur les Plaines d'Abraham,— le résultat serait peut-être différent de celui de 1763.

" Si le Mail a pris au sérieux les déclamations échevelées de M. David et de son fameux comité pour l'expression des idées et des vues de la province de Québec, il a eu tort.

" M. David est un bon enfant, rempli de bonnes intentions, mais possédant plus de cœur que de tête. II est bien vrai, qu'il a dit, les Canadiens devraient chasser les An^Uiis du Canada, Mais le Mail aurait du rire de cette chaude efiusion nullement dangeureuse dans la bouche de M. David.

** Les Anglais ne sont pas encore en danger parmi nous ; mais les menaces du Mail à l'égard de notre race, sans nous effrayer, nous obligent à la défiance.

" Voilà le mal de ces écrits.

" Ils jettent au milieu de nos populations si paisi- Ijlus.si loyales et si trancher, le malaise il£ la détmnce.

■' II faut qu'on sache bien une chose : Las Canadiens-françaiB tiennent à lenrs droits, à tous leurs droits, et k chacun de leurs ôron^s.

" M^s nous voulons vivre en paix, en lionne upîon efc tax autitié franche et ainoère avec tons nos ocHO- ,patnote&

"Noos reconnftiasoiiB Iras Tokntîers que le dî»>' «ours de U. David contMi les Aiiglaiê 'est aasA ÏTijoate et dussi regrettable que les dâovalea êM^t^ ques du ^ew8, du Mail, du OU^ 'et de qndqttes «utres journaux fanatiques - contre les Canadiensfrançais, et nous les dénonçons.

" Cartier a djt un jour : Motia sommes des ÂTiglais 2>arlant le français.

" Cartier avait raJson. Ces paroles expriment nos devoirs et nos droits.

" Nous sommes des Anglais, parce que nous vivons sous la couronne anglaise, à l'ombre du drapeau anglais. Nous devons allégeance aux couleurs de l'Angleterre ; et Dieu merci ! les Canadiens n'ont Jamais terni l'éclat des armes anglaises. 1775 et 1812 prouvent avec honneur notre fidélité et notre dévouement au drapeau qui nous prête sa protection.

"Mais nous parlons le français, nous sommes catholiques, et nous entendons bien conserver intacts bon gré mal gré toutes et chacune de nos instutions religieuses, civiles et politiquea

" Voilà la signitication des paroles de Cartier.

" La Providence a voulu que cette terre du Canada f At l'héritage de la nationalité cuiadienne. Descendante de Français, d^Anglnie, d'Ecoeeaia, (Tlrlandaéa, d'Allemande et d'autres races, nous avons été jetés BUT cet immense territoire du Canada non pas pour noua combattre et nous faire la guerre.

ynais pour tious entre-aider et coniribtier chacun p^r êon travail, à la prospérité de notre pays,

" Arrangeons-nous tous ensemble pour profiter de ce magoitique patrimoine. Ne plaidons pas, ne nous chicanons pas à propos de tout et ^ propos de rien. .

" L'avenir de notre pays est brillant Nous avons droit d*y avoir confiance : mais à une condition ; l'union franche et cordiale entre nous.

" Soyons-unia La patrie canadienne profitera de cette bonne entente qui amènera la prospérité et le bonheur au foyer national."

Plus tard, le même journal ajoute :

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