‹ La rébellion de 1837 à Saint-eustacheChapitre 66 sur 102 · LA RÉVOLTE DE · texte numérisé non relu

LA RÉVOLTE DE

" La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache," tel est le titre d'un ouvrage que vient de publier M. C. A. M. Globe nsky, de Saint-Eustache. Ce livre fait pour défendre la mémoire du père de l'auteur contre d'injustes attaques proférées par des gens qui n'ont pas encore la sagesse de comprendre la portée et les enseignements des malheureux soulèvements de 1837 et de 1838, par des gens qui en sont encore aux élucubrations des orateurs de ces moments d'effervescence, ce livre est un véritable service rendu aux idées saines, à la vérité et à l'histoire.

M. Globensky fait, avec raison, deux parts dans la responsabilité encourue par les divers acteurs de ces sanglants épisodes de notre histoire : la part des chefs et la part des victimes. Nul doute qu'un bon nombre de ceux qui sont entrés dans Je mouvement étaient mus par des vues désintéressées, par un amour réel, bien qu'aveugle, de leur

pays ; mais il n'en était pas ainsi detous. Plusieurs des chefs étaient des révolutionnaires et des ambitieux. Pour ce qui est de leur capacité et de leur prévoj'ance, elles étaient absolument nulles ; leurs calculs étaient positivement insensés et leur étourderie sans égale. Certains d'entre eux ont de plus abandonné leurs dupes, an moment du danger. Tout cela ressort du récit simple et impartial que M. Globeusky présente dans son ouvrage nourri de faits et de témoignages.

Ce livre, avec celui de M. Carrier et le mémoire publié,'il y a quelques années, par M. F. X. Prieur, dans les " Soirées Canadiennes," comptent parmi les documents les plus intéressants et les plus importants qui se rattachent à l'époque de notre révolution de 1837 et 1838.

Nous finirons cette courte notice par la citation de la dernière phrase du livre de M. Gloljensky : " En termi- " nant, je dirai à celui qui veut se livrer à la profession " difficile d'écrivain ou d'hit'torien : soyez bien renseigné " si vous voulez écrire les fastes du pat-sé, soyez juste et " nonnête, ne sacrifiez jamais la véiité, la justice à des " considérations particulières ou de parti ; et alors seule- " ment vous pourrez avoir le droit, la mission de décerner " des louanges et de distribuer des semonces et des mer- " curiales."

Par le Daily Witness :

" La Rébellion de 1837 à St. Eusfache" is a volume of 330 pages, which contains a brief description of the condition of Lower Canada from its first settlement till the cession to Britain, and of the coniition of the French Canadians from that time to the insurrection in 1837. The grievances which produced that rébellion are explained, and the extrême violence of the leaders of the French Canadians rebuked. The fighting at St. Denis and St. Charles and flight of the leading rebels are described Avith some minuteness, but the chief interest centres in the insurrection led by Dr. Chénier, Col Girod and a priest named Chartier, The first was killed at the taking of St. Eustache. The second escaped in time and after wandering for a while finding he was going to be arrested shot tiimself. Tne third took care to escape and though the Bishop of Montréal deposed him, he found employment as a priest in the States. The object of going over the very painful history of the year 1837 is to clear the memory of Col.

Maxitnilian GJobt nski from tbe reproach lieaped upon him by bis countrymen on account of bis siding witb the Government against tberebels. That gentleman bad done excellent service in the war of 1812-15, forwbicb be enjoyed a large pension for more tban fifty vears afterward. He died in 1866, but his son, wbo is the autbor and compiler of tbis book, says be is assailed bitterly on accountof tbe part bis father took in tbe battle of St. Euataobe, which, by tbe "vvay, appears to bave been a passive one. He headed a Company of eigbty-three loyab'sts froji St. Eustacbe, but tbougb présent it does notappeai- that tbey took any active part. The most interesting information is that whicb shows ibe management of the pr'ests vvbose influence was vigoronsly exerted to put down the rébellion afrer it was seen to be quite bopeless and wbo got tbe reward of their loyalty in a légal title to tbe seigniory of Two Mountains, which bad previously belonged to the Indians, the Semiuary of St. Sulpice being merely a steward to use it for their benefit. Tbis was an act of spohation which any just court of equity Avould upset ; but the priests bad ail along the knack of getting every thing their own way from tbe Government for tbe time l)eing, whether at the Colonial office United Canada or the Dominion.

The book, which is in FrenGh,is printedby A. Côté &Co., Québec.

Par le Journal de Québec :

No' s accusons réception d'un travail fait par M. Globensky, du Plateau des Chênes. Ce livre est intitulé : " La rébellion de 1837 à Saint-Eusiacbe."'

Ce beau volume renferme plusieurs documents intéressants sur cette époque si tourmentée de notre histoire ; entr'antres, une étude sur les origines de la révolution canadienne, le journal et les mémoires de l'abbé Pâquin, ainsi que des déclarations solennelles de nlusieurs personnes qui ont pris part à la bataille de Saint-Eustacbe. Le tout se termine par les biographies de l'abbé Pâquin, du docteur Chénier, de MM. Scott et Fèré.

En livrant ces précieux documents au public, M. Globensky a surtout eu pour motif de défendre la mémoire de son père, le lieutenant-colonel Globensky. Il appert maintenant, par le livre que nous avons sous les j^eux, que le colon^-l Globensky s su, tout en coml)attant la révolutioa de 1837, protéger ses compatriot s contre les fureurs des bureaucrates.

M. Globeusky s'acquitte aujourd'hui avec fermeté et avec tact d'un devoir le piété filiale, et il réhabilite son père dont les actions avaient été mal interprétées.

Nos remerciements à l'auteur.

Par le Journal du, Dimanche :

Nous avons reçu, il y a déjà quelque temps, l'ouvrage de M. C. A. M. Globensky, du Plateau des Chênes : " Li Rébellion de 1837 à S-tint Eusftache." Nous avoas retardé quelque peu à en accuser réception, parceque nous avons voulu lire ce livre avec attention et en parler avec connaissance de cause. Cet ouvrage, écrit dans un beau style, est un monument élevé par l'auteur à la mémoire de son père, le Lieutenant-Colonel Maximilien Globensky. Tous ceux, pour qui les sombres événements de 1837 ont encore quelque importance, et nous espérons qu'ils sont nombreux, liront ce livre avec beaucoup d'intérêt.

Par The Canadian Gleaner :

Histoire de la Rebelliondu 1837 à Saint Eastache.

Publishers, A. Coté & Co., Québec.

We hâve received a copy of this work. written by C. A. M. Globensky of Saint Eustache. It contains a very exhaustive history of the Rébellion, with its causes and resuits, Mr Globensky ha", as a politician [he is an ex-M.P.] on mnre than oue occasion beeii attaced by his political opponents for the part taken by his father, Colonel Maximilian Globensky, in rhe rising which took place at Saint Eustache in the month of Dncember, 1837. It was partly for the purpose of puttini; to silence thèse unscrupulous parti zans on this point that the author was induced to undertake the task of writing what bas turned out to be a work of great value to the gênerai pul:)lic. It is amatter of regret tohonest politicians ttiat unscrupulous opponents often resort to very dishonest and unjusti fiable means in order to carry their points at élections. That Mr C. A. M. Globensky bas, in oarticuliir, sufi"ered innocently in this way no one who knows the whole history of the Rébellion will be disposed to deny. Disloyalty on the part of a subject is bad enough but it becomes Avorse in the case of one who is placed in a position of trust and responsibility. Such a charge flung at a public man in a public assembly is a terrible weapon to be used against him. It very often happens that an

enemy seeks tlie most opportune time to prefer such a charge — a time when, from the nature of the circumstances, the accuse! either has no opportunity to set the matter right or is unable to do so satisfactorily. The method adopted by Mr Gloljensky in the présent case will commend itseif to every thoughttul man, no matter what his Dolitical vieAvs niay be. The author has traced very minutely the varions circumstancea whicli gave rise to the KebeUidn, as well as the numerous incidents connected Avitla therising itself in the différent parts of the province, giving the day and dali' for each. One of the most valuable featnres of tne work is the great number of copies of original documents which are furnished to the reader, tending to dispell any doulits that may arise as to tlie accuracy ofthe author's narrative. We congratulate Mr Globensky, not only upon the vahi^ble collection of historical facts which lie lias thus furnished to his fellow-contrymen concerning a very important period ofthe history of his native province, but also on the effective means he has taken to dispel the groundless imputations concerning hii patriotism and that ofhis father.

Par La Vérité :

M. David révoldtionnaire

M. C. A. M. Globensky, de Saint-Eustache, comté des Deux Montagnes, apubUé naguère un livr^ sur le rébellion de 1 837. L'apparition de cet ouvrage a été l'occasion d'une polémique assez vive entre M. Globensky et M. L. 0. David, journaliste libéral modéré.

Nous nous proposons d'étudier prochainement ce livre de M. GloDensky, mais en attendant que nous eu ayons le loisir, nous croyons devoir dire un mot du débat auquel il a donné lieu.

M. David, qui parle beaucoup des affaires de I837-.38, en a une très fausse idée ; et cette fausse idée, il a réussi à la faire partager par un très grand nombre de personnes.

Voulant un jour critiquer d'une manière sérieuse le drame de M. Fréchette : Papineau, nous nous mîmes à étudier (;ette époque de notre histoire aux sources mêmes. Cette étude impartiale nous lit perdre bien des illusions II nous fut facile de nous convaincre que ce mouvement de 37, loin d'être un sujet de gloire pour nous, doit être considéré comme une des pages les pi '18 tristes de notre histoire.

Il ne faut pas chercher dans les événements de 37 des actes d'béroisme, mais des actes de coupable folie. Loin de nous la pensée de tenir également responsables tons les auteurs de ces drames sanglants. Les chefs seuls doivent être sévèrement blâmés, car les autres n'ont fait que suivre aveuglément ces hommes ambitieux. Mais s'il faut plutôt plaindre que blâmer les rebelles de 37, ii faut se garder encore d'avantage de les proposer à notre jeunesse comme des modèles à suivre.

Surtout, il faut se garder de confondre l'échauffourée de 37-38 avec le vrai mouvement national de la première moitié du siècle, mouvement très honorable, très patriotique, et tout à fait légitime, mouvement qui nous a sauvés de l'absorption, de l'anéantissement.

Il serait aussi injuste de tenir le peuple canadien responsable de ce qu'on est convenu d'appe'er la " rébellion " de 37, que de prétendre que la uation irlandaise sympathise avec ceux qui ont recours, en son nom, aux moyens défendus par les lois divines et humaines.

Les événements de 37 ont été le fait d'une poignée d'écervelés que des chefs, animés par une haine révolutionnaire et et non par un esprit patriotique, avaient réussi à tromper et à fanatiser.

Ce mouvement, entrepris dans des conditions qui ne pouvaient pas permettre, même aux enthousiastes, l'espoir du succès, était condamné, non seulement par le clergé pour ainsi dire en entier, mais aui-si par la très grande, Vimmense majorité des laïques éclairés et vraiment patriotes.

On s'imagine trop généralement que tous ceux qui n'étaient pas avec les reljelles de 37, étaient des hureavcraten, de mauvais patriotes, den ennemis de leur pays, des hommes sans cœur, prêts à courber la tête sous le joug des Anglais. Rien de plus faux que cette idée que M. David, plus que tout autre peut-être, a contribué à répandre.

Qu'il y ait eu, dans ce temps-là, comme aujourd'hui, des Canadiens à l'échiné souple, c'est probable, certain même. Mais les liommes de cœur et de tête, mais le clergé qui, J)iea merci, a toujours été patriote, tout en travaillant à obtenir le redrtssement des griefs très léels dont nos compatriotes avaient à se plaindre, repoussaient avec énergie Ifcs moyens violents.

Qui of-era dire que M. Etienne Parent, n'aimait pas son pays d'un amour sincère et éclairé ? Cependant, ouvrez le Canadien du temps, et vous y lirez de terribles apostrophes

à l'adresse de Papineau et de ses partisans dévoyés qui compromettaient la cause nationale par leur coupable folie.

Le mouvement révolutionnaire de 37 étant contraire, non seulement aux enseignements de l'Eglise, mais aux intérêts du peuple canadien qui répudiait tous ces actes de violence, et le clergé a bien fait de condamner et de combattre ce mouvement insensé. En le condamnant, il n'a fait qu'accomplir son devoir, au point de vue national aussi bien qu'au point de vue religieux. Si les chefe de ce mouvement et leurs dupes eussent écouté la voix du clergé que de larmes et de deuil eussent été épargnés à notre pays !

Or, ce malheureux M. David, dans son acharnement à défendre les " rebelles" de 37, ne craint pas de lever la main contre Mgr Lartigue et ses apôtres qui avaient e'-sayé en vain de détourner de la voie funest? où ils étaient engagés ces " Fils de la liberté," grisés par l'éloquence démagogique de Papineau.

Répondant à M. Globensky. qui venait de faire voir, comme nous le faisons en ce moment, que le mouvement de 37 a été condamné par l'autorité religieuse, M. David ose s'écrier:

" Jusques à quand donc va-t-on se servir de la religion, dans notre pays, pour faire excuser toutes les faiblesses, les lâchetés et les crimes ? Comment se fait-il donc qu'on ne puisse jamais défendre une cause qu'on croit juste, nationale, sans être exposé k entendre nos adversaires crier : " Prenez garde, vous attaquez le clergé.

" Est-ce qu'on ne comprend pas enfin que les pires ennemis des prêtres dans ce pays sont ceux qui se caclient sous leor soutane pour empMier qu'on les frappe? Croit-on rendre service au clergé en évoquant les mandements re,qreitahles de Mgr Lartigue? Ne sait-on pas qu'il a regretté sa sévérité et que pes paroles sont tombées comme des gouttes de plomb fondu sur le cœur des infortunés patriotes massés dans les prisons ?"

Voilà comment parle M. David, libéral modéré. Jugez des sentiments des libéraux qui ne sont pas modéré».

Mgr Lartigue, par ses mandements qui, loin d'être regrettables, sont des documents dignes d'un évêque, n'a certainement pas montré trop de sévérité envers les coupables, et s'il a regretté ses paroles, ce que nous ignorons, c'est par un sentiment de pitié mal placée. Il n'a pas attendu pour frapper les " révolutionnaires" que le sort des batailles les eût terrassés ; dès les premiers signes de l'orage, il avait averti ses ouailles des périls qui les mena-

çaient/leur rappelant leurs devoirs de catholiques. Malheureusement, il ne fut pas écouté par un certain nombre d'exaltés. Mais quand vint le désastre inévitable, le clergé, qui avait condamné le mouvement, fit l'impossible pour retirer les malheureuses victimes de la terrible position où leur ibhe les avait entraînés, montrant autant de charité pour les personnes qu'il avait témoigné de sévérité coutre les fausses doctrines.

Dans toute cette affaire de 37, la conduite du clergé a été admirable; et il faut être mauvais patriote pour jeter la pierre à Mgr Lartigue et à ses prêtres.

Mais tel est l'aveuglement de nos libéraux : ils poussent leurs doctrines de la séparation de la religion et de la politique jusqu'au point de nier au prêtre, à l'évêque le droit de condamner la révolte !

Par Le Courrier du Canada i

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